Le ministre de la défense italien Guido Crosetto, proche allié de la Première ministre Giorgia Meloni, a dit craindre que le conflit ne prenne une tournure encore plus grave et a évoqué les bombardements nucléaires américains sur le Japon en 1945 pendant la Seconde Guerre mondiale.
«Pensez-y : ce sont des êtres humains comme nous qui ont décidé que même Hiroshima et Nagasaki étaient des moyens acceptables de mettre fin à un conflit. Malheureusement, nous possédons toujours des armes nucléaires, et ceux qui n’en ont pas cherchent à s’en procurer. Nous n’avons rien appris», a déclaré Crosetto au quotidien italien Corriere della Sera dans une interview publiée mardi. «Le risque, c’est la folie, et ce que nous vivons actuellement, c’est un conflit dans lequel chaque action déclenche une réaction d’une ampleur supérieure. (...) Cette guerre met également en péril le leadership mondial des États-Unis.»
Je ne suis donc pas le seul à avoir ça en tête depuis 8 jours.
Okay, tout va bien.
Les Américains, pourtant à l’initiative de cette guerre contre l’Iran, ont visiblement sous-estimé la capacité de frappe de Téhéran, qui préparait sa riposte depuis des décennies. Non seulement ils n’ont pas construit en amont des abris renforcés d’une taille suffisante pour leurs gros-porteurs, mais malgré les alertes, ils ne les ont pas dispersés hors de portée des missiles ou des drones iraniens. Selon l’Institute for the Study of War, un groupe de réflexion américain, l’Iran avait lancé 37 drones contre l’Arabie Saoudite le 25 et le 26 mars. Cela n’a pas empêché les Américains de laisser leurs cibles de haute valeur alignées sur le tarmac comme à la parade.
Quand on est (dirigé par un) con...
Ce qui me frappe dans cet article, ce n'est pas la dissension réelle ou supposée dans le camp conservateur entre les partisans et les adversaires de la guerre (illégale) déclenchée par Trump contre l'Iran, c'est le niveau d'endoctrinement (voire de crétinerie) de certains partisans MAGA. Florilège :
Avant d’atterrir à Dallas depuis son Colorado natal, elle soutenait la guerre lancée par son président, surtout parce qu’elle estime que «Donald Trump a toujours raison». «Mais maintenant, j’en suis sûre, il fait ça pour sauver le monde», dit Shelly avec émotion.
[..]
«Je crois désormais que l’Iran est l’une des plus grandes menaces au monde», assène en espagnol Rolando Rodríguez, un Texan qui porte un tee-shirt «Latinos pour Trump», et qui regardait jusque-là ce conflit d’un œil lointain, légèrement préoccupé par les prix en hausse à la pompe. «En fait, c’est un mal nécessaire pour pacifier le Moyen-Orient et que l’essence soit encore plus abordable.»
[...]
Les partisans du chah sont à Dallas en opération lobbying : ils ont, entre autres, réussi à convaincre Bill que les prisonniers politiques encore en Iran, dont certains pourraient incarner une éventuelle transition, étaient de mèche avec le régime. «Sinon ils auraient déjà été tués, explique-t-il simplement, avant de pester sur l’absence de coopération des Européens. On n’aurait jamais dû les aider en Ukraine.»
[...]
l’entrepreneur Mike Lindell, fervent conspirationniste qui fut l’un des principaux artisans du déni de la défaite de Trump en 2020, dresse un portrait messianique de son idole pour tenter de convaincre les réfractaires : «Il a un don de dieu : il voit un problème, la solution et ce que ça va produire.»
L’argument peut paraître ridicule, mais dans un événement empreint d’autant de religiosité – les prières s’enchaînent, certains discours résonnent comme des sermons –, le caractère divin du président des Etats-Unis ne fait de doute pour personne à Dallas. «Comment croyez-vous qu’il a survécu à sa tentative d’assassinat», lance Shelly Hamilton, la quinqua du Colorado tout de MAGA vêtue, qui accuse les voix dissonantes d’être corrompues par le «démon». Rolando Rodríguez est plus explicite : «Je pense que ce sont des infiltrés démocrates, comme ceux qui ont été payés le 6 janvier 2021 pour mener l’assaut du Capitole.»
Bon signe ? La fracture évoquée plus haut semble avant tout générationnelle :
Et c’est presque une fracture générationnelle qui se dessine. Les partisans Maga de la première heure, aux cheveux blancs ou dégarnis, boivent les paroles du Président. Les jeunes conservateurs – essentiellement des hommes qui furent le principal carburant de sa réélection en 2024 – semblent moins emballés. «Je ne pense pas que l’Iran soit notre problème, balance avec dépit Razi Marshall, républicain californien de 19 ans, qui porte un polo à l’effigie de la «fraternité» de son université. On est impliqués au Moyen-Orient depuis soixante… même quatre-vingt ans. Qu’est-ce que ça nous a apporté ? Rien, à part d’être vu dans la région comme le principal ennemi.»
En réponse, le président Donald Trump a publié un message sur Truth Social, assurant que «si l’Iran a posé des mines dans le détroit d’Ormuz, et nous n’avons aucun rapport à ce sujet, nous voulons qu’elles soient retirées IMMÉDIATEMENT !»
T'as pas dit s'il te plait.
Purée, si même la Georgie vote démocrate, ça pue pour Trump.
L’impopularité du président américain menace sa majorité républicaine d’une gifle électorale à l’automne prochain. Pour y faire face, le milliardaire et ses équipes s’en prennent au système électoral, qu’ils jugent «corrompu»… sans pouvoir le prouver.
Encore une fois (voir ici ou là) on pourra pas dire qu'on l'a pas vu venir.
Pendant près de quinze minutes, Bad Bunny, tout de blanc vêtu, maillot de football siglé 64, et Ocasio écrit dans le dos – il s’appelle Benito Antonio Martinez Ocasio –, a fait exactement ce que la droite réactionnaire américaine redoutait : une ode à la culture latino, presque intégralement en Espagnol, qui dit mieux qu’aucun discours la force indiscutable qu’offre aux États-Unis l’immigration en ce moment conspuée par les autorités étasuniennes.
[...]
Mais c’est probablement dans sa conclusion que l’artiste aura été le plus explicite. «Que Dieu bénisse l’Amérique», dit-il cette fois-ci en anglais, l’entendant au sens large, puisqu’il déroule ensuite le nom de la plupart des pays du continent, de l’Argentine au Canada suivi d’une parade de drapeaux en pagaille. Sur l’un des écrans du stade, on peut lire que «la seule chose plus forte que la haine est l’amour», et l’artiste de présenter à la caméra un ballon de football sur lequel est inscrit «Ensemble, nous sommes l’Amérique».
