Dans la foulée de ces révélations, Serge Hascoët, directeur créatif et numéro 2 du groupe, avait démissionné. Deux autres hauts cadres, Thomas François et Guillaume Patrux avaient été licenciés pour faute grave.
Tous les trois anciens doivent désormais s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Le procès s’est ouvert ce lundi 10 mars, et devait s’étendre jusqu’à vendredi. Il a finalement été renvoyé à début juin. Ce renvoi a été réclamé par des avocats des parties civiles et de la défense qui estimaient n’avoir eu accès que très tardivement à un nombre conséquent de pièces du dossier.
Entendons-nous : l’immunité est reconnue dans le droit international. Mais c’est toute la justification de la CPI que d’échapper au régime des immunités. Comme d’autres Cours internationales, elle a été mise en place pour lutter contre l’impunité de ceux qui sont soupçonnés des pires crimes internationaux et qui, justement par leur immunité, pourrait échapper à la justice. Prétendre qu’une immunité peut être reconnue après un mandat d’arrêt devant la CPI, c’est un manque de connaissance juridique.
En vrai, je pense que cette déclaration a surtout été motivée par des considérations diplomatiques (la négociation en cours d'un cessez-le-feu au Liban, au hasard...), mais ça fait toujours du bien de lire des choses exprimées posément.
Le cinéma doit-il représenter la justice de manière réaliste ? (à propos de Anatomie d'une chute)
Je ne prétends pas à une recension exhaustive, j'ai juste cherché de ci de là, pour oublier le sentiment nauséeux né du visionnage de la cérémonie d'hommage national avec pas mal de gens sincères, et pas mal de personnes qui semblaient juste là pour être vues.
1/ 1977 : procès Patrick Henry
Je me souviens de ce jour de la plaidoirie. Il était livide. Il avait beaucoup maigri. Robert Badinter a fait une plaidoirie sur lui aussi, mais surtout sur la peine de mort, avec des mots particulièrement forts. « On prend un homme et on le coupe en deux ». Puis cette espèce d'adresse qu'il a eue à l'égard des jurés à la fin de sa plaidoirie, en les désignant en chacun du doigt, c'était terrible. Et en leur disant : « Vous savez, un jour, la peine de mort sera abolie en France. Si vous dites à vos enfants ou à vos petits-enfants: un jour, j'ai voté la mort d'un homme, alors vous verrez leur regard. »
2/ 1981 : abolition de la peine de mort
La question ne se pose pas, et nous le savons tous, en termes de dissuasion ou de technique répressive, mais en termes politiques et surtout de choix moral. (...)
Voici la première évidence: dans les pays de liberté, l'abolition est presque partout la règle; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.
Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires.
3/ 2007 : Le discours historique de Robert Badinter face à Robert Faurisson ("les faussaires de l'Histoire")
L'émotion dans sa voix, sa colère réelle, ça vous tord le bide.
Jusqu'à la fin de mes jours, tant que j'aurai un souffle, je me battrai contre vous et vos semblables
4/ 2011 : une interview sur TV5 monde : Il faut stopper le débat sur l'Islam
La République, je le rappelle, elle ne connait que des citoyens sans aucune distinction de sexe, de race, de religion, d'opinion, d'orientation sexuelle
Elle raconte encore avoir témoigné à 14 ans des violences sexuelles qu’elle subissait, à ses parents, ce qui n’a rien changé, mais surtout à sa grand-mère. « C’est elle qui m’a sauvé la peau (…) Elle m’a permis de sortir des griffes de cet homme. J’ai été sortie du cercle familial et envoyée en pension », confie Emmanuelle Béart.
Quant à celui qui lui a fait subir viols et attouchements à répétition durant son adolescence, Emmanuelle Béart assume de taire son nom et de ne pas avoir porté plainte à son encontre, regrettant le manque de prise en charge des victimes par la justice, en raison de trop peu de condamnations pour de tels actes, selon elle. « Je n’aurais pas supporté de prendre le risque d’entendre que ça n’a pas eu lieu. Un non-lieu, c’est terrifiant, et c’est ce qui arrive aux trois quarts des gens qui portent plainte », rappelle-t-elle.
Spoil: ce n'est pas la Justice qui les motivent, ce sont des enfants de bourgeois, l'injustice ils n'ont jamais connu, comment ils pourraient rendre Justice objectivement.
Ce n'est pas faux, mais je pense que la réalité est plus prosaïque. Il n'est pas ici question de "justice", au sens de cet idéal à jamais inatteignable, mais de droit. Et le droit est élaboré par (et dans une certaine mesure, pour) les dominants. C'est sans doute un détail, au final les 2 facettes se rejoignent, mais je trouve que ça explique pas mal de choses. Tu ne peux pas espérer t'en sortir sans dommages quand tu es confronté, quand tu affrontes (il n'y a pas d'autres mots) une justice avec des règles qui n'ont pas été pensées pour toi, ta classe sociale, etc. ou si c'est le cas, seulement dans un sens répressif.
« Votre faiblesse intellectuelle rend nécessaire une peine ferme ».
Justice de classe < mépris de classe.
Effrayant. Ça n'a pas vraiment changé depuis Hugo et les Misérables.
Il faut lire ce fil et les nombreux autres postés par des avocats et associations ces derniers jours, pour réaliser ce qui est en train de se passer.
Des jeunes partout en France sont condamnés à du ferme sans un commencement de preuve, et sur le seul témoignage de la police.
La bonne vieille justice expéditive pour les classes populaires / inférieures / racisées... "ceux qui ne sont rien" comme dirait l'autre.
Twitter pullule de fils sur ce thème, j'ai pris celui là mais j'aurais pu en choisir un autre. Il en est de nombreux qui dénoncent une justice à deux vitesses, entre des crapules aisées qui détournent des centaines de K€ ou des drogués du monde du show-biz qui tuent des enfants, qui ont des peines infiniment moins sévères (pas de prison ferme, beaucoup de sursis), surtout si on les compare à celles que sont en train de se prendre les "jeunes" (l'usage péjoratif de ce terme...) jugés en comparution immédiate, sur la seule foi de témoignages policiers mensongers, parfois non, mais pour des délits qui laissent songeurs : un tel à volé un fromage, tel autre a ramassé de l'argent par terre -qui n'appartenait même pas au magasin), un autre encore passait dans la rue à ce moment là...
Comme le dit l'auteur du thread, on est dans le registre de Jean Valjean envoyé au bagne pour avoir volé un pain.
C'est de la justice de classe, de la justice punitive, de dissuasion. Pas sûr que la société en sorte gagnante sur le long terme.
Une génération d’adolescents et de jeunes adultes de banlieue se fait en ce moment même passer à la broyeuse d’une injustice de dimension romanesque.
On lui inocule une haine de l’État qui durera pour la vie.
Les retombées au long terme seront un désastre.
Condamné à deux ans de prison en février 2022, Nordine a vu sa peine se confirmer en appel ce mardi 29 novembre, pour refus d’obtempérer et « violences volontaires », lors d’un contrôle policier en août 2021 à Stains, en Seine-Saint-Denis, au cours duquel il avait été atteint de sept balles.
Je pose ça là.
Le site s’était vu interdire de publier une partie de son enquête par une ordonnance, qui a été annulée. Laurent Wauquiez, visé par une calomnie citée dans l’article, a annoncé porter plainte contre M. Perdriau.
Effet Streisand, nouvelle décision de justice, révélation d'une diffamation : le retour à l'envoyeur est saignant.
Pour les deux enseignants qui ont aspergé Blanquer de chantilly : longue garde à vue, enquête ouverte par la police, un procès qui aura bien lieu.
Pour Cécile tuée par son ex-mari en 2020 : 22 plaintes classées et deux ridicules condamnations.
J’y pense.
Le succès aussi fulgurant qu’inattendu de la tribune des magistrats publiée par Le Monde, le 23 novembre, sous le titre « Nous ne voulons plus d’une justice qui n’écoute pas et qui chronomètre tout » met l’exécutif dans l’embarras. Plus de la moitié des magistrats du pays ont désormais signé ce texte dit des « 3 000 », du nombre de signataires au moment de sa publication. Au 1er décembre, elle était paraphée par plus de 6 500 personnes, dont 5 005 magistrats (sur 9 000), 1 063 greffiers et 450 auditeurs de justice (élèves magistrats).
Des amitiés douteuses, des services qui se retournent contre toi, un beau-père raciste et un film de Dupontel : voilà comment on se retrouve dans le box des accusés du procès de Charlie hebdo.
Avec 5 ans de taule en prime, pour rien, selon toutes vraisemblances.
Et combien de policiers condamnés ?
Cf. cet article cité par David Dufresne : https://www.franceinter.fr/justice/deux-policiers-bientot-juges-pour-des-violences-contre-des-gilets-jaunes-une-justice-a-deux-vitesses
Quand on regarde les faits qui leur sont reprochés (un pavé renvoyé en direction des manifestants et une gifle), au regard des mutilations causées par d'autres de leurs collègues, on peut faire le pari du non-lieu. Même si leur attitude est bien évidemment indigne de leurs fonctions.
Le videaste a quant-à-lui été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir simplement filmé et diffusé une video de ces affrontements. Cette décision a été prise en vertu de l’article 222-33-3 du code Pénal, qui définit comme un acte de complicité le fait d’enregistrer des images relatives à la commission d’infractions d’atteintes à l’intégrité d’une personne. Les deux exceptions à cet article sont le cas où l’enregistrement est effectué dans un cadre journalistique, ou dans le but de recueillir des preuves pour la justice, ce qui n’a pas été retenu les juges, malgré le fait que le jeune homme ait clamé sa volonté d’effectuer un travail journalistique.
