S’inquiéter de la présence de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes entraîne inévitablement un certain nombre de critiques : ce serait une façon de dénigrer un mouvement populaire, voire le reflet d’un mépris de classe qui voudrait que les gilets jaunes soient forcément des racistes prêts à suivre le premier facho venu. Il est donc nécessaire de rappeler que nous, antifascistes anticapitalistes, sommes capables de faire la part des choses, et de proposer, comme n’importe qui, des analyses de ce mouvement sous un angle particulier, celui de la lutte contre l’extrême droite, sans qu’elles soient simplistes, réductrices ou moralisatrices.
Si nous pensons qu’il est plus que nécessaire de rappeler le rôle nuisible de l’extrême droite dans un mouvement de ce type, c’est parce que justement nous pensons que tout n’est pas joué. Pour construire quelque chose au-delà de la colère, les gilets jaunes vont devoir se rassembler autour d’un certain nombre de valeurs : et c’est là que non seulement nous ne croyons plus au mariage de la carpe et du lapin, mais que la question de la pénétration des idées d’extrême droite est cruciale. Car il est malheureusement à craindre qu’une colère légitime qui ne s’affirmerait pas dans la défense d’une société égalitaire et ouverte, débouche finalement sur un durcissement du régime et de ses institutions, avec en prime un détournement du ressentiment populaire en direction des populations les plus fragiles, migrant.es en tête.
via Riff
Il y aurait, dès l'origine, deux "catégories" de gilets jaunes :
D’une part, on entend des gilets jaunes qui réclament plus de justice sociale, qui dénoncent l’exploitation, la misère, qui parlent de bien commun, de défense des services publics, d’environnement même, et qui le revendiquent pour toutes et tous, quelque soit leur origine. Ce sont pour l’essentiel des travailleurs pauvres, de petits employés, des ouvriers. Ces gilets jaunes sont souvent rejoints par des syndicalistes, des militant.es de la gauche anticapitaliste ; la brochure de Syllepses a publié leurs nombreux appels et textes de revendication. Ce sont celles et ceux qui, à Paris, se sont retrouvé.es nassé.es à Saint-Lazare hier…
Mais, d’autre part, il y a les gilets jaunes qui, avant toute chose, se plaignent de la « pression fiscale » exercée sur les artisans, les petits commerçants, les petits patrons, qui revendiquent de pouvoir “jouir du fruit de leur travail » en toute liberté, qui réclament la mise en place de référendums d’initiative citoyenne, tout en revendiquant leur « apolitisme »… Ce sont ces gilets jaunes qui dominent sur les réseaux sociaux, qui sont invités à la télé. Ce sont les gilets jaunes qui se sont, en masse, rassemblés à Opéra, pour écouter une allocution de leurs représentants, Priscilla Ludosky, qui est à l’origine de la première pétition contre la hausse du prix des carburants, et Maxime Nicolle, alias Fly Rider, un youtubeur populaire qui ne répugne pas au complotisme.
... qui se retrouvent dans la même détestation du pouvoir en place et sont soumis à la même répression policière.
L'extrême-droite tente d'être présdente mais est plutôt balkanisée en tant que mouvement :
Pour reprendre une analyse développée dans un texte publié sur Lundi matin (https://lundi.am/Maidan-1667) il y a quelques jours, et qui faisait le parallèle entre la situation actuelle en France et les rassemblements de Maïdan en Ukraine en 2014, nous sommes conscients que « la présence de l’extrême droite [dans la rue] ne signifie pas son hégémonie. » Autrement dit, pour que les choses soient tout à fait clair, nous ne pensons pas, et n’avons jamais pensé, que l’extrême droite était à la manœuvre dans ce mouvement, que les gilets jaunes étaient manipulés par des formations nationalistes. Mais ce n’est pas non plus par hasard si des groupes et des personnalités d’extrême droite s’y sont dès le départ associés, contrairement, par exemple, au mouvement contre la loi Travail en 2016-2017.