Le destinataire a visiblement bien reçu le message. Et il n’a pas apprécié. «Le spectacle de la mi-temps du Super Bowl est absolument horrible, l’un des pires de tous les temps !»
Chouette.
C’est un monument de la presse américaine qui est en train de s’écrouler à vitesse accélérée. Le Washington Post, resté longtemps l’incarnation parfaite du «quatrième pouvoir», à l’origine du scandale du Watergate et des Pentagon Papers, est en train d’être saigné. Ce mercredi 4 février, la direction a annoncé que des centaines de journalistes commençaient à être licenciés, environ 300 sur un total de 800 croit savoir le New York Times
Quelle tristesse, et quelle scandale, encore. Car si le propriétaire, Jeff Bezos, fait ça, ce n'est pas uniquement pour des motifs économiques (ce qui serait déjà scandaleux puisque c'est depuis sont rachat que le journal va mal), mais c'est d'abord et avant tout pour faire plaisir à Trump.
Je commence à comprendre pourquoi je lis de plus en plus que les USA ne se relèveront jamais de la présidence Trump : il ne restera plus qu'un champ de ruines.
EDIT : https://www.reddit.com/r/PoliticalHumor/comments/1qwqhra/democracy_dies_in_darkness/
Evidemment, préviennent les auteurs, les fascistes ne se présenteraient pas comme tels en utilisant les méthodes d’Hitler ou de Mussolini. Ils s’empareraient du pouvoir «sous couvert d’un super-patriotisme et d’un super-américanisme» en utilisant trois techniques. D’abord, briser l’unité nationale en menant une «campagne de haine contre les minorités raciales, religieuses et autres». Ensuite, mettre fin à toute coopération internationale puisque les Etats-Unis sont meilleurs que tous les autres : les fascistes y substitueraient «une forme pervertie d’ultranationalisme en disant à leur peuple qu’il est le seul qui compte au monde. Cela s’accompagne de haine et de suspicion envers les peuples de toutes les autres nations».
Enfin, pour eux, «le monde n’a que deux choix : le fascisme ou le communisme et ils qualifient de communistes tous ceux qui refusent de les soutenir». Les militaires américains sont donc appelés à apprendre à repérer les fascistes locaux même «s’ils adoptent des noms et des slogans populaires, s’enveloppent du drapeau américain et mettent en œuvre leur programme au nom de la démocratie qu’ils cherchent à détruire».
Cette citation est extraite d'un document interne de prévetnion de l'armée américaine, daté de 1945.
On y est.
Remplacez toutes les mentions de "ICE" par "chemises brunes" ou "SA".
C'est l'horreur. L'horreur totale. Je ne sais pas comment ça va finir, ou plutôt, j'ai peur de l'imaginer.
EDIT : 10 balles dans le buffet, sur un type désarmé. C'est un putain de meurtre, perpetré uniquement pour semer la terreur.
https://www.liberation.fr/checknews/mort-dalex-pretti-a-minneapolis-ces-images-qui-montrent-que-la-victime-netait-plus-armee-lorsquelle-a-ete-tuee-20260125_3HAKON4E2RG4ZK3CMZE3INW73I/
«En 2025, mon assurance santé était d’environ 500 dollars par mois. Je payais près de 375, et les aides étaient donc d’environ 125 dollars. Les aides sont calculées en fonction du revenu. Avec la fin de l’extension d’Obamacare, et vu qu’avec mon revenu je suis au-dessus de 400 % du niveau de pauvreté, je n’y suis plus éligible. Je paye désormais 628 dollars par mois, car mon assurance santé a aussi augmenté. Les compagnies d’assurances ont anticipé une baisse du nombre de personnes qui allaient cotiser, à cause de la réduction des aides, et ils ont augmenté les prix. Quand ils ont passé la loi Obamacare, 400 % du niveau de pauvreté semblait beaucoup, mais les prix des assurances santé ont tellement augmenté depuis qu’ils sont devenus inabordables financièrement, même pour ceux au-dessus de ce seuil.
«Je vais devoir trouver cet argent quelque part. Je vais sûrement mettre moins de côté pour ma retraite, c’est la façon la plus facile de réduire mes dépenses. Mon loyer a augmenté, le prix des courses est plus cher, je ne mange déjà pas beaucoup dehors. C’est stressant. Je n’ai plus accès aux aides, vu que mes revenus dépassent le seuil, car les affaires vont bien, mais avec le prix de ma nouvelle assurance, d’une certaine manière, cela annule les gains que je fais avec mon entreprise.»
Le système (social, de santé, de l'assurance etc.) américain est brutal, surtout vu par un français, mais avec Trump c'est devenu encore pire. Cet article donne une série d'exemples, en donnant la paroles aux victimes directes de sa brutalité (chercheur sans crédit, fonctionnaire licencié, mère de famille aux portes de la pauvreté, immigrée craignant d'être expulsée...). Mais je me suis focalisé sur cet exemple qui appelle deux commentaires :
Maintenant, la question se pose, nous sommes à la croisée des chemins : les contre-pouvoirs vont-ils fonctionner ? Trump et sa clique ne vont-ils pas aller au bout de leur démarche et instaurer une dictature totale ? Comment ces gens, qui chient sur la Constitution, le droit international, ne pensent qu'à leur intérêt financier avant toutes autres considérations, ne pourraient-ils pas franchir le Rubicon du coup d’État ?
Lauder y décrit une île riche en terres rares, cruciales pour les technologies de pointe, les armements avancés et l’intelligence artificielle. Washington doit agir vite, affirme-t-il, avant que d’autres puissances ne s’y installent – exactement l’argument repris par Trump, qui évoque des menaces russes et chinoises pour justifier la prise de contrôle du Groenland. «En agissant dès maintenant avec vision et détermination, Trump peut garantir le leadership américain dans l’Arctique pour les générations à venir, tout en aidant le Groenland à réaliser ses aspirations en tant que partenaire, allié et peut-être, un jour, membre de la famille américaine», écrivait encore Lauder.
Lauder, la crème des éminences grises.
Encore une fenêtre grande ouverte sur la collusion politico-financiaro-familiale au cœur du système Trump :
Les intérêts de Ronald Lauder ne se limitent d’ailleurs pas au Groenland. D’après des documents révélés par The Guardian, Lauder appartient aussi à consortium minier ayant décroché ce mois-ci un contrat pour exploiter un gisement de lithium en Ukraine, conséquence de l’accord signé en mai entre la Maison Blanche et Volodymyr Zelensky. Cette imbrication entre diplomatie et business est au cœur du système Trump. «Trump a tendance à obtenir ses informations et à prendre ses décisions en s’appuyant sur des conversations avec d’anciens partenaires de golf, des avocats impliqués dans ses procès et des partenaires commerciaux. Ce sont des gens comme Ronald Lauder», explique Rasmus Sinding Sondergaard, chercheur à l’Institut danois d’études internationales, à Politiken.
