Un pays qui voit des outrages à la police partout ne va pas dans la bonne direction.
D’après BMTV, la fuite aurait été causée par une canalisation défaillante située à l’étage supérieur. Le plafond de la salle, en cours d’expertise, est fortement dégradé et des «œuvre[s] sont a priori endommagée[s]», précise la chaîne. Selon nos sources, une toile du XIXe, peinte par Charles Meynier, le Triomphe de la peinture française : apothéose de Poussin, de Le Sueur et de Le Brun, exposée dans la salle sinistrée, fait partie des toiles touchées.
Évidemment qu'elle est touchée la toile, puisqu'elle constitue le plafond de cette salle !
Il est digne de Berserk ce tableau...
Ouais, encore un truc dont il faut que je parle, mais j'ai plus le temps pour les articles de blog ces jours ci :(
Après vous avoir fait découvrir (en tout cas j'ai cette prétention) la vie de Rose Valland la semaine dernière, je vous présente aujourd'hui la vie de Han van Meegeren. La première a consacrée sa vie à sauver des œuvres d'art, le second à peindre... même s'il est surtout connu pour ses faux Vermeer, notamment un vendu à Goering, et c'est là le point de jonction de ces deux livres, lus à quelques jours d'intervalles cet été.
Toutes choses égales par ailleurs, Macron se comporte comme Trump : les avis qui lui déplaisent doivent être effacés. Il n'est question ici que d'un patrimoine mondial, inestimable et irremplaçable, c'est tout de même moins grave que quand des gilets jaunes pètent un moulage en plâtre, mais quand même.
TL;DR : Macron, pendant la durée des travaux du musée qui l'abrite, veut prêter la Tapisserie de Bayeux aux anglais. Intention louable et juste retour des choses puisque c'est la conquête de l'Angleterre qui est le sujet de ladite tapisserie. Sauf que TOUS les experts s'accordent pour reconnaître qu'elle n'est pas déplaçable car trop fragile. Qu'à cela ne tienne : toutes les références à ces avis, sur tous les sites de l'Etat qui en faisaient mention, ont été effacées.
Beau travail, pour un président qui fait tapisserie depuis plus d'un an.
On ne pouvait guère faire plus raccord avec mon article de ce matin : aujourd'hui encore, on retrouve des œuvres spoliées pendant la guerre par les nazis.
Trouvé dans la newsletter "Le pavé numérique" : Un nouveau scan de 108 gigapixels de “La jeune fille à la perle”, de Johannes Vermeer, permet d’examiner online chaque touche de peinture.
Les boulets...
Oh. Il y a tellement, mais tellement à dire sur cette histoire. Et j'en ai tellement ras le bol. Je suis tellement too old for this shit.
Bon, alors rapidement :
Déjà, le tableau en question : https://pbs.twimg.com/media/GjGzYGpWQAALR-w.jpg (désolé, je ne l'ai pas trouvé ailleurs, visiblement tout le monde s'autocensure).
Vous pouvez aussi le voir en arrière-plan dans cette vidéo : https://www.lavoixdunord.fr/1552339/article/2025-02-06/non-lieu-derriere-la-peinture-d-emmanuel-macron-decapite-le-scandale-du
"Je suis Charlie", comme l'explique Arrêt sur image (la flemme de chercher un lien, bossez un peu) est devenu une idéologie d’État. On ne défend plus une liberté d'expression sacralisée, on interdit, en creux, de dire ou faire certaines choses. Cette affaire (passablement ridicule au demeurant) en est l'illustration parfaite.
On ressort encore une fois de la naphtaline le crime d'atteinte au chef de l’État / de lèse-majesté, parce que c'est exactement la même chose. Et après, on s'offusque du président chinois qui fait interdire Winnie l'ourson car il a été une fois caricaturé de cette façon. Dans une démocratie saine, on ne devrait pas craindre, je cite le (pas) regretté Nicolas Sarkozy lors d'un procès intenté à Charlie, bien avant 2015, "l'excès de caricature". On doit pouvoir dénoncer l'action de l’État, y compris en abîmant un peu l'image de la personne qui le représente.
D'une manière générale, quand le pouvoir exécutif se met à décider ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas, ça pue. J'espère de tout cœur que la plainte sera classée sans suite : il n'y a aucun élément permettant de qualifier ce tableau d'incitation à la haine ou au meurtre. C'est juste un tableau. Vous pouvez le juger choquant ou moche, ça n'en demeure pas moins qu'un tableau. Et un artiste devrait avoir le droit de représenter ce qu'il veut sans risquer la Bastille.
Présentée dans le cadre de l’exposition "Exposé.e.s au chlordécone", au Centre des arts, au mois de janvier en Guadeloupe, l’œuvre d’art montrerait un homme brandissant la tête coupée d’Emmanuel Macron en l'air, rapporte le média en ligne bigidi.tv.
Intitulé "Non-Lieu", le tableau réalisé par l’artiste Blow du "Kolèktif Awtis Rézistans", serait une réaction au non-lieu requis dans l’affaire du scandale du chlordécone, un insecticide utilisé entre 1972 et 1993 et qui a touché des populations et les sols en Guadeloupe et Martinique.
Près de 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais ont été contaminés par le pesticide et environ 18 000 hectares de cultures ont été touchés, expliquait le National Geographic.
Source : https://www.midilibre.fr/2025/02/06/emmanuel-macron-decapite-le-president-de-la-republique-porte-plainte-apres-la-decouverte-dune-oeuvre-le-montrant-tete-coupee-12494908.php
Pourquoi s'en prendre de cette façon à Macron ?
Un indice chez vous : Qui a dit " Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs." ? (https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?tld9Zg)
Tout ça me fatigue purée..
Les journaux vont probablement beaucoup parler du fait qu'on a -probablement- retrouvé le tombe de Du Bellay, à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, je suis pour ma part beaucoup plus touché par les fragments du jubé qui ont déterré lors de ces fouilles.
C'est assez fantastique : les pierres, bien conservées sous terre à l'abri de l'humidité et des champignons, portent encore des traces de la peinture du XIIIè siècle. Certains fragments, comment cette tête de Christ mort, sont d'une finesse hallucinante.
Le FN n'est pas le parti des femmes (ni celui des ouvriers, des immigrés, des minorités...), rien de neuf sous le soleil. A vrai dire j'ai juste survolé l'article.
Ce qui m'a intrigué ce sont les images. Vous connaissez ma propension à m'accrocher à des détails.
La vidéo de Bardella d'abord. Vous avez-vous la Marianne derrière lui ? C'est celle d'Obey, affichée par Macron pour ses premiers vœux. (Une série d'articles à lire sur XXI). J'ai toujours pensé que le choix des images, des drapeaux, des mises en scène par le FN n'était jamais le fruit du hasard. Mais que veut-il nous signifier en mettant en avant la même Marianne que celle du futur ex-Président ? AMHA, qu'ils (lui et son parti) se positionnent, eux aussi, comme "disruptif", anti-conformiste, voire "anti-système" ; d'une manière plus subtile, qu'ils "volent" les codes d'un homme qui s'est un peu trop complu à se faire appeler Jupiter et qui maintenant n'est plus rien.
