Sauf que cette fois, un petit grain de sable vient gripper cette indécente machine. Une femme a filmé la scène et la diffuse presque immédiatement sur les réseaux sociaux. On y voit une toute autre version. Non, le policier n’était pas face à la voiture, mais à sa gauche. Non, la voiture n’a pas foncé sur les forces de l’ordre. Sur cette vidéo de quelques secondes, on ne voit pas une tentative d’homicide d’un fonctionnaire de police, on assiste à l’exécution d’un adolescent. Insoutenable, insupportable. L’article L233-1-1 du Code de la route punit un refus d’obtempérer avec mise en danger de la vie d’autrui de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Sous nos yeux, ce délit est puni de la peine de mort.
Depuis la création en 2017 par la loi sécurité publique d’un article élargissant les conditions d’usage de leur arme, les tirs des policiers contre des automobilistes ont fortement augmenté. Ils sont aussi plus mortels.
Tir du policier : une décision « préméditée » pour l’un des avocats de la famille de Naël. Me Abdelmadjid Benamara, un des avocats de la famille de Naël, estime sur le plateau de BFMTV que le tir du policier mardi à Nanterre était «prémédité». «Le policier est sur le côté gauche du véhicule, c’est à dire à côté des roues et non pas devant les roues. Il n’est pas en situation de danger, estime le conseil. Et il prend la décision, préméditée puisqu’il a annoncé bien avant qu’il allait tirer une balle dans la tête du petit Naël, de tirer dans le thorax de la victime. Les faits parlent d’eux mêmes. C’est limpide.»
Le «racisme» en cause dans la mort du jeune Naël, estime Marine Tondelier. «Que ça plaise ou non à certains, pour Naël et pour les autres, on va devoir adresser sérieusement le problème du racisme dans la police», plaide la secrétaire nationale d’EE-LV au micro de Sud Radio. «Tous les policiers ne sont pas racistes. Mais tout le monde ne se fait pas tuer pour un refus d’obtempérer», précise-t-elle. «On a le sentiment qu’on va vers une américanisation de la police», estime-t-elle, rappelant qu’un refus d’obtempérer «c’est trois ans de prison et 75.000 euros d’amende, pas une balle dans la tête».
"Tous les policiers ne sont pas racistes" => Certains policiers ne sont pas racistes.
En liquide ? Des gens en uniforme vont dire "tu paies cash maintenant, ou sinon c'est plus cher demain et tu risques plus gros" dans la rue, pour des infractions potentiellement inexistantes, à des gens sans avocat.
What could go wrong ?
A propos de l'idée de faire payer en liquide ou par CB les détenteurs de cannabis. Ou comment ouvrir grand la porte à la prévarication et aux violences.
A bientôt pour l'épisode 2 : "Qui aurait pu prédire ... ?"
Femme. Noire. Journaliste. Violentée.
Notez le passage de relai dans la violence entre les vigiles et les gendarmes. C'est normal : ils sont là pour défendre les mêmes intérêts.
Les refrains sur le risque futur d’une «menace d’extrême droite» sont dépassés. Nous y sommes. Avec le cas de Jordan, nous avons un policier littéralement nazi, dealer, organisateur d’attaques racistes, qui détourne des armes de guerre et qui est félicité par ses chefs. Il est même envoyé dans l’unité la plus offensive du maintien de l’ordre français. Et Jordan n’est évidemment pas un cas isolé. Quand des SS armés et payés par l’État, bourrés de coke et couverts par leur hiérarchie veulent nous tuer, on fait quoi ?
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis dans la Brav-M.
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis sur les réseaux sociaux.
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis.
Oh quelle surprise.
Oh.
Le gendarme le plus gravement blessé au cours des manifestations contre la réforme des retraites l'a été par un collègue qui a, encore, lancé une grenade n'importe comment.
Lisez bien tout, comme d'habitude. Le ton est drôle, le fond est effrayant, les liens sont terrifiants.
Par erreur, vraiment ?
les Français soutiennent le mouvement social, mais ont peur de manifester
Commentaire lu sur les rézos : "Signe typique d'une démocratie libérale parfaitement normale et fonctionnelle."
Il y a une spécificité française du maintien de l’ordre, notamment quand on regarde le nombre de blessés et la gravité des blessures. Lors de ces dernières années, on a des dizaines de personnes mutilées pendant des manifestations, les unes avec des mains arrachées, d’autres éborgnées. On ne retrouve pas ça dans des pays européens comparables.
Et ça, ça vous rappelle quelque chose ?
Moi aussi.
C’est la nouvelle doctrine : répondre aux premiers jets de projectile par des munitions mortelles.
Car au-delà de la classification des armes dans une catégorie ou une autre, c’est bien la question de leur dangerosité qui se pose. Par exemple, la GM2L, même si elle n’est censée produire que des effets sonores et lacrymogènes, peut blesser gravement quand elle explose. «On a des photos de personnes qui étaient à Sainte-Soline qui ont des parties entières de grenade dans le corps. Par exemple, une jambe a été pénétrée en profondeur par un bouchon d’allumage d’une grenade [GM2L]. Celui-ci, en plastique, avec des parties métalliques, a été séparé du reste de la grenade à une vitesse suffisante pour s’incruster dans les chairs d’une personne»
Selon les organisateurs, l’homme blessé à la tête a été touché par une grenade, celui blessé à la gorge a reçu un tir de LBD. Ils évoquent 200 manifestants blessés au total, dont au moins 40 grièvement, avec une personne ayant « perdu un œil ».
Contre-argument massue des services de l'intérieur, complaisamment relayé par les médias hier : "oui mais il était fiché S pour son appartenance à l'ultra gauche".
J'en suis resté sans voix.
Récapitulons.
En France :
1/ la police réprime dans le sang des manifestations, certes interdites, mais pacifiques ;
2/ elle interdit l'accès des secours en raison d'un risque qu'elle a elle-même créé ;
3/ les gens sont fichés en raison de leur appartenance politique ;
4/ ça en devient presque une justification pour les estropier (et peut-être les tuer, espérons qu'on en arrivera pas là), voire les handicaper lourdement.
Nécessité ?
Les procureurs trouvent deux fois plus d’excuses aux violences quand elles sont commises par des policiers. Un quart des agents considérés comme coupables sont absous en toute discrétion. Les premières statistiques dévoilées par Politis objectivent la fabrique de l’impunité.