Les gens ne savent plus s'alimenter correctement, idiocracy n'est pas très loin.
Punaise, ça fait vraiment mal de lire ça. Non seulement si les pauvres sont pauvres, c'est de leur faute, mais si en plus ils en crèvent, c'est encore plus de leur faute, ils n'avaient qu'à bouffer correctement ces connards là !
Cette résurgence du scorbut -à côté de l'épidémie d'obésité, de la massification des maladies cardio-vasculaires et autres joyeusetés liées à la "malbouffe" comme certains types de cancer comme cela devient de plus en plus probable- frappe avant tout les plus démunis. Parce que moins tu as de revenus, plus la part de ceux-ci que tu consacres à ton alimentation est importante (=> Loi d'Engel ; aucun rapport avec le copain de Marx).
De fait, quand tu es pauvre, tu ne vas pas tellement te tourner du côté des fruits et des légumes frais, si important pour ta santé, mais tellement dispendieux. Tu vas plutôt ingurgiter de la junk food, des plats industriels tout préparés ; du gras, du sucre, du sucre, du sel, du gras, et encore un petit peu de sirop de glucose. Et quelques autres additifs que l'académie de médecine réprouve. Parce que c'est moins cher. Parce que c'est nourrissant. Et parce que tu n'as pas été vraiment éduqué à autre chose, il faut bien le dire. Mais là encore, c'est pas parce que tu es con·ne, c'est parce que tu n'as pas eu la chance de naître dans le bon milieu social. Et quand bien même l'aurais-tu été (éduqué·e), tu n'aurais pas les moyens de cotiser à une AMAP.
Et ça a fait un gros débat dans le Silence on joue de cette semaine là. Alors que c'est quand même un non-sujet : ça ne va pas remettre en cause les bénéfices des industriels du JV, les parents flippés par leur ado ne le seront pas beaucoup plus, et la grande époque des reportages FUD de TF1 est derrière nous... enfin j'espère.
A titre personnel, c'est le terme "addiction" qui me gêne : je sais qu'il y a des gens qui partent en vrille devant leur écran et qui en oublient jusqu'aux fonctions permettant de rester en vie, mais j'ai toujours eu le sentiment que leur attitude vis à vis de leur écran était plus le révélateur d'un problème préexistant plutôt que sa cause. D'autre part, l'addiction, d'un point de vue clinique, suppose un effet chimique sur le cerveau : en gros, une drogue (cannabis, tabac, alcool, héroïne, LSD...) qui va remplacer tel ou tel neurotransmetteur... et c'est ça qui fait tant de mal aux malades en cas de manque. De ce point de vue les JV (ou les réseaux sociaux, le sport, le travail, le sexe...), dans les cas pathologiques, deviennent des comportements déviants, pas des addictions.
Cette semaine, c’est la rentrée de «Silence on joue !». La douzième depuis ses débuts en 2007. Et c’est donc en tant qu’ancêtre du podcast en France que nous rejoignons avec beaucoup d’enthousiasme (hell yeah !) la grille des programmes de Binge Audio.
Content.
On constate ainsi que sur une période de 24 heures, Android :
- a effectué environ 900 connexions vers les serveurs de Google (environ 40 par heure),
- a transmis environ 300 fois la localisation du smartphone (environ 14 fois par heures)
via river
Jeu vidéo : la voiture (beau placement de produit) n'a pas d'immat.
Simon Astier, né le 31 décembre 1983 à Dijon
Today I Learned
En bref, une proposition de loi pour des prunes. Pour le pur plaisir de réécrire un texte dans l’autre sens, de faire croire qu’on agit tout en ne faisant rien. Et c’est bien dommage car sur le portable à l’école il y aurait matière à réfléchir. Notamment sur comment faire respecter cette interdiction. Mais se poser cette question, c’était ouvrir le risque de parler financement des écoles, car faire respecter l’interdiction du portable demande des moyens.
Bon courage donc aux chefs d’établissements, pour qui cette proposition de loi ne va rien changer et qui n’auront rien de plus pour faire appliquer cette interdiction inapplicable.
Ah ils sont forts. Ils sont très très forts.
Parce que si t'as des ovaires, ça ne marche pas ?