EDIT : je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué. Obey a réagi lui aussi => https://www.youtube.com/watch?v=jH0CY5O3cRw
L'autre image c'est celle qui ouvre l'article. Je n'ai rien à en dire mais elle m'intrigue. Plus précisément le tableau derrière MLP. On voit du noir, du rouge, et des chaînes. C'est sans doute idiot, mais ça ne me plait pas. Les couleurs. La disposition en croix des chaines qui évoquent le drapeau confédéré. Mais je suis peut-être dans la surinterprétation. J'ai tenté des recherches inversées (TinEye) mais ça ne ressort rien, il faudrait le tableau en entier. Sinon, ne dirait-on pas la maman fière de son grand garçon ? Allez, dernier détail : parmi le peu de titres de livres que l'on peut lire, on distingue des livres d'économie. A destination sans doute de ceux qui disent que le FN est nul en économie, que son programme sera ruineux... Bref, un gage pour les patrons.
Quand je vous dis que ces gens maitrisent parfaitement les images.
EDIT : il ne faut pas sous-estimer la complaisance dont la presse a fait preuve depuis 20 ans envers MLP. En 2 clics sur Google, la recherche "bureau Marine Le Pen" m'a appris tout ce que je voulais savoir :
Sources :
https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-decouvrez-la-capitainerie-le-nouveau-qg-de-marine-le-pen-7900087960
https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-dans-les-coulisses-de-la-capitainerie-nouveau-qg-de-marine-le-pen-et-du-rn-20-10-2021-OIVLUJHO45DRRPPZ67TJBQ2D74.php
Des lampes torches de différentes couleurs et une photo avec un long temps de pause et... tadaam.
Vu sur Brief.me :
Vous avez probablement déjà vu le tableau « La Vierge du chancelier Rolin » peint par Jan Van Eyck vers 1435, mais connaissez-vous tous ses détails ? Derrière la Vierge à l’enfant et Nicolas Rolin, le chancelier de Bourgogne, représentés au premier plan, se cache tout un monde. France Culture dévoile dans une courte vidéo les multiples personnages cachés dans le paysage, composé d’une élégante cité flamande.
100 artistes 3D ont créé des variations à partir du même template d'un corps montant un escalier en spirale.
De 1961 à 1972, le programme Apollo de la NASA mobilise 400 000 personnes et envoie 27 hommes vers la Lune. 6 missions réussissent à s’y poser et 12 hommes foulent sa surface. Ils effectuent nombre d’expériences scientifiques et ramènent 382 kg de roche, mais pas que. D’Apollo 4 à Apollo 17, les astronautes partent équipés d’appareils photographiques moyen format Hasselblad et ramènent sur Terre 145 pellicules contenant 19 788 prises de vue. Lors des 6 missions qui se posent sur la Lune, ils prennent 13 887 photographies.
L’objectif initial de ces photographies, mises en ligne et en accès libre par la NASA, était principalement scientifique et politique. UNSEEN APOLLO montre des images plus subjectives ou portant des traces d’accidents propres au médium argentique, (les couleurs sont celles d'origines) mais qui réassemblées, dévoilent une beauté au-delà du réel connu.
Google (oui, Google) vous propose de faire des puzzles avec des œuvres d'art. (vu sur Brief.me)
Vu sur Brief.me :
L’artiste de rue Lorem peint au marqueur sur des objets mis au rebut dans la rue, comme des planches ou des miroirs. Il prend ensuite une photo de ses œuvres et invite ses abonnés à venir les chercher. Ces objets abandonnés redeviennent ainsi désirables, pour le plus grand bonheur de cet artiste à la fibre écolo, comme il l’explique dans [cette] vidéo de France Culture.
Je n'avais jamais vraiment pris conscience de la taille du David de Michel-Ange : 5,17 m quand même !
Sympa : quand les personnages du tableau semblent interagir avec leur cadre.
Ses tableaux ne montrent pas la même chose selon la distance à laquelle vous les regardez. C'est impressionnant hein ? C'est filmé à Dijon, je les ai vus en vrai ^^
Fun fact : il y a même des neurologues qui s'intéressent à ce qu'elle fait, parce qu'ils pensent qu'elle ne doit pas avoir le cerveau comme tout le monde pour arriver à faire ça !
Je ne savais pas que François Fillon s'était lancé dans l'art contemporain.
«Cette toile n'est une œuvre d'art que si je ne rends pas l'argent.» L'artiste explique: «Mon travail consiste à avoir pris leur argent. Ce n'est pas du vol. C'est une rupture de contrat, et la rupture de contrat fait partie du travail», avant de poursuivre: «J'encourage les personnes qui ont des conditions de travail aussi misérables que les miennes à faire la même chose. Si vous êtes coincé dans un emploi pourri et mal payé, prenez ce que vous pouvez et fuyez.»
Cela n'a pas suffi pour convaincre le tribunal danois, qui se range du côté du musée Kunsten. Ce lundi 18 septembre 2023, il a ordonné à l'artiste de rendre les 71.000 euros destinés à la réalisation des deux tableaux. Pour se consoler, il pourra tout de même garder sa «misérable» rémunération de 5.400 euros.
La banane la plus célèbre du milieu de l’art a encore été mangée. Faisant partie d’une célèbre installation de l’artiste italien Maurizio Cattelan au Leeum Museum of Art de Séoul, en Corée du Sud, le fruit, simplement scotché à un mur blanc, a été détaché puis épluché et consommé par un étudiant en art.
Devant des spectateurs stupéfaits, celui-ci a ensuite rattaché la peau de la banane au mur à l’aide du même ruban adhésif, avant de s’en aller avec un sourire satisfait.
[...]
David Datuna avait par la suite déclaré au Guardian que même s’il considérait Maurizio Cattelan comme « un génie », il n’était pas d’accord avec l’énorme quantité d’argent qu’il gagnait à partir d’une banane coûtant seulement 20 centimes d’euros.
« J’ai voyagé dans 67 pays du monde au cours des trois dernières années et je vois comment les gens vivent. Des millions de personnes meurent de faim. Et il met trois bananes sur le mur pour un demi-million de dollars ? », s’était-il indigné à l’époque.
Le problème n'est pas tant de dire que le jeu vidéo ne pourrait pas être de l'art parce qu'il ne soutient pas la comparaison avec les grands romanciers, les poètes ou les réalisateurs. Le problème, c'est de croire que, pour être légitime, le jeu vidéo devrait soutenir cette comparaison et qu'il devrait, d'une certaine manière, ressembler à quelque chose qui existe déjà.
Je ne connaissais pas cette peintre. Chouette.
Encore une connerie autour des NFT. Avec une œuvre de Frida Kahlo brûlée pour de faux.
Je viens de tomber là dessus ; pas jeune (2018), mais toujours pertinent : Frida Kohla n'était, ne doit pas être une idole pop. Mais alors, pas du tout.
Je vous dit juste "Cédric Peyravernay, Character Designer et Concept artist" et vous devinez sur quels jeux il a travaillé. Chut, on ne souffle pas au fond.
Quelques dessins (aquarelles ?) du concept artist de Life is strange 2.
Le saviez-tu ? Au XIXème siècle, les vaches anglaises étaient... carrées ! Dans les tableaux en tout cas.
Moui. Ai-je déjà dit que j'avais du mal à être convaincu par le bla-bla d'Aurélien Bellanger ? Et encore, je trouve plus supportable de le lire que de l’entendre.
TL;DR : en Espagne, n'importe qui peut faire n'importe quoi sur des tableaux d'une valeur inestimable. Ça fait rire, mais c'est triste.
Le redditeur HahLolNo reprend les lieux emblématiques de Skyrim en dessin. Très joli.