Toutes les lois votées ces 15 dernières années au motif fallacieux d'assurer votre sécurité vont se retourner contre les citoyen·nes. TOUTES.
Ainsi, il est bien commode pour l’ensemble de la classe politique et médiatique de faire du procès Mélenchon le procès de ceux qui ont osé monter (un petit peu) le ton face à une justice qui n’a pourtant eu cesse de démontrer son caractère de classe, pendant qu’on voit Benalla balader en permanence son impunité tandis que des milliers de condamnations et des centaines de peines de prison ferme frappent les Gilets jaunes.
Le tweet de Benalla, c'est quand même du foutage de gueule de niveau galactique.
LE truc qui sent pas bon et que vous n'entendrez pas à la radio :
ce qui est indubitablement politique dans cette affaire, c’est la saisie des fichiers d’une organisation politique contenant l’ensemble des données sur ses adhérents.
Mais cela ne doit pas servir à disculper Méluche, qui craint de plus en plus :
Pour autant, une chose est de dénoncer la justice comme un acte de provocation contre un opposant de gauche, une autre est de se solidariser avec l’ensemble de la classe politique comme le dit Mélénchon : Parlant des juges, il dit : « Maintenant, je sais que ce sont des menteurs », et il ajoute : « … peut-être que Richard Ferrand est tombé dans un piège ». Ainsi, « les juges » complotent aussi contre Richard Ferrand, l’homme de Macron ! Cette position apparaît comme une solidarité avec la classe politique alors même qu’elle est justement mise en cause. Qui plus est, elle affaiblit toute la défense démocratique de Mélenchon et de la FI et pour l’ensemble des organisations de travailleurs, les Gilets jaunes et les secteurs populaires.
Il s’agit d’une illustration parfaite de l’absence de séparation entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. La justice n’est pas indépendante, elle applique les lois – qui sont elles-mêmes décidées par les gouvernements.
via OpenNews
CW : suicide, mort
Ce cuisinier au chômage devra également accomplir 180 heures de travail d’intérêt général, avec obligation de trouver un travail et de verser 500 euros à chacun des deux policiers qui ont porté plainte au titre du préjudice moral.
8 mois de prison avec sursis, plus des TIG et 1000€ de dommages et intérêts, c'est une peine très lourde au vu du profil du type, et qui ressemble plus à une opération médiatique qu'à de la justice. Je note au passage que condamner un chômeur à "obligation de trouver un travail", ça en dit long sur notre société. Même s'il lui suffira de traverser la rue pour en trouver du travail, tout le monde sait ça.
Crier à des policiers de se suicider, comme à n'importe qui d'autre, je souligne à dessein, c'est immonde, c'est dégueulasse. Mais on voit bien qu'il n'y a pas de motif légal à ces poursuites : il a été condamné pour outrage. Pas pour incitation à la haine, au meurtre, ou au suicide. Non : outrage. Ce qui veut tout dire. Quand tu ne sais pas pour quel motif poursuivre quelqu'un, mais que tu veux lui faire payer quelque chose, outrage. Le juge te suivra de toute façon.
C'est non seulement une façon supplémentaire de faire des représailles envers les manifestants (le moindre slogan un peu osé, hop, outrage ; un doigt d'honneur, 48 heures au gnouf), mais en plus, ça donne l'impression que ce type paie pour l'incurie de l’État. 28 policiers se sont suicidés depuis le début de l'année. 7 chaque mois. Presque 2 par semaine. C'est énorme. Vous imaginez une entreprise avec un tel rythme de suicides ? (coucou France Telecom) On pointerait du doigt, à juste titre, les méthodes des dirigeants, l'organisation du travail, le management toxique, que sais-je, sans doute l'inadéquation des moyens mis en œuvre avec les missions demandées, voire le conflit moral vécu par les suicidaires lors de leur passage à l'acte, entre leurs valeurs personnelles et les actes qu'on leur impose de commettre.
Vous voyez, on pourrait se poser plein de questions.
L’État n'a pas l'air de s'en poser beaucoup, préférant condamner un cuisinier au chômage, rendu, aux yeux des médias, quasiment responsables de la mort des agents publics. Beau tour de passe-passe.
"L’application de la peine capitale dans notre pays est, à tous égards, un échec. Ce système est source de discrimination pour les prévenus souffrant de troubles mentaux, les personnes de couleur et ceux qui ne peuvent se payer un avocat coûteux. La peine de mort n’améliore pas la sûreté de la population et n’a rien de dissuasif. C’est gaspiller des milliards de dollars d’impôts.”
La Californie a exécuté 13 personnes depuis 1976, mais aucune depuis 2006, rappelle le quotidien de la côte Ouest, en raison notamment de plusieurs plaintes portant sur la méthode d’injection létale. Mais redoutant que ces procédures judiciaires aboutissent durant son mandat, le gouverneur démocrate a préféré prendre les devants.
Un de plus ! Cool !
"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal. C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, comme la loi nous y autorise", a précisé à franceinfo Fabrice Arfi, un des journalistes de Mediapart. C'est "un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart. Articles à venir", poursuit le média sur son compte Twitter.
Secret des quoi déjà ? Une presse libre et indépend, zut, comment on dit ?
Le 15 janvier, les avocats, rejoints par l’ensemble des professionnels du domaine, ont de nouveau manifesté contre le projet de loi réformant la justice adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Loin d’être un combat corporatiste, cette manifestation, comme tant d’autres, permet de faire entendre des voix qui n’ont pas été écoutées dans le cadre d‘une réforme qui vient une fois de plus ébranler notre pacte social.
Ce droit de manifester, garanti dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, subit pourtant depuis de nombreuses années des attaques régulières des pouvoirs publics. En rétablissant une loi anticasseurs datant de 1970, le gouvernement actuel contribue à une longue liste d’atteintes que l’on considère, à juste titre, comme l’une des garanties fondamentales des libertés publiques. Ainsi,
la loi du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupe permet aujourd’hui les interventions préventives et les placements en garde à vue des manifestants à l’occasion des différents actes qui rythment nos samedis depuis dix semaines ;
La loi renseignement du 24 juillet 2015 étend la collecte des données non seulement aux affaires de terrorisme et de criminalité organisée, mais également aux « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique », donc potentiellement à de simples manifestations ;
La loi relative à la sécurité publique du 28 février 2017 renforce les pouvoirs des forces de l’ordre notamment en aggravant les sanctions pour les faits de rébellion ou de refus d’obtempérer.
Ces réformes permettent de confondre militants, manifestants, casseurs, criminels, terroristes, et d’utiliser les moyens d’enquête et d’investigation les plus intrusifs : c’est par ces atteintes aux libertés individuelles que les pouvoirs publics répriment aujourd’hui le mouvement social.
L’état d’urgence dans la loi ordinaire
- Il en est de même des lois de juin 2016 et d’octobre 2017 qui intègrent les principales dispositions de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, qui donnent lieu à des assignations à résidence, des perquisitions sous l’autorité administrative et non plus judiciaire, ce y compris pour des militants sans aucun lien avec le terrorisme pour peu que le ministre de l’Intérieur estime qu’il « existe des raisons sérieuses de penser que le comportement d’un individu constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre public ».
Autrement dit : ces réformes sont autant de manières de rendre inopérants les garde-fous imposés à l’exercice d’un pouvoir qui depuis dix semaines semble plus enclin à répondre de manière guerrière plutôt que politique aux revendications du peuple. Peut-on en effet encore dire que les récents blessés à l’occasion de l’usage d’armes par les forces de l’ordre ont eu droit à une réponse proportionnée, principe de base de notre justice, à leur présence sur les lieux ?
Alors que les luttes sociales et politiques convergent, il est urgent que l’opinion publique mesure ce que cette énième réforme de la justice a d’attentatoire aux libertés publiques, et en quoi elle nous concerne tous, justiciables, avocats mais surtout citoyens, car nous sommes tous susceptibles un jour de répondre de nos actes devant des juges :
Les écoutes téléphoniques et les mesures de géolocalisation seront désormais possibles pour la plupart des délits ;
Ces mesures pourront désormais être prises sous la seule autorisation du procureur de la République en cas d’urgence ;
Les techniques spéciales d’enquêtes pour la plupart des délits seront généralisées et étendues, alors qu’elles étaient jusque-là réservées aux menaces terroristes ou à la criminalité organisée ;
Le gardé à vue ne sera présenté que de manière facultative au procureur de la République lors de la prolongation de la garde à vue ;
La notification des droits du gardé à vue se fera sous forme d’enregistrement sonore et non plus par écrit, rendant la vérification des formalités essentielles de privation de liberté difficiles ;
Une Cour criminelle départementale sera créée pour juger principalement des viols, ce qui tend à considérer le viol comme un crime de seconde zone, en contradiction avec la prétendue sensibilisation du gouvernement sur les atteintes faites aux femmes ;
- Il pourra être imposé aux victimes de déposer leur plainte de manière électronique, les privant ainsi de l’accueil humain, accroissant les possibilités de détresse et de solitude.
Ces principales mesures qui concernent le domaine pénal ne sont pas les seules à être critiquées par les professionnels de la justice et du droit, puisque le gouvernement s’est également attaché à modifier les conditions d’accès à la procédure civile, la rendant :
– plus coûteuse : recours obligatoire à des mesures préalables de médiations payantes pour les « petits litiges » ;
– plus lointaine : la fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance ;
– moins humaine : les décisions pour les injonctions de payer seront rendues par des algorithmes.
Le gouvernement actuel, qui prétend tenir sa légitimité d’une défense de la démocratie, participe à déconstruire l’un de ses piliers historiques. A l’heure où les citoyens veulent agir, redevenir maîtres de leur destin, lutter contre les injustices sociales et s’emparer d’une démocratie qui, par un paradoxe fou, ne leur appartient plus, ils doivent prendre la mesure de ces nouvelles régressions des droits et des libertés pour défendre l’un des biens les plus précieux de notre démocratie : la justice !