... mais elle serait surtout présente "dans les têtes" :
Malgré tout, les idées qui traversent ce mouvement n’invitent pas à beaucoup d’optimisme sur ce qui pourrait en sortir. L’extrême droite, elle aussi, sent bien que le mouvement des gilets jaunes, de par ses origines et sa nature, lui offre de nombreuses opportunités. Et c’est bien le problème…
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C’est donc sans surprise qu’on voit ressurgir des personnalités comme Étienne Chouard, qui refuse de reconnaitre le danger que représente l’extrême droite parce que cela rentre en contradiction avec son projet de démocratie intégrale. De même, présenter le référendum d’initiative citoyenne (RIC) comme la solution miracle à tous les problèmes est en soi un problème.
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Si les valeurs portées par le mouvement des gilets jaunes étaient clairement l’égalité et la solidarité, le rejet des migrants ne pourrait plus fonctionner. Or, cette semaine, la cyber-mobilisation d’une grande partie des gilets jaunes sur les réseaux sociaux autour « du pacte de Marrakech » a mis en lumière une vision complotiste de ce pacte « secret » et une perception de la présence des migrants comme un coût pour la société, un impôt supplémentaire.
Nous l’écrivions il y a quelques jours dans un texte qui a tourné: le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Aujourd’hui, cette affirmation se vérifie. Les médias nous font bouffer du RIC matin, midi et soir. Pour autant, et en réalité nous le savons tous, rentrer chez nous avec le RIC, c’est retourner au chagrin, sans rien de plus dans le frigo. Mais alors, que faire? Que proposer, vers où aller?
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Le RIC est alors apparu, comme un moyen de s’épargner la révolution, plébiscité par nombres de gilets jaunes. Et sur le papier, on comprend cet enthousiasme. Un moyen de reprendre le contrôle à la base, sans risquer les coups de matraques, la répression. Le problème, c’est que les mêmes conditions qui font que nous n’avons rien obtenu jusqu’à présent conduisent aussi à penser que le RIC ne changerait rien: la classe possédante est prête à tout pour conserver son pouvoir social.
J'ai cité Chouard dans mon discours sur le RIC hier. Parce que, objectivement, quel nom revient sur les ronds-points: le sien. Parce que, avec honnêteté, il faut dire que sur ce Ric, avec foi, il a battu la campagne et les estrades depuis une décennie.
Quand François Ruffin défend les rouges-bruns pour se mettre les (gilets) jaunes dans la poche, ça fait pas un joli mélange de couleurs.
Et le "référendum d'initiative citoyenne", c'est une grosse connerie
Pourtant, comme le rappelle le site 19h17.info, les référendums sont avant tout le terrain de jeu des politiciens, même quand ils sont « d’initiative citoyenne » :
"Qui a les moyens de faire des campagnes électorales ? Qui peut débourser des millions pour tout cela ? A une heure ou l’argent n’a jamais été aussi important dans le processus de réunions des suffrages, ou ce sont des milliardaires qui gagnent les élections, qui peut croire qu’une campagne électorale est le lieu ou les exploités, les galériens vont se faire entendre ?"
Opinion impopulaire : l'extrême-droite, ou bien noyaute les gilets jaunes, ou bien est la formation politique qui en tirera le plus de bénéfices.
Oui c'est triste.
EDIT : sur Ruffin, voir ce shaare de Riff : https://www.seven-ash-street.fr/links/?rl1_GA
TIL : "dogwhistling"
Leurs danses contre les violences conjugales ont fait d’eux l’une des révélations de La France a un incroyable talent cette saison. Brut a pu suivre les répétitions de Nadia et Dakota avant la finale. Ils racontent ce qu’ils veulent exprimer...
Il se trouve que j'ai vu leur prestation, moi, qui passe normalement plus de temps devant XCOM ou RimWorld que devant la télévision.
C'était bouleversant.
Et vous savez qui a gagné la finale de LFAUIT ? Le type qui chante comme Johnny.
Pays de cons.
La tête de Trump dans du caca ? Je trouve ça insultant pour la merde.