Banksy, qui vient d’ouvrir une fausse boutique éphémère à Londres baptisée Produit intérieur brut, tente encore de se débattre. Pour contrecarrer la commercialisation de ses images par un marchand de cartes de vœux, il a réalisé cette grande installation et en vendra par la suite des "souvenirs" sur Internet, en reversant les fonds à un bateau de sauvetage de migrants. En réalité le voilà auto-piégé, contraint de faire à son tour du produit dérivé le seul levier juridique qui permet d’empêcher une autre entreprise de le faire.
Celui qui se voulait "échappé de la boutique de souvenirs" - pour reprendre le titre de son documenteur Exit Through the Gift Shop sorti en 2010 - s’y est aujourd’hui enfermé. Et, symbole suprême de cet empêchement, son autoportrait en rat au cutter a été dérobé pour être revendu.
C'est triste.
Qui était Simonetta Vespucci, cette muse des peintres de la Renaissance ? Était-elle la première des "Joconde nues" ?
Oui, c’est un peu le parti que nous prenons. Elle était une espèce d'aïeule de la Joconde nue, et de la Joconde. Cette jeune femme était connue comme la plus belle des Florentine. Elle a été l’objet des amours platoniques de Julien de Médicis. Elle disparaît très précocement des suites d'une phtisie en 1476, et cette mort brutale va propulser son mythe : elle sera célébrée comme la plus belle des femmes, on va chanter ses louanges... Elle va être quasiment divinisée, assimilée à Vénus, la déesse de l’amour et de la séduction. Cette Simonetta sera représentée par Piero di Cosimo, Botticelli, et d’autres artistes. Elle va être le parangon, l’image de la beauté idéale, qu’on va représenter dénudée.
Depuis trois jours, les bonnes âmes spécialistes de l’indignation n’ont pas lésiné sur les grands mots. C’est une rengaine bien connue, frisant à la fois la raillerie et la culpabilisation. On fustige le fait de s’émouvoir d’un édifice qui prend feu au détriment de la misère humaine ou des espèces naturelles menacées. À les entendre, leur souci moral est supérieur aux pauvres mortels ayant eu la faiblesse d’éprouver de la tristesse concernant un tas de pierres, certes pas dégueulasse. Non contentes de jouer les Gustave Le Bon en instruisant le procès des foules, elles estiment que l’on peut mépriser l’esthétique, la ranger à la même enseigne que bourgeoisie et capitalisme.
[...]
La beauté n’est pas un sentiment superficiel dont on peut se passer aisément pour vivre. Elle dépasse le dualisme étriqué entre matière et esprit tant cela implique un rapport à la fois sensuel et intellectuel, l’idée de « penser avec son corps ». C’est cette unité qui a le pouvoir de réconcilier notre cerveau et notre corps, de nous réconcilier avec nous-mêmes mais aussi avec les autres. Contrairement au dogme religieux ou moral, un instant de plaisir esthétique devant un chef-d’œuvre ou un paysage éveille spontanément le désir d’unité et de bonheur partagé qui met tout le monde à égalité. Ces instants-là sont aussi précieux qu’ils vont aux antipodes des classifications habituelles entre les exploitants et les opprimés, princes et esclaves, bons et mauvais.
N’est-il pas méprisant et réducteur d’envisager l’homme, et plus encore le miséreux, comme un mammifère devant satisfaire des besoins vitaux et s’engager de surcroît à respecter une conscience morale collective ? Ces objectifs sont-ils d’ailleurs si incompatibles avec le souci de la beauté ? Pas selon Albert Camus, qui postulait l’idée que l’homme pauvre doit combattre autant la misère que la laideur, aidé en cela par la médiation de l’art. Ainsi peut-on lire dans son essai L’Homme révolté : [...] "La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d’elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu’elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l’injustice sans cesser de saluer la nature de l’homme et la beauté du monde ? Notre réponse est oui."
À une époque où le souci de beauté est incessamment remis en cause avec l’uniformisation du paysage urbain et le relativisme esthétique prôné par certains artistes contemporains, la réaction suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris résonne comme un attachement presque désespéré à ce qu’il reste de sublime et d’intemporel. Il se dégage des cathédrales un sentiment de permanence et de stabilité qui rassure et apaise quand tout le reste autour est en proie à la volatilité et à la déliquescence, selon les modes du moment et les profits que l’on peut en tirer.
Heureusement, des fois, il y a Reddit.
Parfois, Internet, c’est chouette. Ce qu’il se passe depuis deux semaines sur Reddit le prouve : des internautes sont en train de peindre des gens qui ont peint, pour la simple et bonne raison que c’est amusant.
[...]
D’autres personnes ont ensuite suivi, donnant une belle mise en abyme. Un internaute s’est amusé à créer une arborescence qui regroupe toutes les œuvres. On en compte déjà une cinquantaine.
Mathilde Serrell, envoyée spéciale dans le passé, nous fait revivre en direct les grands chocs esthétiques de l’histoire des arts et de la culture comme si nous y étions. Un podcast natif hebdomadaire, à retrouver chaque vendredi, réalisé par Rafik Zénine.
Juste pour vous donner envie d'écouter ce podcast que j'ai découvert il y a peu. Court (8 minutes), toujours intéressant, et pas seulement du point de vue artistique : les grandes œuvres ont aussi (voire surtout ?) une portée politique.
Très impressionnant, et très beau.
Originaire de Lyon, Matthieu Robert-Ortis est un artiste-sculpteur qui réalise d’étonnantes œuvres qui changent de forme selon votre angle de vue. De manière tout à fait concrète, une sculpture de l’artiste peut ressembler à un éléphant, puis à un couple de girafes lorsque vous le regardez d’un autre angle.
via https://seenthis.net/messages/752215
Je ne résiste pas au plaisir d'intégrer une image :

Thomas Lévy-Lasne, peintre français en résidence à la Villa Médicis, s’agace : «Si j’étais Banksy, j’en profiterais énormément. Pour s’en prendre vraiment au marché de l’art, il suffirait de le détruire en l’inondant d’offres. 50 000 prints d’une de ses œuvres par exemple, authentifiées, ça ne vaudrait plus rien, et ça serait réglé. Mais ce n’est pas ce qu’il fait.» Très suspicieux sur l’innocence de la maison d’enchères («Cette histoire de cadre, c’est vraiment bizarre, j’en ai porté des cadres, et une broyeuse c’est lourd…»), il n’est guère admiratif du travail de Banksy, qu’il envisage plus comme un directeur artistique très talentueux qu’un artiste à part entière : «Banksy, j’ai rien contre, mais il faut avouer que ça ne va pas très loin. Je ne dis pas qu’il ne peut pas naître du street-art des choses formidables, mais là… Ce que je lui reproche, c’est de ne pas inventer de signes. Je ne vois pas ce qu’il ajoute. Au final, ça augmente le réchauffement climatique avec tous ces clics sur un truc qui sert à rien.»
Ah ah. Bien vu.
Assez génial, en-effet. Même si je ne peux m'empêcher de m'interroger : génie ou opportuniste ?
J'adore ce passage :
Il y a trois ans, il avait mené une grande résidence à New York pendant un mois. Il avait produit une vingtaine d'œuvres originales estimées à des centaines de milliers d'euros chacune. A la fin de cette résidence, il a confié les œuvres à un vieux monsieur qui tenait une petite échoppe à Central Park. Personne n'avait été mis au courant, c'était une opération totalement secrète. En une journée, le monsieur a péniblement vendu quatre œuvres.
La vidéo de cette performance est devenue virale. Son message, c'était de dire : "Regardez bande d'imbéciles. Quand ça vaut 200 000 euros, vous vous battez pour acheter et quand c'est à la portée de tous, ça n'intéresse plus personne." Qu'est-ce qu'on achète dans l'art finalement ?
via Seb
J'ai découvert hier, via un tweet de Boulet, le travail de Simon Stålenhag.
