Je vous partage juste 2 informations qui se télescopent dans le Brief.me d'hier :
Les économies supplémentaires de 10 milliards d’euros sur le budget de l’État annoncées dimanche par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, ont été actées dans un décret publié aujourd’hui au Journal officiel. Ces coupes annulent des dépenses budgétées dans 29 domaines. Les principaux programmes touchés sont les postes « écologie, développement et mobilité durables » (-2,2 milliards d’euros) ainsi que « travail et emploi » (-1,1 milliard).
Le groupe énergétique français Engie a vu son chiffre d’affaires reculer de 12 % l’an dernier par rapport à 2022, sans toutefois enregistrer une baisse de ses bénéfices, selon des résultats publiés ce jeudi. Engie, qui produit de l’électricité et du gaz, est détenu à près de 24 % par l’État français.
Voilà, tirez-en les conclusions que vous voudrez.
Ces actions sont destinées, selon les renseignements, à "amplifier les dissensions et les fractures internes de la société française, tous sujets confondus (réforme des retraites, conflit israélo-palestinien, dénigrement des JO 2024...)
Hum... D'après ces crânes d'oeufs, si tu critiques :
Putain, à ce rythme, ils viennent m'arrêter dans 8 jours.
Il y a parmi ces élèves une obsession de la pureté et, de facto, de la souillure qu’ils traquent partout, même où elle n’est pas. On ne doit, selon eux, ni penser le corps ni penser son langage particulier. L’idéal dont ils rêvent : un monde expurgé de tout désir apparent. Les conséquences sont considérables. Pour moi, c’est la censure. Pour eux, c’est bien pire : une négation du corps, un refoulement du désir, une incapacité à se comprendre soi-même. Qu’adviendra-t-il de ces jeunes femmes et jeunes hommes vivant avec un tel impensé de ce qui bouillonne en eux ? La littérature n’est-elle pas tout occupée à fouiller, modeler, éclairer les forces étouffées qui nous travaillent ? N’est-ce pas grâce à elle que nous parvenons à mieux nous comprendre, à mieux nous maîtriser ?
Leur bigoterie est redoutable car elle n’est ni honteuse ni dissimulée. Elle se revendique fièrement, bruyamment. Ce refus de voir et de lire est bavard, il dit : « Je suis pur et vous êtes corrompu. » Il dit : « Je m’élève et vous vous abaissez ». Il opère un retournement : le professeur est sermonné, remis dans le droit chemin, catéchisé par ses élèves qui prennent le pouvoir. « On ne montre pas ça, on n’écrit pas ça, on ne peint pas ça. Tirez le rideau sur ces pulsions. Cachez ! Cachez ! Cachez ! »
Je me sens un peu mal à l'aide en lisant ce témoignage car j'ai l'impression de jouer au jeu "taboo" : il ne fallait pas dire le mot "Islam", il ne l'a pas dit... juste évoquée dans le deuxième paragraphe. Je me sens un peu en porte-à-faux du coup. Témoigne t-il de sa seule expérience, tous les élèves concernés réagissent-ils ainsi, les cathos intégristes ont-ils le même comportement ? Son non-dit jette davantage qu'il ne, si j'ose dire, lève le voile.
Cela étant, les exemples de pudibonderie et de bigoterie autre qu’islamique pullulent, et peut-être son allusion au 2ème paragraphe m'a t-elle induit en erreur. Entre les "parents vigilants" de Zemmour et les Stanislaso-compatibes que j'évoquais hier à travers un billet de blog de Schneidermann, le fond de l'air devient frisquet et la morale un peu trop chatouilleuse. Entre le "tu ne devrais pas dire/montrer ça" et le "je saurais bien t'empêcher de le faire", il y a un pas qui est parfois franchi.
