Par rapport à la chaîne de commandement, il n'y a pas d'ordre écrit. Mais le déni politique face aux manifestants blessés, c'est quand même une façon de dire aux policiers "allez-y, on vous couvre". Il n'y a même pas besoin d'ordre. Ensuite, quand on donne des munitions et des armes qui ne sont pas utilisées dans les autres pays d'Europe comme les GLI-F4, on donne l'outil qui permet la répression. C'est à cela qu'on a assisté. Ce n'est plus du maintien de l'ordre, c'est une répression massive, puisque la police française a blessé en quelques mois autant de manifestants qu'en vingt ans.
Je pense que l'IGPN, le pouvoir politique et le parquet ne veulent pas d'enquêtes en matière de violences policières. Ils travaillent de concert. Emmanuel Macron, Christophe Castaner et la directrice de l'IGPN ont toujours dit qu'il n'y avait pas de violences policières. Le résultat, c'est l'absence de volonté d'enquêter.
Et combien de policiers condamnés ?
Cf. cet article cité par David Dufresne : https://www.franceinter.fr/justice/deux-policiers-bientot-juges-pour-des-violences-contre-des-gilets-jaunes-une-justice-a-deux-vitesses
Quand on regarde les faits qui leur sont reprochés (un pavé renvoyé en direction des manifestants et une gifle), au regard des mutilations causées par d'autres de leurs collègues, on peut faire le pari du non-lieu. Même si leur attitude est bien évidemment indigne de leurs fonctions.
Alexander consulte la littérature scientifique. Le composant lacrymogène utilisé en France est le 2-Chlorobenzylidène malonitrile. Comme il est considéré comme arme chimique, son emploi est interdit dans le cadre de conflits armés. Pas pour le maintien de l’ordre. Pour le biologiste, le verdict est clair, cette molécule, une fois présente dans le sang, libère du cyanure. Plusieurs études, depuis 1950, l’affirment. Aucune ne dit le contraire. Mais ce poison est également présent dans les cigarettes et dans une multitude d’aliments. Sa dangerosité est donc une question de dosage. Comment le mesurer ?
[...]
Les résultats des premiers prélèvements confirment bien la présence importante de cyanure, mais n’en donnent pas le dosage précis. Le 8 juin, à Montpellier, l’équipe perfectionne son protocole. Alexander, les trois médecins et quelques complices se font eux-mêmes cobayes de leur expérience. Ils testent leur sang avant la manifestation puis après. Les résultats sont édifiants. La communauté scientifique considère l’empoisonnement au cyanure à partir de 0,5 mg par litre de sang et sa dose mortelle à 1 mg. Parmi les personnes testées, deux affichent des taux voisins de 0,7 mg par litre.
Tu filmes les manifestants et/ou les streets médics en train de se faire charger ou tabasser ? GàV
Tu fais des analyses pour quantifier le niveau de dangerosité des gaz lacrymogène ? GàV
Tu possèdes des études des années 50 démontrant ladite dangerosité ? Perquisition, destruction
Tu souhaites informer la population (manifestants ET policier) du risque auquel les uns et les autres sont exposés ? GàV, enquête préliminaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" (sic).
Des commentaires ?
Au Chili, les policiers qui mutilent les gens sont jugés.
Au-delà de l'erreur administrative -assez banale, mais suffisante pour virer au cauchemar- qui a consisté à ne pas mettre à jour les papiers du véhicules, cet article en dit finalement long sur un ressenti personnel que je pense partagé : les flics chient sur le code de la route. Avec ou sans gyrophare, an voiture siglée ou banalisée, ils emmerdent tout le monde, passent au rouge, à contresens, doublent par la droite, roulent sur les rails du tram... Et je ne parle que de Dijon, et je ne parle que de ce que j'ai vu, et je n'utilise pas beaucoup ma voiture...
Je les trouve durs, mais d'un autre côté, je n'ai pas lu le roman de David Dufresne... il est peut-être réellement très mauvais. A titre personnel, je trouve plutôt positif de mettre en lumière la réalité des violences policières par le biais de la littérature.
J'ai un problème aussi avec ce paragraphe :
Dardel/Dufresne tend aussi à disculper les flics, « ceux qui [manient] les armes », prétendant cibler les politiques, « ceux qui les arment » [10]. Un discours repris tant dans le livre qu’en interview promotionnelle [11], qui disculpe un peu vite celles et ceux qui balancent des grenades sur des civils, et qui masque la hargne dont font preuve les flics à l’encontre des cibles qui leur sont désignées. Qui ignore, aussi, les défilés de milliers de policiers réclamant toujours plus d’impunité. On sent le confort du type qui ne s’est pas retrouvé souvent du mauvais côté du canon d’un LBD...
