«Après avoir vu de quoi j’étais capable, ils m’ont promis de m’obtenir la nationalité française et de m’embaucher», affirme-t-il. Identification, localisation, traçage et piratage sur différents réseaux sociaux… «Parfois, ils m’ont envoyé au contact. J’ai pris des risques. J’avais confiance en eux. Je travaillais pour la bonne cause et dans le bon camp. J’étais sûr qu’ils respecteraient le deal», insiste-t-il.
Jour et nuit, en dehors de son travail, Gabriel s’investit à fond dans ses missions. «Mes traitants me transmettaient les félicitations de leur hiérarchie. Trois fois de suite, ils sont intervenus pour faire renouveler mon titre de séjour, poursuit-il. Au bout de neuf mois, je suis parti en vacances chez moi avec leur accord. A mon retour, ils m’ont dit que c’était terminé. Ordre de leur hiérarchie, sans plus d’explications. J’ai attendu puis je suis revenu vers eux en leur disant que j’allais prendre un avocat et que je n’en resterais pas là. Ils m’ont répondu que c’était mon droit mais que je savais ce qu’il fallait dire et ne pas dire…» Photos, captures d’écran, échanges de messages, noms, dates, téléphones, adresses… Doté d’une mémoire d’éléphant, Gabriel a les preuves de ce qu’il avance. Des documents et des informations que Libération a pu consulter et recouper auprès de différentes sources.
La France éternelle. Sa reconnaissance. Tout ça.
Sinon, juste ça :
Gabriel et ses traitants communiquent aussi via les brouillons d’une messagerie. «On aurait pu faire beaucoup mieux mais leur maîtrise de l’informatique était relativement limitée.»