Un pays qui voit des outrages à la police partout ne va pas dans la bonne direction.
Libération publie des images inédites des faits, issues des caméras de vidéosurveillance et récupérées par la justice (voir la vidéo ci-dessous). Ces vidéos permettent d’observer l’ensemble des violences reprochées aux agents. Des messages radio échangés entre les policiers dans les instants qui précédent attestent aussi de l’état d’esprit belliqueux de la hiérarchie.
[...]
Tout aussi troublant, Gilbert S. ne demande pas de compte rendu à ses troupes pour savoir qui est rentré dans le restaurant, voire qui est concerné par les violences. Alors même que son pouvoir hiérarchique aurait pu leur imposer de répondre. «Il semble […] que vous n’ayez pas souhaité poser des questions à vos personnels», relèvera la juge d’instruction chargée de l’enquête.
[...]
A ce jour, et alors même qu’une enquête administrative a également relevé les violences des agents, aucun d’entre eux n’a été sanctionné par le ministère de l’Intérieur. La plupart ont même été félicités, voire promus.
Ohlalala, les forces de l'ordre agissent sur ordre de leur hiérarchie, qui elle-même suit les directives du Préfet de police, appointé par Beauvau ? Mais aurait pu prédire ?
Collègues de travail, plaignant·es, gardé·es à vue… Disclose a retrouvé 429 victimes de violences sexuelles perpétrées par des policiers ou des gendarmes partout en France. D’après notre enquête, ces affaires, qui vont du harcèlement sexuel au viol, impliquent 215 fonctionnaires, tous grades confondus. Leur point commun : ils ont abusé de leur pouvoir pour arriver à leurs fins et imposer le silence. Le ministère de l’intérieur laisse faire, en toute impunité.
Ces policiers et gendarmes ont ciblé les plus vulnérables : des femmes venues déposer plainte pour violences conjugales, des personnes exilées et handicapées cherchant protection ou encore des travailleur·euses du sexe ou des adolescent·es interpellé·es. Ils sévissent également au moment précis où elles se trouvent à leur merci : en garde à vue, au dépôt d’un tribunal, lors d’un contrôle routier ou d’une interpellation. Lorsque les victimes sont des hommes ou des adolescents racisés, ces violences prennent presque toujours une dimension raciste. Si elles ont lieu dans un contexte de manifestation, elles deviennent alors « un moyen de répression » à part entière, résume l’avocate d’une étudiante agressée sexuellement lors de son arrestation, en marge d’une manifestation parisienne.
L'autre moitié des victimes : des femmes policières.
La hiérarchie banalise, le ministère s'en fout.
La gerbe.
Vous comprenez pourquoi je dis que les violences policières sont avant tout des violences d’État ?
Un policier frappe un paraplégique (pendant qu'un second le tiens et qu'un troisième regarde).
Les policiers portent plainte.
Arrêtez de réfléchir, vous allez attraper mal à la tête.
Et, évidemment, changer les méthodes de la police et n'utiliser la violence qu'en ultime recours => NON CERTAINEMENT PAS
Tout est dans le titre.
via Seb
L’usage «excessif» de la force par la police française inquiète l’ONU
via Seb je crois
A la suite de la reconstitution judiciaire organisée le 5 mai, le récit des agents est conforté sur les risques pris par l’adolescent dans sa fuite mais est contredit à l’inverse concernant le danger immédiat pour les policiers au moment du tir.
Non, rien. Circulez, puisqu'on vous dit que y'a rien à voir.
Vous n'allez tout de même pas nous faire croire que vous avez attendu juillet 2024 pour vous rendre compte qu'Alliance, le principal syndicat de la police, était un nid de fachos ?
Désormais, avec la nouvelle loi, qui date du 22 avril, la présence de l'avocat est obligatoire : dans le cas contraire, l'audition ne peut pas commencer. Si l'avocat désigné ne peut pas se présenter "dans un délai de deux heures", ou si la personne n'a pas de conseil, un avocat commis d'office doit obligatoirement être désigné.
Des exceptions à cette règle ont été introduites. Elles sont soumises à des conditions : il faut une "renonciation expresse de [l]a part [de la personne en garde à vue] mentionnée au procès-verbal" ou bien une demande d'un procureur de la République, "soit pour éviter une situation susceptible de compromettre sérieusement une procédure pénale, soit pour prévenir une atteinte grave à la vie, à la liberté ou à l'intégrité physique d'une personne".
