Je recopie Riif (quoi recopiait déjà PCDS), parce que c'est exactement ce que mon cerveau embrumé a penser, l'autre jour au réveil, en entendant cette nouvelle sornette.
Le législateur s'amuserait beaucoup s'il avait à définir les fameuses "listes communautaristes" visiblement à bannir.
Hâte de lire la définition du communautarisme, déjà.
S'il s'agit d'un ensemble de pratiques culturelles au sens le plus large visant à se différencier, j'ai de mauvaises nouvelles pour les porteurs de projets. Parce qu'alors ils sont tout aussi communautaristes que ceux qu'ils veulent écarter.
Il faudrait évidemment mettre dans cette case les partis prônant des "principes" visant à imposer une norme d'opinions, de croyance, de comportement et là, désolé mais ça balaye très large.
Mettons que votre programme contienne, par exemple, l'enseignement scolaire de vos principes républicains, l'imposition exclusive de votre langue, vos vues de police textiles sur la tenue des femmes, et bien vous êtes communautaristes.
C'est même pas la peine de sortir Boutin ou les chasseurs: l'ordre dominant est aussi un espace de normalisation forcée, d'imposition de principes, de contrôle des opinions. Il est même le communautarisme par excellence et disposant des manettes.
Et oui, messieurs à cravate. Vos principes peuvent se dire "universalistes" ils n'en sont pas moins une culture.
Et votre hypothèse de son caractère majoritaire ne lui retire pas sa nature "communautaire" si vous souhaitez la définir au sens général.
Il est vrai que l'ordre dominant a pour principe de ne pas définir ses particularités comme telles: ce sont les autres qui doivent être définis. On est évidemment blanc "comme tout le monde", catholique sécularisé "en toute normalité", locuteur du seul Français "bien sûr".
Le pouvoir permet ainsi de s'extraire de la définition puisque nous sommes "la norme". C'est les autres, les chelous avec leurs...trucs là, leurs trucs pas comme nous. Évidemment.
Je recite la citation :
Juste pour dire, ceux qui tiennent ses propos [sur le communautarisme] , c'est parfois également et aussi indécent que ça puisse paraître ceux qui vivent dans nos pays d'origines, entourés de haies de 4m de haut et parfois de barbelés, dans des quartiers ou l'on ne parle que français
J'ai habité au Maroc, j'y ai passé ma terminale dans un lycée français
Tous les français du lycée vivaient dans des ghettos bIancs, dans d'immenses baraques exploitant plusieurs domestiques pour des salaires de misère, ne sortant jamais de ces quartiersAucun de ces français ne parlait arabe, pas même ceux qui était nés là bas. Pire encore, personne ne faisait l'effort d'apprendre, et presque tous s'impatientaient voire s'énervaient quand les locaux ne comprenaient pas leur français
Quasiment tous étaient de droite, la plupart avaient de forts relents d'islamophobie et voyaient les locaux comme des autochtones un peu stupides mais gentils. Qu'on ne s'y méprenne pas : les "expatriés" n'échappent pas à l'appellation d'"immigrés" sans raison. Ce sont des colons
Un article interactif qui permet de modéliser la ségrégation pour comprendre ses mécanismes et ses effets, et qui donne un début de solution, le tout de façon ludique.
"Ça marche là aussi ! Si ce sont de légers biais communautaristes qui ont créé une situation de ségrégation, de légers anti-biais aussi pourraient donc y remédier. Plus simplement, il suffit qu'une minorité de personnes désire une diversité de voisinage pour endiguer la ségrégation. Si les gens refusent de vivre, d'étudier, ou de travailler dans des environnements racialement homogènes, celle-ci se décompose rapidement. Il faut être proactif, et raisonner par rapport à la situation existante. Le sol de chez vous ne devient pas propre uniquement parce que vous arrêtez de le salir. Créer de l'égalité et de la diversité, c'est comme rester propre, cela demande un peu de boulot. Et c’est un effort constant. "
"En résumé :
Entendu à l'instant à la radio (France Info) : le mythe du "melting pot" américain en prend un coup, d'après les résultats d'une récente étude [références ?].
30% des américains ne fréquentent aucune personne issue d'une communauté différente de la leur ; ce sont les blancs et les noirs qui sont le moins "ouverts". Les latinos sont parmi les communautés les plus ouvertes : 3 mariages (ou 4, je ne sais plus) sur 10 sont mixtes, contre seulement 1 sur 10 dans les autres communautés.