Allez, un avis rapide (comme une fusée... c'est bon, vous l'avez ?) sur Projet dernière chance, d'Andy Weir (le gars qui avait déjà fait Seul sur Mars ; alors je ne dis pas que tous ses livres deviennent des films, mais ça fait quand même deux sur trois)
Auto-promo n°2 : Rebecca, LE chef-d'oeuvre de Du Maurier. Et pour le coup, ce n'est pas usurpé.
Auto-promo : ma critique de l'auberge de la Jamaïque de Daphne Du Maurier. Bien, un jeu sympa avec le fantastique, mais ce ne sera pas mon préféré.
Je suis persuadée que des personnages de fiction peuvent avoir plus de poids dans nos vies que des gens qu’on fréquente de façon très superficielle pendant des années. Les personnages de fiction peuvent nous accompagner avec une intimité extraordinaire.
Waouh. Waouh. Waouh. J'ai très très envie de lire ce livre - et je vais le lire, mais je viens de débuter The Expanse, ça va prendre quelques jours ^^
J'adore la façon dont elle parle de la littérature, des écrivains et des lecteurs, je ne vous fais pas le coup du recopiage, allez l'interview.
Retenez juste qu'elle dit -et c'est assez bouleversant de se rendre compte qu'elle a raison- que la mort de Milady est un féminicide, c'est une femme accusée de tous les maux assassinée par un groupe d'hommes sûrs de leur bon droit. C'est juste horrible quand on prend le temps d'y repenser. Pour autant, elle adore Dumas et ne veut pas que ce livre soit son procès, faisant remarquer que lui et ses personnages avaient fait évoluer leur point de vue en vieillissant.
En quoi la vengeance est-elle perçue différemment quand elle est entreprise par Milady plutôt que par les personnages masculins ?
Cet aspect m’a beaucoup intéressée.
Les Trois Mousquetaires paraissent quelques mois avant Le Comte de Monte-Cristo. Quand c’est Edmond Dantès qui cherche vengeance, on est tous avec lui et on trouve cela absolument noble et légitime.Et quand c’est Milady ?
Lorsque c’est elle qui cherche vengeance, elle est affublée de tous les maux dont on accuse ce genre de femme.
C’est intéressant quand même.
La bande-annonce a l'air sympa, et semble donner une bonne idée du genre du film ; du coup, je vais me dépêcher de lire le livre des fois que... En même temps c'est con, ça m'a complètement spoilé le bouquin !
Allez, retour aux affaires avec une bonne grosse biographie de Romain Gary.
En vieillissant, on devient aigri. La preuve : pour mon premier article post-20ème anniversaire, j'écris des méchancetés sur un livre qui ne m'a rien fait de mal, à part perdre 1 ou 2 heures. Appelez moi Sammy Danielle.
Titres des séries à lire dans cet ordre :
1) L’Assassin royal – cycle 1 (tomes 1 à 6)
2) Les Aventuriers de la mer
3) L’assassin royal – cycle 2 (tomes 7 à 13)
4) Les Cités des Anciens
5) Le Fou et l’assassin
Quoâ ? L'assassin royalet Les aventuriers de la mer font partie du même univers et on m'avait rien dit ?!?
Nouvelle voiture-balai des lectures de 2025. Au menu : des histoires de femmes, écrites par des femmes.
L'écriture et l'édition ont beaucoup changé depuis Proust. Pour avoir produit une oeuvre aussi importante que La Recherche, il a fallu qu'il écrive vraiment tout le temps... Et il n'a jamais complètement terminé son travail ! Qui sait ce qu'il aurait été capable d'accomplir s'il avait eu un ordinateur...
Je me suis souvent posé la question.
Proust est né un siècle trop tôt.
Mort à l’âge de 70 ans, le grand écrivain de science-fiction français et auteur d’une cinquantaine de titres aura marqué les imaginaires pendant plus de trente ans.
Oh, Pierre Bordage est mort.
Chien 51, comme toutes les dystopie, est un miroir grossissant tendu sur notre monde au bord de l'abîme. Et ça fait peur. Très chouette roman, mais qui ne vous donnera pas le sourire.
Pour la troisième année consécutive, voici ce qui est désormais mon traditionnel article sur la braderie du Secours pop. Comme j'ai bien l'intention de lire tous mes livres avant de mourir, je viens d'allonger mon espérance de vie de 4 ou 5 ans.
Un article pour parler d'Emily St. John Mandel, parce que j'aime beaucoup Emily St. John Mandel. Plus précisément : ses trois premiers romans, Dernière nuit à Montréal, On ne joue pas avec la mort et Les variations Sebastian, que je n'avais pas encore lus.
Un site qui, comme son nom l'indique, recense les suites, plagiats, pastiches, hommages et bandes dessinées inspirées de l’œuvre d'Alexandre Dumas (père).
C'est moche, mais hyper-complet.
Connaissez-vous Rose Valland ? Probablement pas.
Je vous propose de découvrir cette grande dame qui a sauvé des dizaines de milliers d’œuvres d'art pillées par les nazis.
Ainsi que je l'indiquais hier, je commence une série estivale causée par la conjonction du manque du temps et d'inspiration, en profitant pour repêcher du réseau social d'entreprise où je les avais postés quelques articles dont je suis raisonnablement satisfait. Et puis y'a pas de raisons de laisser perdre.
Un article tous les vendredi jusqu'au 15 août (on verra si j'en mets d'autres en ligne d'ici ce week-end, ou si je compte avoir plus de temps à la rentrée). Vous êtes gâtés.
Aujourd'hui, un de mes livres fétiches dont j'ai du parler une demi-douzaine de fois entre ce Shaarli et Mastodon : le Manuscrit trouvé à Saragosse, de Jean Potocki.
Ohlala, trop de trucs à écouter. Ça a l'air trop bien cette série "Un été avec" : Gary, Dumas...
Vous savez que j'ai mes petites marottes, notamment professer une profonde admiration pour Martin Winckler et une profonde détestation du docteur Destouches, aka Céline.
Cet article du premier vient renforcer et mon admiration à son égard, et ma détestation à l'encontre du second :
Au sein du "panthéon littéraire français", il est une figure qui m'a, personnellement, toujours profondément scandalisé, c'est celle de Louis-Ferdinand Destouches, dit LF Céline.
[...]
De plus, je n'ai jamais voulu débattre du "style" de Céline. Le "style" de Céline n'est pas mon souci. (Ni, Dieu merci, mon modèle). D'un point de vue général, le "style" d'un auteur me semble secondaire à ce qu'il raconte. C'est le contenu qui véhicule des valeurs. Quel que soit le "style" qui l'enveloppe.
Et, précisément, si la légende célinienne m'insupporte considérablement, c'est parce qu'il résume à lui seul le trait le plus caractéristique du "goût" à la française : la qualité d'un·e auteur·e se mesure à son "style". Le problème, c'est que, comme la maîtrise de l'orthographe, l'appréciation du style est un critère de classe.
[...]
Mais ce n'est pas la vie de ce sale type qui me met le plus en colère. Il est mort, il ne peut (en principe) plus nuire.