Encore un discours sans concessions -ni à Trump, ni à nous autres européens... surtout à nous autres européens- de Claude Malhuret, le sénateur préférés des américains non-trumpistes.
Une fois encore, il se contente d'énoncer des faits -on est dans la merde- et des solutions -il faut se sortir les doigts et il faut du courage politique- avec quelques tacles bien sentis énoncés d'une vois égale.
Président de la très influente Heritage Foundation — qui, depuis Reagan, se fixe pour mission de définir l’agenda des transitions présidentielles conservatrices — Kevin Roberts est le père du Projet 2025, que Donald Trump a commencé à mettre en œuvre dès le premier jour de son entrée en fonction et qu’il a depuis continué à pousser, finissant par adopter la moitié des mesures de ce programme.
Au moins, ça a le mérite d'être clair :
Je dirais que notre priorité absolue est que l’administration actuelle et la prochaine accélèrent le démantèlement de l’État.
La trop longue liste des violences et des morts causées par l'ICE.
Désignation d'un ennemi intérieur (les immigrés) et mépris de la vie humaine : on est les deux pieds dans le fascisme.
L'ICE ne se contente plus de semer la terreur pour dissuader les gens de protester, maintenant elle tue les gens. Avec le soutien du gouvernement Trump.
EDIT : correction après avoir lu l'article jusqu'au bout : avant l'ICE tuait des américains d'origine étrangère ou sans papier qui tentaient de lui échapper ; maintenant, elle tue aussi des américains au hasard.
Trump, qui sait pertinemment qu'il va perdre les élections de mi-mandat prévues cet automne, qui doivent renouveler les élus de la Chambre des représentant et 1/3 du Sénat, lance l'idée de les annuler, en mode je plaisante mais en fait pourquoi pas mais ne dites pas que j'ai dit ça, dans un de ses charabia en roue libre auxquels nous sommes désormais habitués.
Voilà. C'est comme pour le Groenland, on pourra pas dire qu'on n'était pas au courant.
Vu le vide sur lequel brodent les médias d’Etat depuis l’opération militaire américaine à Caracas, les informations arrivent de l’extérieur, par le biais de messages sur leurs téléphones portables, distillées par la diaspora depuis l’Amérique latine, les Etats-Unis ou l’Europe. Mais tout le monde efface aussitôt ces messages pour ne prendre aucun risque de représailles. Personne n’a oublié que parmi les plus de 2 000 personnes arrêtées après la présidentielle volée de 2024, une médecin de 65 ans, Marggie Orozco, a été condamnée à 30 ans de prison pour «trahison de la patrie, incitation à la haine et conspiration» après avoir critiqué le président Maduro… dans un message vocal. Selon un militant des droits de l’homme cité par le Financial Times mardi, la répression s’est intensifiée lundi dans la capitale, les autorités «fouillant les téléphones pour voir s’ils avaient quoi que ce soit qui puisse être interprété comme un soutien» aux décisions américaines concernant le Venezuela depuis samedi.
Vraiment pas chouette le Vénézuela. Mais ne croyez pas que Trump va ramener la démocratie : il n'en à rien absolument rien à foutre, et le seul truc qui l'intéresse, c'est le pétrole, dont le détournement a déjà commencé.
Cette campagne violente d’enlèvements par la police secrète, qui selon l’ONG Human Rights Watch « viole les droits humains à grande échelle », a commencé cet été après que le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche a annoncé que l’administration allait « libérer Los Angeles de l’invasion des migrants ».
Elle s’est étendue à Chicago, puis à Charlotte, en Caroline du Nord, puis à La Nouvelle-Orléans, où des brigades non violentes inspirées du modèle de Chicago se sont formées pour y résister dans chaque nouvelle ville.
À Grand Rapids, dans le Michigan, la police a arrêté face caméra des manifestants qui protestaient contre l’intervention américaine au Venezuela.
Tout cela est en train de se passer sous nos yeux.
En l’absence d’une résistance farouche, la situation va empirer.
J’ai un message pour l’Europe : ne cédez pas à cet homme.
Ne cédez pas à cet homme.
Trump mène une politique de terreur envers ses opposants. Tous ses opposants. On le savait depuis décembre 2024, mais la complaisance n'est plus permise : les USA sont devenus une vulgaire dictature.
Revenons en arrière. Le président est clair depuis des mois maintenant — et vous traitez cela comme un scoop.
Le président a clairement indiqué depuis des mois que les États-Unis devraient être la nation qui possède le Groenland dans le cadre de notre dispositif global de sécurité.
Les États-Unis vont s'emparer du Groenland. On sait pourquoi, et on sait quand.
Bordel :
18h37
Trump dit que la lauréate du prix Nobel Maria Corina Machado n'a pas "le soutien ni le respect" nécessaires pour diriger le Venezuela18h37
Marco Rubio dit que le gouvernement cubain devrait "s'inquiéter'18h29
Trump dit que le président colombien devrait "faire gaffe à ses fesses"
Non content d'agresser un pays souverain (même si personne ne va regretter Maduro), les USA annoncent tranquilou qu'ils vont purement l'annexer, et menacent les autres pays de la zone.
Euh... il y avait pas un sujet avec, genre.. le Groenland ? Le Canada ?
Putain.
Qu’importe pour la Maison Blanche. N’étant pas à une contradiction près, l’autoproclamé président de la paix Donald Trump va évidemment présenter cette agression militaire d’un pays souverain comme une immense victoire pour les Etats-Unis. Mais on doute que ses concitoyens voient l’opération du même œil.
Les législateurs américains, d’abord, dont certains républicains, qui s’alarment depuis des semaines de la légalité des opérations militaires américaines dans les Caraïbes. Tous les soutiens isolationnistes de Donald Trump, qui ont voté pour lui car il promettait de délaisser les conflits extérieurs afin de se concentrer sur les problèmes des Américains. Et globalement le reste du pays et le monde entier, qui constatent que le président de la première puissance mondiale décide sans sourciller qu’il a le droit de décider du sort d’un pays qui n’est pas le sien.
