On le croyait seulement gaffeur. On le découvre provocateur. La tirade athénienne d’Emmanuel Macron dénonçant « les fainéants, les cyniques et les extrêmes » en dit long sur la personnalité du jeune Président, qui semble décidément envahi par un sentiment de toute-puissance. Elle corrige rudement l’image valorisante, presque suave, qu’il s’était appliqué à donner de lui. Car le doute, cette fois, n’est plus permis. Lundi, veille de la journée de manifestation contre la loi travail, il a même enfoncé le clou, désavouant ses plus proches amis qui tentaient laborieusement d’atténuer les effets de cette sortie psychologiquement et politiquement désastreuse. Oui, les « fainéants », ce sont bien les opposants à ses réformes, les manifestants, les syndicalistes, les salariés… Une fainéantise « de classe » en quelque sorte. La paresse endémique de tous ceux qui osent défendre leurs intérêts de salariés, de retraités, d’étudiants…
Du coup, on relit avec d’autres yeux les « maladresses » précédentes, parfois suivies d’excuses. On se souvient des salariés de Gad qualifiés « d’illettrés ». On n’a pas oublié le « ayez envie de devenir milliardaires » à l’adresse des jeunes, version moderne du « enrichissez-vous » de Guizot ; ni la vie des entrepreneurs « plus dure que celle des ouvriers ». Ni non plus ce méchant conseil lancé à un syndicaliste qui arborait un T-shirt militant : « La meilleure façon de se payer un costume, c’est de travailler ! » En vérité, Macron, c’est du brutal, comme aurait dit Michel Audiard.
[...]
Macron, « l’ultra-moderne », qui veut individualiser, numériser, ubériser, flexibiliser, tient finalement un langage d’Ancien Régime. Ou, à tout le moins, de cette bourgeoisie qui, grosso modo jusqu’à la guerre, dominait la France des idées, enracinée dans la certitude que l’injustice sociale n’était que l’appellation marxiste (ou « bolchevique ») de l’inégalité biologique. On lui trouverait presque quelque ressemblance avec Fillon, symbole de la vieille France rancie. Un militant syndical ou un défenseur du code du travail est un flemmard. Et il suffit, pour devenir milliardaire, de le vouloir vraiment.
Vous parlez de mouvements « antiracistes » et c’est bien l’enjeu : de plus en plus d’Américains comprennent qu’il ne suffit plus de ne pas être racistes, il faut aussi être antiracistes. Certains donnent du poing dans les manifestations, mais ils sont marginaux. La plupart des militants agissent au sein d’associations pacifistes, pour les droits civiques, les droits de l’homme, la défense des immigrés et des minorités sexuelles ou de genre, ou bien encore contre la brutalité policière. Ce dernier sujet préoccupait particulièrement Black Lives Matter et il faut dire qu’ils ont plus que jamais des raisons de s’inquiéter et de se mobiliser : Trump a invité les policiers à plus de brutalité lors des interpellations et le ministère de la Justice a non seulement mis fin à toutes les procédures mises en place par l’équipe Obama pour surveiller les agissements des commissariats les plus enclins à l’arbitraire racial, mais il vient également de réautoriser l’équipement en armement paramilitaire des forces de l’ordre. Les Américains parlent de « recipe for a disaster » ; les rares garde-fous hérités de la période post-Ferguson ayant été levés, on peut en effet craindre le pire.
Face à la constitution de bases de données de plus en plus massives et au développement d’outils d’analyse de plus en plus sophistiqués, il est urgent, lance-t-elle, que les codeurs s’interrogent sur leur responsabilité sociale : «En tant qu’ingénieurs, développeurs, administrateurs système, nous avons l’obligation éthique de réfléchir aux conséquences des systèmes que nous construisons.»
Thème material :
https://github.com/kalvn/Shaarli-Material/ (par @kalvn@mastodon.xyz )
Addons divers :
https://github.com/ArthurHoaro/code-coloration
https://github.com/ArthurHoaro/shaarli2twitter
https://github.com/NerosTie/emojione
https://framagit.org/Alda/shaarli-autoarchiveorgLe Portugal n’a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d’une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s’est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne. Doit-on parler désormais du modèle portugais plutôt que du modèle allemand ou suédois ?
