On lit partout que Gérard Collomb est un ministre indispensable à Emmanuel Macron, qu’il est même « un bras droit intouchable ». Ça doit être vrai. De ces énoncés qui semblent faire autorité, on peut alors tirer quelques conclusions simples et logiques. Ce que fait Collomb, non seulement Macron l’autorise, mais il l’endosse. Il l’encourage même. La loi « Asile et immigration », encouragée. La répression des aides aux migrants, encouragée. Les évacuations brutales des universités, encouragées. L’extension sans limite des prérogatives policières contre les manifestants politiques, encouragée. L’entrave générale et systématique à toute forme d’information qui ne soit pas d’accord tacite ou d’humide complaisance, encouragée. L’évocation d’une possible suspension du droit de manifester, encouragée.
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Ce que la rationalité interne y perd, c’est la clarté externe qui le gagne : confirmation de ce que les pratiques policières-judiciaires expérimentées aux marges ont toujours vocation à l’extension indéfinie. Des catégories sociales jadis protégées (ou se croyant telles) sont en train de découvrir ce que peut un gouvernement « d’arc », et qui était jusqu’ici réservé aux invisibles des banlieues. Mais un autre gain en clarté, considérable, a été accompli à Notre Dame des Landes, où il était fatal que l’usage d’armes de guerre finirait par produire des blessures de guerre : une main arrachée. Pour avoir défendu le droit d’expérimenter autre chose. Le gain en clarté, c’est que, par le choix des armes qu’on lui applique, et les dommages qu’on accepte sans ciller de lui infliger, la population qui renâcle est maintenant informée du rapport en lequel la tient l’Etat : celui d’un ennemi de l’Etat.
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Par un paradoxe insuffisamment remarqué, le « barrage à l’extrême-droite » a donc donné naissance à cette forme, en effet nouvelle, d’un arc d’extrême-droite. Le ministre de l’intérieur y prend toute la place qu’il y revendique en actes. Son supérieur hiérarchique en est d’accord, et c’est tout son gouvernement qui s’y trouve installé. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir. Nous savons surtout que des gouvernements de cette sorte ne s’arrêtent nulle part. Il ne reste plus, précédents historiques en tête, qu’à penser aux actions que ce savoir légitime en conséquence.
Faut vraiment donner plus de moyens aux EHPAD, voir des vieux travailler alors qu'ils n'ont plus toute leur tête, vraiment, ça me fait mal au coeur.