"Justice"
Prenez le temps de parcourir la page.
Le projet de loi Justice a été adopté par l’assemblée cette nuit par deux voix d’avance : Votants 177, exprimés 171, majorité absolue 86. Pour 88, contre 83.
Deux voix pour supprimer le tribunal d’instance comme juridiction à part entière, pour supprimer le jury dans la majorité des affaires criminelles, pour faire du directeur de la CAF le juge des pensions alimentaires.
Le démantèlement continue.
Les questions ne pouvant donc porter sur d’éventuels méfaits imputés, elles sont d’ordre politique et contextuel : êtes vous membre d’un parti ? Comment avez-vous appris la tenue de cet apéro sur la place de la Contrescarpe ? Consultez vous le site Paris-luttes.info ? Vous êtes-vous retrouvés malgré vous dans un groupe de type « Black Bloc » ?
Après avoir été retenus une dizaine d’heures contre leur gré, les deux victimes de Benalla se retrouvent convoquées pour un futur procès. La vingtaine d’autres gardés à vue est relâchée presque sans poursuite. Presque car ceux qui ont refusé de se soumettre à un prélèvement ADN devront malgré tout en répondre devant tribunal. Le journaliste et photographe Alexis Kraland qui avait eu la mauvaise idée de venir en possession de son téléphone est aussi poursuivi pour avoir refusé d’en donner le code secret [1]. Son téléphone a été saisi et placé sous scellé.
Purée, ça fout vraiment la trouille. Vous croyez encore que nous vivons dans un régime démocratique dans de telles conditions ?
Un texte édifiant.
L’objectif de la campagne : dénoncer le fait que, dix ans après la crise financière, rien n’a été fait pour limiter, contrôler, encadrer le pouvoir nocif de la finance. En 2018, les plus grandes banques continuent de spéculer sur des produits dérivés extrêmement dangereux, elles investissent massivement dans des projets de soutien aux énergies fossiles, elles ouvrent toujours plus de sociétés offshores dans les paradis fiscaux pour permettre aux plus riches d’échapper à l’impôt.
[...]
Après 15 heures pour certains, 17 heures pour d’autres, 21 heures pour le dernier, les huit dangereux colleurs d’autocollants sont relâchés et écopent d’un « rappel à la loi ». Après avoir mobilisé plus de 30 fonctionnaires de police, quatre véhicules, des heures de travail, deux commissariats, deux magistrats, nous sommes ressortis libres.
Et encore, comme le souligne l'auteur, il est "blanc, éduqué, disposant de moyens financiers, connaissant — plus ou moins — ses droits, parlant et comprenant parfaitement la langue française, pouvant compter sur des réseaux de soutiens" et appelle à se mobiliser pour "celles et ceux qui se retrouvent dans cette même situation mais ne bénéficient absolument pas des mêmes égards que nous."
[...]
Une chose est sûre, messieurs Oudéa (PDG de la Société générale qui a menti devant une commission d’enquête du Sénat sur l’activité de la banque au Panama), Jean-Laurent Bonnafé (PDG de la BNP Paribas, banque championne de l’évasion fiscale en France), Philippe Brassac (PDG du Crédit agricole, et spécialiste du « greenwashing ») et John M. Flint (PDG d’HSBC banque impliquée auprès du narcotrafic mexicain et qui prévoit de transférer son siège mondial à Paris grâce aux multiples invitations et tentatives d’attrait d’Emmanuel Macron), ont tous probablement passé une nuit agréable jeudi 13 septembre. Une nuit où il n’a pas été question pour eux de remettre en cause leurs pratiques irresponsables, tant sur l’évasion fiscale massive, que sur les investissements dans les énergies fossiles. Ces pratiques immorales, aux conséquences sociales et écologiques désastreuses, sont rendues possibles grâce à la complaisance de nos gouvernants et en premier lieu celle de leur semblable : Emmanuel Macron.
La présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen s'est fortement indignée ce jeudi 20 septembre de devoir subir une expertise psychiatrique après avoir publié sur Twitter des photos des exactions de Daech.
[...]
Dans le cadre de "délits de fabrication, de transport, de diffusion ou de commerce de message violent ou pornographique susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", le code de procédure pénale rend obligatoire et automatique le recours à une expertise psychiatrique.
"C'est relativement fréquent pour évaluer le degré de responsabilité, et parfois de dangerosité, de personnes fragiles qui publient des images sur Internet sans forcément se rendre compte des répercussions de leurs actes", explique Me Juliette Daudé, avocate au Barreau de Paris.
C'est marrant hein, toutes ces procédures exorbitantes du droit commun, un peu limites, invasives et tout, qu'ils ont d'ailleurs toutes adoptées, une main sur le bouton de vote et l'autre sur le cœur, en chantant la Marseillaise : quand elles s'appliquent au tout venant, les femmes et hommes politiques, surtout les très très à droite mais pas que, trouvent ça très bien, pour "défendre les valeurs de la République menacées par la violence d'un terrorisme aveugle déjà à nos portes", alors que les bégonias sont à nos fenêtres, oserai-je ajouter.
Mais quand ça les concerne EUX, c'est fou, ça devient tout de suite une autre histoire, un truc "hallucinant", "soviétique", qui "fait peur". Ben oui m'dame, nous, il y a longtemps que ça nous fait peur vos conneries.
Je ne voudrais pas donner l'impression, en écrivant ceci, d'assimiler MLP au commun des hommes et femmes politique. Sa diffusion des images d'exécutions par Daech était bien dégueulasse (d'autant qu'elle avait retiré après coup la photo d'un journaliste blanc assassiné, les autres, les basanés, on peut bien les contempler en train de cramer, hein) ; j'en avais parlé à l'époque. Il est donc normal que la procédure s'applique avec toute la rigueur due à la loi. Mais je ne peux m'empêcher d'extrapoler son attitude à celle qui aurait été tenue par n'importe quel autre membre du personnel politique pris la main dans le pot de confiture (bien cracra la confiture en l'espèce).
Sinon, ce titre va me faire ma journée ^^
ce qui vous arrivera sûrement au moins une fois dans votre vie
Hmmm... Statistiquement improbable, non ?
Thread intéressant ceci dit.
mais je sais qu’à présent, vous avez compris que juger un homme, c’est moins facile en vrai que le cul posé sur un canapé devant BFMTV
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une relaxe quasi générale dans l’affaire dite de Tarnac.
Jour de fête.
Autant la vegane que l'ex FI (merci LLM pour le lien : https://www.20minutes.fr/politique/2244499-20180327-ex-candidat-france-insoumise-salue-mort-arnaud-beltrame-tweets-interpelle), c'est vraiment n'importe quoi.
"Apologie du terrorisme", en cette fin de décennie, c'est comme "pédophile" jusqu'à Outreau environ : l'arme absolue pour tuer judiciairement quelqu'un. Je croyais que ça se calmerait après la frénésie de début 2015 (où les condamnations pleuvaient, et souvent pour pas grand chose), j'avais tort.
La situation est encore plus grave et pourrie que je ne le pensais.
J'en profite pour lier ce texte de @Triss (Mastodon) :
http://www.zdnet.fr/blogs/zapping-decrypte/le-curieux-glissement-de-la-justice-vers-la-morale-39866172.htm
Afin d’éviter tout psychodrame inutile, disons d’entrée de jeu que les propos tenus par ces deux personnes sont abjects et cela n’appelle pas à discussion. Pour autant, doit-on systématiquement traîner devant les tribunaux des personnes parce qu’elles disent des âneries, n’engageant qu’elles ? On voit régulièrement fleurir sur les réseaux sociaux, un nombre considérable de propos très malveillants et orduriers, mais tous ne donnent pas lieu à des poursuites, ni même à des suspensions de comptes sur les réseaux sociaux. Si on s’amuse à comparer avec les appels aux meurtres et au harcèlement dont sont victimes certaines femmes, parce que féministes, il y a de quoi s’interroger, surtout quand ces appels se matérialisent par des faits très concrets.
En conclusion : avec l’affaire de Sivens et le décès de Rémi Fraisse, nous avions déjà vu que finalement, s’il existe des règles théoriques d’usage des armes (il était question alors d’une grenade offensive) pour les forces de l’ordre, ces règles cèdent en pratique lorsque les conditions idoines n’en sont pas réunies : une grenade ne se jette normalement pas en cloche sans un minimum de visibilité, mais, voyez-vous, il y avait un grillage et il faisait nuit donc ce gendarme n’avait pas vraiment le choix et il convient de l’absoudre. Ici, c’est précisément le même raisonnement que fait sien l’« expert » du Ministère de l’intérieur : le pauvre policier a certes usé d’une « certaine force » et a certes fait un usage du bâton télescopique en estoc ce qui ne paraît tout à fait conforme aux règles classiques, mais il avait affaire à quelqu’un qui se débattait ; donc finalement il conviendra, lui aussi, de l’absoudre. Dans le cas de Rémi Fraisse, les juges, au moins, assumaient totalement ce raisonnement ; ici une étape supplémentaire est franchie : ils demandent tout simplement à un membre du Ministère de l’intérieur de leur dire ce qu’un policier est en droit ou non de se permettre en terme de violence lors d’une opération. En d’autres termes, ils ne font rien moins que déléguer, sans plus aucune recherche d’artifice, leur pouvoir d’appréciation à la Police, et il est difficile de ne pas repenser à cette formule de Michel Foucault selon laquelle les juges « servent au fond à la Police de fonctionner ».
via Riff
Seul garde-fou pour les personnes prises dans les rets du ministère de l’Intérieur : une personnalité qualifiée de la CNIL, chargée de contrôler la régularité des coups de sécateur. En l’espèce, Alexandre Linden, conseiller honoraire à la Cour de cassation. Et parfois, le blocage coince.