Ce qui me révolte, c'est l'idolâtrie béate et obstinée ("C'est tout de même un grand écrivain") dont il fait l'objet, soixante-cinq ans plus tard, et qui me semble bien caractéristique d'une certaine mentalité élitiste à la française. Le même élitisme hautain qui permet de publier des écrivains pédophiles ou islamophobes, de primer des réalisateurs violeurs et de laisser en liberté des "rockstars" responsables de féminicides.
Je me reshaare : j'avais évoqué il y a presque 2 ans la préparation d'une série à partir du livre Cent ans de solitude ; je vois ces jours ci que la série est désormais disponible sur Netflix (depuis le 11 décembre : je suis à la ramasse).
Est-ce que quelqu'un l'a vu ? Le souvenir du livre est encore assez frais dans mon esprit pour que je puisse avoir envie de me laisser tenter.
Un petit compte-rendu rapide de lecture, ou comment une conférence donnée par un prisonnier polonais dans un camp soviétique pourrit bien vous donner envie de lire La Recherche du temps perdu.
Au fait, je ne l'ai pas précisé dans l'article, mais c'est très court.
Encore une couche de Sureau, qui s'essaie au polar avec ce nouveau livre. Mais le polar à l'ancienne, façon "Holmes, Lupin, Poirot, Maigret".
Un article fleuve sur François Sureau, homme à multiples facettes. Pour ne pas dire contradictions.
Juriste (avocat, conseiller d’État), écrivain (désormais membre de la Gagadémie), de droite mais venant en aide aux réfugiés, proche de Macron mais un de ses plus virulents critiques, notamment sur sa dérive autoritaire et liberticide. Il s'habille comme un vieux et fume la pipe ? Normal il a 66 ans direz-vous. Que nenni, il était déjà comme ça à 30 ans.
Bref, un bonhomme drôlement intéressant.
Bien envie de lire ses livres et, qualité que j'affectionne beaucoup chez les écrivains, il donne aussi envie de lire les livres des autres :
Objet surréaliste, S’en aller n’a rien de l’exercice littéraire consistant à ordonner le chaos de ses fragments personnels. «Je ne souffre pas de ne pas trouver d’unité à ma vie. J’ai très tôt laissé l’idée d’en trouver une», y confesse-t-il dès le premier chapitre. Le livre est une digression érudite en compagnie de ceux qui, écrivains ou personnages fictifs, ont été animés, comme lui, par le désir ardent de prendre le large : Hugo donc, Vladimir Nabokov, Patrick Leigh Fermor, cet écrivain voyageur et membre des services secrets britanniques, improbable croisement d’Indiana Jones et de James Bond, ou encore Arsène Lupin.
Et Kafka a demandé à Max Brod de détruire après sa mort la troisième partie restante.
Évidemment, on sait que Max Brod n’a non seulement pas respecté la demande testamentaire de Kafka, mais qu’il a trié, édité, mis en volume et diffusé ces textes.
Georges Perec, en parlant de ses parents qu’il n’a pas connus, dit « leur mort fut l’affirmation de ma vie ». C’est un peu la même chose avec Kafka : c’est d’une certaine façon au moment de sa mort que son œuvre naît et que naît le Kafka que nous connaissons. Son entourage se sent alors autorisé à aller piocher dans son monde — pour mettre en valeur et pour diffuser. Le patronyme Kafka peut alors s’installer dans la littérature européenne, puis mondiale.
C’est pour cela que je disais qu’il fallait certes commémorer en 2024 le centenaire d’une mort de Kafka, mais qu’il fallait surtout célébrer le centenaire du début de l’aventure éditoriale de Kafka — notamment avec le centenaire de la publication du Procès.
Grâce à cette trahison testamentaire et à cette aventure éditoriale entreprise par Max Brod, les textes de Kafka circulent, traversent les frontières — l’océan même, et arrivent jusque dans les mains des premiers traducteurs dont je parle dans le livre. Ce fut donc l’affirmation de la vie de Kafka.
Un article très long mais passionnant sur Kafka et ses traducteurs.
et, quand je dis que nous sommes nombreux à être les descendants de Gatsby, il conviendrait en réalité peut-être de préciser de quelle page ou même de quelle phrase, en particulier, nous sommes issus.
De Tom et Daisy, couple riche et brutal, F. Scott Fitzgerald écrit : «C’étaient des gens négligents […], ils détruisaient les choses et les êtres, puis ils se repliaient à l’abri de leur fortune, ou de leur infinie négligence, ou de ce qui les unissait, quoi que ce fût, et laissaient à d’autres le soin de nettoyer les dégâts qu’ils avaient causés.» Cette phrase (1) a eu pour moi le même effet qu’une lentille de contact posée pour la première fois sur un œil myope. J’ai vu. J’ai vu le monde par cette phrase, et après elle, il n’a plus été le même pour moi. Je le voyais désormais tel qu’il était ; et cette révélation-là, hélas, rien ne l’a jamais démentie.
Et voilà, encore un livre (un classique) qu'il faut que je lise : Gatsby le magnifique.
J'aime vraiment beaucoup les trouvailles littéraro-humoristiques d'Ambroise Garel.
Pertes des repères traditionnels ? Conséquence des crises économiques successives qui compliquent l'entrée dans la vie active ? Effet tardif des confinements Covid sur la santé mentale des adolescents ? Nouvelle étape d'un retour à la tradition déjà entamé avec le phénomène des tradwives ? Authentique renouveau spirituel ? Toujours est-il qu'il est de plus en plus fréquent de voir, dans les zones d'activité en périphérie des villes moyennes, entre un Monsieur Meuble et un grill Courtepaille, de jeunes gens à peine sortis de l'enfance perchés sur des poteaux hauts parfois de plusieurs mètres. Dressés ou accroupis, ils contemplent silencieusement le monde qui les entoure en jetant tout de même parfois un coup d'œil à leur smartphone car certaines habitudes sont coriaces.
La Forme et la couleur des sons possède une sorte de mode d’emploi. Celui-ci est donné en ouverture : il suit le principe du «Hook-and-Chain», une «forme de chanson ou poème popularisée dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIIe siècle ; le premier et le dernier vers riment, encadrant des couplets rimés. Schématiquement : A BB CC DD EE FF A.» La nouvelle-titre étant la première (A), on comprend qu’on retrouvera d’une manière ou d’une autre nos deux amateurs de musique traditionnelle dans le dernier texte («Les débuts»), si bien que la boucle sera bouclée. Comme chez Alice Munro, il existe des passerelles d’une section à l’autre. Les nouvelles fonctionnent par paires et font dialoguer un passé plus ou moins passé avec un présent plus ou moins présent. Lorsqu’un homme, à la fin du XVIIIe siècle, offre à une femme un tableau représentant un oiseau («Edwin Chase de Nantucket»), ce même tableau se retrouve en 2008 accroché au mur d’une maison en bord de mer («La barrette en argent»). Lorsque de nos jours un écrivain en résidence déterre la mort mystérieuse d’une dizaine de bûcherons sur un site d’abattage en 1908 («August dans la forêt»), ce même mystère est en partie élucidé à la lecture du journal d’un des hommes («Le journal de Thomas Thurber»). En chemin, les registres varient, jusqu’à flirter avec l’épouvante. L’un des plaisirs d’un recueil de nouvelles – et celui-ci nous le rappelle – consiste à voir les cartes rebattues à chaque nouvelle entrée.