J'ai scrollé cette (très) longue page, littéralement happé par ses images. Elles ont un pouvoir d'évocation incroyable. C'est vraiment le genre de travail où, par-delà le talent (énorme) de l'auteur, chacun vient avec ce qu'il a dans sa tête.
La comparaison de son travail et de son compte Instagram est assez intéressante.
Je vous laisse découvrir.
Ci-dessous une liste d'images parmi celles qui m'ont le plus marqué.
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_warmachines1_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_memorial_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_nestingcliffs_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_gathering3_2880.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_procession_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_gathering2_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_sculptures_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_conception_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_home3_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_warmachines7_1920.jpg
C'est très joli et toujours très bien pensé.
Un exemple :

Le Conseil d’État estime que, compte tenu de la durée pendant laquelle la statuette litigieuse a été détenue par les requérantes sans initiative de l’État pour la récupérer, ces dernières peuvent effectivement se prévaloir du droit au respect de leurs biens. Il juge cependant que l’intérêt patrimonial de la statuette justifie qu’elle soit rendue à son propriétaire, c'est-à-dire à l’État, sans que soit méconnue l’exigence de respect d’un juste équilibre entre les intérêts privés de ses détenteurs et l’intérêt public majeur qui s’attache à la protection de cette œuvre d’art.
C'est particulier quand même :/
Je traduis pour les non juristes : la statue appartient à l'Etat, on reconnait quand même qu'il faut respecter la propriété privée, mais bon, rend cette fucking statue maintenant.
J'invite les malheureuses futures ex-ex-propriétaire (parce que la statuette, elles voulaient quand même la fourguer au plus offrant), et tous mes lecteur-ices, à venir fêter cette excellente décision du Conseil d'Etat au (très beau et gratuit) Musée des Beaux Arts de Dijon, où vous pourrez admirez ce que le Conseil a fait pour vous et pour la collectivité en empêchant que ce chef d'oeuvre inestimable quitte la France.

Bon. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a encore eu des gabegies administrativo-politiques derrière. Le Monde nous apprend en-effet que :
En décembre 2017, Marie-Claude Le Floc’h, membre de la famille propriétaire expliquait à l’Agence France-Presse : « Nous avons envisagé de la céder à un musée à la mort de ma mère, mais personne ne voulait l’acheter, ni le Louvre ni l’Etat. On a finalement décidé de la mettre en vente fin 2014 en demandant une autorisation de sortie du territoire [ce que le ministère de la culture a refusé]. »
Bizarre non ?
« Cette fameuse affaire de la tapisserie de Bayeux et je dois dire que c’est une sacré opportunité, c’est comme ça que les échanges s’entendent, c’est-à-dire que c’est pas simplement l’idée de prendre la pâti… La pâtisserie ! [elle rit] la tapisserie de Bayeux et de l’amener là bas, ce qui est d’ailleurs intéressant parce que ça dit quelque chose de notre histoire commune qui montre aussi l’éveil qu’ils ont par rapport à montrer quel est… c’est la première bande dessinée historique je dirais d’une certaine façon et donc qui montre leur intérêt à connaître l’histoire telle qu’elle est hein, c’est quand même intéressant en plus de ça en ne sachant pas si elle n’a pas été tissée là bas. Donc tout ça montre comment tout est étroitement tissé si je peux me permettre et c’est à la faveur de cet échange évidemment qu’est-ce que ça veut dire ; ça veut dire on va, une fois que les conditions seront, bien de préservation seront bien établies parce que la dernière fois où elle a été bougé c’était pendant la guerre pour la préserver justement et elle a été roulée donc il ne faut pas trop faire ce genre d’opération mais enfin elles sont possibles aussi puisque elle avait été faite. Mais à la faveur de cette réflexion sur l’échange et bien, la tapisserie va être consolidée, restaurée je ne sais pas si on peut dire c’est le bon terme, documentée aussi, on va utiliser tous les moyens du numérique pour raconter, voir quelle est vraiment son histoire, garder une trace numérique et à la faveur des travaux, heu, du… , c’est un musée, c’est un ? [elle cherche dans ses notes] oui c’est un musée hein. A la faveur du musée de Bayeux qui devrait réouvrir en 2023 si je ne me trompe et bien elle pourrait, une fois toutes les conditions réunies et avec la participation active à tous les niveaux et notamment financières des Anglais qui nous aideront à faire les travaux de restauration et de documentation nécessaires, elles seront un parfait symbole de cet échange. Je trouve que c’est, je vous remercie d’avoir commencer par ça car c’est très donnant-donnant, c’est un parfait exemple de coopération. »
Pour expliciter la hargne de mon shaare précédent. Il faut lire tout l'article bien sûr, j'ai choisis ce passage car c'est le plus "drôle". On va dire ça comme ça.
Selon une « simulation d’étude » réalisée par la direction du Louvre et adressée au ministère de la Culture, un prêt de la Joconde pour trois mois coûterait « entre 30 et 35 millions d’euros ». Une somme qui fait s’envoler la volonté de la ministre de permettre aux Lensois – qui ont, rappelons-le, leur propre Louvre – d’admirer le sourire mystérieux de l’œuvre de Léonard de Vinci. Car, même avec l’aide de mécènes, la somme est énorme pour aussi peu de temps.
Voilà qui me rassure. car c'était avant tout complétement con : l'oeuvre est bien trop fragile (une mince planche de peuplier, est-il nécessaire de le rappeler ?) pour être déplacée aux gré des caprices d'une incompétente, fut-elle ministre.
Art moderne : joli nom que le capitalisme donne à sa passion pour spéculer sur tout et n'importe quoi.
C'est complétement con d'arracher les oeuvres d'Invader de leur support, puisque c'est cela même qui les rend particulières : une fois enlevées, on n'a plus en main que quelques carreaux de mosaïques, cassés le plus souvent...
Cela me rappelle cet article de blog, que j'écrivis il y a presque 11 ans :O
Ce phénomène était tel qu’en 2014, Invader a décidé de lancer une application. A chaque fois que l’on déniche un alien, il suffit désormais de le photographier, et le smartphone se charge de vérifier que vous ne mentez pas, grâce à une base de données de toutes les oeuvres disponibles, un système de reconnaissance d'image pointu, et la géolocalisation. Si la découverte est validée, le joueur gagne entre 10 et 100 points.
De mon temps, il n'y avait pas d'appli. Je trouve ça plutôt cool.
Parce qu'elles sont évoquées dans Wasteland 2...
C'est un peu l'équivalent américain du Palais idéal du facteur Cheval.
Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais vous le connaissez forcément un petit peu. C'est un artiste polymorphe, peinture numérique, concept-art, écriture...
Il a travaillé -entre autre- sur Wasteland 2, Star Wars : The Force awakens et Rogue One...
Illustrations en liens.
Sa page Deviant Art : http://andreewallin.deviantart.com/
Bonne initiative.
C'est plus sympa que les banals grafs à coup de bombe de peinture.
via LLM
Cet ensemble de dessins réalisés au marqueur sur un support de la SNCF, destiné à être recouvert
Pourquoi est-il qualifié de récidiviste ? Parce que => http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?iWxrog
Je ne retire pas une virgule de ce que j'écrivais en août 2015.
Oui, je sais, c'est BaltringueFM, mais bon, le fond reste. Et j'avions loupé cette perle. Comme quoi, travailler sans suivre les péripéties de la bêtise politique française est un vrai repos pour l'esprit.
"Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple, elle n'est pas voilée parce qu'elle est libre. C'est ça, la République"
Je vous fais un shorter des propos de Valls : "Marianne a les seins nus. La femme sur le tableau de Delacroix, c'est la liberté, mais comme elle a les seins nus, c'est Marianne aussi. Donc la République préfère les femmes aux seins nus, parce que c'est pour nourrir le peuple".
Notez au passage le fétichisme latent, et la réduction de la femme à des seins nourriciers. (aucun sens ludique ce garçon)
Bref, la femme, qu'elle soit humaine ou allégorique, n'existe que pour nourrir la marmaille / le peuple.
Bel état d'esprit. Et ça s'auto-décerne des brevets de féminisme.
Voici le lien de la réponse de l'historienne @LarrereMathilde => https://twitter.com/LarrereMathilde/status/770355021921779713
Bon, c'est pas tous les jours la fête, je vous recopie la tweet story, pour en garder une trace, et parce que ça m'a bien intéressé :
(mais allez voir sur Twitter, c'est mieux avec les images)
Marianne a le sein nu parce que c'est une allégorie crétin!
La Marianne au sein nu, allégorie du 19e sc, siècle du Code civil qui réduisait les femmes au statut de mineurs et leur interdisait le vote
et pis... y a tout un conflit sur la poitrine dénudée de Marianne... allez, je vous fais une petite histoire du sein de Marianne...
1)La première allégorie féminine de la République date de 1792, quand il fallut faire des sceaux pour la république
2)Choisir une femme permettait de faire contre poids aux représentations masculines des rois, loi salique oblige
3)On prit le modèle de l’allégorie antique de la liberté, qui avait déjà été utilisée au début de la révolution (d'où le bonnet phrygien)
4)Cette 1ère république par ailleurs ne s’appelle pas Marianne, le prénom est postérieur
5)Son sein est dénudé sur le modèle des allégories antiques, sans que ça signifie quoi que ce soit… juste un code artistique
6)En 1830, Delacroix peint sa Liberté qui n’est pas une République, mais 1 liberté (Eugène n’étant pas républicain)
7)Il joue avec les codes allégoriques (vêtement, seins nus) et réalistes (musclée, pilosité sous les bras). (ça a grave choqué alors!)
8)En 1848, la république naissante lance un concours de représentation de la nouvelle allégorie du régime
9)Certaines ont les seins nus, comme celle de Daumier, d’autres non
10)En fait, progressivement, deux images de Marianne co-existent et sont concurrentes, car il y a deux conceptions de la république
11)Il y a la marianne « sage », cheveux attachés, seins couverts, pas d’arme, sagement assise
12)Et la Marianne révolutionnaire, cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée
13)La première est la Marianne des républicains libéraux conservateurs, la seconde des radicaux révolutionnaires
15)Une circulaire du 3 mars 1849 interdit même les « emblème séditieux » sur les représentations de la république : le sein nu, le bonnet
16) La Marianne sera bien rangée, ainsi veut la IIe République (qui voulait remettre les femmes à leur place (interdites de club, de vote)
17)Avec la IIIe république, les deux Mariannes concurrentes refont leur apparition
18)Les opportunistes (libéraux) sont pour la sage, les radicaux pour l’autre, logique
19)La Marianne de la place de la République, en pleine répu opportuniste ( qui colonise le monde et ne fait rien pour les ouvriers) est sage
20)Après l’affaire Dreyfus et l’arrivée des radicaux au pouvoir, la Marianne de la place de la Nation est à nouveau la révolutionnaire
21)Les voici pour que vous voyez la différence
22)Evidemment, tout ce qui se joue là est l’image que l’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !!!!
23)Car aucun de ces messieurs n’a envisagé à l’époque de donner aux femmes une capacité civile, une liberté, ou le droit de vote
J'aime bien la "Marianne révolutionnaire",
cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée
Elle n'est pas réduite à une vague fonction nourricière comme dans les fantasmes de Valls.
Il est également intéressant de constater à quel point les images de chacun des photographes qui ont couvert l’événement perchés sur le bus sont différentes. Nous étions tous là, à photographier la même scène depuis le même endroit, et pourtant la plupart de nos photos ne se ressemblent absolument pas. Cela illustre bien le côté artistique de la photographie, l’importance du regard.
Le travail de Spencer Tunick, si vous ne connaissiez pas encore : http://www.spencertunick.com/
Je viens d'apprendre cette histoire via la newsletter artips à laquelle je m'étais abonné dans un moment d'égarement et que pour une fois, je lis.
Ce shaare est une copie de la newsletter du 6 juillet.
1940, Paris vient de tomber aux mains des Allemands ! Franz von Wolff-Metternich, envoyé par le régime nazi, se précipite au musée du Louvre. Chargé du patrimoine artistique des territoires occupés, il doit s'assurer que les œuvres sont bien en sécurité...
Mais à son arrivée, il ne découvre que des salles vides. Seuls quelques cadres jonchent le sol. Où sont donc passés les chefs-d’œuvre du Louvre ?Ils ont fui à l'approche des Allemands ! C'est Jacques Jaujard, le directeur des musées nationaux, qui a pris la décision de les faire partir dès l'entrée en guerre. Cet homme d'exception a eu du flair... Depuis des années, craignant un possible conflit et des bombardements, il préparait un plan d'évacuation. Ainsi, en 1940, les œuvres sont sous bonne garde au château de Chambord.
Au fil de l'avancée allemande, les œuvres sont ensuite dispersées en province. La célèbre Joconde finit son périple au château de Montal dans le Lot. Elle y reste cachée durant toute la guerre ! Plus de 4 000 œuvres ont ainsi été lancées sur les routes de France...
Cette incroyable épopée n'a été possible que grâce à Jaujard et ses employés. Grâce aussi à un allié inattendu... Wolff-Metternich lui-même ! Ce dernier a beau être au service d'Hitler, en vrai historien d'art, il n'hésite pas à soutenir et à couvrir les agissements de Jaujard. Il empêche d'ailleurs le retour des œuvres à Paris, malgré la convoitise des nazis...
Et grâce à ces deux hommes devenus amis, toutes les œuvres réintègrent leur musée dès la fin de la guerre, sans aucune détérioration !
Je suis toujours impressionné par ce genre de truc.
Comment fait-elle ? [correction] Elle place tout à la main et elle recommence encore et encore, jusqu'à ce ça marche ?
EDIT : le patriarcat en action. J'ai lu "l’artiste Red Hong Yi a conçu une série d’installations", et j'en ai inféré que c'était un homme.
Ahem => http://redhongyi.com/about/#bio
Banksy sur Instagram.
C'est épouvantable de cynisme : de l'art produit en masse, comme des biens manufacturés. Parce que la main d’œuvre est bon marché.
EDIT : le village est même devenu un lieu de visite pour les touristes https://www.tripadvisor.fr/Attraction_Review-g297415-d2051368-Reviews-Dafen_Oil_Painting_Village-Shenzhen_Guangdong.html
Il est des jours où ce monde m’écœure plus que d'autres.
Un exercice intéressant, entre le risque du "politiquement correct" et la réelle bonne volonté. Je pense que la décision est la bonne, même si elle ne doit pas négliger la pédagogie que les "conservateurs" appellent de leurs vœux.
Il est à noter que le Rijksmuseum s'était déjà fait remarquer il y a quelques temps par son initiative originale vis à vis des selfies, cette plaie des musées. (http://www.exponaute.com/magazine/2015/11/28/au-rijksmuseum-au-lieu-de-prendre-un-selfie-dessinez/) Aucun rapport direz-vous ? C'est à voir. L'équipe dirigeante du musée s'intéresse à tous les aspects de la modernité, et repense le musée et la relation avec son public.