[...]
Dans chacun de ces quatre cas, Alexandre Linden déploie le même argumentaire pour contester la mesure de blocage (et saisir le juge administratif) :
“J’observe que [la qualification d’actes de terrorisme] n’est pas retenue par les autorités judiciaires, le parquet antiterroriste de Paris ne s’étant pas saisi [...] Dans ces conditions, je considère que les demandes de retrait et de déréférencement en cause ne sont pas justifiées”.
Qui décide de ce qu’est le terrorisme ?Réponse du tac-au-tac de Stéphane Fratacci, directeur de cabinet de Gérard Collomb et ancien de chez Brice Hortefeux, dans un courrier daté du 8 février dernier : la décision administrative n’est pas subordonnée “à une qualification pénale retenue par l’autorité judiciaire”. Selon lui, “les publications incriminées revendiquent bien des actes commis avec l’intention de “troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur”, en l’espèce à l’encontre des forces de sécurité intérieure”. En résumé, le juge judiciaire est prié de rester à l’écart de ce qui ne le regarde pas.
C'est terrifiant : un organe administratif, sans aucun contrôle du juge, que l'on prie d'ailleurs gentiment de regarder ailleurs, bloque n'importe quel site sur sa simple appréciation.
Ces documents, obtenus par Julien Rabier, alias Taziden, fournisseur d’accès associatif et militant des libertés numériques, montrent bien l’opacité de cet itinéraire bis, qui privilégie toujours la ligne droite et n'aime pas trop les ralentissements. Sa toxicité aussi : sur Télérama, je pourrais recopier un lien identifié par l’OCLCTIC sans craindre de représailles (c’est un bon test) ; après tout, l’un des textes publiés sur Indymedia a été repris tel quel par le Dauphiné Libéré. Mais quid d’un blogueur anonyme ou d’un petit média associatif ? Maintenant que l’apologie du terrorisme relève du droit commun - et plus de la loi de 1881 sur la liberté de la presse -, qui décide de ce qu’est le terrorisme : un juge ou un flic ?
Même si ce n'est pas nouveau, de plus en plus, l'étiquette "terrorisme" est un outil bien commode de répression policière. On court à la catastrophe, réveillez-vous.
Au-delà des faits, c’est le comportement du ministère public qui est dénoncé par l’avocate de Canitrot, maître Irène Terrel. Un parquet «politique», tout acquis aux accusations du Medef, se satisfaisant d’une première enquête manifestement bâclée, et s’acharnant tout au long de la procédure contre Loïc Canitrot.
Canitrot, satisfait, s’inquiète maintenant de tous ceux qui ont été poursuivis suite au mouvement de 2016 contre la loi travail. «Pour moi, la relaxe s’est avérée évidente. Mais quid des centaines d’autres militants, de tous ceux qui n’ont pas le soutien dont j’ai bénéficié ? Comment s’en sortir seul face à des accusations fictives ?» Il ne veut pas non plus que l’affaire s’arrête là, et a porté de nouveau plainte contre le Medef, pour violence, mais aussi dénonciation calomnieuse.
Alors dire "justice aux ordres" serait calomnieux, mais je comprends que ça résume l'idée. C'est plutôt "Parquet aux ordresé, sans oublier "ouf, je suis tombé sur une juge qui fait son boulot".
Mais comme le fait remarquer le principal intéressé : quid des autres qui n'auront pas sa chance ?
Acte "politique" ou "poétique", je trouve plutôt que c'est particulièrement con et inefficace. Même s'il fallait dénoncer cette mascarade électorale, je me demande juste si elle a choisi la meilleure manière. La plupart des assesseurs de bureau de vote étant des citoyens ordinaires, ils ne méritent pas qu'on vienne les faire chier de la sorte.
Ce qui n'excuse ni le gros bras qui se prend pour un flic, ni l'énormité de tout ce qui va suivre, et qui vérifie ce qui a été publié par Emma il y a quelques temps : la police n'est pas là pour protéger, elle est là pour faire peur et punir ceux qui "dévient" un peu trop et foutent le bordel là où il ne faut pas. C'est vrai quoi, ça pourrait inciter les autres à se poser des questions et ça, c'est très mauvais...
Au final, c'est presque anecdotique. Ce que je retiendrai de cet article, ce sont ces deux phrases :
Surprise générale lorsque j’arrive : “Qu’est-ce que vous faites là ? Vous êtes blanche !” me disent les mecs qui occupent les deux cages attenantes. Que des noirs et des arabes, à l’exception d’un sdf blanc à la rue depuis 13 ans qui a giflé un pompier qui voulait le déloger de la place de la République où il dormait paisiblement.
et
Un procès aura bien lieu, mais je pourrai attaquer la justice pour détention abusive, privation inique de liberté, et chefs d’accusation infondés !
Car c'est ça, la vérité de cet article : un coup de projecteur d'une citoyenne lambda sur les conditions de détention pires qu'insalubres, l'arbitraire policier, la privation délibérée d'accès à la satisfaction des plus élémentaires besoins (manger, boire, dormir, chier). Et encore : elle est blanche, ça aurait pu être pire.
Ca me rappelle un peu, je ne sais pas si vous vous en souvenez, ça date d'il y a quelques années, de ce rédacteur en chef de Libération interpellé à son domicile par la flicaille et mis en GàV, avec le kit d'accueil habituel (palpation, fouille anale, insalubrité...) ; le petit cercle des intellectuels parisiens s'en était -à juste titre- ému, sans vouloir toutefois retenir qu'il n'avait pas bénéficié d'un traitement spécial, mais du lot commun...
via OpenNews
Je pose ça, là :

via Fakir sur Mastodon.
EDIT : juste un rappel :
"Nous sommes face à une classe sociale avec des effets de manche, des concurrences, de fausses querelles, qui reste malgré tout extrêmement solidaire et mobilisée dans la défense de ses intérêts"
Une journaliste avait exceptionnellement obtenu le droit d'enregistrer des audiences du tribunal de Marseille pour France Culture. Mais lors d'un procès en comparution immédiate, les magistrats ont tellement dérapé, dans l'expression et dans la sanction, que le tribunal a pris peur et rompu l'accord. Un miroir a été tendu à la justice. Elle a préféré le casser.
[...]
La présidente, après avoir présenté les faits, les commente : « Vous n’avez plus aucune limite. C’est honteux, monsieur. Il n’y a même pas de mots. On ne sait même pas comment est-ce [sic] qu’on arrive encore à vous regarder comme un être humain. »
Mediapart est en accès libre aujourd'hui.
J'ai lu ceci sur Twitter :
En France tu violes un jeune homme avec une matraque, c'est juste un "accident". Tu "attaques" un maire avec une carotte, tu vas en prison.
Alors oui, mais non. Le scandale n'est pas forcément là où vous croyez. L'homme a été condamné à de la prison ferme car :
Le septuagénaire à l’arme originale a été condamné à quatre mois de prison ferme. Comme l’indique le quotidien Sud Ouest, l’accusé était en état de récidive.
La récidive, les peines planchers, ça vous dit quelque chose ? Voilà. C'est avec des lois absurdes que l'on obtient des décisions de justice... que je ne qualifierait pas, ceci tombant également sous le coup de la loi.
Une gamine paumée, abimée par la vie, des gourous, un triple infanticide.
Ce texte est très très dur. Ne le lisez pas si vous ne vous considérez pas en état de le faire. Je suis sérieux.
Si vous vous lancez, alors allez jusqu'au bout. Et vous verrez pourquoi une des choses que je redoute le plus c'est un jour désigné juré d'assises...
J'adore ce blog, je n'y vais pas asez souvent. Merci Riff de m'en avoir rappelé l'existence.
Ce paragraphe :
L’exemple le plus connu de cette pratique reste sûrement les célèbres « bouches de la vérité » ou « bouches du lion », qu’on retrouve à Venise, essentiellement aux abords du Palais du Doge. Instaurées au début de l’époque moderne, au XVIe siècle, elles permettaient de glisser des dénonciations, cette fois anonymes.
m'en a rappelé un autre, qui témoigne une fois encore de la grande érudition de son auteur :
Pour connaître les intimes espoirs et les intimes terreurs de chacun, ils disposaient d'astrologues et d'espions. Il y avait certains lions de pierre, il y avait une latrine sacrée nommée Qaphqa, il y avait les crevasses d'un poussiéreux aqueduc qui, selon l'opinion générale, donnaient sur la Compagnie ; les personnes malignes ou bienveillantes déposaient là leurs dénonciations.
(La loterie à Babylone, Fictions / Borges)
Le texte complet de la nouvelle ici : http://sflauder.free.fr/ledomainesansnom/loterie/index.html
Qu’en penser? Deux choses. Oui, la justice française utilise à l’évidence la presse pour faire avancer des dossiers qu’elle craint de voir bloquer par le pouvoir politique. Cette collusion entre journalistes d’investigation et magistrats est problématique. Elle peut servir la démonstration de la vérité, mais elle pose clairement un problème de présomption d’innocence. Les «fuites» vers certains médias sont trop systématiques pour être dues au hasard. Ce système est problématique.
Second point: Les politiques français ont tous un problème avec les juges. La preuve: la phrase qui a le plus coûté à François Hollande dans le fameux livre est celle dans laquelle il évoquait la «lâcheté» de certains magistrats. A droite comme à gauche, les élus craignent les juges et n’acceptent pas, au fond, une intransigeante séparation des pouvoirs. Cela s’explique aussi par les problèmes, en France, entre argent et politique. La justice française reste perçue comme au service de tel ou tel clan également parce que les magistrats sont divisés entre eux. A noter toutefois: d’une façon générale, ce quinquennat a beaucoup moins «interféré» dans les affaires judiciaires que les précédents.