J'adore ! Rien que pour ça, j'ai envie de le lire !
Pierre Michon. Plus grand écrivain français vivant.
K2-18b, exoplanète située à 124 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Lion, fait l’objet de débats animés au sein de la communauté scientifique, qui se demande si elle pourrait être un monde océanique susceptible d’abriter une vie microbienne. Ce jeudi 17 avril, une équipe de chercheurs américano-britanniques a annoncé avoir détecté, en utilisant le télescope spatial James Webb, dans son atmosphère des signes de composés chimiques longtemps considérés comme des «biosignatures» d’une possible vie extraterrestre – le sulfure de diméthyle et le disulfure de diméthyle, qui sur Terre sont uniquement produits par des organismes vivants, principalement du phytoplancton.
Depuis que j'ai lu la trilogie du problème à 3 corps de Liu Cixin, j'ai très peur de l'existence d'une potentielle vie extra-terrestre (lisez-le, vous comprendrez - attentions, pavés).
Suite du shaare précédent : du coup, j'en ai fait un article.
Il y a des livres qu’on lit à 12-13 ans et où on entretient la nostalgie à chaque relecture. Ce n’est pas du tout le cas du Seigneur des Anneaux, où chaque relecture apporte son lot de nouvelles découvertes.
Pour cette relecture, j'ai été frappée de voir à quel point il était facile de faire résonner ce livre avec l'actualité, sans doute parce qu'il parle de choses assez universelles telles que l'inquiétude de voir l'ombre grandir et la peur de perdre son univers (ou pire, de le voir se transformer).
Allez zou, un article pour tenter de vous convaincre à quel point Abercrombie-c'est-bon-mangez-en.
Et merci Bronco de me l'avoir fait découvrir, dans un article de blog tellement vieux -j'ai de la suite dans les idées- que je n'ai pas pu le retrouver.
Vu sur Brief.me :
Et si les héroïnes de la littérature s’appropriaient les réseaux sociaux ? C’est le projet de la série « Les Influentes » d’Arte, diffusée en ligne. Avec un anachronisme rafraîchissant et réjouissant, chaque court épisode est consacré à un personnage féminin culte qui se dévoile face caméra tel une influenceuse. Dans le dernier épisode mis en ligne, Cécile de Volanges des « Liaisons dangereuses » partage dans un vlog les coulisses d’une journée riche en émotions.
J'ai lu ce matin le (long) article que Mediapart consacre à cette histoire.
Je me garderai bien d'émettre le moindre jugement, mais à mon sens, il y a deux niveaux de responsabilité :
EDIT : hmm, il existe sûrement des jurisprudences, faudrait chercher...
Liste de contraintes oulipiennes.
via Bronco
J'adore l'alexandrin greffé :
C’est un trou de verdure et le premier en France
Accrochant follement des feuilles et des branches
D’argent ; où le soleil étrange et pénétrant
Luit ; c’est un petit val que la blancheur défend.Un soldat jeune, bouche au sourire si doux
Et la nuque baignant du sommeil de la terre
Dort ; il est étendu sous l’écorce des pierres
Pâle dans son lit vert qui ne bat que pour vous.Les pieds dans les glaïeuls, comme un vol de gerfauts,
Sourirait un enfant sur des pensers nouveaux.
Nature, berce-le, cet âge est sans pitié.Les parfums ne font pas cette obscure clarté.
Il dort dans le soleil, ô rage, ô désespoir
Tranquille. Il a deux trous qui reviennent le soir
J'avoue : j'aime beaucoup Hugo Becker et j'aime bien Camille Lou (oui, il y a une nuance). A la maison, on a été fan de la série Je te promet avec ces deux là dans 2 des rôles principaux (mais il n'y a avait pas qu'eux, c'est depuis cette série que je suis un fan inconditionnel de Marc Riso.
Alors du coup, j'ai bien envie de le regarder mais d'un autre côté... j'ai pas envie de pleurer, rien que pour ça je n'ai pas lu le livre. Je trouve que l'époque n'est pas aux belles histoires tristes. Je veux de belles histoires qui font plaiz. Mais je sens que ce n'est pas moi qui vais décider ^^
Mais quelle bande de cons. C'est lamentable.
Vous pouvez être en désaccord total avec les écrits de Sansal (d'ailleurs, je n'ai moi-même jamais rien lu de lui), mais s'opposer à une résolution s'élevant contre une détention arbitraire, faut vraiment être taré. C'est indéfendable. Ca veut dire quoi du coup ? Qu'à LFI on n'est pas totalement contre la détention arbitraire, ça doit être examiné au cas par cas ? Bande de tocards.
Comme l’année dernière, voici l’article inutile sur mes statistiques de livres lus, parce que pourquoi pas.
Allez, je continue sur ma lancée : lisez La France de Vichy, ouvrage publié par l'historien américain Robert O. Paxton en 1972. C'est certes moins palpitant que les œuvres complètes d'Abercrombie, mais c'est une lecture indispensable. Oui, aujourd'hui encore. Surtout aujourd'hui.
Ce livre là, il est à la fois très court et très bien, il méritait largement un article juste pour lui !
Suite de mon article récapitulant mes lectures préférées de 2024 : une voiture-balai pour toutes les lectures dont je n'ai pas eu le temps de parler !
J'ai extrait cette critique de la série Blackwater de mon article récapitulant mes lectures préférées de 2024, parce qu'elle est un peu longue et méritait de ce fait un article à part entière.
Ivre virgule il parle de 10 livres dans un seul article.
Suite de mon article sur les lectures de 2024 !
Je suis nul comme blogueur : au lieu de faire 10 articles sur mes 10 livres préférés de 2024, je n'en fais qu'un seul !
A ma décharge, c'était autant de brouillons entamés, parfois depuis un bon bout de temps, et ni finis, ni publiés... Si ce n'est pas bon pour ma fréquentation, au moins ça débarrasse !
Cela étant, ce sont vraiment 10 livres (plus exactement 23 livres et BD, il y a des sagas) que j'ai vraiment beaucoup aimé. J'offre ma reconnaissance sur la longue durée (l'éternité, c'est plus ce que c'était) à toutes celles et ceux qui feront l'effort de lire jusqu'au bout : ne le faites pas pour moi, faites le pour l'amour des livres !
"On a fait d'un écrivain un criminel et on baisse les yeux devant de vrais criminels", fustige mercredi 11 décembre sur France Inter(Nouvelle fenêtre) l'écrivain Kamel Daoud, alors que la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Alger doit statuer dans la journée sur la demande de remise en liberté de Boualem Sansal. L'écrivain franco-algérien est incarcéré en Algérie depuis la mi-novembre pour atteinte à la sûreté de l'État, ce que dénonce Kamel Daoud. L'écrivain franco-algérien considère que "le crime" au contraire "est de ne pas pouvoir parler de la guerre civile".
