Mélenchon aurait dit : «La langue française n’est pas la propriété singulière de la France.» ?
Eh bien : Il. A. Parfaitement. Raison.
Je n'ai même pas encore lu le billet de Thomas Legrand que j'ai déjà envie de donner mon avis. C'est parfaitement idiot de la part de l'extrême-droite de réagir de cette façon (mais on n'en espérait pas mieux de leur part), à l'heure où les grandes entreprises FRANCAISES communiquent -y compris en interne- en anglais ; à l'heure où le français, par ailleurs l'une des langues officielles de l'UE, est mis en minorité dans les institutions européennes par l'anglais -alors même que la GB n'est plus membre de l'UE... la meilleure protection de la langue française, c'est d'être parlée. Et pas uniquement par des locuteurs franco-français, nés en France (et votant pour l'extrême-droite). Il faut accepter sans complaisance aucune le passé colonial de la France, mais le fait est que beaucoup de gens dans le monde parlent français. Et ce n'est pas exactement le même français qu'à Paris, et c'est super, une langue se nourrit de cette diversité, de ces évolutions. Une langue qui n'évolue pas, ne se transforme pas et reste "pure", vierge de tous contacts extérieur, j'en vois bien une : le latin...
C'est d'autant plus débile de la part des fachos, c'est que ce sont les mêmes qui défendent par ailleurs des conneries comme le bilan positif de la colonisation... qui fait que justement, on parle français dans une partie de l'Afrique.
Il est donc temps de lire l'article et la citation du père fouettard (n'allez pas croire que je me mette à l'aimer parce qu'il a dit un truc vrai) dans son intégralité :
«La langue française n’est pas la propriété singulière de la France, et surtout pas de ceux qui voudraient figer l’identité française dans sa langue […]. La langue française n’appartient plus à la France depuis fort longtemps.» Une phrase qui pourtant n’énonce qu’une simple vérité puisque 29 nations ont le français comme langue officielle.
L'identité française n'est pas réductible à la langue française, qui est parlée par d'autres que des français ; corollaire : le français n'est pas suffisant pour constituer l'identité française.
Et c'est peut-être bien ça qui emmerde les fachos, qui cherchent tous les moyens pour montrer que les étrangers, c'est pas des gens comme nous (et qu'il faut les renvoyer dans leurs pays de gens-pas-comme-nous).
Je plains sincèrement les anglais qui n'ont qu'un seul pronom, et qui doivent avoir un mal de chien à s'y retrouver dans nos complications...
via http://shaarli.warriordudimanche.net/?RiQO6Q
Oh purée ! Un gros, un énorme, un mega +1 !
"Sans revenir sur les arguments qu’elle exposait en 1984 et auxquels elle reste attachée, l’Académie française déplore les dommages que l’ignorance de cette doctrine inflige à la langue française et l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société."
[...]
"Comme l’Académie française le soulignait déjà en 1984, l’instauration progressive d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique rend indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l’usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché."
Mais pour bien faire, je devrais recopier tout le texte. J'ai l'impression, chaque fois que je râle contre cet usage inconsidéré, de pisser dans le désert (ou de prêcher dans un violon, au choix). Mais qu'est ce que ça me chier, bordel ! (Merci Timo de m'avoir autorisé à dire des gros mots, ça soulage) Dire que certains imaginent que torturer la langue à ce point revient à faire étalage de son ouverture, de son "non-sexisme", façon "vous avez vu ? je féminise à tort et à travers donc je ne suis pas sexiste, envoyez-moi des fleurs, youhouhou"
"Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue.
Le CNRTL intègre le recensement, la documentation (métadonnées), la normalisation, l’archivage, l’enrichissement et la diffusion des ressources.
La pérennité du service et des données est garantie par l’adossement à l’UMR ATILF (CNRS – Nancy Université), le soutien du CNRS ainsi que l’intégration dans le projet d’infrastructure européenne CLARIN."
On dirait pas comme ça, mais c'est une super ressource : dictionnaires, lexiques, outils...