On parie combien que les renonciations expresses vont se multiplier dès ces prochaines semaines, en mode "signe là et on te fout la paix" ?
Pourquoi des policiers y sont-ils opposés ?
Plusieurs syndicats de policiers montent au créneau contre ces nouvelles dispositions. Porte-parole d'Alliance [...]
Okay, on interroge les fachos pour savoir ce qu'ils pensent de la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Bravo France Info.
"Il m'a agressé en me jetant son œil", ça peut passer ?
J'ai l'air de rire, mais c'est absolument horrible.
Lu dans Brief.me :
La commission des Lois du Sénat formule 25 propositions pour faire face à des émeutes telles que celles qui se sont déroulées en juin 2023, dans un rapport publié hier soir. Après six mois d’enquête, les sénateurs proposent notamment l’interdiction de la vente des mortiers d’artifice et la possibilité pour le gouvernement de limiter certaines fonctionnalités des réseaux sociaux telles que la géolocalisation utilisée par les émeutiers pour se retrouver. Les émeutes de juin 2023 représentent un coût déclaré aux assureurs de 793 millions d’euros, « soit un montant quatre fois supérieur à celui des émeutes de 2005 », selon le rapport.
Et interdire aux flics de tuer des gosses, ils y ont pas pensé ?
Trouvé via Brief.me, que je cite :
Près de 60 % des policiers et gendarmes estiment que le recours à plus de force que prévu par la loi devrait être toléré dans certains cas, selon un rapport publié aujourd’hui par le Défenseur des droits, une autorité administrative indépendante. L’étude menée dans sept départements pointe un « rapport au droit ambivalent », en particulier chez les policiers. Plus de 39 % des répondants jugent par ailleurs les contrôles d’identité fréquents peu ou pas efficaces pour « garantir la sécurité d’un territoire ».
Extrait du communiqué de presse du Défenseur des droits :
Forte de ces résultats, la Défenseure des droits invite les pouvoirs publics et institutions concernées à mettre en oeuvre les recommandations qu’elle a formulées à de nombreuses reprises, telles que :
Renforcer la formation initiale et continue des policiers et des gendarmes, à laquelle le Défenseur des droits contribue, notamment sur :
les enjeux relatifs à la relation aux publics et la désescalade de la violence ;
l’obligation, dans l’usage de la force, du respect du principe de proportionnalité et notamment des conséquences physiques sur les personnes ;
la connaissance du rôle du Défenseur des droits, autorité indépendante chargée d’assurer le respect de la déontologie par les policiers et les gendarmes ;
les contrôles d’identité en veillant à ce que les modules dédiés soient effectivement suivis ;
Mettre en place un dispositif d’évaluation de la pratique des contrôles d’identité, de leur efficacité et de leur impact sur les relations avec la population et assurer leur traçabilité.
Je suis horrifié. Je reprends la formulation de SebSauvage chez qui j'ai ouvert le lien : "Les amendes comme méthode d'oppression sociale."
C'est exactement ça. C'est délirant, injuste, et contre-productif => lisez l'article.
Si les deux situations soulèvent des inquiétudes sérieuses, attardons-nous sur le cas des personnes trans. Elles seront outées de fait auprès de la police qui aurait alors connaissance de leur deadname. Or de nombreux témoignages, tels que ceux recensés chaque année par SOS Homophobie dans ses rapports sur les LGBTI-phobies, démontrent qu’il existe une réelle transphobie au sein de la police. Compte tenu de ces discriminations et des violences qui peuvent y êtres associées, fournir de telles informations à la police aura non seulement pour effet de les renforcer mais peut également mettre en danger les personnes trans confrontées à la police.
Un fichier de plus, mais bien puant celui-ci.
"Je refuse d'envoyer des CRS sur des gens qui travaillent".
Purin (c'est le cas de le dire) j'ai failli m'étouffer.
Je vous le recopie :
Ça alors ! Darmanin fait dans la compassion !Aujourd’hui, la gestion du mouvement social dans l’agriculture confirme sa déclaration : pas d’intervention des forces de l’ordre, même lorsque certains agriculteurs n’hésitent pas à dégrader des bâtiments publics des services de l’État, arracher des arbres, détruire des panneaux de signalisation… Aucune réaction policière…
Alors, on se souvient. Retraites, Sainte Soline,Gilets jaunes, réfugiés et sans-papiers, banlieues, Sivens… La liste est longue, aussi longue que le déferlement de violences policières qui s’est abattu sur nous…
Morts violentes, utilisation d’armes de guerre,blessures et mutilations, violences physiques et verbales,arrestations arbitraires, intimidations… Voici notre lot lorsque nous osons occuper l’espace public et manifester notre désespoir…
On constate donc qu’il y a deux poids deux mesures dans le « pays de l’Égalité ».