[...]
S'il reconnaît être "pessimiste", le lauréat du prix Goncourt 2024 espère tout de même que cela permettra de ne "pas faire tomber dans l'oubli Boualem Sansal". "Si on oublie en France le prix de la liberté, on la perdra", prévient Kamel Daoud, qui se demande pourquoi on "juge des écrivains pour des crimes commis par des terroristes".
Est-ce une forme de prise d'otage ?
Je crois que Boualem Sansal est victime d'une situation qui se tend de plus en plus entre la France et l'Algérie. J'ajoute, et je le sais en tant que président de l'Académie Goncourt, que l'attribution du Goncourt 2024 à Kamel Daoud pour son roman Houris a fortement déplu au pouvoir algérien et je me demande si, dans une certaine mesure, Boualem n'est pas aussi une victime collatérale de cela. Il est la victime d'une ambiance globale et c'est aussi cela qui est insupportable. Il ne faudrait pas qu'un individu, quel qu'il soit, soit la victime d'enjeux qui le dépassent.Le fait qu'il soit âgé est-il encore plus choquant ?
Effectivement, Boualem Sansal n'est plus tout jeune. Se retrouver arrêté dès son arrivée dans son pays d'origine, mis au secret sans l'assistance d'aucun avocat, sans avoir de ses nouvelles, sans qu'il puisse en donner à sa famille et aujourd'hui sous le chef d'une inculpation qui nous paraît quand même absolument farfelue, tout cela est très inquiétant et on a hâte de savoir comment il va, quel est son moral. Et surtout, j'espère qu'il sait qu'on pense à lui. Il y a un mouvement international d'intellectuels, de politiques, d'écrivains, de citoyens et de citoyennes qui se soucient de son sort.
J'adore les gros livres.
TIL : en anglais,Sodome et Gomorrhe c'est "Les villes de la plaine". C'est joli, mais on perd une partie du sens, sauf à ce que pour un locuteur anglo-américain cette périphrase ne désigne que cet épisode biblique.
Ce lundi 4 novembre, l'album n'est plus proposé à la vente sur la plateforme américaine, détrôné par Cessez de vous faire avoir. Occupez-vous de votre épargne ! (De Taillac), de Charles Gave, président du think tank libéral et conservateur l'Institut des libertés, suivi d'un duo Fayard : Mémoricide de Philippe de Villiers et Ce que je cherche, d'un certain Jordan Bardella...
Allo Doc ? Toujours partant pour retourner au Far West ? j'en peux plus de cette époque.
Ex n° 1 des ventes : un album représentant des noirs de manière "caricaturale", "comme on le faisait dans les années 70", c'est à dire avec des faciès de singes. Mais c'est la faute du wokisme, on peut plus rien faire d'artistique, etc.
Suivants ou ex-aequo sur le podium :
Marre. Marre, marre, marre, marre.
Même chose, en moins bling bling :
Les Cercles norvégiens du livre ont réuni 100 écrivains provenant de 54 pays. Chacun d’eux avait été invité à choisir ce qu’il considérait comme étant les dix meilleures œuvres littéraires.
À partir des réponses des écrivains, les Cercles norvégiens du livre ont ensuite établi une compilation des 100 meilleurs oeuvres.
Suite de la série d'articles sur les "20 livres qui sont restés avec vous".
Babelio enrichit son offre de podcasts avec plus de 20 000 nouvelles émissions littéraires issus de Spotify. De la littérature à la BD en passant par la poésie, chaque podcast est à retrouver sur la notice de l'auteur évoqué ou directement dans le catalogue de podcasts par auteur.
Cas pratique : vous allez dans l'onglet "podcasts" de la fiche de Becky Chambers, et hop, vous avez tous les podcasts qui parlent d'elle. Je n'ai pas vérifié la pertinence, mais le concept est sympa.
Je me lance dans une petite série d'articles expliquant pourquoi j'ai choisi tel et tel livre dans le défi Mastodon "20 livres qui sont restés avec vous".
En France , Mein kampf est dans le domaine public depuis 2016.
Le Journal d'Anne Frank n'y est toujours pas, ses ayant droits s'y opposent (et cumulent les procès pour empêcher toute communication du manuscrit).
Par pure charité, je n'ajouterai pas une pierre supplémentaire à ce monument dressé à la bêtise.
Deux personnages charismatiques, et surtout accompagnés d'une ribambelle de volailles élevées en plein air (Coquenpâte, Molédecoq, Coquillette, Bangcoq…) et autres animaux de bonne compagnie, comme Bélino le bélier et Maurice le dodo. Vous l'aurez compris, dans cette série les jeux de mots ont toute leur place, et l'humour est omniprésent. Chaque tome met en scène notre bande d'animaux parlants, confrontés à une nouvelle situation pleine de péripéties (la rencontre de l'amour, les légendes locales, le voyage). On y retrouve l'esprit des albums d'Astérix avec ses différents niveaux de lecture. Un vrai plus pour les parents qui découvriront là des livres « à interpréter » pour faire rire leurs enfants, un festival de références et de bons mots réservés aux adultes, mais aussi des réflexions plus profondes sur des sujets de société.
Oh, merci Babelio, j'adore cette série, et la comparaison est pertinente : il y a vraiment un double niveau de lecture, et des jeux de mots à toutes les pages. Rigolade garantie pour les petits et pour les grands. Attention à l’âge desdits petits toutefois, la série mettant de plus en plus souvent en scène des fantômes ou des sorcières dans ses derniers épisodes.
Et pour ne pas mettre tous ses yeux dans le même panier, on trouve aussi de belles références picturales qui magnifient chaque album.
Oui, c'est parfois assez pointu.
L'auteur des premiers tags de Paris c'est... l'écrivain Restif de la Bretonne, en 1764 !
Peu à peu, entre la recluse et les employés de Marks & Co, c'est une véritable amitié épistolaire qui se noue, des deux côtés de l'Atlantique. Une amitié extravagante, fantasque, délicieuse et délicate, où chacun se confesse auprès d'Helene Hanff, comme s'il s'agissait d'une vieille tante de province. Cecily lui envoie la recette du rôti au pudding. Bill lui ouvre son cœur. Frank Doel, son correspondant le plus fidèle, la tient informée de ses affaires de famille, lui offre des photos et finit par en faire sa confidente pendant près de vingt ans, sans qu'elle ait jamais les moyens de se payer un billet pour Londres. Restent ces lettres, une savoureuse love story qui est aussi un brûlant éloge de la lecture et des libraires. Un petit régal.
J'ai bien envie de lire ce livre (découvert via ma lecture en cours : "L'inifini dans un roseau"), et de voir le film qui en a été tiré (en 1987...)
Une bonne critique (sans doute un peu longue) de "Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" -plus connu sous le nom de Blade Runner- de Philip K. Dick.