L'évolution de Steam.
La question a l’air futile mais elle est éminemment politique dans la mesure où elle révèle notre rapport à la technologie. Quelle place veut-on donner aux objets? En fait, le problème, c’est qu’on a tous tendance à croire que ces objets ont vraiment une âme ou des sentiments ou un truc humain. Les parents que cela dérange d’entendre leur enfant mal parler à Siri, Alexa ou Google, c’est parce qu’ils entendent un dialogue entre deux voix humaines, deux interlocuteurs. Alors qu’à l’inverse, ils n’apprécieraient sans doute pas d’entendre leur enfant dire «merci» à la télé quand elle s’allume. Pourtant, respecter un objet, c’est ne pas le casser. Ça n'a jamais été de lui dire merci. On est en train de créer une forme d'animisme des objets.
La société s’est toujours arrogé le droit de dire ce que devait être le corps des femmes et il y a une évidence: la société aime les femmes fragiles. Frêles. Vulnérables. Et qui ne s’en plaignent pas. Des femmes fragiles qui au contraire s’épanouissent en trouvant la protection d’un corps viril. Une femme qui peut gagner au bras de fer contre un homme perd aussitôt son diplôme de femme.
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En novembre dernier paraissait une étude d’une équipe d’anthropologues de Cambridge qui avait comparé les squelettes de femmes vivant au Néolithique, il y a environ 7.000 ans, à ceux de championnes actuelles d’aviron (qui rament en moyenne 120 kilomètres par semaine). Il en est ressorti que les femmes du Néolithique avaient des bras bien plus musclés que ceux des athlètes contemporaines. Mais dites donc, est-ce que ça voudrait dire que notre idée du corps féminin naturel serait… construite ?
Mais le fait de penser de façon aussi abstraite n’est pas une simple erreur. C’est un choix philosophique.
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Peut-on réellement penser hors de soi-même? Personnellement, j’ai un gros doute. Et c’est d’autant plus difficile quand on jouit de privilèges parce que le privilégié croit toujours que son regard sur le monde est universel, la preuve: c’est sa vision du monde qui domine partout. Il se voit donc légitimé en permanence. Il peut traverser la vie et penser sans réfléchir à sa position dominante parce qu'il ne la ressent pas.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un article de Titiou Lecoq. C'est un tort.
Il passe trop vite. On n’en a jamais assez. Il fait son œuvre, et parfois, on le tue. Le temps nous dirige, mais si on le regarde de plus près, c’est une énigme. Peut-être la plus importante de l’univers. Qu’est-ce que le temps ? D’où vient-il ? Pourquoi ne se souvient-on pas du futur ? Dès qu’on s’approche d’un peu trop près de ces interrogations, la réalité semble se dérober sous nos pieds. C’est l’effet induit par la lecture du dernier ouvrage de Carlo Rovelli, l’Ordre du temps (Flammarion). Le physicien italien, à l’origine de la théorie de la gravité quantique à boucle, déjà auteur en 2014 du best-seller Sept Brèves Leçons de physique, traduit en 41 langues et vendu à plus d’1,3 millions d’exemplaires, y déconstruit la temporalité telle que nous la concevons au quotidien.
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Oui, notre grammaire est basée sur une vision approximative du monde et c’est pour ça qu’il est compliqué de changer d’idées sur des choses plus fondamentales. Les temps du verbe sont le passé, le présent et le futur. Nous n’avons pas les moyens de parler d’une chose qui n’est ni passée ni future, tout en n’étant pas au présent. On tombe vite dans des pièges grammaticaux, et il faut alors se mettre à faire des dessins pour expliciter les choses dont on est en train de parler. Une situation similaire s’est produite quand on s’est rendu compte que la Terre était ronde, mais avec le bas et le haut. Aujourd’hui, on sait que haut et bas sont des notions relatives et ne désignent pas les mêmes directions à Paris et à Sydney. Ce qui est normal pour nous ne l’était pas du tout à l’époque. Sur le temps, c’est la même chose. Il faut se rendre compte que dire «maintenant ici», c’est différent que de dire «maintenant ailleurs», ce n’est pas le même «maintenant».