Dans une vidéo publiée jeudi soir sur Instagram, l’ancien directeur du FBI a clamé son innocence et promis de se battre. «Nous ne vivrons pas à genoux et vous ne devriez pas non plus. La peur est l’arme des tyrans», a-t-il martelé.
"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux", une phrase de La Boétie, le pote de Montaigne,les punks anar bien connus. Il a des lettres ce monsieur (à l'inverse de son persécuteur).
J'ai l'air de rigoler, mais c'est gravissime. A l'heure ou la droite et l'extrême-droite françaises crient au procès politique contre Sarkozy, le président des États-Unis utilise le pouvoir judiciaire pour exercer sa vengeance envers une des personnes qui avaient préféré l'intégrité à la servilité.
Il a rappelé que ce n’était pas son émission en soi qui était importante, mais le fait de «vivre dans un pays qui nous permet d’avoir une émission comme celle-ci». Devenu le héros de la liberté d’expression bafouée, Kimmel a remercié «ceux qui ne soutiennent pas mon émission ni mes convictions, mais qui soutiennent mon droit de les partager».
Voilà.
A peine trois mois après l’assassinat à domicile d’une élue démocrate et de son mari dans une banlieue de Minneapolis (Minnesota), la violence politique qui empoisonne et ne cesse d’ensanglanter la vie publique des Etats-Unis a fait une nouvelle victime, mercredi 10 septembre, en Charlie Kirk [...]
Je ne vais pas pleurer ce type. Mais cet assassinat est un drame. Les mots importants de la phrase ci-dessus sont "violence politique".
Je pense que ce n'est qu'un début.
Ce pays fonce vers la guerre civile en accélérant dans les virages.
Les conservateurs américains dans le délire le plus total : une chaîne de restaurants renouvelle son logo, dans un style plus moderne (et AMHA plus lisible), mais en supprimant le paysan qui y figurait. Panique, révolte, dénonciation du wokisme. Si, si, on en est là. Ils sont complétement tarés.
Exaspéré par la lenteur des interpellations, jugée incompatible avec sa promesse de conduire la «plus grande opération d’expulsion» de l’histoire des Etats-Unis, Stephen Miller – conseiller influent de Trump et maître d’œuvre de sa politique migratoire – a éclaté de colère le 21 mai, lors d’une réunion à Washington avec les responsables de l’immigration (ICE). Il a fixé un objectif sans équivoque : 3 000 arrestations quotidiennes, soit plus d’un million par an.
Ce sont des fous furieux.
J'apprends qu'il existe un concept en relations internationales nommé "Piège de Thucydide", et consistant pour une puissance à mener une guerre plus ou moins préventive voire plus ou moins paranoïaque contre une autre puissance dont elle considère qu'elle serait amenée à lui faire de l'ombre :
Le piège de Thucydide est la stratégie, en relations internationales, par laquelle une puissance dominante entre en guerre avec une puissance émergente dont elle craint la montée en puissance.
Et du coup, le truc réjouissant :
Il [le type qui a formulé cette théorie] considère que les États-Unis et la Chine, du fait du développement de cette dernière, sont d'ores et déjà, au début du XXIe siècle, engagés dans une pente presque inéluctable qui les mènera à se mesurer militairement.
C'est pas comme si on en voyait les prémices en live hein...
Au-delà de la seule question économique, la guerre commerciale pourrait, en réduisant l’activité et le pouvoir d’achat des consommateurs-électeurs, avoir des conséquences importantes sur la scène politique intérieure et réduire le risque que la tentative techno-césariste réussisse. Trump, qui a longtemps bénéficié d’un a priori positif quant à sa capacité de gérer l’économie, est aujourd’hui désavoué par une majorité d’américains sur ce point.
Au moins une bonne nouvelle.
L’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a conduit à un quasi-embargo réciproque, avec des niveaux de droits de douane — 145 % et 125 % — qui rendent quasi-impossible les échanges bilatéraux. Cette situation devrait radicalement diminuer le volume de fret entre ces deux pays. Plusieurs compagnies maritimes ont déjà réduit le nombre de liaisons hebdomadaires transpacifiques et l’activité sur les ports de la côte Est devrait assez fortement se contracter au cours des prochaines semaines. Le directeur exécutif du port de Los Angeles a récemment dévoilé que l’activité, la semaine du 5 mai, devrait être 35 % plus faible qu’à la même époque l’an dernier, cela car « de nombreux distributeurs américains ont totalement arrêté leurs importations depuis la Chine en raison des droits de douane »
Dans un rapport largement commenté, l’économiste en chef d’Apollo Global Management estime que ce gel des activités portuaires devrait progressivement se transmettre au reste de l’économie américaine. Il prévoit que les volumes de conteneurs devraient baisser significativement d’ici début mai. En conséquence, l’activité de fret routier devrait être affectée à partir de cette date. En prenant en compte les délais de livraison par la route et les stocks, le commerce de détail devrait être touché fin mai ou début juin. À cette date, des pénuries devraient apparaître, ainsi que d’importantes hausses de prix.
Tout cela conduirait à une entrée en récession à l’été.
[...]
Mais les dommages économiques de la politique adoptée depuis janvier risquent surtout d’être insidieux, progressifs et persistants. Le « Liberation Day » a mis à mal le système commercial mondial créé par l’Amérique, et dont elle a fortement profité pour assurer le développement de ses multinationales telles que Apple ou Nike, qui contribuent à sa prospérité en organisant les chaînes de valeur mondiale de manière à concentrer les activités à plus forte valeur ajoutée aux États-Unis. La perte de confiance dans les États-Unis a conduit au boycott de leurs produits au Canada ou au Danemark, l’escalade avec la Chine a provoqué l’annulation de ventes de Boeing, affaiblissant ainsi une des rares industrie très exportatrice des Etats-Unis et a fait naître de premières interrogations sur le statut de monnaie de réserve internationale du dollar.
[...]
Toutes ces mesures [la réduction des financements de la recherche via le DOGE, la suppression de subventions aux universités (-2 milliards pour Havard)] , ainsi que les actions du Département de la sécurité intérieure à l’encontre d’étudiants étrangers, risquent d’affaiblir le cœur de l’écosystème d’innovation américain, sur lequel repose son leadership technologico-économique, à un moment où la Chine mobilise toutes ses ressources pour dominer les technologies du futur.
Quand les minorités dans un premier temps, puis les opposants par la suite, ne se sentent plus en sécurité dans leur pays, où n'importe quel abruti peut faire n'importe quelle connerie lui passant par la tête, ça sent la guerre civile.
Elle termine tout de même par une comparaison avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie...
Selon Maud Quessard, directrice du domaine Euratlantique à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), cette diplomatie en apparence erratique est pourtant bien construite et mûrement réfléchie.