Il y a un an, en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour « déficit excessif » contre le gouvernement de Lisbonne. Le Portugal risquait une amende, selon Bruxelles, puisque il était censé ramener son déficit à 2,5 % de son PIB en 2015 au lieu des 4,4 % annoncés. La procédure a été abandonnée un mois plus tard. Etonnement, la France n’était pas soumise à la même pression, alors qu’elle n’avait pas — elle non plus — tenu ses engagements : 3,4% de déficit au lieu des 3% requis. Depuis, le phénomène s’est radicalement inversé : le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année. La France, elle, a abaissé péniblement son déficit à 3,3% en 2016 et table sur 3,2% cette année quand elle s’est engagée à atteindre… 2,8%. L’Espagne est encore à 4,5%.
Mais l’économie portugaise n’a pas réussi à réduire ses déficits par la baisse des dépenses publiques, des réformes structurelles du travail visant à « assouplir » les droits des salariés, ou en abaissant les protections sociales, comme le préconise la Commission européenne. C’est même l’inverse qui a été pratiquée au Portugal depuis un an et demi. Un choix qui explique certainement l’irritation très nettement affichée par Bruxelles au printemps 2016, lors des annonces de Lisbonne.
=> augmentation du salaire minimum en échange de baisses de cotisations pour les employeurs ; augmentation des retraites et des allocations familiales, renforcement du droit du travail, baisse des impôts pour les salariés les plus modestes, arrêt des privatisations, baisse du temps de travail (prévu).
Bref, le Portugal a fait tout l'inverse de ce qui est préconisé par l'orthoxie libérale, et ça marche. C'est sûrement un hasard, ou un gros coup de bol, n'est ce pas ?
Experts de cafés du commerce télévisés type « C dans l’air », professeurs d’économie proches du pouvoir ou travaillant en sous-main pour de grands groupes, éditorialistes vendus aux vertus de l’indispensable « fluidification des énergies », tous ont imposé au pays des pseudo-évidences néolibérales qui confinent à l’imposture, et parfois même aux fake news intégrales. Aujourd’hui, l’économiste Christophe Ramaux est dans la « Guerre des idées » pour démonter méthodiquement les plus répandues et les plus pernicieuses d’entre elles.
Vu sur (°m (j'adore cette émoticone que je viens de découvrir)
Interrogé par Aude Lancelin dans l'émission "La guerre des idées" sur le site Là-bas si j'y suis, Christophe Ramaux, membre des Economistes atterrés, démonte les idées reçues qui ont prévalu à la rédaction des ordonnances et plaide pour une autre réforme du Code du travail.
via @LarrereMathilde :
1 amendement qui enrichissait le Code pénal d'1 peine d'inéligibilité applicable aux pers reconnues coupables de racisme, d'antisémitisme...
...de négationnisme, d'homophobie, d'incitation au terrorisme, d'apologie de crime contre l'humanité et de toute forme de discrimination.
le conseil constitutionnel avait été saisi par 60 parlementaires des Républicains
et il leur a donné raison en raison du fait qu’elles porteraient une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression.
C'est une HONTE.
Nous sommes heureux.ses d’annoncer la création de l’association Women in Games France. Association de professionnel.le.s, Women in Games France oeuvre pour promouvoir la mixité dans l’industrie du jeu vidéo français. A travers des initiatives de formation, sensibilisation, d’éducation et d’entraide, elle cherche à réduire les barrières d’entrée et les raisons de sortir des femmes de l’industrie du jeu vidéo. L’association est indépendante, ouverte à tou.te.s les professionnel.le.s et édudiant.es. dans le développement, l’édition, les métiers supports, les médias ou de l’e-sport, du coté des indépendants aussi bien que des grands groupes.
On applaudit bien fort Valérie Boyer pour cette avancée conceptuelle majeure : la laïcité chrétienne.
Sans le christianisme, il n'y aurait pas de laïcité et la laïcité n'existe que dans des pays aux racines chrétiennes.
La Turquie (celle d'avant Erdogan), le Japon, l'Albanie Israël et l'Inde (pas celle de Modi, fondamentaliste hindou...), grands pays aux racines chrétiennes bien connues, apprécieront. (il faudrait rajouter l'Irak de Saddam Hussein, mais on s'embarque sur un terrain glissant...).