Je crois que cette décision absolument cynique se prête parfaitement au commentaire que faisait Monique Pinçon-Charlot de celle rendue à l'issue du procès Cahuzac :
"Nous sommes face à une classe sociale avec des effets de manche, des concurrences, de fausses querelles, qui reste malgré tout extrêmement solidaire et mobilisée dans la défense de ses intérêts"
Le mardi 25 octobre 2016, Radio Canut a été perquisitionnée dans la matinée. Cinq flics de la police judiciaire et une procureure sont venu.e.s saisir l’enregistrement d’une émission du jeudi 20 octobre où deux animateurs ont fait une blague entre deux morceaux de musique punk :
« En ce moment, y a une manif de flics à Bellecour.
- Avis à tous les suicidés, avis à tous les suicidaires : que votre dernier acte de vie soit utile, faites-vous sauter dans la manif des flics.
- On vous fera un bel enterrement avec une belle boum.
- Suicidés, suicidaires, organisez-vous.
- Oh mais ils sont là pour nous protéger quand même ! » »
Ces propos tenus sur les ondes du 102.2 sont au second degré, c’est de l’humour ! Confondre terrorisme et satire est apparemment de mise dans une période d’état d’urgence.
Dans "Cambouis", un fanzine édité par Luz au lendemain du 21 avril 2002 (n°9, juillet 2002), il avait prêté ces propos à Charb : « Si j’apprends que j’ai un cancer, j’achète une kalach’, je vais dans un meeting du FN et je tire dans le tas. » Ni Luz, ni Charb à l’époque n’avaient été poursuivis en justice.
Qualifier en terrorisme ces faits montre le climat de paranoïa et ouvre la voie à une répression accrue et ciblée contre les médias alternatifs.
EXCLUSIF. Pourquoi nous renonçons à défendre Salah Abdeslam
Vous pensez que sa radicalisation récente est en grande partie liée à ses conditions de détention ?
Frank Berton – J'en suis convaincu. Ecoutez… Salah Abdeslam n'a jamais été l'organisateur des attentats de Paris. Mais le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l'épiant comme un rat dans sa cage. Je vous le dis, la prison est en train de transformer Salah Abdeslam en bête sauvage. Sa fenêtre est obstruée par un plexiglass, il n'a pas accès à l'air. Il voit sa famille derrière une vitre, il n'a plus le moindre contact physique avec quiconque, hormis les fouilles au corps. C'est dégradant. En 25 ans de carrière, je n'ai jamais vu ça. Et pourtant, ça se passe en France, à Fleury-Mérogis. Il n'y a pas de parole sans humanité. Salah Abdeslam ne s'appartient plus. Il ne lui reste plus que son silence. Et, comme il le dit, je le crains, la protection de dieu. Moi, j'aurais rêvé d'autre chose.
Sven Mary – A l'inverse de Frank, je n'ai pas un sentiment d'échec aujourd'hui, compte-tenu de la puissance à laquelle nous avons dû faire face. Ses conditions de détention relèvent de la torture psychologique. Mais les gens s'en moquent. Qu'on le pende haut et court, est-ce ce qu'ils souhaitent ? En tout cas, c'est triste pour l'Etat de droit.
[...]
Vous avez le sentiment que les intérêts politiques ne servent pas la recherche de vérité dans la procédure qui vise Salah Abdeslam ?
Frank Berton – En effet. Je pense même qu'ils sont entrés en contradiction. Les postures politiques ont à mon sens desservi le combat judiciaire. Salah Abdeslam est devenu le symbole de la lutte anti-terroriste, enjeu présidentiel majeur. Depuis sept mois, six magistrats tentent de travailler avec intelligence pour donner un sens à l'instruction qu'ils mènent, en obtenant des réponses aux questions qui demeurent. Toutes les mesures prises pour faire du bruit ne facilitent pas leur tâche. La loi sur-mesure qui autorise sur ce seul détenu la vidéo-surveillance, y compris la nuit avec caméras infra-rouge, n'était pas une nécessité.
[...]
N'importe quel individu, tout terroriste soit-il, a droit à une défense dans ce pays. C'est toute la noblesse de mon métier.
cf http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?f5miJw et la discussion qui s'en suit
« Ça doit être un surhomme pour parvenir à blesser sept policiers en moins d’une minute : personne n’y croit à part la justice ! »
On a démasqué Flash :O
Je rigole, mais c'est terrible pour ce pays. On commence toujours par mettre les communistes en prison... et vous vous en foutez, vous n'êtes pas communistes... c'est ça ?
via Kevin
Ça commence là.
Bonne lecture.
Et préparez les kleenex.
Pas neuf, mais je nettoie un peu mes centaines d'onglets ouverts...
En conflit depuis le début de l'année, les avocats des barreaux d'Alès (Gard), Avignon, Carpentras (Vaucluse), Mende (Lozère), Privas et Nîmes, soutenus par leur confères du grand sud, de Corse et par le conseil national des Barreaux, dénoncent l'attitude de cette Chambre, dont ils boycottent les audiences.
En premier lieu, ils reprochent la sévérité de cette cour, qui aggraverait les peines de première instance dans "des proportions inhabituelles". Ainsi sur 500 arrêts, 40 ont été des confirmations, moins de 20 des relaxes et les autres sont des aggravations. Ces dernières vont jusqu'au doublement des peines de prison, les amendes pouvant être multipliées par dix, affirme le syndicat.
[...]
Le Syndicat de la magistrature, attaché à l'indépendance des juges ne veut pas rentrer dans le débat sur la sévérité des condamnations. En revanche, il s'interroge sur l'attitude de certains magistrats à l'audience. Le SM détaille ainsi des moqueries, des insultes ou hurlements sur des suspects, des interruptions de plaidoirie par exemple d'un avocat critiquant le travail des enquêteurs, le mépris affiché pour des décisions de première instance, ou encore l'interdiction de donner connaissance d'une expertise.
Drôle d'histoire. Je n'ai toujours pas compris exactement ce qui était reproché à Florence Hartmann. Et l'aspect très partiel (et sans doute un peu partial) relayé par les médias n'aide pas à sa compréhension. J'en retiens que le rôle du TPI n'est pas très clair : à la fois juge de premier et de dernier recours ? Comme le Conseil d’État en France dans certains cas...
Mediapart révèle que la justice demande à la Ligue des droits de l'homme (LDH) et à la Fédération Internationale des droits de l'homme (FIDH) de verser un total de 13 000 euros de consignation, pour avoir le droit de se constituer partie civile et d'obliger à une enquête sur les systèmes de surveillance massive.
via Seb et barbu disgressif
Et si ils avaient arraché la chemise du DRH, c'était la perpétuité ?
Une décision qui rend un peu d'espoir dans la justice.
Pour rappel, en 2013, la cour d’appel de Versailles avait obligé Mediapart à retirer tous les compte-rendus des enregistrements.
"En réalité, l’homme s’était fait remettre en janvier 2015 par Veolia la liste des produits chimiques utilisés dans l’usine de traitement des eaux, pour qu’un médecin-expert confirme à la CPAM l’éventuel lien de causalité entre le travail de Nacer et la maladie qu’il a contracté, pour laquelle lui a été reconnue une incapacité permanente partielle de 25%. Pour vérifier lui-même la liste, il avait cherché « produits chimiques pour traitement des eaux » avec Google. C’était environ huit mois avant que Veolia ne le dénonce auprès du commissariat."
Vous rappelez-vous de cette vidéo de Klaire ? https://www.youtube.com/watch?v=gbSpokOYhqI
Ben voilà. On y est.
Je vous en avait parlé (là => http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?Hqf8AA) de l'affaire des manuscrits de Chateaubriand.
J'apprends via @robert_diard que le jugement vient d'être rendu :
Le notaire qui a voulu vendre une copie manuscrite des Mémoires déposée à son étude en 1836 condamné pour abus de confiance
« Il ne peut y avoir acquisition par prescription pour le gardien d’un objet » indique le jugement
le notaire condamné à 25.000 euros d'amende "compte tenu de la durée du dépôt et du nombre de dépositaires successifs"
Le tribunal ordonne confiscation des précieux scellés,18 portefeuilles des Mémoires recopiés par le secrétaire de l'écrivain
Et que vont devenir les scellés ?
Indiana style : Leur place est dans un musée !
EDIT : le ministère de la culture "se réjouit" de cette décision. Tu m'étonnes : ils vont pouvoir avoir gratos des manuscrits qu'ils étaient prêts à acquérir pour 550 000 €. Non je n'ai pas mis un zéro de trop.
http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Manuscrit-des-Memoires-d-Outre-Tombe
Le sujet ne semble pas s'y prêter, mais j'ai adoré ce reportage.
Le message fort à retenir, sans tomber dans la simplification, c'est la valorisation, le renforcement positif. Un des intervenants (Michael je crois) explique comment il s'est sorti de la délinquance en prison : pas grâce à la prison mais, paradoxalement, grâce à des taulards, des "vieux" qui l'ont poussé à aller à l'école, qui l'ont valorisé et lui ont fait prendre conscience qu'il pouvait faire autre chose de sa vie.
Un des points commun entre les trois témoignages ? C'est "l'après" le plus difficile. Sortir de prison pleins de bonnes intentions, c'est le cas de presque tout le monde. Mais quand on se retrouve -littéralement- à la rue, sans un rond, si on ne tombe pas très vite sur la personne qui saura vous donner une chance, on retombe...