Superbe.
J'adore le pied de nez aux CGU d'Instagram.
Quelques "concept arts" de Rise of the Tomb Raider.
D'autres ici : http://tombeaucroft.net/rise-of-the-tomb-raider-concept-art/
Joli.
"J'ose espérer que ça va changer, mais "geek-art", "pop-culture" et autres bêtises… On sent que ce sont des gens qui n'ont pas de regard sur le passé et je pense que si De Vinci dessinait aujourd'hui, lui qui était entre la science et l'art, il serait forcément dans ces univers technologiques au service des artistes."
Pinkfloyd bodypainting
Splendide. Crotos est un site permettant de naviguer à travers les œuvres d’art présentes sur wikipédia.
Je crois que cela vaut la peine que je vous expose comment je suis arrivé là : http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?ppccqA => http://www.bortzmeyer.org/dnssec-qui-est-coupable.html => https://medium.com/@symac/la-vaste-blague-images-d-art-644e83124136#.j8tnxsc0x => http://zone47.com/crotos/?l=en Tadaaam !
Aaaaah oui, je l'avais découvert... au moment de sa mort : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?Z6ePgg
C'est vrai que le sexe est omniprésent dans son travail ; bon ça va, ce n'est pas moi le pervers ^^
Une exposition d'art contemporain, à Londres, dont le thème est la liberté d'expression, censure des œuvres d'une artiste au motif qu'elles se moquent de l’État islamique. Que dire de plus face à un tel niveau de bêtise ?
100 000$, ça fait cher la capture d’écran quand même...
Quelques images du Dismaland de Banksy évoqué ce matin (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?aN5geA)
Détournement sympa de cette image là : https://classconnection.s3.amazonaws.com/344/flashcards/3367344/jpg/the-wanderer-above-the-sea-of-fog-13F34ED590008277739.jpg qui s'appelle "Le Voyageur contemplant une mer de nuages" et dont l'auteur est Caspar David Friedrich. (source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyageur_contemplant_une_mer_de_nuages) C'est quand même fou qu'une image soit à ce point connue, et qu'on puisse en ignorer le titre et l'auteur (en tout cas c'était mon cas)
Comme j'aime beaucoup cette image, j'ai passé quelques minutes à la chercher (à l'aide de TinEye) ; j'ai retrouvé la série d'origine de l'auteur : https://www.behance.net/gallery/22243759/The-watcher
On en trouve d'autres ici : https://www.artstation.com/artist/jiema
3thèmes semblent revenir assez souvent : le cosmonaute, la bibliothèque infinie et/ou en ruines, les escaliers.
Juste un détail auquel je n'aurais jamais pensé si, là aussi, je n'avais entendu un bout de cette émission : pour peindre ce fantastique tableau, Van Eyck, qui devait alors approcher de la cinquantaine avait très certainement... des lunettes contre la presbytie. En 1425.
Le tableau en grand : http://classconnection.s3.amazonaws.com/497/flashcards/3697497/jpg/jan_van_eyck_070-1451B619F452813F56F.jpg (mais honnêtement, l'image ne lui rend pas justice)
Dites moi que c'est un gag ?
(tiens, il y a de l'écho)
via Seb
Bon, profitons-en pour nous culturer un peu :
Un peu de lecture :
http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=753
http://www.alaintruong.com/archives/2008/10/09/10884548.html
Impressionnant. Mais j'ai eu mal pour le piano (bon, et pour la fille aussi, mais c'est son job de danseuse)
EDIT : le type semble un peu fétichiste des couteaux ; sur son site on trouve ça : http://javierperez.es/en-el-filo/ (attention c'est NSFW)
Theo Jansen est un artiste qui fait de "l'art cinétique".
Je vous laisse regarder la vidéo, elle parle d'elle-même.
Je trouve l'idée de pouvoir se promener dans l’œuvre ainsi recréée assez sympathique.
Cartes à télécharger sur le site du musée : http://www.tate.org.uk/about/projects/tate-worlds-art-reimagined-minecraft
via https://links.nekoblog.org/?tXGVGA
Allez, encore un shaare sur le bodypainting et on passe à autre chose : Liu Biolin. Un peu à la façon d'Emma Hack, cet artiste chinois disparait dans le décor devant lequel il pose. Il y a bien entendu un sens politique à sa démarche.
Les articles consacrés à "l'homme invisible" sur Fubiz : http://www.fubiz.net/tag/liu-bolin/
J'aime beaucoup le travail d'Emma Hack. Vous avez sûrement tous déjà vu une photo de l'une de ses compositions sur le web, genre ça : http://www.emmahackartist.com.au/emma_art/emma_wallpaper07.html
Son site : http://www.emmahackartist.com.au/emma_art/emma_collections.html
Fabuleux. J'avais déjà vu une image du même genre, où 2 ou 3 femmes "peintes" formaient une tête de tigre.
EDIT : https://www.youtube.com/watch?v=bXjLL63yt0M et http://www.ortwin-oberhauser.com/body-painting-by-craig-tracy/
C'est beau. On pourrait faire un test de Rorschach avec ces créations. J'ai vu des dragons "à la chinoise" dans les premiers, puis des vaisseaux et des boyaux dans les suivantes, puis un feu d'artifice, des oiseaux-lyre... Bref, c'est très joli.
En voir plus : http://www.crystalwagner.com/
J’adore ! C'est drôle et bien pensé.
Site de l'auteur : http://lucaslevitan.com/
"L’amoureux fou Tarquin viole Lucrèce, femme mariée avec un patapouf. La honte la conduira au suicide. Liddell dit ne pas comprendre cette honte. Elle comprend mieux le geste de Tarquin car elle y voit un geste d’amour. Et puis elle a une compréhension attendrie envers les bêtes en rut."
Euh... J'aime le théâtre, la danse, l'art moderne, mais je dois reconnaître que, parfois, il est des choses qui échappent à ma compréhension...
Eh oh, je demandais de l'aide pour y voir plus clair, pas une engueulade ! J'aimerais que tu arrêtes d'agir comme si le monde se divisait en deux catégories : toi, et tous les autres connards autour. Je te l'ai déjà dit, je vais le reformuler avec une image : les ânes (moi inclus), ça n'avance pas uniquement à coups de bâton.
Sinon, oui, je lis les textes que je critique, contrairement aux gens qui demandent à interdire un spectacle sans l'avoir vu. Et j'ai donc lu cette phrase sur la subvention, qui m'a fait -amèrement- sourire. Pour deux raisons : d'abord pour le fait de partir du principe que l'art est forcément subventionné (et peut-être ce théâtre l'est-il, je n'ai pas vérifié), et ensuite parce que je ne vois pas en quoi le fait de payer des impôts (qui permettent aux dites subventions d'exister) permettrait à tout un chacun de s'ériger en censeur. Ou alors cela revient à accorder implicitement son soutien à tous ceux qui pensent de la sorte. Je pense en particulier aux illuminés de la Manip pour tous qui exigent le retrait des livres, films ou spectacles -à coup de menaces le cas échéant- qui ne leur conviennent pas.
Utiliser l'argument des noirs qui se font matraquer par les CRS pour justifier la demande d'interdiction, c'est un peu renverser la charge de la preuve, non ? Pour moi, cela justifierait plutôt l'interdiction des CRS, ou des matraques. Pas du spectacle mis en cause.
