"Et oui, en ce moment même, au Brésil, on arrête, on tue, on torture des gens pour que les media de masse puissent servir leur grand-messe tranquillement."
Il faut lire cet autre article : http://reflets.info/nao-vai-ter-copa/ qui décrit la situation sociale et économique, et qui explique comment des manifestant ont "disparu" (oui, comme pendant la dictature). Enfin, pas tellement disparu, on retrouve leurs cadavres au bout de quelques jours...
EDIT : il y a une suite, où Reflets traite peu ou prou ses lecteurs d'abrutis http://reflets.info/vous-etiez-16-millions-a-voter-devant-lecran Ça m'agace un peu cette attitude de Reflets, dont j'ai déjà parlé. Je suis tout à fait d'accord avec ce qu précède, mais il est effectivement dommage de généraliser et, ne regardant pas le foot et excessivement rarement la télévision je peux me permettre cette remarque, je comprends que l'on puisse aimer le football en tant que spectacle : ce frisson collectif, ce suspens, le fait que rien ne soit joué jusqu'au coup de sifflet final... Oui, je comprends que ce soit un spectacle intéressant et palpitant. Perso, ça m'emmerde, les règles m’apparaissent aussi confuses que celles d'un tournoi de bridge, mais je fous la paix à ceux qui regardent, tant qu'ils ne viennent pas m'emmerder. Parce que finalement, tout tient dans cet axiome : à chacun son plaisir, tant qu'il n'emmerde pas les autres. Et je reconnais que c'est beaucoup demander à quelqu'un qui aime quelque chose de s'en priver pour des raisons militantes.
"Comment comprendre cette colère ? Le divorce est-il opéré entre la société brésilienne et le football ? Qui va l’emporter : l’amour du football ou les revendications sociales ? Et qu’est-ce qui se cache derrière cette crise qui semble traverser la société brésilienne tout entière ?"
"Une ville abandonnée, une autre en proie à de violentes manifestations, des pétro-dollars comme carburants ... rien de nouveau finalement. Sauf qu’il ne s’agit pas d’évoquer Détroit, la crise grecque ou l’arrivée massive d’investissements émanant du golfe persique dans nos industries. Non, il s’agit de sport. Ce sport qui a fait de Sotchi une cité olympique déjà en ruine et ruinée et qui provoque actuellement l’embrasement de Rio en raison d’une coupe de monde de football scandaleusement coûteuse. Ce sport qui voit les fonds d’investissements du golfe persique débouler sur les terrains, à croire que l’argent est le pétrole du sport, le menant à sa perte. Ce sport qui n’est plus un simple jeu. "
Un article à charge de plus.
"On ne saurait trop conseiller aux Brésiliens de ne surtout pas se calmer, et même de profiter de l’exceptionnelle visibilité mondiale que leur offre la Coupe du monde. Il n’y a strictement aucune raison qu’une compétition de football prenne le pas sur les urgences sociales et politiques d’un pays, à plus forte raison si son organisation a mis en relief les injustifiables priorités des pouvoirs publics, la permanence de la corruption, l’indécence des dépenses consenties ou la voracité de la FIFA. "
Merci de ce salutaire rappel :)
Tiens, cadeau : le texte intégral (ou pas, je crois que la chronique est plus longue) ici : http://www.desproges.fr/obsession/le-football (à partir de "Voici bientôt quatre longues semaines...")
"Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?"
Ah ah ! Ça explique bien des choses !
via http://www.petitetremalfaisant.eu/shaarli/?GbiLhA
L'arbitre poignarde un joueur, les spectateurs le décapitent...
"Alors, faut-il interdire le tacle aux journalistes en manque d'imagination, comme l'avait un jour envisagé Michel Platini pour les footballeurs ? Ou proposer à la corporation un programme de désintoxication ? Les ressources de la langue française étant vastes, les substituts ne manquent pas et on y gagnera en nuances [...] Peut-être faudra-t-il surtout que les acteurs de la vie publique commencent par élever leur discours à un niveau d'argumentation nécessitant des comparaisons moins simplistes qu'avec un geste de footballeur."