"En 2015, ils ont 25, 32 et 34 ans, sont « rangés des voitures », ils ont disparu des radars policiers et judiciaires et mènent des existences invisibles parce qu'on braque toujours les projecteurs sur la jeunesse déviante, mais jamais sur ce qu'elle devient, parce que les statistiques de la justice laissent sous silence le devenir des adolescents dits incasables."
Un procès "exemplaire" :
=> remise en cause de l'inspection du travail "pas là pour protéger les plus faibles/les salariés"
=> au delà : remise en cause du droit du travail
=> relise en cause des syndicats
=> pas de statut pour les lanceurs d'alerte
"Mais comme on a suspendu tout recours en justice grâce à l'état d'urgence, pourquoi se priver de régler les petits problèmes en cours, hein ? C'est plus simple comme ça après tout."
Voilà. Vous parliez d’État de droit ?
Privé de Twitter, Me Eolas renouerait-il avec son blog ?
Très beau texte.
Tout l'attirail de lois autour du terrorisme est "un système qui permet d'instrumentaliser la justice" à des fins politiques.
Et ce n'est pas un hippie libertaire qui le dit, mais le juge Trévidic, qui s'y connait en terrorisme et anti-terrorisme.
Triste rappel de Numerama : "Hélas nos craintes ont été vérifiées très vite par la censure très discutable d'Islamic-News, décidée sur ordre exclusif du ministère de l'intérieur, sans qu'aucune preuve d'une "apologie du terrorisme" ou d'une "provocation à commettre des actes de terrorisme" ne soit jamais apportée (ordre qui fait l'objet d'un recours intenté par Numerama au nom de la défense des principes démocratiques). La censure est devenue en France une arme de contre-propagande dans une guerre qui peine à dire son nom."
Ce paragraphe est terrifiant : ""Il y a plein de choses que l'on prend en ligne de compte, et ce n'est pas la vérité qu'on cherche nécessairement dans l'anti-terrorisme. Dans certains dossiers c'est une évidence, mais même globalement, on cherche à mettre en place un système qui permet d'instrumentaliser la justice par moments, en qualifiant tel ou tel groupe de terroriste, ou après en disant le contraire. C'est tellement politique comme domaine qu'un juge n'y trouve pas tellement son intérêt"."
L'interview sur RTL : https://www.youtube.com/watch?v=jktUU5q1Q8E&feature=youtu.be
Une infographie intéressante sur le parcours d'Hissène Habré, de la dictature au procès.
8 ans de règne, 40 000 morts, 200 000 personnes victimes de tortures ou violences.
25 ans pour arriver devant un tribunal.
"Malgré des diagnostics médicaux, la mère est accusée de provoquer les troubles de ses enfants pour toucher les allocations handicap et attirer l’attention sur elle"
Alors on en est encore là ? L'autisme serait encore, pour la justice française, de la faute de la mère ? Putain, mais quel pays de cons.
"C’est une victoire du droit car, pour tous ceux qui connaissent le dossier à fond, la question du terrorisme ne se posait pas. C’est aussi un fiasco, et un piège. Car en faisant ce choix, la juge, d’une certaine manière, dépolitise le dossier. [...] Pendant sept ans, on a pu voir à l’œuvre le fonctionnement de l’antiterrorisme. Et là, la juge dit : on ne va surtout pas juger cette affaire devant une cour spéciale avec la circonstance aggravante de terrorisme, mais comme une simple affaire de droit commun. In fine, la justice avoue qu’elle s’est trompée. Mais elle est maligne car elle s’arrange pour qu’on ne puisse pas la juger. C’est piteux."
via https://tviblindi.legtux.org/shaarli/?EA3hng
Entendu comme tout le monde ; lien via Kevin
Juste pour le lulz, l’ahurissante sortie d'Estrosi, tweetée par Eolas : https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/600577321549049856
Et merde.
EDIT : tout en soutenant à 100% Reflets et Bluetouff sur ce coup, il me semble qu'il y a petit raccourci dans cette affirmation :
"Car si dans la tête de l’admin responsable de la page que tu consultes, celle-ci est considérée comme confidentielle, et même en l’absence de protection de cette page, par exemple via un identifiant et un mot de passe, tu risques une condamnation. Te voilà pirate informatique."
En fait, Bluetouff a été condamné pour "délit d’intrusion et de maintien dans un système informatique" ; ce qui n'enlève rien à la l'inanité de la procédure, à l'apparente incompréhension des juges, mais je trouve abusif de dire qu'il ait été condamné pour consultation de pages web. Même si ce type d'infraction viendra, soyez en sûrs. (C'est pas déjà un peu le cas avec la Loi Renseignement Urvoas/Cazeneuve ?) Mais revenons à nos moutons : comme l'avait exposé Eolas, Bluetouff a avant tout été condamnée pour n'avoir pas fermé sa gueule en GAV : http://www.maitre-eolas.fr/post/2014/02/07/NON,-on-ne-peut-pas-%C3%AAtre-condamn%C3%A9-pour-utiliser-Gougleu C'est dégueulasse, mais c'est la vérité.
Ça par contre, c'est plus... troublant : "En outre, nous ne perdions pas de vue le fait que Reflets a été le premier journal à évoquer les contrats d’Amesys en Libye et de Qosmos en Syrie. Or le parquet de Paris a pesé de tout son poids, probablement à la demande de l’exécutif, pour freiner tout développement judiciaire de l’affaire Amesys. De là à imaginer que quelqu’un souhaitait nous faire payer nos révélations, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Mais en tout cas, nous partions avec, disons, un désavantage."
Entre innocents accusés à tort et victimes tout bonnement oubliées, bienvenue dans Outreau, épisode 3. Ça va gerber dans les chaumières.
Voir aussi http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/outreau-l-article-a-lire-pour-comprendre-la-tenue-d-un-nouveau-proces_896303.html
via Riff
"Bien sûr la justice officielle sait toujours trouver des motifs pour transformer une résistance politique en un crime de droit commun, en inventant des chefs d’inculpation et en faisant témoigner ses propres policiers. La justice officielle, d’ailleurs, leur en sait gré puisqu’elle sait être reconnaissante avec eux, lorsqu’ils sont les auteurs de «bavures». "
Lisez donc les comptes-rendus du "procès du Carlton" par Pascale Robert-Diard. C'est édifiant sur la nature humaine, la misère sexuelle, la misère tout court...
J'avais loupé ça.
"Le terrorisme est pour le corps social comme une piqûre de guêpe. C’est douloureux, l’auteur de ces lignes en sait quelque chose. Cela arrache un cri de douleur, parfois des larmes. Mais ce n’est jamais mortel. Ce qui peut provoquer la mort, c’est la réaction excessive du corps face à cette agression. C’est le choc anaphylactique, le système immunitaire du corps qui en, sur-réagissant, finit par se détruire lui-même. C’est cette image qu’évoque pour moi cette pluie de condamnations. Un choc anaphylactique judiciaire."
via des shaarlistes
"Quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise, Tesson fait partie de la famille. On ne va tout de même pas encabaner papy, aujourd’hui, à son âge. La saillie islamophobe est certes inacceptable, mérite rappel à l’ordre, réprimande, tape sur les doigts, tout ce qu’on voudra, mais tout de même moins que l’apologie des frères Kouachi sous l’emprise de l’alcool. « Une boulette », dit Joffrin, pour excuser Tesson. [...] Pas la moindre indulgence, en revanche, pour la collection de semi-débiles, sur qui pleuvent les condamnations à de la prison ferme, depuis deux semaines "
Je reprends le commentaire d'Anadrak : "Enfermons les coupables de caricatures pour défendre... les coupables... de carica- Ok les mecs, on a pas chié dans la colle là ?"
via http://anadrark.com/links/?_VEXMg
Me Eolas sur Twitter : "14 mois ferme mandat de dépôt pour tentative de vol, outrage et apologie du terrorisme. Justice hystérique qui me fait honte. Cette ambiance hystérique, je l'ai déjà connue il y a longtemps. C'était au moment de l'affaire Guy Georges. La justice était tellement furibarde d'avoir été impuissante pendant des années que des mandats de dépôts pleuvaient sur n'importe quoi. Ca a mis 6 mois à se calmer. On faisait tout pour faire renvoyer des dossiers où le prévenu était mulâtre et coupé court. La justice est laide quand elle cogne sur des petits pour se passer les nerfs. Triste hommage aux libertaires assassinés.
Pas besoin d'être grand clerc pour imaginer que ces prévenus vont arriver en maison d'arrêt avec un sentiment d'injustice. A votre avis, qui va les prendre en charge en leur disant qu'aller en prison pour avoir défendu le Prophète, c'est formidable ? Qu'il n'a rien à attendre de cette France qui hait l'islam, et que eux vont l'aider et le soutenir. Et hop un de plus.
Un seul conseil à donner à mes confrères qui se retrouve à défendre un apologue: demander un délai. Il faut refuser d'être jugé actuellement"
Lire... pleurer...
Il y a tout dans cette brève : les stupides peines-planchers de Sarkozy, la misère qui pousse à voler, le nom du prévenu qui pousse à s'interroger...
Pour mémoire : je trouve que les condamnations pleuvent pas mal sur les SDF arabes ces temps-ci : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?nHfhOw
Je pose ça là pour mémoire. Très instructif cet article.
Ça commence fort : "Ils [les 4 principaux FAI français] sont donc condamnés à se faire payer par les ayants droit pour mettre en œuvre une décision de justice." du coup : "pour un FAI qui n'est pas condamné à le filtrer, il serait totalement illégal de le faire"
La précision sur la confusion entretenue entre FAI et résolveur DNS est instructive aussi. Conclusion qui sera amenée, je pense, à se vérifier de plus en plus dans les sombres années qui s'annoncent : "Les gens qui veulent accéder à un contenu sont d'autant plus disposés à faire un effort qu'on essaye de les en empêcher."
via http://sebsauvage.net/links/?I3r7vQ
J'avais loupé ça... je ne suis pas surpris de cette décision. Le système couvre les bavures.
