Il n’est pas certain que cette manière d’aborder le problème soit la plus convaincante. La crainte que suscite la perspective du changement climatique résulte à la fois de l’ampleur multidimensionnelle du phénomène et de l’étendue des efforts qui s’imposent pour en modifier le cours. Plutôt que de se moquer de la bêtise supposée de nos contemporains, se confronter à cette peur constitue, de l’avis même de la lanceuse d’alerte Greta Thunberg, la première étape sur le chemin de la résilience.
La réponse autoritaire qui a jusqu’à présent accompagné la crise du Covid montre l’impasse d’une gestion dictée par l’urgence. Plutôt que de s’en remettre à un hypothétique gouvernement des savants, le défi climatique suggère au contraire de revenir à une pratique plus effective de la démocratie. C’est bien le constat de l’inaction qui a conduit les mouvements militants à devancer les gouvernements, à nourrir le débat public et à imposer des changements par des évolutions de comportements.
Les productions culturelles ont un rôle crucial à jouer dans cette mise à l’agenda. Ce que montre le pas de côté de Don’t Look Up, c’est qu’on n’en est encore qu’au tout début du processus. Pour envisager le réchauffement, il va bien falloir inventer les récits appropriés, affronter les caractères spécifiques, les échelles temporelles et la complexité des effets engagés par cette nouvelle histoire. Franchement, on n’attend que ça.