Comment qualifier la politique étrangère de ce deuxième mandat Trump ?
Elle s’inscrit, comme ce qui se fait en politique intérieure, dans une dérive autoritaire de l’Etat américain. Et surtout, elle est marquée par une tendance de fond : c’est une idéologie nationaliste et ultrareligieuse qui détermine désormais l’agenda de politique étrangère américaine. Ce n’est donc pas l’imprévisibilité du président Trump mais le projet des personnes qui l’entourent. Et ce ne sont pas Pete Hegseth [secrétaire à la Défense, ndlr] ou Marco Rubio [secrétaire d’Etat] qui sont à la manœuvre, mais davantage l’entourage de J.D. Vance et de l’ensemble des courants nationalistes conservateurs et ultrareligieux.
[...]
Donald Trump, c’est l’homme de paille de l’agenda politique déterminé par les nationalistes américains et la droite religieuse, avec J.D. Vance à la jonction de ces courants.
[...]
Ils n’ont plus de projet, de grande stratégie à l’international. Ils n’ont comme projet que ce qui sert les intérêts nationaux et qui nous a d’abord étonnés : sécuriser les voies maritimes au Sud comme au Nord, avec le canal de Panama, le Groenland ou l’Arctique. Selon eux, c’est comme ça qu’on reste un pays puissant, en contrôlant des points stratégiques, des routes commerciales. On est de retour à une politique étrangère qui est héritée du XIXe siècle avec des sphères d’influences.
Ce qui est plus perturbant, c’est qu’on ne comprend pas pourquoi Donald Trump adopte une politique de pression maximale aussi forte en utilisant les instruments commerciaux, ce qui paraît totalement contre-productif. Sur ce sujet, on peut effectivement craindre beaucoup d’amateurisme. Les conseillers économiques de Trump sont les plus mauvais, les plus contestés du paysage des experts de l’économie américaine. Donc tout n’est pas complètement cohérent. Mais le projet idéologique, il est quand même là. Et si vous regardez l’histoire des régimes autoritaires, que ce soit l’Italie fasciste ou l’Allemagne nazie, ils n’ont pas commencé avec des prix Nobel, des chercheurs émérites, ou des diplomates de carrière. Ils prennent d’abord des hommes de main.
Dictature en marche, toujours : Trump pratique la vengeance tous azimuts, y compris contre certains anciens alliés coupables de l'avoir contredit. Une seule opinion qui vaille : la sienne, et tant pis s'il en change tous les jours.
Et bien sûr, il multiplie les sanctions et les poursuites contre ceux qui ont osé enquêter sur sa tentative de coup d’État de 2021.
Au final, cela participe également d'une vaste entreprise d’intimidation :
Ainsi les représailles trumpiennes servent-elles aussi un objectif de dissuasion : faire savoir à toute voix critique qu’elle subira les foudres présidentielles si elle ose s’exprimer.
[...]
Une tactique qui semble fonctionner jusque dans les rangs du Parti républicain, à en croire la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski, l’une des rares figures du «Grand Old Party» à tenir tête au chef de l’Etat. «Nous avons tous peur, confiait-elle le 17 avril, à l’occasion d’un événement à Anchorage, la plus grande ville de l’Alaska. Je suis moi-même souvent très anxieuse à l’idée de dire ce que je pense, car les représailles sont réelles. Et ce n’est pas normal.»
Ce à quoi nous assistons dépasse la personne de Donald Trump. Certains de ses détracteurs le qualifient de fasciste, d’autres estiment qu’il suit un manuel «illibéral» à la Viktor Orbán. D’autres encore, qu’il cherche à s’enrichir personnellement et à promouvoir sa propre marque «Trump», ou bien qu’il est l’outil kleptocratique de milliardaires de la Tech comme Elon Musk. Mais aucune de ces descriptions ne rend justice à l’ampleur et à la cohérence de la situation. Se concentrer uniquement sur ses frasques fait perdre de vue la trajectoire historique, pourtant essentielle pour envisager une quelconque réponse. Les actions du président Trump s’inscrivent dans l’histoire d’une contre-révolution moderne beaucoup plus vaste.
La contre-révolution moderne consiste à démolir les grandes institutions, captées par les «bureaucrates de gauche», pour y déloger l’idéologie libérale - au sens politique du terme - et rendre sa souveraineté à une soi-disant majorité silencieuse. Pour reprendre les mots du commandant français et théoricien de la contre-insurrection David Galula : «Cela consiste à s’appuyer sur la minorité favorable pour rallier la majorité neutre et neutraliser la minorité hostile.» La contre-révolution s’appuie sur la doctrine de la guerre contre-insurrectionnelle qui a été développée par des commandants français pendant les guerres en Indochine et en Algérie. Les Etats-Unis l’appliquent en Irak et en Afghanistan puis sur leur propre territoire sous la présidence de George W. Bush, avec la torture et la détention illimitée à Guantánamo, et celle de Barack Obama, qui a poursuivi les assassinats par drones et l’exécution de citoyens américains à l’étranger.
[...]
Trump réalise «un coup d’Etat en miniature chaque jour», comme Karl Marx l’écrivait à propos de Napoléon III dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte : il «jette toute l’économie bourgeoise dans la confusion, viole tout ce qui semblait inviolable pour la Révolution». Son administration défend vigoureusement la légalité de ses actions devant les tribunaux, allant jusqu’à renvoyer les procureurs qu’il juge engagés contre la défense de ses intérêts. Et, à une ou deux exceptions près, il s’est conformé aux ordonnances des tribunaux. Nous n’en sommes donc pas encore au stade d’un coup d’Etat. Toujours est-il que Louis-Napoléon, élu président de la IIe République en 1848, n’a organisé son coup d’Etat qu’à la fin de son mandat. Il est indéniable que Trump a un penchant pour le pouvoir impérial, comme en témoigne la décoration de son palais de Mar-a-Lago avec tous les attributs du symbolisme romain et napoléonien.
Qu’en est-il de la responsabilité des démocrates ?
Des recherches économiques comme celles du Pew Research Center ont montré que l’écart de richesse entre les familles les plus riches et les plus pauvres des Etats-Unis a plus que doublé ces trente dernières années. Les Américains de la classe moyenne sont dans une situation plus difficile qu’avant la crise de 2008, et ce sont uniquement les tranches les plus riches qui ont vu leur niveau de vie s’améliorer. Il est important de rappeler que sur les seize dernières années, douze se sont déroulées sous des administrations démocrates : huit sous Obama et quatre sous Biden. Ce phénomène économique a érodé le système bipartite. Il y avait autrefois un va-et-vient entre les démocrates et les républicains, une forme de cohabitation pacifique, qui profitait aux anciennes élites américaines. Trump veut y mettre fin.