"Que le spectateur incarnerait le rôle du coupable par le simple fait de regarder c'est bien joli, mais c'est un pur angélisme." Qui fait de l'angélisme et qui refuse les remises en question ? Moi, ou toi qui refuse d'admettre que le commerce triangulaire a été rendu possible parce que des chefs tribaux ont vendus des captifs, dans le meilleur des cas ? Cela ne disculpe en rien les blancs qui se sont livrés à ce commerce, bien au contraire. Et je trouve inacceptable que tu m'accuses de "rejeter la faute sur les noirs". C'est vraiment me faire dire ce que je n'ai pas dit. Si tu avais lu mes deux posts d'un œil un petit moins partial, tu aurais vu que j'en appelle à la mémoire et au respect. Mais tu ne me prendras jamais au piège de la confrontation des douleurs et des mémoires, c'est trop facile. Si j'ai rappelé une vérité historique, comme tu dis, c'est juste pour contredire certains propos de la rappeuse Casey que tu rapportais : "L'esclavage ça s'est pas fait tout seul, on s'est pas enchaînés tous seuls." Je n'ai pas beaucoup de convictions, mais il est une chose à laquelle je m'accroche, c'est de me garder de la simplification. Et cette phrase est une simplification.
« Ce n'est pas anodin si sur certaines images on montre un noir peint en blanc.» : je me suis déjà exprimé là dessus à maintes reprises, je vais donc faire court : un noir n'est jamais mieux accepté que quand il est... blanc, ou se rapproche du blanc : qu'il adopte le point de vue du blanc, les codes du blanc... voire s'il est "noir mais pas trop". Et ne me dis pas que tu ne vois pas ce que je veux dire.
Cela me désole, car nos arguments se rejoignent sur le fond, on est juste en désaccord sur le bien-fondé de l'existence de cette exposition. Peut-être est-elle effectivement choquante, j'avoue que sur ce point, je pêche par l'excès inverse de ceux qui en demandent l'interdiction : moi non plus, je ne l'ai pas vue... Mais les appels à la censure me donnent des boutons. Surtout quand ce type d'appel vire au buzz et au phénomène de masse. Plus personne ne sait de quoi il est question, on se contente de relayer des arguments génériques en se traitant d'un bord à l'autre de "raciste" et de "censeur" en ayant perdu de vue depuis longtemps l'objet du problème. J'en porte ma part de responsabilité puisque, comme je viens de le dire, je défends ce spectacle sans l'avoir vue, et participe donc moi aussi à ce débat stérile.
Au milieu de tes anathèmes, j'ai quand même pêché ceci : "Que le spectateur incarnerait le rôle du coupable par le simple fait de regarder c'est bien joli, mais c'est un pur angélisme. Le spectateur blanc fait partie d'un système raciste qui l'encourage à ne jamais se considérer comme tel, et on attends de lui qu'il se remette en question juste en regardant un noir en cage ? Il est tellement inconscient qu'il faut qu'il aille voir un noir en cage pour prendre conscience de l'existence du racisme et tu attends qu'il comprenne ensuite qu'il profite lui même, directement, par sa seule existence, de ce racisme ? Juste, rappelle moi combien de temps il t'a fallu pour seulement envisager que peut-être tu bénéficies du privilège d'être un homme ?" Je crois que c'est le seul argument que tu aies daigné livrer à ma réflexion, et je t'en remercie.
Je ne pense qu'il faille -ou plutôt, qu'il me faille- voir un noir en cage pour prendre conscience du racisme. Mais si j'extrapole ta phrase, cela interroge surtout la nécessité de cette sorte d’œuvre. Valait-elle la peine d'être produite -le sentiment d'humiliation pour la population noire en valait-il la peine- juste pour rappeler aux blancs que si les ancêtres des comédiens ont été esclaves, leurs ancêtres à eux ont été esclavagistes ? Tu vois, tu m'aurais présenté les choses comme ça, je l'aurais mieux pris... Tu n'es pas obligé de fonctionner comme moi, mais amener les choses de cette façon m'aide davantage à prendre du recul et à réfléchir que de me traiter de "blanc raciste dominant et oppresseur qui ne se projette pas".
Pour répondre à la question que je me pose à moi-même : je n'en sais rien. De fait, toute la polémique qui s'est développée autour de ce spectacle a pu permettre à certaines personnes de prendre conscience des limites de leurs bonne conscience, de leur position de "blanc qui ne voit pas le mal, c'est juste de l'art", et de l'humiliation dans laquelle les populations noires ou immigrées peuvent vivre. Dans cette optique, la pièce a atteint son but (désolé de sacrifier ainsi à mon goût des paradoxes).
EDIT : et je viens d'aller voir ça : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pente_savonneuse Ok, je suis donc un sophiste qui s'emploie à mettre en œuvre des raisonnements fallacieux. Ben voyons. Si je mets de côté l'aspect relativement insultant pour ma personne, je ne vois vraiment pas le rapport avec la choucroute. Ah mais c'est vrai, j'oubliais : je ne suis jamais qu'"un blanc qui ne se projette pas en tant que blanc. Un de plus." Ce qui doit me rendre inapte à toute réflexion un peu poussée, contrairement à toi. (je m'emporte, mais voir cette définition a posteriori m'a foutu la hargne)
Si vous vous posez des questions sur l’art moderne (c'est rien que du n'importe quoi ma pauv' dame), sur les happenings, sur la nudité (nan mais c'est vrai, pourquoi ils se foutent à poil tout le temps ? Ça apporte quoi ? ), lisez cette interview de Deborah de Robertis.
Deborah de Robertis, c'est cet artiste plasticienne qui, il y a quelques mois de cela, s'est assise sous le tableau L'origine du monde et a montré son sexe à tous les visiteurs. Lisez cette interview qui explique le sens de sa démarche.
Elle parle du renversement de la perspective (c'est elle qui est spectatrice des gens qui la regardent), du sens du happening (elle collabore et enrichit l’œuvre de Courbet en donnat à voir le hors-champ du tableau), et met en question la nudité féminine. Dans un musée, une femme nue dans un tableau, ou sur une photographie, c'est de l'art. Une femme nue dans ce même musée, c'est de l'exhibitionnisme. Elle renverse aussi le rapport de force hommes-femmes : "Mon travail vidéo, comme par exemple "Les hommes de l’art" ou "Jeune modèle cherche artistes" sont des films dans lesquels je raconte la nudité féminine à travers le regard mis à nu des hommes. Ils sont l’objet de mon désir, mes sujets et mes alter-egos. En les filmant, je leurs tends un miroir."
Et bien sûr, les personnes qui interviennent dans la vidéo deviennent -à leur corps défendant pour certains- partie intégrante de l’œuvre : "Tous ont joué un rôle, ils sont devenus les acteurs du "Miroir de l’Origine". La femme qui s’est mise devant moi pour me cacher, comme pour jeter un voile sur le tableau, comme si elle avait recréé l’époque où il faisait scandale. Les gardiens auraient pu choisir de me sortir, mais c’est le public qui a été contraint. Les spectateurs ont été touchés par les gardiens mais moi, dans ma pose, aucun gardien ne m’a touchée."
A noter le salutaire rappel du caractère scandaleux du tableau de Courbet, même si un sexe de femme fait toujours autant scandale : http://www.francebleu.fr/infos/videos-l-origine-du-monde-de-courbet-un-tableau-au-gout-de-scandale-1579829
J'ai entendu parler de ce happening (je préfère ce terme à celui d'exposition ; ce n'est pas une exposition de noirs, c'est bel et bien un happening dénonçant le racisme et l'esclavage). Aussitôt annoncée, un collectif s'est formé en un temps record pour demander son annulation, au nom de la si commode dignité humaine.