Alors oui, il faut avoir, disons, un état d'esprit d'un genre particulier pour faire un métier consistant à casser la gueule des gens, tout ça en étant payé par l’État. Et oui, je sais, les flics sont noyautés par l'extrême-droite ET soutenus par le gouvernement. Mais c'est justement là où je pense que DD a raison : dans un État de droit qui se respecterait, dans une démocratie digne de ce nom, on aurait beau avoir des nazillons dans la police, ils seraient tenus de respecter la loi comme tout le monde, ils ne feraient pas l'objet d'un traitement de faveur de la part d'un exécutif aux abois qui a besoin de la peur qu'ils suscitent pour faire régner l'ORDRE
Grâce à l’analyse de centaines d’images, la modélisation 3D des lieux et une quinzaine d’interviews, l’enquête vidéo du Monde révèle comment ce manifestant a été la cible d’un tir de LBD 40 dans la tête alors qu’il ne présentait pas de menace, mais aussi d’un jet de grenade de désencerclement non autorisé. Des images qui illustrent comment les forces de l’ordre ont fait usage d’armes dangereuses sans respecter les principes de nécessité et de proportionnalité, ni les règles en matière d’assistance et de premiers secours.
Il y a quelque chose de grotesque et de dérisoire dans cette débauche de technologie. Des journalistes, dont l'emblématique David Dufresne, des militants, des manifestant·e·s victimes des violences dénoncent depuis des mois, des années les stratégies délibérément violentes, concertées et planifiées, des forces de l'ordre, et on veut nous faire croire qu'il a fallu faire un travail digne des experts à Miami pour démontrer que UN manifestant a été victime de cette violence ? Que UNE SEULE personne a été victime de "l'usage d'armes dangereuses" et du "non respect des principes de nécessité et de proportionnalité et des règles d'assistance" ?
Mais de qui se moque t-on ?
C’est ce qui s’appelle monter un dossier de toutes pièces. Les policiers auraient ciblé une observatrice de la Ligue des droits de l’homme (LDH) lors de la manifestation des « gilets jaunes » du 6 avril, sur une autoroute aux portes de Montpellier, puis recherché une infraction a posteriori. C’est la conclusion à laquelle est arrivé le tribunal de la ville, en prononçant, jeudi 3 octobre, la relaxe de Camille Halut.
:O
C'est encore pire que ce que je pensais.
TL;DR : en France, les militants des droits de l'humain sont arrêtés par la police, pour des motifs futiles.
EDIT : L’observatrice de la Ligue des droits de l’homme a été relaxée
=> https://www.ldh-france.org/observer-les-pratiques-policieres-nest-pas-un-delit/
Il n’y a donc pas eu à proprement parler "d’affrontements violents", mais une répression massive et violente au gaz et à la matraque d’une manifestation qui n’avait produit aucune violence contre les personnes
[...]
On peut s’interroger, de manière générale, sur le fait qu’Alternatiba et Greenpeace reprennent sans aucune distance critique le vocabulaire de la préfecture de police, comme le fait BFMTV : les black blocs "perturbent" la marche, les black blocs "infiltrent" la marche
[...]
Historiquement, les black blocs sont nés pour permettre aux manifestant-e-s de se mélanger, sans distinction d’identité, de classe, de race, de couleur, d’habits, de visages. C’est une pratique d’auto-défense, de solidarité et de mélange. Évidemment, une partie de celles et ceux qui pratiquent le "black bloc" ont une attitude offensive, mais cela s’arrête à la destruction de biens (il n’y a pas de "violence" à proprement parler, c’est-à-dire, pas d’attaque contre les personnes). Les black blocs se définissent historiquement comme "non violents", et en plus de 40 ans d’existence de cette pratique, on n’a jamais entendu parler d’un black bloc qui aurait commis un meurtre. S’il leur arrive de s’en prendre à la police, c’est en situation de légitime défense, pour la tenir à distance, et protéger les manifestations.
C’est pour cela qu’à Hong Kong ou parmi les gilets jaunes, les pratiques de "black bloc" sont largement acceptées, applaudies et défendues [7]. La plupart des "black blocs" arrêtés par la police pendant le mouvement des gilets jaunes ne sont d’ailleurs pas des "éléments étrangers" aux gilets jaunes, mais des gilets jaunes qui ont appris à se protéger collectivement au fil des manifestations
[...]
Si une marche est démocratique, tout le monde peut s’y rendre, et toutes les pratiques y sont respectées. On ne se demande pas si les gens ont "consenti" à ce qu’il y ait des gilets jaunes, des personnes de couleur, ou des personnes en situation de handicap à la manifestation ; donc il n’y a pas a priori de raison que les gens doivent "consentir" à la présence de gens qui protègent tout ou partie de leur visage des caméras de surveillance.