Sur la mort de Louis Pergaud (l'auteur, entre autres, de la guerre des boutons) :
Selon l'hypothèse actuelle, il aurait été piégé dans les barbelés et blessé par balles, plusieurs heures plus tard. Des soldats allemands seraient venus à son secours et l'auraient emmené avec quelques-uns de ses camarades dans un hôpital provisoire à Fresnes-en-Woëvre. Celui-ci est détruit par un tir de barrage de l'armée française le 8 avril, Louis Pergaud et de nombreux compatriotes figurant au nombre des victimes, bien que leurs corps n'aient jamais été retrouvés.
Louis Pergaud, mort pour la France... tué par des français.
Tiens, une liste un peu élitiste de livres durs à lire.
Alors, voyons voir :
Ulysse => Pas lu.
Les Bienveillantes => Lu (en entier). Oui, c'est gerbant. Mais vous n'êtes pas obligés de vous identifier au salaud qui dit "je" dans le livre.
A la Recherche du temps perdu => Lu, sur plusieurs mois, mais lu. Honnêtement, certains passages sont "un peu" lourds, j'ai même eu du mal à me sortir de la prisonnière... mais j'ai très envie de le relire. C'est une œuvre à laquelle il faut donner du temps, mais aussi lui en laisser : il faut sans doute avoir vécu pour comprendre certaines choses.
Le Seigneur des Anneaux => Lu. Deux fois. Oups. Mais je recommande aux nouveaux lecteurs de zapper le passage avec Tom Bombadil qui, j'en suis navré pour les fanatiques de Tolkien, ne sert à RIEN !
Belle du Seigneur => Lu. 1,5 fois (!). Un de mes livres préférés de tous les temps.
L'homme sans qualités => Pas lu. Et autant Ulysse, j'ai une petite idée de quoi il retourne, autant celui-ci je ne serais même pas capable de dire de quoi ça parle ! Va falloir que je me renseigne.
Le rouge et le noir => Pas lu.
Madame Bovary => Lu. Mais c'est trop bien Madame Bovary ! Seulement, faut savoir ce qu'on lit. Madame Bovary, si c'était un film, ce serait un film de Quentin Dupieux bien vénère, où on se fout de la gueule de la jeune première, des histoires d’amour nunuche, des happy end...
Cent ans de solitude => Lu il n'y a pas si longtemps. J'en garde un excellent souvenir.
La première phrase est comme une barrière de corail qu’on doit franchir pour accéder au grand large du reste du livre. Le grand large hasardeux où l’on n’aura pas pied, où menacent des courants, des méduses ou pis, des REQUINS, où l’on s’expose au naufrage, à l’ennui mortel, à l’insolation, à la déshydratation. Si ça se trouve il faudra boire notre urine pour survivre (surtout ne pas boire d’eau de mer). Quelle horreur ! Mais une nuit ou l’autre, une nuée de poissons volants viendra peut-être nous éclabousser, le plancton luira comme une voie lactée dans l’eau noire, la queue immense d’un cachalot surgira je te jure à deux mètres à peine de notre embarcation (et même pas d’appareil photo à portée de main, c’est trop bête mais tu sais bien, les souvenirs sont plus précieux que les photos). Peut-être qu’un oiseau de mer, une odeur de végétation humide et un miroitement gris sur l’horizon nous annonceront que la terre est proche. Les vents seront portants, il y aura des sirènes ou des pirates et au-delà, l’inconnu, une romance, un drame, l’amour, la mort, le petit-déjeuner. C’est pour cela que nous lisons.
Retour aux affaires avec le roman La corde, de Stefan aus dem Siepen, lu en 2022.
Une petite sélection de livres de SF à lire. Vous me connaissez : j'adore les listes. Surtout les listes de livres.
Me concernant, celle-ci se divise en 3 catégories : les livres lus, les livres à lire, et ceux dont je n'ai jamais entendu parler (qui risquent de rejoindre la catégorie n°2 si la description faite parvient à me donner envie).
Écoutez donc Guillaume Galienne lire Proust, vous verrez si c'est pas drôle !
EDIT : lien édité
J'adore quand sur un mème à la con, la conversation part sur des remarques super pointues, littéraires et intelligentes.
evrestcoleghost
now i wonder what would borges write11061995
"I died and then got up and went to my funeral. People had mixed feelings about my life when I asked them about it. This was treated as ordinary by everyone involved."
Edit: I fuckin' love Borges so much. Top three favorite writers of all time. Such abject beauty. With a time machine I'd make baby Hitler hang on a minute while I went and had a conversation with the smug blind Anglophile nerd first.
Ça, c'est une super nouvelle. Reste à espérer que tous les acquéreurs liront le bouquin ^^
Je vous souhaite d'en être ; je l'ai déjà dit 15 fois, mais ce bouquin est EX-CE-LLENT. Un de mes préférés. Dans mon top 10.
Mouarf. L'auteur le plus riche du monde (pas été vérifié, mais elle annonce 800 millions de dollars tout de même) n'écrit pas ses livres. Disons qu'il a amélioré le système d'Alexandre Dumas : il envoie un synopsis de 60-80 pages à son pool de "co"-auteurs, qui font ensuite le roman en suivant le canevas du patron. Malin.
Je viens d'aller jeter un œil sur Babelio, ses livres ont des notes plutôt correctes : il choisit bien ses collaborateurs.
Alors ? Littérature ou pas littérature ? Publicitaire, homme d'affaires ou escroc façon Jeff Koons ?
La "dark romance" : fonction cathartique ou glamourisation du viol ?
L'autre point intéressant de cette courte (3 minutes) vidéo, c'est comment ce genre renverse la chaine de l'édition : ces romans sont habituellement écrit (plus ou moins) à compte d'auteur sur des sites comme Wattpad, où les éditeurs vont faire leur marché pour choisir ce qui fonctionne (7 millions de lecteurs pour Captive...), avant de l'éditer en ebook, et ensuite seulement, si l'ebook s'est bien vendu, en livre papier, encore perçu par eux comme une sorte de consécration (ça se comprend : c'est ce qui coûte le plus cher à produire)
Jamais je n'aurais imaginé que Auprès de moi toujours, dont j'ai parlé il y a quelques mois, pourrait être l'occasion d'une prise de conscience...
Allez, bam, le revers de caca de la médaille en chocolat : le monsieur qui écrit des livres mignons est mort :( 59 ans. Saloperie de cancer.
En 2021 en plus. On me dit rien à moi.
Un petit article rapide, un livre rapidement lu.
Sourire garanti, à quand l'adaptation en film ?
C'est hyper-pointu, j'ai lu en diagonale et encore pas tout, c'est le genre de truc pour les Bac+12 en littérature comparée, mais je suis content de vivre dans un monde où ce genre de chose existe : c'est une étude visant à examiner le personnage de Félicité (Un cœur simple - Flaubert) en tant que "porte malheur" ou messager/annonciateur de la mort. Et ça se tient.
Le dernier roman de Paul Auster raconte l'histoire d'un homme qui doit faire le deuil de sa femme écrivaine. Sauf que c'est lui, l'écrivain, qui est mort, et sa femme qui nous l'annonce. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il l'avait en tête en cours d'écriture.