EDIT : je vous remet la citation : "On aurait pu penser que cette principauté n'était qu'une subsistance anachronique, assiégée par l'évolution libérale des mœurs. Mais tout peut aujourd'hui laisser penser que le mouvement s'effectue en sens contraire, et que c'est plutôt le libéralisme économique, qui fait mouvement vers l'illibéralisme sociétal. Cette coïncidence confirme, tout simplement, qu'aucune" "évolution des mœurs"", allant dans le sens d'une plus grande liberté à disposer de son corps, telle qu'on aurait pu l'analyser depuis un demi-siècle, n'est aujourd'hui irréversible."
via SebSauvage sur Mastodon
Traduisez-les : "On ne discute pas avec des putains d'écolos"
Au départ, la France a cru pouvoir aider l’Ukraine avec les stocks et a compté sur les États-Unis, mais 24 mois plus tard, elle se rend compte que ça ne suffit pas. Depuis janvier, l’aide américaine pour l’Ukraine diminue, il y a même la menace qu’elle s’arrête si Donald Trump arrive au pouvoir aux États-Unis, en novembre 2024. Pour résumer, selon plusieurs experts, on bascule d’une guerre de stocks à une guerre de capacité industrielle.
Allez, hop, encore un film à voir ; je le ressentais comme un truc sordide sur un faits divers mais -évidemment- c'est un peu plus que ça.
A propos d'années 80...
Dans son autobiographie publiée en 1984, The Man With The Gold, Mr. T donnera d'ailleurs l'explication quant à ses kilos de chaînes portées autour du cou. "Il y a trois raisons pour lesquelles je porte de l'or. La première, lorsque Jésus est né, trois hommes sages sont venus de l'Orient [NDR : les rois mages]. L'un a apporté de l'encens, le second de la myrrhe, et le troisième de l'or. La seconde raison, c'est parce que je peux me l'offrir. La troisième raison, c'est parce que c'est un symbole de mon héritage africain.
Mais...
Ses fans auront toutefois remarqué qu'il n'arbore plus, depuis un moment, ses lourdes chaînes en or autour du cou, qui furent pendant si longtemps sa marque de fabrique. Une décision qui remonte en réalité à 2005. La raison ? Un signe de respect aux 1800 victimes de l'ouragan Katrina, qui a ravagé une bonne partie de La Nouvelle Orléans.
"En tant que chrétien, j’ai dit que je ne porterais plus jamais mon propre or à cause de ce qui s’est passé avec l’ouragan Katrina. Pour moi, ce serait un péché contre Dieu de porter mon or alors que tant de gens ont tout perdu" a-t-il déclaré. Ajoutant : "Bien sûr, c'est ma marque de fabrique, mais je suis la même personne, que je porte l'or ou non. Mes valeurs morales sont les mêmes. L'or ne me fait pas, je fais l'or".
Bon, coupez moi l'accès à YouTube ou je vais y passer la journée - vous savez ce que c'est, vous regardez un truc, ça vous propose autre chose sur le même thème, etc.
Bref : je viens de découvrir comment Ladislas de Hoyos, que j'avais toujours considéré comme le monsieur chauve avec un nom rigolo qui présentait le JT quand j'étais petit (1984-1989... ah oui, quand même) était en fait LE type qui avait permis d'identifier formellement Klaus Barbie en 1972.
En partant du constat que la Shoah n'est pas montrable, ce film (a priori assez choquant... et pourtant ne montre rien) se focalise sur le quotidien du directeur du camp d'Auschwitz, dans sa belle maison adossée au camp d'extermination... La "zone d'intérêt", pour les nazis, désignant les 40 km² autour du camp.
On ne voit rien, mais le camp est toujours présent à l'image, en arrière-plan, ou dans les pensées, ou dans les bruitages, et ça à l'air assez terrible :
j'ai fini par oublier le bruit de fond ; quand j'ai fini par m'en rendre compte, je me suis détesté
Choisir de filmer la banale vie de famille d'un homme et de sa famille, finalement, c'est revenir à la banalité du mal conceptualisée par Hannah Arendt :
le véritable effroi, c'est de voir un homme ordinaire [Eichmann],médiocre
J'ai à la fois envie et très peur de voir ce film...
Dans le même genre, j'ai un souvenir très net de Amen de Costa Gavras, qui s'attache à montrer que tout le monde était au courant et personne n'a rien fait, tout le monde avait une bonne excuse et personne n'était responsable, du petit fonctionnaire tatillon dont le boulot était juste de coordonner des trains... juste des trains... aux alliés pour lesquels les camps n'étaient pas un objectifs stratégiques, en passant par l’Église, et c'est le cœur du film de Costa Gavras, qui s'est consciencieusement appliquée à regarder ailleurs, quand bien même des ecclésiastiques avaient envoyés des rapports circonstanciés sur ce qui était en train de se passer. Et le passage d'interminables convois de wagons rythme le film.