Les démocrates américains sont pour le moment aux abonnés absents.
Au-delà du Parti démocrate, les forces démocrates, ses électeurs, les citoyens, vont devoir imaginer de nouvelles alliances pour surmonter cette offensive. Et ce n’est pas gagné. Les cibles actuelles de Trump ne sont pas des alliés naturels : les avocats bien payés de l’élite libérale ne sont pas nécessairement enclins à voir les fonctionnaires fédéraux ou les militants de la cause climatique, antiraciste ou anticapitaliste comme des semblables, certains étant davantage investis dans le statu quo, d’autres dans un changement radical par rapport au néolibéralisme. Pourtant, il ne va pas y avoir d’alternative à cette mobilisation populaire qu’on commence à ressentir aux manifestations qui se tiennent chaque samedi.
Mais cent jours après son investiture, on découvre que cette gestion erratique des affaires des Etats-Unis et du monde provoque des aigreurs jusque dans les rangs des républicains en général et même parmi ceux qui ont voté pour Donald Trump en novembre dernier.
Selon un sondage Ifop réalisé pour le site d’informations touristiques NYC.eu dont Libération a eu la primeur ce mardi 29 avril, près d’un quart des sympathisants républicains (23 %) dit avoir honte de leur président.
Quand on élargit la focale à tous les Américains, les statistiques sont encore plus spectaculaires : trois mois après sa réinstallation à la tête du pays, près de six Américains sur dix (56 %) disent ressentir de la honte à l’égard de Donald Trump. Ce sentiment pas ordinaire à l’égard d’un chef d’Etat démocratiquement élu est encore plus prégnant chez les plus jeunes (60 % des moins de 25 ans l’éprouvent), les plus favorisés (60 % parmi les CSP +), et les personnes noires (69 %).
Cette honte fait tache d’huile, passant du Président au pays : 38 % des sondés déclarent avoir honte d’être américains aujourd’hui, en raison des décisions prises par l’administration Trump. Ce «sentiment d’humiliation nationale», comme l’écrit l’Ifop, frappe plus massivement les plus jeunes (51 %) et les plus diplômés (42 %) mais il «affecte aussi des citoyens généralement plus marqués à droite comme ceux se disant très patriotes (34 %)».
Pour faire court : Trump multiplie les reculades sous la pression des marchés.
Bouffon.
Mais il n'en demeure pas moins dangereux :
« Le marché états-unien commence plus à ressembler à un marché d’un pays émergent qu’à celui d’un pays développé », relevait, début avril, Stéphane Boujnah, patron d’Euronext. D’une certaine façon, il n’a pas tort. La politique suivie par Donald Trump semble s’inspirer de celle suivie par le président turc Erdoğan. Comme lui, il considère que la politique monétaire est de son seul ressort ; comme lui, il veut virer le président de la banque centrale ; comme lui, il considère que l’inflation n’est pas un problème ; comme lui, il veut des taux bas ; comme lui, il veut servir ses amis.
En Turquie, cette ligne se traduit par un effondrement sans précédent de la monnaie. Un risque semblable menacerait le dollar. Mais les conséquences seraient alors autrement lourdes : tout le système financier mondial serait touché. Jerome Powell en est si conscient qu’il sait qu’à un moment ou à un autre la lutte face à la Maison-Blanche ne pourra que devenir frontale.
Edito de la newsletter le pavé numérique :
Tout part de la conviction des États-Unis que leur principal adversaire, économique et militaire, est désormais la Chine. Notons que cette conviction dépasse le mouvement MAGA, elle est partagée par le camp démocrate. On peut la discuter, mais elle obéit à des arguments rationnels.
À partir de là, si l’on se place dans l’hypothèse qu’un conflit aigu, potentiellement même armé, avec la Chine est possible, il est également rationnel de vouloir reconstruire une industrie nationale, particulièrement pour la Tech et les semi-conducteurs : les États-Unis ne fabriquant que 11 % de leurs besoins en puces électroniques, la dépendance dans ce domaine vis-à-vis de la Chine et de l’Asie de l’Est serait en effet une vulnérabilité stratégique majeure.
Là où l’on quitte le rationnel, c’est quand on prétend convaincre les acteurs industriels d’investir des milliards sur au moins cinq ans pour reconstruire des usines complexes, alors qu’on change les règles douanières chaque semaine. Et si l’on est logique, pour faire revenir la fabrication des processeurs et des smartphones sur son sol, on ne les exempte pas soudain (et provisoirement ?) de taxes, alors qu’elles sont maintenues sur les t-shirts ou le ciment.
Voyons maintenant les choses du point de vue européen, puisque nous présentons la même dépendance industrielle et la même vulnérabilité. Si l’hypothèse d’un conflit entre les États-Unis et la Chine est jugée réaliste (et vu la trajectoire des deux pays, elle le semble malheureusement), l’Europe espère-t-elle échapper aux mêmes réflexions stratégiques que les Américains ? En cas de conflit, imagine-t-on réellement que l’export des produits électroniques de la région (Corée, Taïwan, Japon, Vietnam…) pourrait continuer tranquillement ? que la Chine se priverait de ce moyen de pression ? ou même que la simple interruption des exportations de la Chine et de Taïwan ne suffirait pas à provoquer une pénurie mondiale ?
Puisque le monde accélère et que le temps semble se réduire, que fait l’Europe hormis constater qu’elle n’a pas les moyens de remplir ses propres objectifs en matière de puces électroniques ? Il conviendrait de muscler ou mettre à jour l’European Chips Act, entré en vigueur en 2023, mais cela ne semble étrangement pas à l’ordre du jour.
Nous moquons, à juste titre, les initiatives erratiques de Trump mais est-on certain que, face à une hypothèse plausible de désordre mondial majeur, notre propre attentisme ne soit pas plus risible encore ?
« J’ai étudié en Allemagne et je reviens toujours aux leçons allemandes », dit Mark Fortier en citant cette fois le juriste Franz Neumann et son livre Behemoth sur les structures de l’État national-socialiste. « Quand il décrit comment les nazis s’attaquent à l’appareil d’État, on comprend que la même chose se produit aux États-Unis avec l’entrepreneur Elon Musk embauché par Trump pour faire le même boulot. C’est l’idée du désordre et du chaos, encore une fois, cette volonté en action de détruire les règles politiques et juridiques normales. »
Idem pour les manipulations langagières et la dégradation du langage, comme sous les nazis il y a 100 ans. Donald Trump décrit les immigrants comme de la vermine dans un calque du langage du IIIe Reich.