Oh, Paul Auster est mort.
J'ai posté il y a deux mois ma critique sur Babel ; @Gaby sur Mastodon m'avait dit ne pas partager du tout mon point de vue. J'attendais donc sa chronique avec une certaine impatience.
Je vous mets les liens de nos deux textes, si vous voulez faire de l'analyse comparative :)
Je vous la fais courte, en reconnaissant toutefois que je peux me fourvoyer : on est d'accord sur le message du roman (le racisme, la colonisation... c'est mal) mais en désaccord sur sa qualité intrinsèque. Personnellement, je le trouve raté car je pense que l'autrice a trop voulu défendre une thèse, oubliant, de mon point de vue, qu'elle écrivait un roman. Du coup je trouve les personnages creux et caricaturaux, et leurs relations uniquement justifiées par les besoins de l'intrigue, indépendamment de leur vie propre en quelque sorte. Comme il l'écrit lui-même, Letty n'est en quelque sorte là que pour incarner le personnage qui cède "face à la pression du système".
Elle nous rappelle que le racisme, ce n’est pas juste le fait de gens méchants dont nous pourrions nous distancer, puis nous satisfaire de notre supériorité morale. Ce n’est pas qu’une question d’individu qui devrait juste apprendre à être tolérant grâce à des exemples édifiants. On parle de lutte contre le racisme, et cette lutte doit être renouvelée à tous les instants, car le système, par ses différentes incarnations, nous rappellera sans cesse ce que nous avons à gagner comme privilège en le perpétuant et ce que nous avons à perdre en nous battant contre.
Je suis à 100% d'accord avec ce passage, et je trouve que ce n'est pas contradictoire avec mon ressenti : c'est un essai romancé contre le racisme et le colonialisme (avec une première partie toute molle).
Mais bon, on va pas refaire le match 15 fois ^^
C’est une annonce qui a fait beaucoup réagir, mais qui est passée assez inaperçue auprès du grand public. Celle d’une taxe sur les livres d’occasion, pour protéger le prix unique sur les ouvrages neufs, qui existe en France depuis 1981.
Mais quelle idée de merde. Dit autrement, ça revient à dire que les gens qui achètent des livres d'occasion c'est du manque à gagner pour les éditeurs. Ou comment appliquer au livre les conneries déjà entendues depuis 30 ans pour la musique.
Si je considère les romans d'un point de vue très simpliste, il n'y a que trois types de romans.
Tout d'abord, il y a "l'œuvre alimentaire" intelligente. Il y en a des milliers - très bien écrits, très intelligents, mais ils ne sont pas nécessairement lus pour la finesse de leur prose. Si l'on vous demande trois semaines après avoir lu un tel livre ce que vous en avez retenu, votre souvenir sera très vague.
Deuxièmement, il y a la "fiction littéraire". Les livres font l'objet d'un grand nombre de préjugés et de snobisme, ce qui ne devrait pas être le cas. Un bon livre est un bon livre. Et cette notion est tellement subjective qu'il serait presque impossible de mettre tout le monde d'accord. Cependant, il existe donc cette classification appelée "fiction littéraire". C'est le genre de livre que l'on critique souvent parce qu'il privilégie le style au détriment de la substance, mais il est magnifiquement écrit. C'est le genre de livres que l'on lit pour apprécier la langue.
Le troisième type de livre est celui qui parvient à faire les deux : raconter une belle histoire, mais la raconter d'une manière qui la rend tout à fait unique.
Quelqu'un a beaucoup aimé Libration, de Becky Chambers (le tome juste après L'espace d'un an) ; je vous les conseille fortement également.
Le fait d’être écrivain « tout court » (sans étiquette) reste pour elle, en France, l’apanage d’écrivains français blancs et de sexe masculin. « Dans ce qui reste un bastion masculin », la qualité littéraire est jugée, « l’universel » est pensé à partir de représentations masculines.
[...]
Beaucoup d’encre a coulé, notamment autour de la parution du Manifeste pour une littérature monde en français, sur la distinction problématique entre « littérature française » et « littérature francophone » : la littérature française est généralement pensée comme ne faisant pas partie de la littérature francophone, ce deuxième ensemble regroupant la littérature en français produite hors de France mais aussi par des écrivains de nationalité française mais pas de l’hexagone, voire des écrivains « hexagonaux » perçus comme ayant des appartenances multiples. L’œuvre d’auteurs d’origine antillaise, d’autrices ou auteurs noirs comme Marie NDiaye, ou la littérature « beur » ou ¡« de banlieue », ont ainsi pu être rangées dans la catégorie « francophone » plutôt que « française ».
Je l'ai partagé sur Mastodon, il n'y a pas de raison que je ne le fasse pas ici : ma chronique sur "Auprès de moi toujours", un roman que je ne suis pas près d'oublier.
Sur le message politique d'Herbert quand même bien brouillé :
(en gros il a des théories de droitard bien sale, mais ses œuvres ne soutiennent pas totalement ses théories - quand ça part pas en portnawak total)
“Attention aux hommes providentiels, ne leur abandonnez pas tout votre esprit critique”, c’est un excellent message. Le truc, c’est qu’il y a deux soucis dans la manière dont est délivrée ce message par Frank Herbert dans Dune.
Le 1er, et le plus gros souci, c’est que Paul et son fils Leto ont une excellente raison d’être des tyrans : ils voient l’avenir, et ils y voient l’extinction de l’humanité s’ils ne font pas leur empire dictatorial. Ce qui est un argument plutôt recevable quand même.
[...]
Du coup, ils [Paul et Leto II] sont moins des acteurs qui font des choix dégueu, que des pions contraints par un dilemme assez cornélien. Ils sont pas des ordures, ils sont des sujets de tragédie qui ne peuvent échapper à leur destin. Ils sont vertueux… Dans le fond… ils ont raison.
S'ensuit tout un passage sur le républicanisme de Herbert, sa détestation de Kennedy et le fait que son œuvre semble paradoxalement le dédouaner.
Rappel également de l'homophobie dégueulasse d'Herbert (il a renié son fils homo), le personnage ouvertement homosexuel (et pédophile, ben voyons) de Dune c'est... le baron Harkonnen.
Surtout, au-delà de la pertinence de son analyse… Ben… Paul, c’est pas un mec qui cherche à conquérir le pouvoir, c’est justement un mec qui cherche à y échapper, et quand il s’y retrouve quand même, il fait des horreurs. L’inverse de ce qu’il voulait dire, lol...
Dans cet article, Herbert dit aussi qu’à part “méfiez vous des messies”, il donnera pas + de réponses à ce qu’il faut lire dans Dune. Et d’ailleurs la fin du tome 6, c’est “ils sont tous resurrected, en fait ils étaient dans une boule à neige, dsl j’ai pas de conclusion oups mdr”
La fin de Lost, quoi. Le genre de fin qu’on fait quand on comprend plus ce qu’on écrit et qu’on sait plus où on va… Certes, il devait y avoir un septième bouquin, mais bon, si vous avez lus les 6, vous savez que ça semblait compliqué de terminer sur un truc cohérent…
[...]