Nous ne pouvons l’accepter et nous réclamons donc, dans les prochains mouvements sociaux, autant d’égards que ceux dont fait preuve le ministère de l’intérieur avec le monde agricole en crise.Nous aussi nous sommes désespéré·e·s devant les inégalités sociales et la ségrégation,devant la crise écologique, devant les politiques qui bafouent nos conquêtes et nos droits.
Justice et Égalité pour toutes et tous !
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a ouvert lundi 4 décembre une procédure contre la France pour "acte de torture" ou "traitements inhumains et dégradants" après la blessure d'un syndicaliste, éborgné en 2016 lors d'une manifestation contre la loi travail.
Une journaliste travaillant pour le site d’information Made in Marseille a été victime d’une « agression physique (…) de la part d’un CRS » en marge de la visite du président de la République dans la cité phocéenne [...] « Ce contrôle injustifié a dégénéré lorsque l’agent a trouvé sa carte de presse lors d’un contrôle d’identité, puis l’a étranglée alors qu’elle tentait de téléphoner à notre rédactrice en chef pour nous alerter sur la situation », poursuit le communiqué, qui évoque également des « insultes misogynes » et des « propos dégradants tenus par l’agent » à l’égard de la journaliste.
Il faut écouter cette séquence de #Darmanin devant le Sénat : « Je suis à la tête d'un ministère où nous recrutons des enfants de 18, 19, 20 ans qui n'ont pas fait de très grande études. Je ne suis pas à la tête du ministère de la justice où les gens passent des concours à bac+4, bac+5, ou à l'éducation nationale où les gens ont un capital social très important. Et en plus ces personnes ont la contrainte légitime des armes »
Bref, ton excuse c'est de recruter des gamins immatures, frustrés et violents ?
A l’issue d’un court défilé entre la place de la République et la gare de l’Est, à Paris, qui s’est passé globalement dans le calme, Yssoufou Traoré – le frère d’Adama Traoré et d’Assa Traoré, figure du comité La Vérité pour Adama, qui entend lutter contre les violences policières – a été interpellé par des policiers de la BRAV-M, brigade de répression de l’action violente motocycliste. Il est mis en cause pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », selon un communiqué de la Préfecture de police de Paris.
Il a de la chance d'en être sorti vivant.
Oui, ça a été ma première réaction.
L’auteur des images, posté, avec d’autres personnes, à la fenêtre d’un appartement, chambre les forces de l’ordre qui évoluent dans la nuit en évitant des tirs de mortiers d’artifice. L’un des policiers se retourne vers le groupe et fait usage de son lanceur de balles de défense (LBD). Le projectile atterrit dans le mur de l’immeuble, à quelques dizaines de centimètres de la fenêtre.
Le calme, la décence, la maîtrise de ces gens qui nous protègent.
On est pas bien là ?
Depuis, l’association affirme que " les observateurs et la LDH ont fait l’objet d’intimidations, de disqualifications, d’attaques par les autorités ".
Après un travail de plusieurs mois fondé sur les observations de terrain, recoupées à l’aide de témoignages et d’éléments matériels, la Ligue des Droits de l’homme a rédigé un rapport qu’elle présentera le 10 juillet à 10 heures, lors d’une conférence de presse à son siège parisien.
La Ligue des Droits de l’Homme prévient : " Ce rapport remet largement en cause la version officielle présentée par les autorités, qui se sont livrées de manière alarmante à une réécriture factuellement fausse des évènements ".
Je crois que Darmanin... s'en tamponne. Oui, c'est ça. Il s'en cogne sévère.
N'en déplaise au gouvernement, les mères éduquent leurs enfants. Mais pas dans le sens que vous croyez : comment survivre à un contrôle de police.
Voilà où en est.
La situation est trop grave pour que je puisse me vanter de quoi que ce soit, mais vous vous souvenez quand je disais qu'avec le RAID il y aurait des bavures, parce qu'ils sont formés pour tuer et non pour maintenir l'ordre ? Bah voilà, un premier mort.