[...]
« L’extrême droite ou la tentation autoritaire proposent une fuite en avant face à des problèmes réels », répond Mark Fortier. « Ça ne veut pas dire qu’à gauche les problèmes sont mieux analysés. Ce qui a changé surtout, c’est l’affaiblissement des institutions. L’enracinement social des démocraties s’est amenuisé. L’isolement, l’atomisation de la société s’amplifient. Les termites sociaux ne prospèrent que dans le bois vermoulu. »
Reste ce respect. Lui-même, Donald Trump l’exige de ces partenaires – souvenons-nous de Volodymyr Zelensky, houspillé par J.D. Vance au motif qu'il n’aurait pas suffisamment fait preuve de respect à l’égard des États-Unis. Voici Donald Trump, saluant les États qui viennent négocier avec lui sur les tarifs douaniers (Japon, Suisse, Vietnam, Lesotho et les autres) de cette expression "they are kissing my ass" et justifiant ensuite les taxes maintenues à l’égard de la Chine d’un "they were sucking us dry".
O.M.G.
L’administration de Donald Trump, en lutte contre de prétendues « fraudes » à la sécurité sociale (SSA), a coupé ses prestations à plus de 6.000 immigrés latino-américains en les déclarant officiellement « décédés », rapportent jeudi soir des médias.
D’après un responsable de la Maison-Blanche cité par le Washington Post, le transfert de plus de 6.000 noms d’immigrés – principalement latinos et hispaniques – dans une base de données de personnes « décédées » est censé « mettre la pression sur des immigrés sans-papiers pour qu’ils quittent le pays ». Déclarés « morts », ces étrangers vont perdre de facto leurs droits à toute prestation et existence sociale aux Etats-Unis, ont expliqué des sources proches du dossier au quotidien américain.
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Considérées comme « mortes », ces personnes vont être ainsi contraintes de rompre tout lien avec leur employeur, propriétaire, banque, s’est félicité un responsable auprès du Washington Post.
Quelle... horreur.
La déshumanistion des "gêneurs", c'est l'étape n° combien de la marche au fascisme, déjà ?
Les taux d'intérêt des bons du Trésor sont montés en flèche : en trois jours à peine, un mouvement massif de hausse sur les taux à 30 ans a eu lieu. Du jamais vu, en un laps de temps aussi court, depuis 1982. Les taux d'emprunts américains ont connu une flambée mercredi, jusqu'à 4,5%, signe de la fuite des investisseurs. En effet, plus une obligation est recherchée par les investisseurs, plus son taux d'intérêt va baisser.
Ces investisseurs ont commencé à se débarrasser de leurs bons du Trésor américain, preuve de la perte de confiance de la solidité de l'économie américaine de la part des investisseurs américains tout d'abord, mais aussi, et surtout, de la part des investisseurs étrangers.
On serait donc (voir mon shaare précédent) sur l'hypothèse 2 : Trump est un abruti fini qui ne maîtrise absolument rien et appuie sur des boutons au hasard (peut-être après avoir demandé à Grok ce qu'il devait faire).
dans une volte-face spectaculaire, Donald Trump a annoncé mercredi 9 avril qu'il augmentait encore les droits de douane sur les produits venus de Chine, mais qu'il suspendait pendant trois mois des surtaxes imposées aux autres pays. Wall Street, qui avait plongé récemment à cause de la guerre commerciale déclenchée par la Maison Blanche, a immédiatement bondi à l'annonce de cette pause, et le cours du pétrole, déprimé par les risques de récession, est reparti à la hausse.
Moi, j'appelle ça du délit d'initié en puissance.
EDIT : là, voilà, qu'est ce que je disais :
https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/droits-de-douane/donald-trump-a-t-il-commis-un-delit-d-initie-les-soupcons-des-democrates-apres-la-decision-du-president-americain-de-suspendre-les-droits-de-douane_7181790.html
Plusieurs élus démocrates estiment que le président américain avait peut-être, en encourageant à acheter des actions juste avant son revirement spectaculaire sur les droits de douane, illégalement manipulé les marchés. À l'ouverture de Wall Street, le président américain a notamment écrit sur son réseau TruthSocial : "C'EST LE MOMENT D'ACHETER".
Quelques heures après, Donald Trump annonce la suspension des droits de douane supplémentaires provoquant un rebond boursier historique. L'indice Dow Jones a fini mercredi en hausse de 7,87%, sa plus forte progression depuis 2008, et l'indice Nasdaq de 12,16%, après plusieurs jours d'effondrement. Donald Trump a signé son post sur Truth des lettres "DJT", qui représentent à la fois ses initiales et l'abréviation en bourse de son entreprise de médias, Trump Media & Technology Group. L'action de la société a clôturé la journée avec une hausse de 21,67%.
Quel abruti fini.
=> S'il persiste à dire que tout ça était planifié depuis le début car il est un maître de la négociation = le délit d'initié est avéré, car c'est reconnaître qu'il savait parfaitement ce qui allait se passer
=> S'il n'a pas commis de délit d'initié, et s'il tente de s'en défendre, c'est reconnaître qu'il ne maîtrise absolument rien.
Pour Stéphane Auray, le niveau actuel du VIX ne fait aucun doute sur l'état de panique des investisseurs actuellement. "Le VIX, avant le mois d'avril, était entre 20 et 30, là, on a atteint entre 40 et 50 depuis les annonces du président de la banque centrale américaine qui dit qu'il y a un très haut risque d'inflation. Là, étant donné la valeur du VIX, ce que cela signifie, c'est que les marchés financiers pensent que l'on va subir un choc financier majeur."
J'en viens à me demander si l'inanité des mesures de Trump n'est pas délibérée, dans le but de créer le chaos, et d'accentuer la mainmise fasciste sur les institutions. Quoi qu'il soit, c'est la merde.
La faible couverture vaccinale de l'Etat et la désinformation relayée par le ministre de la Santé ont été des facteurs aggravants.
Pas de commentaires, c'est inutile.
Comment expliquer cette chute ? Si la quasi-totalité des entreprises s’effondre à cause de Donald Trump (notamment dans le secteur automobile), Apple est l’exemple parfait du business condamné à la catastrophe à court-terme si les tarifs douaniers sont appliqués. En cause : ses produits sont assemblés dans le monde entier, avec une partie majeure de la production en Chine.