Le Train de Nulle Part est un roman français de Michel Dansel publié en 2004 chez Pascal Petiot Editions sous le pseudonyme de Michel Thaler. Sa caractéristique est de ne contenir aucun verbe
"Pour les institutions, qu’elles soient religieuses ou artistiques, le corps nu de la femme est toujours vue sous un prisme sexuel et 'offensant', comme pour mieux invisibiliser le geste politique et artistique qui en est l’origine."
Dans cette même émission des Nouvelles vagues, l'anthropologue Anne Saouter, auteur de l'ouvrage Des femmes et du sport (Payot), soulignait qu'il existait une véritable histoire anthropologique du corps des femmes, de leur puissance, de leurs performances, que les hommes avaient toujours cherché à contrôler (la blague de Martin Solveig n'en est-elle pas la preuve ?) :
"L’anthropologie montre bien que dans toutes les sociétés, on retrouve une répartition traditionnelle des tâches entre masculin et féminin, on va féminiser certaines émotions et en masculiniser d’autres, et surtout on va hiérarchiser. Et dans toutes les sociétés le masculin vient au-dessus du féminin et il y a toujours eu cette recherche du contrôle du corps des femmes [...] à travers leur maternité mais aussi à travers d’autres types d’activités. Lorsque les femmes ont voulu s’approprier la pratique sportive, on a vu toute une série d’interdits par la science médicale. Le discours médical disait “Si vous pratiquez le sport vous allez perdre votre féminité”, mais c’était surtout perdre sa fonction procréatrice. Il y avait tout un discours sur les règles, la déformation du corps, la masculinisation du corps. On parlait de pousse de poils, le saut allait provoquer l’inversion de l’utérus… On a voulu faire peur aux femmes, dès qu’elles ont voulu intégrer le champ sportif. Ce qui dérangeait aussi, c’est qu’elles se rendaient plus visibles dans l’espace public, hors la répartition traditionnelle des espaces : les femmes sont dans l’espace privé, et les hommes dans l’espace public et politique."
Le mot Dieu n'est pour moi rien d'autre que l'expression et le produit des faiblesses humaines." Voilà le cœur de la pensée d'Albert Einstein dans une lettre manuscrite à l'adresse du philosophe Allemand Eric Gutkind. Une lettre écrite près d'un an avant la mort de l'auteur de la théorie de la relativité, en 1954.
[...]
Pour moi, la religion juive est, comme toutes les autres religions, l'incarnation d'une superstition primitive (...) Et le peuple juif auquel j'appartiens fièrement, et à la mentalité duquel je me sens profondément ancré, n'a pas pour autant une forme de dignité différente des autres peuples. Au vu de mon expérience, ils ne sont pas meilleurs que les autres groupes humains, même s'ils sont protégés des pires excès par leur manque de pouvoir.
Très explicitement, les autorités allemandes disent qu’on ne combat pas la violence par la violence, quand bien même on l'appellerait "légitime". En Allemagne, le flashball et autres armes non-létales du même type sont ainsi strictement prohibées, car jugées trop dangereuses. Les grenades aussi. Cette doctrine en vigueur porte un nom : la “désescalade”. Elle n’est pas particulièrement le fruit d’une conviction anti-policière mais elle est basée sur l’idée d’une dissuasion préventive - empêcher les troubles de se former. Qui implique souvent des déploiements considérables en nombre de policiers, ou encore des fouilles conséquentes, ou encore un service de renseignement acéré. Le sociologue Fabien Jobard, qui travaille de longue date sur la police et a enquêté dans les deux pays, l'explicite notamment par deux doxas du maintien de l'ordre :
"Pour les policiers français, la foule est une et indivisible, elle a des pulsions animales et n’obéit qu’à son meneur ; c’est ce que l’on enseigne en école de police, poursuit le chercheur. Les Allemands, eux, considèrent que la foule est composée d’individus et que tous les individus sont accessibles à la raison. On essaie donc de se centrer sur les petits foyers qui sont susceptibles de faire basculer les manifestations."