Pas surprenant que ça donne quelque chose de totalement déstructuré. Et si le propos est déjà bancal dans les premiers bouquins, les derniers, c’est quelque chose. A nouveau, si vous les avez lus, vous savez...
Je me sens un peu moins mal à l'aise et imposteur (c'est pas tout à fait le terme que je cherche mais vous voyez l'idée) à ne pas (tout) comprendre de Dune et à trouver qu'il y a quand même beaucoup de charabia. (C'est marrant, je me suis la même remarque hier dans le cadre du travail quand ma cheffe a dit tout haut à propos d'une production de la direction que c'était du charabia ; ouf : ce n'était pas juste moi qui était con. C'est ça le syndrome de l'imposteur ? Mis bout à bout avec le fait que mon travail commence à me sortir par les yeux... Mais j'arrête de digresser)
Mes 2 cents vu le peu que je connais et de Dune et d'Herbert : oui, le pouvoir rend fou (pour dire les choses simplement). Et on le sait au moins depuis Montesquieu. Les films de Villeneuve ne sont peut-être pas "parfaits" mais :
1/ ils sont esthétiquement superbes
2/ déso, mais le message est bien passé : la fin de Dune 2 ne laisse aucune place à l'ambivalence ; on peut même situer le moment précis dans le film où Paulo commence à vriller (avec toutes les ambiguïtés évoquées ci-dessus : est-ce qu'il a vraiment le choix etc.), et la fin est très claire : c'est non seulement la guerre, mais la guerre sainte.
Sympa ce blog, je vais le suivre !
=>littérature, jeux vidéo et trucs culturels divers, par un bibliothécaire à la BNF.
Approchez, venez-voir nos merveilleuses versions de la fin du monde. Choisissez celle qui vous plait !
Cependant, Eric Vuillard a souhaité attirer notre regard sur les financiers qui tirent profit de la guerre. L’Indochine, colonisée au XIXème siècle, dispose d’importantes plantations d’hévéa (ingrédient essentiel du caoutchouc), mais aussi de riz ou de ver à soie. Ainsi, pendant que les soldats français se font massacrer dans la jungle, les investisseurs de la Banque privée française d’Indochine en profitent pour spéculer sur la défaite en rapatriant les avoirs, pour s’enrichir grâce à l’effort de guerre. D’un ton inspirant désillusion, dégoût et ironie, Eric Vuillard raconte les collusions politiques d’une Quatrième République chancelante, mais aussi les sabrages de champagne des investisseurs devant les dividendes qui explosent d’année en année malgré la défaite imminente des armées françaises. Cette situation hallucinante est également mise en scène par Pierre Lemaitre dans son roman Le Grand Monde qui situe une partie de son action en Indochine.
Je n'aurais qu'un reproche à faire cet article : ce livre d'Eric Vuillard, comme la plupart de ses livres d'ailleurs, est plutôt un récit qu'un roman. Il donne à voir, c'est à peine s'il comble certains vides : tout est vrai. J'ai lu celui-ci sur la guerre d'Indochine, et l'article que je cite retranscrit bien le cynisme qui transpire de toute cette catastrophe. Colonialisme et recherche effrénée du profit, racisme, incompétence crasse de militaires qui n'ont pas gagné une seule guerre depuis Napoléon... franchement, c'est à lire si vous ne connaissez rien à la guerre d’Indochine, car c'est un condensé de cette période, qui se lit de fait comme un roman.
Du même genre et du même auteur, je ne saurais trop vous conseiller de lire Congo et L'ordre du jour, le premier sur le Congo du temps ou il était la propriété personnelle du roi des belges -et c'est aussi atroce que ce que vous imaginez- et le second s'articulant en deux parties, juste avant la prise de pouvoir par les nazis et juste après la chute du Troisième Reich ; le récit montre comment le monde des affaires a soutenu Hitler, comment les industriels ont utilisé les déportés comme main d’œuvre (on le voit aussi dans Les Bienveillantes de Littell),comment les autrichiens ont accueillis les nazis à bras ouverts en 1938, comment les européens ont laissé faire... Je crois que c'est dans ce livre qu'il y a une phrase terrible, il me semble que c'est un témoignage lors du procès de Nuremberg, où je ne sais plus quel dignitaire nazi explique qu'ils avaient très peur d'être écrasés à ce moment là car il étaient vulnérables.
J'ai (enfin) lu Annie Ernaux.
Ça vaut le coup (sauf si vous êtes de droite).
Allez, j'ai pondu un truc rapidement sur la trilogie du Problème à trois corps, je vais pouvoir mater la série l'âme en paix.
Je vous en conjure, si vous avez l'intention de regarder cette série, lisez les livres avant.
Déjà parce que vous n'aurez plus envie après, et sans doute aussi parce que si je vois tout à fait comment on peut adapter le 1er livre (et comment ça peut être grandiose si c'est bien fait), si je vois à peu près comment on peut adapter le second (et comment ça peut être très triste si c'est pas taillé au poil de cul parce que ça commence déjà à partir loin), je vois surtout très bien comment on peut se planter pour le 3ème. Oh oui, je vois bien.
Un chouette film qui donne envie de lire !
Si vous n'avez pas encore lu Pierre Lemaître, lisez Le silence et la colère (et peut-être Le grand monde juste avant) : vous me remercierez après.
- Après avoir lu la critique de Daniel Martin dans Le Magazine Littéraire, Michel Deville a lu votre roman et il aimerait en faire son prochain film... Mais je ne sais pas...
Remarques en vrac :
Il y a parmi ces élèves une obsession de la pureté et, de facto, de la souillure qu’ils traquent partout, même où elle n’est pas. On ne doit, selon eux, ni penser le corps ni penser son langage particulier. L’idéal dont ils rêvent : un monde expurgé de tout désir apparent. Les conséquences sont considérables. Pour moi, c’est la censure. Pour eux, c’est bien pire : une négation du corps, un refoulement du désir, une incapacité à se comprendre soi-même. Qu’adviendra-t-il de ces jeunes femmes et jeunes hommes vivant avec un tel impensé de ce qui bouillonne en eux ? La littérature n’est-elle pas tout occupée à fouiller, modeler, éclairer les forces étouffées qui nous travaillent ? N’est-ce pas grâce à elle que nous parvenons à mieux nous comprendre, à mieux nous maîtriser ?
Leur bigoterie est redoutable car elle n’est ni honteuse ni dissimulée. Elle se revendique fièrement, bruyamment. Ce refus de voir et de lire est bavard, il dit : « Je suis pur et vous êtes corrompu. » Il dit : « Je m’élève et vous vous abaissez ». Il opère un retournement : le professeur est sermonné, remis dans le droit chemin, catéchisé par ses élèves qui prennent le pouvoir. « On ne montre pas ça, on n’écrit pas ça, on ne peint pas ça. Tirez le rideau sur ces pulsions. Cachez ! Cachez ! Cachez ! »
Je me sens un peu mal à l'aide en lisant ce témoignage car j'ai l'impression de jouer au jeu "taboo" : il ne fallait pas dire le mot "Islam", il ne l'a pas dit... juste évoquée dans le deuxième paragraphe. Je me sens un peu en porte-à-faux du coup. Témoigne t-il de sa seule expérience, tous les élèves concernés réagissent-ils ainsi, les cathos intégristes ont-ils le même comportement ? Son non-dit jette davantage qu'il ne, si j'ose dire, lève le voile.