Bon, au moins on ne leur a pas reproché de vouloir tuer tout le monde en cassant internet, comme on l'avait fait pour Bluetouff...
Même si le verdict est sévère, surtout au regard des faits reprochés, le constat est le même que pour l'affaire Bluetouff : le droit n'est pas écrit par des geeks, et la justice n'est pas rendue par des potaches en robe. Le juge n'a fait qu'appliquer le droit en vigueur, aggravé d'une usurpation d'identité (vous le tournez comme vous voulez, mais se faire passer pour Rachida Dati révèle, outre du masochisme, de l'usurpation d'identité).
via http://sebsauvage.net/links/?8CdLnA
Pour résumer : Les juges chargés d’enquêter sur le document publié par Mediapart concernant les financements libyens de Nicolas Sarkozy en 2007 ont désigné un collège d’experts en écritures, dont la conclusion est formelle : la signature figurant sur le document est « de la main de Moussa Koussa », l’ancien chef des services secrets du régime libyen >> http://www.mediapart.fr/journal/international/141114/sarkozy-kadhafi-des-experts-valident-l-authenticite-du-document-de-mediapart
Fabrice Arfi (journaliste auteur de l'enquête sur Mediapart) nous apprend que l'AFP, "après lecture attentive" de l'article et de l'information qu'il contient,a décidé que cela n'était pas digne d'une dépêche. Conclusion désabusée de Fabrice Arfi : "Il est vrai que la trauqe d'un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques"
Je... mais... aaaaah ! Putain. Bordel. Société inique de merde !
Tout est dans mon titre non ? Je résume pour ceux qui ne seraient pas au courant.
Il y a 3 jours, à Dijon, une manifestation en hommage à Rémi Fraisse a connue quelques débordements. Il y a eu quelques vitrines cassés en centre-ville, quelques tags. Je ne connais pas l'étendue exacte des dégâts, je n'ai pas pris le temps d'aller voir (en fait, je n'ai PAS le temps). Je n'ai eu, comme beaucoup de monde, que les deux "Unes" successives du Bien Public, le torchon local d'information (N.B. : orienté à droite), qui a publié deux jours de suite les deux mêmes photos : UNE vitrine cassé et UN grafiti, pris sous deux angles différents, ce qui m'a laissé tout de même un peu dubitatif sur l'étendue réelle des dégâts (ce qui ne veut pas dire que je cautionne, hein). Un type a été interpellé "défavorablement connu des services de police", et jugé en comparution immédiate. Il a pris 6 mois ferme pour quelques vitrines, là où quelques coups de pieds au cul (traduire : TIG) auraient suffit. http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/2014/11/04/dijon-le-casseur-ete-condamne-6-mois-de-prison-ferme-585100.html
Dans le même temps, 3 ans après les faits, 3 policiers étaient jugés pour avoir tué un autiste (ils l'ont étouffé en l'interpellant, en s'asseyant 10 minutes sur lui alors qu'il était déjà menotté ; on appelle ça une "bavure" mais vu le niveau de connerie il faudrait trouver un autre terme, je propose "gros dégueulis", ça me parait approprié) -> http://www.liberation.fr/societe/2014/11/04/prison-avec-sursis-pour-trois-policiers-qui-avaient-tue-un-autiste_1136019, via https://www.lacaryatide.fr/liens/?G6XgNA. Ils ont certes été reconnu coupables, mais condamnés, vu les circonstances, à des peines symboliques : 6 mois avec sursis, et 60 000 € à verser conjointement à la sœur et au père de la victime.
6 mois. Avec sursis. Pour avoir tué un homme.
Je me sens mal.
"mmm... 6 mois de prison pour une blague potache ? Non il y a un problème, là. :-( "
Peut-être... ou peut-être pas. Autant je rejoint kitetoa dans sa remarque sur ceux qui nous dirigent, qui ont un pouvoir de malfaisance bien plus grand et qui sont rarement punis pour ce qu'ils font, autant je ne remets pas en question le fond de l'affaire.
Parce qu'il ne faut pas mélanger la nocivité d'une certaine classe politique et sa relative impunité, avec ce qui pourrait être interprété comme une trop grande sévérité à l'encontre du reste de la population. Les puissants se protègent entre eux, c'est un fait. Mais les "petits" sont la plupart du temps punis "normalement" (après... faut voir... si tu t'appelles Mohamed et que tu te fais chopper dans une manifestation pro-palestinienne, normalement tu prends cher. Mais c'est un autre débat)
Dans ce cas précis, il faut s'intéresser au fond de l'affaire : un type qui se déguise en clown ET qui terrorise les gens, a priori en surfant sur une espèce de psychose ambiante, des cas similaires ayant été rapportés dans la région (je n'ai pas réussi à démêler si c'était lui ou pas) http://www.lavoixdunord.fr/region/douvrin-un-clown-interpelle-apres-avoir-ete-poursuivi-ia35b54046n2445099
Je suis tout à fait d'accord avec ce commentaire http://reflets.info/la-france-a-peur-de-bozo-le-clown/#comment-512646 : c'est de la violence psychologique, et c'est pour ça qu'il a était condamné. Pas pour s'être déguisé en clown. Voir aussi ce commentaire http://reflets.info/la-france-a-peur-de-bozo-le-clown/#comment-512648 qui replace l'affaire dans son contexte. La réponse de kitetoa me parait d'ailleurs tout à fait déplacée et de mauvaise foi, mais l'agressivité envers les lecteurs qui mettent dans le mille, ça devient un peu une habitude sur Reflets...
Je viens de tomber là dessus par hasard. Je n'en avais pas entendu parler en septembre, ni avant non plus, et pourtant l'affaire semble remonter au début de l'année.
Nous n'avons pas les éléments qui ont permis au juge administratif d'étayer sa décision, aussi me garderai-je bien de la remettre en cause. Mais je ne peux m'empêcher de faire la remarque qu'entre exclusion pour cause de liens avec des salafistes et exclusion pour cause de religion, la frontière est très mince, et le terrain glissant.
Sujet à surveiller dans les années à venir, pour voir dans quelle sens s'orientera la jurisprudence.
Ce qu'il faut retenir de cette histoire, c'est que les apparences sont souvent trompeuses. Encore une histoire de biais de confirmation en somme. (Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?h83ROw)
Pauvre gosse qui va probablement mourir, au milieu de tout ça :(
C'est pas vrai, dites moi que ce n'est pas vrai... C'est Les misérables du XXIème siècle.
"Un moment, on a cru à une caricature, un mauvais film. La présidente du tribunal (blanche, la cinquantaine, fort accent bourgeois, coupe au carré) harangue le prévenu (jeune, arabe, des marques des coups infligés par la police encore sur le visage), lui coupant sans cesse la parole, lui reprochant chaque mot qu’il tente : «Vous dites que le contrôle d’identité était abusif, mais est-ce à vous d’en juger ? Vous n’êtes pas ici pour vous exprimer, mais pour répondre à mes questions.»
De l’entrée en matière, où elle se moque de son nom de famille, à la conclusion – une peine de quatre mois ferme avec mandat de dépôt (incarcération immédiate) pour avoir refusé un contrôle d’identité et s’être débattu – chaque minute de l’affligeante et courte scène qui s’est jouée mardi devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris faisait croire à une triste farce." via https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/489409473866653696
On a tout : brutalité policière, racisme ordinaire de la bourgeoisie blanche, contrôle au faciès... Un vrai cas d'école.
J'hallucine. On voudrait tout faire pour que MLP soit au deuxième tour de la prochaine présidentielle qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Autant j'ai trouvé cette photo indécente, et le comportement de l'ex-candidate FN ignoblement révélateur de ce que pensent vraiment les membres de ce parti, autant j'ai bondi ce matin en voyant cette condamnation.
A t-on voulu faire un exemple ? Sans doute, mais c'est idiot. L'insulte, fut-elle raciste, ne mérite pas la prison. Maintenant, comme le souligne l'article de Rue89, les militants FN auront beau jeu de se livrer au petit exercice des comparaisons, et de dresser la liste des délits qui sont moins sévèrement punis que de traiter la garde des sceaux de guenon. Je suis vraiment déprimé là. J'ai vraiment l'impression de vivre dans un asile de fous à ciel ouvert.
/digression/
...c'est cela, le mode est un asile de fous, il ne nous reste qu'à l'aménager un peu pour que ses pensionnaires se sentent bien. Douglas Adams avait bien raison. (Pour ceux qui l'ignore, c'est dans "Salut, et encore merci pour le poisson")
Ok, c'est moche de devoir payer 2500€ pour une critique ; je trouve l'attitude de la restauratrice assez moche d'avoir porté plainte (même si je peux comprendre le préjudice subi) ; du point de vue du droit, c'est assez inquiétant de ne pas pouvoir critiquer librement. Aurait-elle été condamnée pour avoir traité de harpie la serveuse et de diva la patronne qu'il n'y aurait pas grand chose à redire (l'appréciation de l'insulte est assez large). Mais elle a été condamnée pour dénigrement, et ça laisse songeur. Si ça continue, Michelin et le Routard vont devoir provisionner des millions d'euros pour payer les restaurateurs mécontents de leurs critiques...
Voilà, je n'irai pas plus loin : je trouve la procédure outrancière, la décision infondée en droit, mais pas d'effet Streisand pour moi, car nous n'avons le témoignage que d'une des deux parties en présence. Cela dit, la critique aurait-elle été infondée que je persisterais à penser que cette condamnation est déplacée.