(Un résumé ici : https://billetterie.memorialdelashoah.org/fr/evenement/amen-de-costa-gavras)
Alors bien sûr, il existe des études sur la chasteté ou la sacralisation de la virginité, ou encore sur le célibat, mais on s’en tient trop souvent au domaine religieux sans les relier à un potentiel désintérêt pour le sexe.
En bref, on étudie jamais le manque de désir en tant que tel, et lorsqu’il est remarqué chez un individu, on a tendance à se contenter de le considérer comme un marginal absolu.
Ce serait ça, le point de départ des études asexuelles : cesser de considérer les personnes qui ne manifestent pas de désir sexuel comme des anomalies et accepter qu’elles font – et ont toujours fait – partie intégrante de notre société. Et se poser, bien sûr, toutes les questions que cela implique, que ce soit du point de vue scientifique, sociologique, historique ou des études artistiques.
Il faut dire que chacun de ses faits et gestes est susceptible d’avoir des répercussions inédites, au point qu’on parle désormais d’un « effet Taylor Swift » : élue personnalité de l’année par Time magazine en décembre 2023, elle est capable de booster l’économie des villes où elle se produit (ce qui a donné naissance aux « Taylornomics »), de redresser tout un secteur en crise, de provoquer des pannes et des tremblements de terre, et même, prouesse hors du commun, de convaincre Fox News de l’importance du bilan carbone. Mais pourrait-elle faire basculer le résultat de l’élection présidentielle américaine le 5 novembre prochain ?
Il y a tout, dans cette histoire. Le sabordage de l'école publique, bien sûr. La consanguinité des élites politiques, économiques et médiatiques (la ministre est la nièce d'Alain Duhamel (BFM) , ainsi que de Nathalie Saint-Cricq (France 2), et la cousine de Benjamin Duhamel (BFM). Le glissement de la haute bourgeoisie libérale, celle des 0,01%, de l'Alsacienne vers Stanislas -dix minutes à pied entre les deux, selon Google Maps-, comme un symbole du racornissement du recrutement des élites à un micro-quartier de la capitale. La désinvolture décomplexée. Dix fois de quoi déclencher une révolution.
Old, mais que j'aime ce paragraphe (et le billet dans son ensemble, qui passe les éléments de langage au rabot, quelle joie).
Sous l'emblème du sabre et du goupillon, subsiste en plein Paris un territoire sécessionniste et radicalisé. On aurait pu penser que cette principauté n'était qu'une subsistance anachronique, assiégée par l'évolution libérale des mœurs. Mais tout peut aujourd'hui laisser penser que le mouvement s'effectue en sens contraire, et que c'est plutôt le libéralisme économique, qui fait mouvement vers l'illibéralisme sociétal. Cette coïncidence confirme, tout simplement, qu'aucune" "évolution des mœurs"", allant dans le sens d'une plus grande liberté à disposer de son corps, telle qu'on aurait pu l'analyser depuis un demi-siècle, n'est aujourd'hui irréversible. Ni aux Etats-Unis, ni en Hongrie (pays inventeur, semble-t-il, du ""réarmement démographique"" prôné par le président), ni en France, ni nulle part. Raison de plus pour inscrire dans la Constitution le droit à l'IVG, si toutefois le processus va à son terme.
Il y a des jours où j'aimerais être né 30 ou 40 ans plus tôt.
Tiens, ça me fait penser que c'est à peu près le sujet d'un bouquin sympa de Robert Charles Wilson : A travers temps. Un type rentre dans un tunnel dans sa cave en 1989, et se retrouve, vachement content, en 1962, sachant que, malgré les inquiétudes de l'époque, il a au moins 30 ans de paix devant lui...
Volta devait donc rester un merveilleux ""jardin secret"". Et la photo de son écran de téléphone qui ""en a décidé autrement"", c'est cette photo (publiée par "Libération") que le Premier ministre a longuement montrée aux trois ministres extasiées qui l'entouraient au banc du gouvernement, alors que le socialiste Boris Vallaud, dans le débat sur une motion de censure, discourait sur le mal travail, les vies qui abîment les âmes et les corps. Scandaleuse indifférence, bad buzz, il fallait réagir par une offensive foudroyante de chienchien washing. C'est fait. Cherchez dans le texte les mots "coeur", "famille" et "bien-être animal" : ils y sont.