Vu sur Mastodon (https://mamot.fr/@davduf/102893131012871579) / Twitter.
Attention, vidéo violente.
Que fait un gendarme qui encadre une manifestation de policiers ? Il tabasse une femme en gilet jaune.
La routine quoi.
Celles et ceux d'entre nous qui acceptent volontiers l'idée de laisser à l'État le monopole de la violence légitime acceptent-ils l'attribution de telles cartes blanches à des personnes si peu capables de respecter l'intérêt général ? D'autant qu'à titre personnel celles-ci ne sont pas tout à fait les meilleur·es d'entre nous : prévalence importante des violences conjugales chez les policiers, du vote d'extrême droite (l'épouvantail de la République)… pas vraiment des parangons de vertu républicaine et de respect du droit. Ce qui est un peu embêtant puisque leur travail consiste à faire respecter le droit.
Autre particularité française : ni la gendarmerie ni la police ne sont contrôlées par une institution indépendante, comme c'est le cas dans la plupart des pays européens. L'IGPN et l'IGGN sont des services appartenant à l'institution sur laquelle ils sont censés être en mesure de faire porter des responsabilités parfois très graves. Conséquemment, la police en France est rarement condamnée quand elle ne respecte pas le droit, elle pratique des contrôles au faciès abusifs (jusqu'au harcèlement), elle fait un usage disproportionné de la force sur laquelle elle n'a pas de comptes à rendre. Elle mutile et tue les manifestant·es comme depuis des décennies elle mutile et tue les hommes des quartiers, les pauvres et les non-Blancs, Adama, Théo et les autres, poursuivant sous d'autres modalités ses guerres coloniales sales. Voici le bilan que brossent deux ONG qui avaient vocation à dénoncer les manquements aux droits humains dans le monde entier mais pas forcément dans la « patrie des droits de l'homme », l'ACAT et Amnesty International. Même la Haut-Commissaire aux droits humains de l’ONU, Michelle Bachelet, a pointé la France du doigt pour les comportements de sa police.
Un couple de touriste était sur les Champs-Élysées lors de la manifestation des gilets jaunes ce samedi. Il a reçu du gaz lacrymogène dans le visage.
Sans commentaires.
via un shaarliste
« Il faut dédiaboliser l’intervention des forces de l’ordre. » Un peu comme le FN.
Comme à chaque chronique de Samuel Gontier, j'ai envie de citer tout l'article.
Emilie arrive au commissariat un peu avant minuit, mais les policiers tardent à prendre sa plainte. Lassée après trois heures d'attente, elle décide de partir mais la situation dégénère inexplicablement. Les policiers l'empêchent de sortir et la maîtrisent violemment.
Je cite @davduf (David Dufresne):
«Inacceptables mais pas irréparables», vraiment?
Rappelons:
- deux morts,
- 24 éborgnés,
- 5 mains arrachées,
- des estropiés, des lycéens blessés déscolarisés, des mutilés désocialisés, etc.
Pour prouver qu'il est un honnête fonctionnaire garant de l'ordre public, un policier tente d'étrangler un dangereux individu accusant ses pairs d'être responsable de la mort de Steve Caniço. Normal.
Ce 29 juin, entre 13 h 14 et 13 h 39, cinq litres de gaz (soit dix conteneurs) ont été pulvérisés en tout. A quelques centimètres des manifestants assis, et au point que le commandant en charge des opérations s'en soit évanoui, à force de suffoquer. Maître Vincent Brengarth et Maître William Bourdon, les deux avocats du mouvement écologiste noyé sous les gaz le 29 juin sur le Pont de Sully, ont saisi le Défenseur des droits afin d'obtenir une enquête. Dans leur recours, ils explicitent le lien entre cet épisode de réplique massive des forces de l'ordre et une demi-année d'escalade dans le maintien de l'ordre en France. Entre la mi-novembre 2018 et début juin 2019, 23 personnes ont ainsi été éborgnées et cinq autres ont par exemple perdu une main lors des manifestations de "gilets jaunes".
Et ça ne date pas d'hier :
J’ai vu, samedi matin vers 5 h 45, un membre des forces de l’ordre attaquer un passant et le matraquer brutalement, à l’angle de la rue Pierre Curie et de la rue d’Ulm. Ce passant se contentait de regarder les dégâts.
11 mai 1968
C'est une décision dont l'État français se serait bien passé, au moment où le ministère de l'Intérieur est mis en cause pour une série de violences policières, en pleine crise des Gilets jaunes. Dans un arrêt du 23 mai 2019, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) condamne la France pour violation de l'article 2 (droit à la vie) de la Convention dont elle est la gardienne.