Oh, et tout ça pour une histoire de yaourts brassés.
Chacun ses combats Valérie.
J'adore les termes utilisés dans cet article.
On longtemps cru que les femmes combattantes viking étaient une "légende", puis on a trouvé un squelette féminin ; mais "les spécialistes de cette société [sont] réticents à reconnaître leur existence". On fait donc des tests ADN dans les années 1970 : les résultats sont "très controversés".
Je rappelle juste que quand il s'agit d'envoyer un quidam au trou, les résultats ne sont jamais controversés, quand bien même le doute existe ; quand il s'agit de déterminer si le squelette appartenait à un homme ou à une femme, alors là, on va contester la méthode miracle...
Au final, l'analyse d'un prélèvement ADN effectué sur un humérus "fin et gracile" (mais non ce n'est pas sexiste, qu'allez-vous imaginer là ?) confirme la présence de deux chromosomes X.
Si même les sociétés fantasmées de gros bourrins barbares n'étaient pas aussi patriarcales que l'on a bien voulu l'imaginer...
Dans une note confidentielle adressée à plusieurs sociétés de gestion collective, la Haute autorité a détaillé le versant technique des Box dites Kodi. Avec des « add-ons », elles peuvent devenir un nid à consommation de contenus « pirates ».
Quand la Hadopi t'explique comment pirater en toute tranquilité. On vit dans un beau pays quand même ^^
On s'enverra les images à la figure : celles-ci, choisies au hasard parmi cent autres semblables, et à l'authenticité invérifiable, du pillage d'un commerce ; et en sens inverse, cette interview d'un père de famille excédé, qui s'est vu octroyer, en tout et pour tout, trois bouteilles d'eau, et justifie les "actes de survie". C'est cette incapacité totale à synthétiser les deux récits qui, mieux que tout autre indice, dit la situation d'anarchie, qui règne à l'heure où ces lignes sont écrites.
J'ai ça qui me trotte dans la tête depuis quelques temps (plusieurs mois sans doute), et comme je ne sais pas quoi en faire, je le partage avec vous.
Allez, on va mettre ça en formule putaclic : "Brassens est-il un gros connard homophobe ?"
Oui, tonton Georges, qui se moque des pandores, des juges, des curés, de la guerre, de la mort ; qui traverse en dehors des clous pour ne pas avoir à rendre son salut à l'agent, qui ne veut pas "effeuiller dans le pot au feu / la marguerite", qui célèbre les copains et les chats, oui, ce Brassens là, à le réécouter, je lui trouve des passages où la gêne est telle que j'hésite ensuite à siffloter l'air de la chanson concernée.
Passons aux faits :
Le mécréant :
Y'a tant d'hommes aujourd'hui qui ont un penchant pervers
À prendre obstinément Cupidon à l'envers,
Tant d'hommes dépourvus de leurs virils appas,
À ceux qui en ont encor' ne les enlevons pas !"
Trompettes de la renommée :
Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes,
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette,
Si je me déhanchais comme une demoiselle
Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ?
Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles
De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles,
Qu'ça confère à leur gloire une onc' de plus-value,
Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne paie plus.
Le gorille :
Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...
Et puis, ça me revient, la notion de consentement n'était même pas un vague début d'idée :
La chasse aux papillons :
Quand il se fit tendre, ell' lui dit : « J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va-t-à la chasse aux papillons. »
Sur sa bouche en feu qui criait : « Sois sage ! »
Il posa sa bouche en guis' de bâillon
Voilà, pas de jugement de ma part, juste un constat un peu triste.
Oui, vous avez bien lu : Tesla contrôle vôtre voiture à distance.
Pas lu l'article, mais la carte est assez parlante.
Quand Ouest France dénonce un lanceur d'alerte, permettant à Jean-Jacques Urvoas de porter plainte contre lui. Pas joli joli.
Bye bye Cassini ! 20 ans de voyage se terminent dans 3 jours !
Voir aussi https://cassini-huygens.cnes.fr/fr/tout-sur-la-fin-de-mission-cassini-cest-ici