Cela étant, les exemples de pudibonderie et de bigoterie autre qu’islamique pullulent, et peut-être son allusion au 2ème paragraphe m'a t-elle induit en erreur. Entre les "parents vigilants" de Zemmour et les Stanislaso-compatibes que j'évoquais hier à travers un billet de blog de Schneidermann, le fond de l'air devient frisquet et la morale un peu trop chatouilleuse. Entre le "tu ne devrais pas dire/montrer ça" et le "je saurais bien t'empêcher de le faire", il y a un pas qui est parfois franchi.
EDIT : je vous remet la citation : "On aurait pu penser que cette principauté n'était qu'une subsistance anachronique, assiégée par l'évolution libérale des mœurs. Mais tout peut aujourd'hui laisser penser que le mouvement s'effectue en sens contraire, et que c'est plutôt le libéralisme économique, qui fait mouvement vers l'illibéralisme sociétal. Cette coïncidence confirme, tout simplement, qu'aucune" "évolution des mœurs"", allant dans le sens d'une plus grande liberté à disposer de son corps, telle qu'on aurait pu l'analyser depuis un demi-siècle, n'est aujourd'hui irréversible."
via SebSauvage sur Mastodon
Je suis très, très dubitatif. Atta, ça sera p'têt bien, France Television ils sont pas loin d'avoir les moyens de réaliser 1/4 d'heure d'une série originale Netflix !
Nan, c'est pas ça le problème.
Ce qui me fait peur, ce que La peste, tu vois, c'est pas vraiment la peste, le sujet du bouquin.
Atta, t'avais vraiment pas compris ?
Et en ce sens, le troll qui parle des élections dans les comm' (non, ce n'est pas moi) a peut-être mieux compris de quoi il était question que le rédacteur de l'article, qui s'était contenté de recopier du communiqué.
J'ai lu Babel.
Je suis un peu déçu.
Je tente d'expliquer pourquoi, pas brièvement.
En tant que lecteur, disons, boulimique, je trouve cette vidéo extrêmement intéressante, en ce qu'elle m'apprend comment ça se passe dans la tête des autres (les "autres" étant entendu ici par "ceux qui passent plus de temps sur leur téléphone que dans un livre").
Ah bon, vous avez envie de lire, mais vous avez la flemme ? Sérieux, il a fallu que le monsieur me le dise. Alors, pour être tout à fait sincère, il y a des périodes où je lis moins, et d'autres où je lis davantage. Mais les périodes de "moins", ce n'est pas "pas" (!), c'est "moins". Ça peut être parce que je suis tellement fatigué que je n'ai même pas la force de lire avant de dormir (mais je lis quand même le matin, dans la salle du trône, même si ce n'est que quelques pages) ; ou ça peut être parce que certaines activités vidéoludiques un peu trop prenantes (coucou BG3) empiètent un peu trop sur le temps disponible. A l'inverse, ça peut aussi être parce que je lis un truc tellement long, tellement dense, que mon rythme va s'en ressentir et qu'au lieu de lire, disons 3 livres/mois, je vais plutôt faire 1 livre sur 1 mois 1/2. Mais l'idée de base, c'est que je n'arrête jamais.
Alors je ne suis pas complètement né de la dernière pluie non plus, je sais que les réseaux sociaux et tutti quanti sont des gouffres à temps qui empêchent de faire autre chose (il y a quelques années, j'étais tombé sur un article où le type expliquait qu'en arrêtant la télévision, internet, les RS, il arrivait à lire plusieurs centaines de livres par an... j'avais trouvé ça un peu ridicule, c'est pas une compét' non plus mec, faut te calmer), mais apprendre qu'il existe des trucs, voire des outils pour moins centrer sa vie là dessus, ça en dit long sur votre niveau de dépendance.
En revanche, toute la partie "vous devez lire parce que c'est bon pour votre cerveau", je DÉTESTE ça. C'est d'autant plus prégnant dans cette vidéo que les livres ne sont vus QUR dans l'optique "vous allez apprendre quoi aujourd'hui", "mémorisez ce que vous avez appris", etc. Eh oh, si tu vas sur les RS parce que c'est cool, tu peux aussi lire un livre parce que c'est cool. Pour moi, la lecture, c'est ce "vice impuni" dont parlait Larbaud, ça reste avant tout un plaisir et qui a ceci de vachement bien par-rapport aux autres c'est qu'il est extrêmement valorisé socialement. La preuve : même les influenceurs bobo à la cool font des vidéos pour donner des astuces pour expliquer à leur viewers comment arriver à lire...
Waoow. Je découvre Arte Book club et c'est le kiff total.
J'adore la mise en scène, la façon qu'ils ont de parler des livres ; j'espère que toutes leurs vidéos sont comme ça.
Alors, si vous avez 20 minutes devant vous, prenez le temps de savourer cette vidéo sur Orgueil et préjugés, que j'ai un peu trop vite expédié l'autre jour (même si sur le fond, ça confirme ce que je disais : c'est vachement drôle).
Un article sur 3 livres d'Emily St. John Mandel.
Peut-être quelques spoilers, tout dépend de votre niveau de sensibilité à la chose.
Une section consacrée aux jeux vidéo sur le site Actualitté, c'est pas déconnant : comme ils le disent eux-mêmes, "Contrairement à l’idée reçue, les loisirs vidéoludiques n’occasionneraient pas forcément un désintérêt pour la lecture."
Sauf que non, ça va pas : il n'y aucune appréciation de la qualité des jeux et on retrouve ainsi des bouses de Microids (les derniers Astérix & Obélix : Baffez-les tous 2 et Tintin ; Les cigares du pharaon) à côté de bons jeux comme Dune : spice wars ou To Hell with the Ugly (adaptation du roman "Et on tuera tous les affreux" de Boris Vian).
Et tous ces articles ressemblent à des communiqués de presse dépourvus du moindre recul, encensant des qualités bien souvent inexistantes :
Astérix & Obélix : Baffez-les tous ! 2 est un jeu dynamique replongeant les joueurs dans une épopée gauloise inédite, après le premier volume sorti en 2021. Parcourez des sites fascinants, des ruines forestières à la vibrante Lutèce, en traversant un vaste camp romain. Chaque étape dévoile des décors uniques et des rencontres exaltantes.
Euh non, mais alors non de chez non.
Un seul des articles que j'ai consulté affiche cette mention qui ne m'a absolument pas surpris :
Un modèle de langage a servi à la rédaction de cet article.
Je me permets d'avoir de très gros, d'énormes doutes, en ce qui concerne les autres, vu l'indigence de leur style.