Tous les produits fabriqués par Apple vont soudainement coûter une fortune à importer aux États-Unis, ce qui pourrait provoquer des hausses de prix inédites, de trois ou quatre chiffres. Il est difficile d’imaginer la marque absorber ces différences avec sa marge : les consommateurs vont payer, ce qui diminuera sans doute ses ventes. Autre problème : l’Europe menace de taxer les GAFAM en représailles, tandis que la Chine met en place ses propres surtaxes douanières, qui pourrait affecter l’activité locale de la marque.
Je-me-marre.
Derrière des raisonnements historiques cavaliers et souvent incohérents, Curtis Yarvin imagine une société où les chefs d’entreprise du numérique règnent en maîtres absolus des destinées du monde, où les citoyens ordinaires sont dépossédés de leurs droits et où les individus jugés non productifs sont enfermés dans des caves, distraits par une réalité virtuelle. Le « techno-monarchisme » de Curtis Yarvin conduit à une justification du pouvoir sans limite des oligarques du numérique et de l’eugénisme au nom du bien commun.
De tels raisonnements pourraient prêter à sourire si le vice-président des États-Unis J. D. Vance ne citait pas Curtis Yarvin comme une référence, et si ce dernier n’était pas au cœur d’une galaxie réactionnaire qui compte influer sur la future administration Trump, de Peter Thiel à Elon Musk, et faire encore plus basculer vers des politiques radicales un parti républicain que Yarvin a toujours considéré comme « progressiste ».
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L’imaginaire de Curtis Yarvin est un étonnant mélange de références classiques et de culture geek contemporaine. S’inspirant de Matrix, il invite — dans un article intitulé « Un argumentaire contre la démocratie : dix pilules rouges » — ses lecteurs à prendre une « pilule rouge » en référence à celle qui, dans le film, permet de prendre conscience des illusions imposées par la Matrice aux êtres humains, et, dans le monde de Curtis Yarvin, permettrait de dissiper un certain nombre d’idées reçues sur les bienfaits de la démocratie. Cette utilisation métaphorique du film Matrix a été également reprise par Elon Musk en mai 2020.
Yarvin se surnomme également le « seigneur sith » de la pensée néo-réactionnaire, suggérant ainsi qu’il œuvre à l’édification d’un Empire, de la même manière que le personnage de fiction Palpatine instaure un Empire galactique à la suite d’un coup d’État dans la série de films Star Wars, grâce à sa maîtrise du côté obscur de la Force.
Les néoréactionnaires, qui sont convaincus que le monde ne tourne pas rond, proposent d’en finir avec la démocratie et de « restructurer » le gouvernement comme une entreprise souveraine dont la direction serait confiée à un PDG. « Si vous n’êtes pas satisfaits du service proposé par ce gouvernement, vous n’avez qu’à vous en trouver un autre », détaille Arnaud Miranda.
L’inventeur de cette théorie s’appelle Curtis Yarvin, un programmeur et blogueur politique. Harrison Smith, spécialiste des médias numériques à l’université de Sheffield et auteur d’un livre sur les néoréactionnaires, nous explique que Curtis Yarvin a imaginé le mouvement NRx à la fin des années 2000. À l’époque, ses principales activités étaient « Urbit, une startup de logiciels, et son blog, Unqualified Reservations, où il écrivait sous le pseudonyme de Mencius Moldbug ». Un universitaire, Nick Land, a donné corps à la théorie en la nommant Dark Enlightenment – Lumières Sombres – et en rédigeant un manifeste en 2012.
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Curtis Yarvin envisage de mettre sur un piédestal les leaders de la tech, de laisser l’innovation suivre librement son cours, sans surveillance démocratique ni régulation, et d’enfermer les individus non productifs. Il s’agit, autrement dit, d’un projet techno-monarchiste puisque ceux qui seraient incapables de manier les technologies seraient mis au ban de la société.
Quelques années avant la réélection de Donald Trump, Curtis Yarvin a imaginé un programme appelé « RAGE », ou Retire All Government Employees. Il vise à licencier tous les employés du gouvernement afin d’intensifier cette transition de système. Le DOGE d’Elon Musk, même si les quatre lettres sont différentes, en serait une émanation.
Benjamin Noys souligne que les textes néoréactionnaires, en particulier le manifeste de Nick Land, s’appuient sur des thèses racistes. Ils contiendraient de nombreux points critiques à l’égard des afro-américains : « même s’ils nient leur racisme, ils affirment que tout est question de hiérarchies naturelles et d’intelligence ». Pour Nrx, il y a une hiérarchie dans les êtres humains.
Le sociologue Harrison Smith s’accorde avec le professeur sur ce point : « il convient de souligner que ceux qui défendent des opinions néoréactionnaires sont inévitablement des hommes blancs », parmi lesquels Peter Thiel, le co-fondateur de PayPal, le milliardaire Marc Andreessen qui a développé le premier navigateur web, Mosaic, ou encore le vice-président des États-Unis, J. D. Vance qui a déjà cité le travail de Curtis Yarvin pour expliquer ses valeurs politiques, tout en évoquant des idées de « dé-wokisation ». Peter Thiel est un des grands acteurs de la droitisation de la Silicon Valley, à commencer par celle de son ex-partenaire Elon Musk. Il est un des rares milliardaires de la tech à avoir participé au premier mandat de Donald Trump, bien avant que le Républicain adhère aux idées au Yarvin. C’est sous son influence que patron de Tesla a accepté d’endosser le rôle de CEO des États-Unis.
Vous marrez pas trop, on a les mêmes en France / en Europe, et ça peut nous arriver très vite.
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Un régime politique à bout de souffle, un président qui méprise le résultat des élections, un "extrême-centre" tout prêt à se jeter dans les bras de l'extrême-droite, et surtout, un milliardaire des médias, instrumentalisant ses journaux pour pousser son propre agenda politique : et si 2025, c'était 1932, l'année qui précède la prise de pouvoir de Hitler en Allemagne ?
Oui, les renvois en miroir des deux situations sont si impressionnants, que l'on soupçonnerait presque Johann Chapoutot, auteur de "Les irresponsables, Qui a porté Hitler au pouvoir ?" (Gallimard) d'avoir forcé le trait, pour les besoins d'une démonstration établie à l'avance.
Pas du tout ! réplique l'historien du nazisme, qui admet avoir été lui-même surpris du parallélisme entre cette année 1932 et l'actualité française, européenne, et américaine la plus brûlante, de Le Pen à Trump. Ce parallélisme est en tous cas implacable. Et le livre prend ainsi place dans l'ensemble de l'oeuvre de l'historien, qui tend à replacer le phénomène nazi, avec ses racines et sa postérité dans le continuum de l'histoire de l'Europe, et de l'Occident.
(@SI, 12/03/2025)