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On sait que les équations fondamentales du monde ne font pas de distinction entre passé et futur. Seul le deuxième principe de la thermodynamique qui établit que l’entropie (le désordre global si on veut) d’un système isolé ne diminue jamais, fait cette distinction. L’idée, c’est que l’augmentation de l’entropie implique de la chaleur, et cette chaleur laisse des traces. Je donne l’exemple du film d’une balle qui roule. S’il est projeté dans le bon sens ou à l’envers, ce sera tout aussi crédible. Par contre, si la balle ralentit et s’arrête, à cause des frottements, donc de la chaleur produite, le film passé à l’envers montrera une balle qui se met en mouvement elle-même, ce qui est impossible. C’est donc la chaleur qui établit la différence entre le passé et le futur. Mais nous ne comprenons pas pourquoi, dans ce qu’on appelle le passé, il y avait cette basse entropie initiale, cet ordre. C’est la source des traces, de la mémoire, de ce que nous appelons la temporalité dans son sens le plus large. On a bien compris que tout vient de là et la question ouverte sur laquelle je travaille, c’est de savoir d’où elle vient.
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A un niveau fondamental, on a perdu des morceaux du temps. Il n’est pas unique, il n’y a pas de présent, il n’y a pas de distinction entre passé et futur, etc. Et, finalement, il ne reste presque plus rien de cette idée du temps qui passe, de cet ordre dans les événements du monde que nous appelons usuellement «le temps». Je dis «presque», parce qu’on ne décrit pas un monde figé où rien ne change. Quand on dit «rien ne change», on sous-entend que le temps passe, mais que rien ne change. C’est plutôt le contraire : les choses changent, mais elles ne sont pas ordonnées dans le temps.
Bobo la tête. Mais je trouve ce sujet passionnant : sans être physicien, je me suis déjà posé la question : est-ce que le temps existe vraiment ? Où est-ce une création arbitraire qui n'a d'intérêt qu'à notre toute petite échelle ?
C'est mignon, mais ça fait très morale catho quand même (Cf. la légende de Saint Martin, qui coupa la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre) : au final, le pauvre est toujours pauvre, même s'il a hérité d'un demi-manteau...
BuzzFeed France, c'est fini. Mais on laisse derrière nous cinq ans de listes, de chats, d'enquêtes, d'interviews, d'essais, de vidéos et de bonheur. On s'est un peu engueulés, on s'est beaucoup marrés. Voici ce dont nous sommes le plus fiers.
Et voilà. Comme annoncé il y a peu, BuzzFeed France, c'est fini. Et c'est dommage, parce que à côté des quizz sexo débiles et des photos de chatons mignons, il y a aussi eu des enquêtes sur les trans, le harcèlement de rue, Lorant Deutsch, le FN...
Même optimisme chez Mana Books. « Le jeu vidéo est entré dans une nouvelle ère ces dernières années », analyse Philippe Vallotti. « Le livre suivra : non seulement en proposant des artbooks toujours plus complets mais également en offrant une narration complémentaire et enrichie aux jeux vidéo, en permettant d’exploiter d’une autre manière des univers toujours en expansion. » Les gameurs sont prévenus, il faudra faire de la place dans les bibliothèques, ou prévoir de nouvelles étagères.
La Croix (si, si) a une rubrique/blog consacrée aux jeux vidéo : La Croix directionnelle.
Laurène Pain-Prado est bibliothécaire, responsable du numérique à la bibliothèque Elsa-Triolet de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle est notamment en charge des dix ordinateurs en libre-service au premier étage du bâtiment. Un équipement qui constitue le seul point d’accès gratuit à l’informatique et Internet dans cette ville de 51 000 habitants. Mais le travail de Laurène Pain-Prado, 31 ans, va bien au-delà. Tous les jours, elle aide des usagers, souvent démunis, à remplir des demandes de prestations sociales. CAF, CMU, RSA, autant de sigles qui n’ont (presque) plus de secrets pour elle. Car si la dématérialisation des procédures s’accélère, la fracture numérique, elle, demeure.
Je ne connaissais pas ce site, découvert via r/xcom, mais les prix sont sympas, et c'est pour une bonne cause.