La trilogie sortie sur Steam est donc disponible gratuitement — à condition de posséder Half-life — et contient Halfquake (2001), Halfquake Amen (2002) et Halfquake Sunrise (2010), chacun avec leurs styles graphiques et de gameplay différents. Si le premier opus est un mod Half-life classique, utilisant les textures, armes et monstres du jeu original, Amen est dans un noir et blanc tranché minimaliste et Sunrise amène un retour à l’utilisation de textures bien que toujours exclusivement en noir et gris.
Je n'en avais jamais entendu parler !
En 1995, quand Mathieu Kassovitz sort La Haine, DJ Cut Killer campe dans une scène du film un habitant de Chanteloup-les-Vignes qui remixe le morceau originel de KRS One. Le génie du mix tient au fait qu'on croit vraiment entendre "Assassins de la police" (Woop, woop).
Waouh. Génial.
Pas tout frais, mais intéressant, surtout dans l'analyse finale : pour conserver l'appui des classes moyennes, le pouvoir et ses soutiens (coucou Raphaël Enthoven) est obligé de dénoncer la violence réelle ou complétement plaquée, comme ici, de ses contestataires.
Mais cette dernière [Facebook]est avant tout une entreprise commerciale, dotée d’une base de données gigantesque. Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information à l’Université de Nantes, explique le rôle qu’a joué le réseau social dans ce mouvement, les données qu’il a pu collecter et le risque d’une potentielle utilisation de ces informations à des fins de manipulation d’un scrutin. L’universitaire estime que rien n’empêche un scandale à l’image de celui de Cambridge Analytica de se reproduire lors d’un futur scrutin.
Vous trouvez ça inquiétant ? Vous avez raison.
Amazon, c'est bien un site qui vend des trucs en ligne ? Des livres, à tel point qu'on fait des lois juste pour eux ?
NOPE.
Amazon, je l'ai déjà dit par ailleurs, c'est 40% du "cloud" mondial. Loin devant Google et Microsoft.
Amazon, perd de l'argent avec le e-commerce, pour faire couler ses concurrents.
Amazon, c'est la défiscalisation de compét'
Amazon, c'est l'exploitation de ses salariés.
Amazon, c'est le servage moderne avec le "mechanical turc" (rien que l'intitulé est cynique)
Amazon, c'est un fournisseur de service totalement décomplexé des services de renseignement : big data, reconnaissance faciale...
Ah, heureusement que les CRS et les gendarmes sont là pour nous protéger de toute cette violence.
Même si ça nous coûte un œil.
Ou la moitié du visage.
Ou une main.
Ou les couilles.
Ou la vie.
Un truc qui va plaire à Riff : la David "Rumsey Map Collection" propose en libre accès 67 000 cartes historiques.
C’est sur son fondement [l’article 222-14-2 du Code pénal] que de nombreux manifestants ont été arrêtés, samedi, avant même qu’ils ne commettent le moindre acte de dégradation ou de violence.
Déjà, rien que pour ça, on devrait toutes et tous descendre dans la rue. Mais personne n'a bronché en 2010, c'était pour "les bandes", alors pourquoi lèverait-on aujourd'hui le petit doigt alors que c'est pour des personnes lambda ?
Certains avocats expliquent que les autorités l’ont utilisé pour empêcher les gens de manifester…
Si ce texte a servi d’excuse pour arrêter des gens qui voulaient seulement manifester, alors c’est liberticide et très grave. La simple lecture du texte montre à quel point ce délit est contestable, mais il figure dans la loi.
Aujourd’hui, il faut faire en sorte qu’il ne soit pas utilisé dans le but d’attenter à la liberté de manifester. Cela serait très grave pour notre démocratie.
Comment faire alors que les violences et les dégradations se poursuivent, semaine après semaine ?
Je ne sais pas. Mais cela ne peut pas justifier de mettre en place de la répression préventive. Ce n’est pas acceptable. Dans ces cas-là, il n’y a qu’à rétablir l’état d’urgence. Cela ira plus vite ! Mais non, nous ne pouvons pas accepter les arrestations préventives. J’attends avec impatience de connaître les décisions qui seront prises par le tribunal correctionnel sur ce fondement-là.
Traduction :
"- Je dépose une motion de censure, mais vous êtes libre de vous torcher avec, Monsieur le Premier ministre