Mais de quoi s'agit-il au juste ? Les auteurs parlent pour leur part de "spectacle vivant", que l'on ne peut pleinement comprendre qu'en y participant. Ce sont 12 "tableaux" qui dénoncent les actes commis pendant l'esclavage, la période coloniale ou aujourd'hui contre les immigrés, notamment africains. Dans la dernière partie, après le dernier tableau, les visiteurs sont amenés à remplir un (ou plusieurs, je ne sais plus) livres d'or, et à exprimer ce qu'ils ont ressenti. Spectacle vivant dans les deux sens du terme, dans la mesure où l'implication du spectateur est exigée.
Je précise en outre que c'est un spectacle qui est presque élitiste, par la force des choses, puisque il ne peut accueillir qu'une grosse dizaine de personnes à la fois. Je tiens ces informations d'un reportage de France culture consacré à cette "affaire".
Alors, une bonne fois pour toute, je suis contre toute forme de censure. Et s'il y a bien une chose qui m'agace au plus haut point, ce sont les indignés professionnels qui appellent à la censure (parce qu'il n'y a pas à tortiller du cul, demander l'annulation d'une œuvre, quel que soit son support, parce qu'elle ne plait pas ou ne répond pas à certains critères moraux, religieux, éthiques, politiques... c'est de la censure) de quelque chose sans l'avoir vu. On est exactement dans la même situation qu'en 2011, lorsque quelques cathos intégristes avaient foutus le bordel au théâtre de la ville à cause d'une pièce qu'ils qualifiaient de blasphématoire http://rue89.nouvelobs.com/2011/10/22/des-cathos-integristes-menacent-le-public-du-theatre-de-la-ville-de-paris-225837 Pièce qu'ils n'avaient bien sûr pas vue, et qu'ils refusaient d'aller voir, PUISQUE blasphématoire. Avec une logique comme ça, vous comprenez qu'on va loin dans la tolérance et l'ouverture d'esprit.
Pour ce que j'en sais, les auteurs et/ou metteur en scène ont invité je ne sais plus lesquels de ces contestataires à assister à l'une des représentations, afin qu'ils puissent se faire une opinion de visu et, le cas échéant, continuer à critiquer, mais de façon argumentée cette fois. J'aimerais vraiment savoir si les "antis" qui ont vu la pièce ont changé d'avis depuis. Mais ça, vos journaux ne vous le diront pas, il est bien plus facile et intéressant pour eux de mettre en avant les contres et d'opposer les gens les uns aux autres, plutôt que de parler des moments où deux camps d'abord opposés finissent pas tomber d'accord...
Parlons du fond maintenant. L'un des arguments que j'ai entendu lors de cette émission de radio était que l'on remettait le corps noir en situation de dominé (c'est vrai qu'ils ne le sont plus du tout, de nos jours...) et que jamais on ne présentait les oppresseurs et les coupables. Si ça ne vous fait pas sourire, c'est que vous ne pensez pas encore comme moi. Les oppresseurs et les coupables ? Ils sont dans la salle. Ils écoutent l'émission à la radio. Ils signent la pétition pour interdire le spectacle. Ils sont partout. C'est vous. C'est moi. C'est nos ancêtres, c'est nos enfants si on faillit à leur éducation. Ce sont nos actes, nos habitudes, nos mots, notre inconscient collectif.
Lu dans le texte de la pétition : "L'exposition met en scène des Noirs enchaînés et dans différentes positions dégradantes." Oui, mais ce sont des acteurs. Ils ont choisis d'être dans cette position. Les esclaves n'ont rien choisi. Le migrant assommé par les flics n'a rien choisi. Le noir qui ne rentre pas en boite n'a rien choisi. Le maghrébin à qui on refuse de louer un appart n'a rien choisi. Il y a quelque chose d'extrêmement condescendant, et même malsain à dire "on n'a pas le droit de faire ceci ou cela avec le corps d'un noir". C'est quand même aux noirs eux mêmes de décider ce qu'ils veulent faire de leur corps non ? On a suffisamment longtemps décidé pour eux. Et si vous prenez le temps de réfléchir quelques instants à la question, vous verrez qu'ont le fait encore largement, cherchez donc des articles sur l'influence "blanche" dans la mode afro : coiffure, blanchiment de la peau... ils ont parfaitement intégrés que pour être "mieux vus" ils fallait être "moins noir".
Voilà pourquoi je n'aime pas les pétitions sur internet et que je n'en signe aucune : parce qu'elles permettent bien souvent de présenter les faits de façons biaisé, et finalement impliquent des gens en faisant appel à leurs bons sentiments, alors même qu'ils n'ont qu'une information partielle. Et partiale, parfois. Il s'est trouvé 19000 personnes pour signer cette pétition, sûrement relayée en masse sur les réseaux sociaux (et désormais sur les Shaarlis, j'ai trouvé cette info via http://qosgof.fr/fosteb//?N-Edww), cliquant sous le coup d'une impulsion émotionnelle. C'est pitoyable. C'est triste. C'est dangereux pour l'art et pour la démocratie : demain, avec ce genre d'emportement irrationnel, on interdira préventivement toute forme d'expression artistique un tant soi peu contestataire, pour protéger, au choix : les femmes (contre le sexisme), les enfants (contre la pédopornographie, à savoir qu'aujourd'hui une photo d'enfant nu et/ou avec un adulte nu près de lui, c'est considéré par certains comme de la pédopornographie - fouillez dans mes liens), les noirs, les arabes, les handicapés, les homosexuels, au nom de la discrimination, toutes les religions au nom de la liberté religieuse, du blasphème et tutti quanti... Quand bien même les œuvres en question viserait à dénoncer le racisme, la pédophilie, la folie des intégrismes, le sexisme et toutes les discriminations.
P.S. : d'accord avec la réponse du théâtre visé par la pétition : http://www.104.fr/programmation/evenement.html?evenement=358
"Depuis quelques semaines une pétition circule pour demander l'annulation d'Exhibit B. Les auteurs de cette pétition reconnaissent ne pas avoir vu l'installation-performance. Il est temps que cette polémique cesse.
Comment peut-on juger d’une œuvre sans l'avoir vue et demander son annulation sans la connaître et en l'accusant du contraire de ce qu'elle dénonce ? Faut-il dorénavant penser à travers des a priori ?
Programmer Exhibit B est un acte responsable. C'est une œuvre artistique d'une force et d'une clarté incontestable. À l'heure où le raccourci de la pensée devient l'emblème de notre société, c'est une grande chance de pouvoir accéder à une œuvre qui fait apparaître si clairement l'Histoire de l'humanité, qui place aussi directement l'Homme face à ses responsabilités."
Tout le monde s'extasie devant l’œuvre mais :
Une censure qui m'en rappelle une autre : http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article182, qui m'en rappelait elle-même une autre : http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article181
Et les exemples foisonnent : http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article183
Et pour ceux qui ont encore un peu d'espoir dans l'intelligence humaine : ça ne va pas en s'arrangeant : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?jkRUOw
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2014/08/28/03015-20140828ARTFIG00064--piss-christ-a-ajaccio-les-corses-demandent-sa-deportation.php?pagination=5
Et le meilleur pour la fin (c'est un best-of) : http://gollnisch.com/mot-cle/piss-christ/ (pouah)
Cette magnifique façon de perdre son temps vous est offerte par Sébastien Sauvage http://sebsauvage.net/links/?X0NK_g que je ne remercie pas ! :D