EDIT : l'avis de Tommy http://liens.howtommy.net/?61uCgg
:-(
"les ayants droit du livre préfèrent, de plus en plus, à l'instar de ceux de la musique, intenter des actions au pénal plutôt qu'au civil car cela fait plus peur aux pirates et en dissuade d'autres".
Via plein de shaarlistes : le résumé synthétiques avec des flèches (et des slips) des casseroles de Sarkozy. C'est tout de suite plus clair, et je me félicite de ne pas être juge d'instruction. Quel bazar ! En passant, toutes mes excuses à Kevin Mérigot (http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?Dbgt_g) qui n'avait pas totalement tort, sauf qu'il n'avait pas totalement raison ^^
Ah ouais quand même... J'espère qu'il ne va pas encore passer entre les mailles du filet comme pour l'affaire Bettencourt...
Ouf. Je me sens aussi soulagé que si je le connaissais personnellement.
"Selon la journaliste du Monde présente sur place, Pascale Robert-Diard, la salle a acclamé les jurés de la cour d'assise des Pyrénées-Atlantiques à l'annonce du verdict." Son fil Twitter >> https://twitter.com/robert_diard
On peut résumer d'une phrase : "Ne sombre pas du côté obscur de la Force, jeune jedi"
Si vous n'avez pas le courage de tout lire : "Sur le maintien frauduleux, la cour retient qu’entendu au cours de la garde à vue, Bluetouff a reconnu s’être baladé dans l’arborescence des répertoires en remontant jusqu’à la page d’accueil, où il a constaté la présence d’une authentification par login / mot de passe. Fatalitas. Dès lors, Bluetouff a creusé sa tombe. En admettant cela, il a reconnu ce que le parquet aurait été autrement incapable de démontrer : le caractère frauduleux de son maintien. À la seconde où Bluetouff a compris qu’il était dans un extranet dont la porte était fermée mais dont on avait juste oublié de monter les murs autour, il commettait le délit de maintien frauduleux dans un STAD."
Voilà, ça m’agaçait depuis plusieurs jours ces diatribes anti-justice sur différents Shaarlis. J'espère que ça va se calmer. Juges incompétents ? Oui, ils le reconnaissent eux-même. C'est d'ailleurs le même genre d'incompétence que dans une affaire d'accident médical : le juge n'est pas médecin, il faut pourtant qu'il prenne une décision en fonction des éléments en sa possession et de l'état du droit. Décision injuste ? Au sens étroit du terme, oui, un peu. Au sens juridique, non.
Leçon à retenir dans cette affaire :
1/ si vous pénétrez, même avec la meilleure volonté du monde, sur STAD, fermez votre gueule.
2/ si vous êtes placé en garde à vue, FERMEZ VOTRE GUEULE, aussi.
Ah putain les cons !!! Dites moi que ce n'est pas vrai :-(
Lien vers l'article : http://www.numerama.com/magazine/28295-bluetouff-condamne-en-appel-pour-avoir-su-utiliser-google.html
EDIT : à suivre... http://www.numerama.com/magazine/28308-bluetouff-se-pourvoit-en-cassation.html
Lu dans l'article de Mediapart :
"Mecredi à la cour d’appel de Paris, c’est à des magistrats totalement hermétiques à toute notion technique, même les plus basiques, que la défense a été confrontée. En ouverture d’audience, la magistrate chargée de rappeler les faits semblait même ne pas connaître Google, prononcé à la française « gogleu », ni savoir ce que signifie un « login », prononcé « lojin ». Difficile, dans ces conditions, d’expliquer qu’il est effectivement possible de tomber sur des documents de travail par une simple recherche… « Mais il faut tout de même taper des mot-clefs… », demande ainsi, dubitatif, un de juges. « Comment faites-vous pour arriver sur des questions de santé publique alors que vous cherchiez des choses sur la Syrie ? » Au fil de l’audience, on se rend compte que les magistrats ont une vision totalement fantasmée d’internet, et des documents que l’on peut y trouver… « Vous ne vous souciez pas de savoir si vous alliez tuer toute la planète ? », s’indigne ainsi une magistrate alors que l’accusé vient de lui expliquer que ces documents n’étaient, visiblement, pas confidentiels."
Jugement le 5 février. Présenté comme ça, il est dans la merde :/
"Cela montre aussi une certaine incompétence technique des juridictions à l'endroit d'Internet" - Félix Tréguer, de la Quadrature du net" Tout est dit. Quelqu'un a un lien vers les images en question ? Je dois faire partie des rares personnes a ne pas les avoir vues ! ^^
EDIT : Ah, ah, j'en étais sûr ! Merci Sebsauvage http://sebsauvage.net/links/?K7Onhg
EDIT 2 : Sebsauvage me prend par la main, aggravant ma paresse naturelle... Merci :D http://sebsauvage.net/links/?7cF0lw La vidéo serait donc là : http://www.liveleak.com/
D'accord avec toi, il fait ce qu'il veut de son cul ! D'accord aussi avec le fait que cette décision est inepte (mais les juges prennent des décisions en fonction de l'état de la législation...) ; ça me rappelle l'affaire de Michelle Obama / singe dans Google images il y a quelques années. Impossible de faire comprendre que le buzz s'auto-nourrit : plus on relinke l'image, plus l'algo la place haut dans les résultats.
La Cour de cassation a tiré les conséquences des arrêts Medvedyev et Moulin de la CEDH : le magistrat du Parquet n'est pas un juge, et ne peut pas autoriser seul une mesure qui constituerait une "ingérence dans la vie privée" du prévenu.
via https://twitter.com/JapTwit/status/394045800382488576
Décision intelligente. Espérons qu'elle fasse jurisprudence en faveur des lanceurs d'alerte.
Sordide : un policier alcoolique et accro au jeu vole les primes de ses collègues et l'argent liquide trouvé sur un toxico mort d'overdose. Pour couronner le tout, l'argent ne sera restitué aux parents du jeune mort d'overdose que 7 ans plus tard.
C'est plus fort que moi, je vais encore faire u ne tartine : la journaliste a l'air scandalisée que l'Etat soit condamné à la place du fonctionnaire voleur (Tout est dans le titre : "Un policier vole 6 100 euros à un mort, c’est l’Etat qui est condamné") ; elle fournit pourtant elle-même l'explication : "le ministère de la Justice conseille deux options pour réparer le préjudice : mener une action contre le policier ou assigner l’Etat au civil en réclamant une indemnisation. C’est cette option que les parents de Y.G. ont choisie."
Je suis étonné que cette affaire ait été jugée par le Tribunal de grande instance de Paris*. Normalement, on ne peut pas "assigner l'Etat au civil". Ça ne veut rien dire. On peut déposer un recours de plein contentieux devant le Tribunal administratif -ou peut-être même le Conseil d'Etat dans ce cas de figure, au vu de la gravité des faits ?- (explications ici : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/approfondissements/quatre-types-contentieux-administratif.html) pour demander réparation à l'Etat du préjudice subit du fait de son action ou de son inaction... En l'espèce, le préjudice est né du fait que l'Administration n'a pas été capable d'empêcher, puis de réparer le vol de cet argent. Et il plus "judicieux" de s'attaquer à l'Etat, qui est solvable, qu'à un individu, qui ne l'est pas forcément...
[*je suis preneur d'infos du coup]
EDIT : Maître Eolas m'a répondu, mais je ne me sens pas beaucoup plus avancé https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/388243572459188224
Content quand même ^^
EDIT 2 : En cherchant un peu, on trouve des trucs... http://www.economie.gouv.fr/daj/aje
"L’AJE représente l’État en défense, dans les domaines des accidents causés par les agents de l’État et dans celui des libertés publiques (par exemple pour les dommages causés par le fonctionnement défectueux du service public de la justice), ou dans le domaine du droit social et de certains droits économiques et financiers." Voilà, c'est exactement ça, on est en plein dedans.
J'en parlais en décembre dernier http://chroniques-de-sammy.blogspot.fr/2012/12/chroniques-des-choses-probables.html : la maman du petit garçon envoyé à l'école avec un T-shirt portant les inscriptions "Né un 11 septembre / Je suis une bombe" vient d'être condamné en appel à de la prison. Certes avec sursis, mais de la prison quand même. On nage en plein délire là. On peut se moquer des américains (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?UhLRbA http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?XsdL8g) mais on ne fait pas mieux qu'eux.
Ça mérite une petite explication : le 7 octobre 2010, l'un des auteurs du blog "C'est la gêne" s'est livré à critique (très) virulente du film "La rafle", de Rose Bosch. Avec force gros mots (tiens, ça me rappelle les coups de gueule de Sebsauvage et Timo...)
Voici l'article incriminé : http://cestlagene.com/2010/10/07/et-si-tu-fermais-ta-bouche-rose-bosch/
J'ai un peu de mal avec ce jugement, car je ne vois pas très bien où est l'injure publique. Si dire d'un film que c'est une merde revient à injurier son réalisateur, on ne va plus beaucoup pouvoir s'épancher sur les navets dites moi...
Américanisation de la justice ? Toujours est-il que cette info m'en rappelle une autre : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/11/filmer-la-cruaute-envers-les-animaux-devient-un-crime-aux-etats-unis_3157361_3244.html#xtor=RSS-3208
L'ordonnance du juge des référés : http://www.l214.com/fichiers/pdf/poules-pondeuses/20130716-ordonnance-Val-Produits-L214.pdf
Je trouve inquiétante cette dérive de la justice, bafouant des libertés fondamentales (droit à l'information entre autres) au nom d'autres libertés (droit à la vie privée)... Cette affaire est un bon exemple, mais songez aussi à la condamnation du Point et de Mediapart, au nom de la "vie privée"...