Au nom du ""qui aime les bêtes aime les gens"", le peuple profond des amis des bêtes est donc prié de comprendre que c'est cet engagement pour le bien-être animal, qui donnera au jeune Premier ministre l'énergie quotidienne de se battre pour envoyer sous les verrous les locataires pauvres, abolir le droit du sol à Mayotte, casser la loi SRU sur le logement social, supprimer l'allocation spécifique de solidarité, ou encore supprimer les subventions aux associations féministes non-alignées sur le soutien inconditionnel à Israël.
Un mot échappé à Praud, la veille, dans une première émission consacrée au sujet, suffirait d'ailleurs à résumer l'imposture des protestations de pluralisme de la fine équipe. ""Personne ne veut débattre avec Eric" "lâchait Praud à propos d'Eric Zemmour (à partir de 25'38"). ""Il est plus fort qu'eux"". """"Eric"" : tout est dit. Deloire n'est pas venu sur une chaîne, mais dans le club des collègues et amis d'Éric, face à son pote Éric (Naulleau).
Courageux, le gars de RSF. Et puis il a du temps à perdre, surtout.
Mieux vaut être dans la peau d'un ex-pessimiste finalement détrompé par un dénouement heureux, que d'un ex-optimiste errant dans un champ de ruines vitrifiées.
Je ne savais pas trop comment retranscrire mon angoisse de ces derniers jours, je trouve que cette phrase de Schneidermann convient parfaitement.
Tenez, cadeau, de quoi alimenter vos angoisses (y'a pas de raison que je sois le seul à paniquer) :
https://www.slate.fr/story/258801/signes-probable-future-guerre-russie-otan-menace-poutine-ukraine-armement-europe
https://www.ladepeche.fr/2024/01/25/decryptage-guerre-en-ukraine-bientot-un-conflit-ouvert-otan-russie-pourquoi-une-troisieme-guerre-mondiale-nest-pas-a-exclure-11717802.php
Et les articles datent d'avant la mort de Navalny.
Je suis très, très dubitatif. Atta, ça sera p'têt bien, France Television ils sont pas loin d'avoir les moyens de réaliser 1/4 d'heure d'une série originale Netflix !
Nan, c'est pas ça le problème.
Ce qui me fait peur, ce que La peste, tu vois, c'est pas vraiment la peste, le sujet du bouquin.
Atta, t'avais vraiment pas compris ?
Et en ce sens, le troll qui parle des élections dans les comm' (non, ce n'est pas moi) a peut-être mieux compris de quoi il était question que le rédacteur de l'article, qui s'était contenté de recopier du communiqué.
C'est l'un de ses fils, âgé de 12 ans, qui avait donné l'alerte en août dernier. Le garçon s'était échappé de la maison familiale en se glissant par la fenêtre pour aller quémander de la nourriture auprès des voisins. Ces derniers avaient prévenu la police, permettant ensuite l'arrestation rapide de Ruby Franke et de sa partenaire de travail Jodi Hildebrandt.
[...]
"Il s'agit d'une affaire d'extrémisme religieux, a déclaré le procureur du comté de Washington, Eric Clarke, dans un communiqué cité par UKTV. Les accusés semblent avoir pleinement cru que les abus qu'ils ont infligés étaient nécessaires pour apprendre aux enfants à se repentir correctement de leurs 'péchés' imaginaires et à chasser les mauvais esprits de leur corps".
Complètement barrée. Pauvres gosses.
Et 2 millions de personnes regardaient cette folle ?!?
Une manière de mettre en exergue l'un des objectifs de cette panthéonisation : "Rappeler qu'être français, ça ne tient pas à l'origine, à la religion, au prénom, mais à la volonté".
Ahem... ta loi, on en reparle ?
Non, décidément, ça ne passe pas.
Elle a un goût amer, cette panthéonisation, juste après le vote d'une loi qui interdit au Manouchian d'aujourd'hui d'entrer en France...