Comme en 2005, alors que les émeutes qui répondent à la mort violente de jeunes issus des minorités visibles expriment la rage et l’aspiration à la reconnaissance des populations discriminées, on a pu observer le spectacle étrange d’un pouvoir et d’une éditocratie qui tournent et retournent dans tous les sens le mystère d’une révolte incompréhensible, mobilisant les formes les plus absurdes du déni pour cacher la faillite du modèle français. Pendant que l’ONU appelle la République à s’attaquer aux «profonds problèmes» de racisme au sein des forces de l’ordre, la majorité des acteurs politico-médiatiques continue à prétendre que «les enfants des quartiers difficiles (…) sont tous les filles et les fils de la République», et rejette du côté de l’extrême-droite une xénophobie qui s’incarne pourtant depuis des décennies dans la relégation des quartiers, dans un maintien de l’ordre à deux vitesses ou dans la dépolitisation des soulèvements.
A l’inverse de la mort de George Floyd, celle de Nahel n’aura apporté aucun élément de compréhension ni aucune prise de conscience des mouvements qui agitent le pays. En refusant de reconnaître l’existence du racisme français, solidement ancré dans la société par l’histoire coloniale, la bourgeoisie se condamne à regarder passer les trains. Comme après 2005, aucune réponse ne sera apportée à la colère des quartiers. La seule chose visible aujourd’hui est la force du déni, qui enferme le pouvoir dans une perspective répressive à l’israélienne et accentue la dérive des forces politiques vers l’extrême-droite.
Les fafs : oh ben regardes, c'est pas si grave, les USA et le Canada ils sont pires que nous. Et puis tous ces pays d'Amérique du Sud, pfiou...
Pas de quoi être fiers, pourtant.
J'aimerais bien une autre data-viz qui montre le rapport entre nombre de tués par la police et taille de la population, plutôt que le nombre de mort pour 10 millions d'habitants.
Et aussi, une question que je me posais hier soir : on a beaucoup fait tourner l'info comme quoi, il y aurait eu 1 mort en 15 ans en Allemagne pour refus d'obtempérer, contre 15 en 1an 1/2 en France (je cite de mémoire) ; de quelles catégories ethniques les morts ? Non mais sérieux, de quelle couleur ? 8 noirs et arabes ? 10 ? 12 ? Tous ? Je voudrais vraiment, vraiment savoir.
La cagnotte lancée [par le polémiste d'extrême droite Jean Messiha] en soutien à la famille du policier auteur du coup de feu mortel sur Nahel, 17 ans tué mardi 27 juin lors d'un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine), recueille 827 393 euros lundi 3 juillet à 7 heures.
Je vais juste citer @s_assbague (qui écrivait samedi) :
Près de 400 000€ collectés pour le policier qui a exécuté Nahel ? Ces dons ne constituent pas juste un soutien matériel. Ils disent autre chose. Le soutien sans faille à l’ordre racial et policier, au permis de tuer et à la peine de mort pour les arabes et les noirs.
Comme le disait David Dufresnes à Nantes récemment, notre République connaît une succession de «moments dictature». Voici venu un autre de ces moments : celui où la police s’autonomise.
"Oh boy it's escalated quickly"
Sauf que non. J'ai plus envie de rire.
On en est là ; je suis dans le même état de sidération que le petit rongeur devant un serpent.
Etats-Unis, émeutes après le meurtre de George Floyd par un police : le contrat social est brisé. Là aussi, écoutez cette femme : "Pourquoi on brûle nos quartiers ? Parce qu'ils ne nous appartiennent pas. On a rien. Quand la police vient pour maintenir l'ordre, elle nous tue : le contrat social est rompu".
En France aussi.
Enfonçage de portes ouvertes, mais c'est toujours bien de le dire : "En France, la police ne protège pas en premier lieu les citoyens, elle protège l’État."
Coluche -en mode presque sérieux- à propos de la police.
C'était il y a 43 ans. Rien n'a changé, enfin presque, j'ai tendance à penser que c'est pire et que même lui aurait du mal à en rire.
C'est pour ça que je dis que ce n'est pas un problème de personnes et que le problème est systémique ; sinon, ça ne durerait pas depuis des décennies.
Je pose ça là, c'est en train de ressortir suite à la mort de Nahel : en Charente, un jeune homme racisé de 19 ans à été tué dans sa voiture, sur le chemin de son travail.
D'après la version policière, il aurait subitement eu envie de tuer des flics en leur fonçant dessus. Avec sa voiture. Sur le chemin de son travail. Évidemment que "fonctionnaire maintient sa version des faits".
Montage de toutes les vidéos prisent par les témoins -eh oui, il y en avait plusieurs. C'est accablant. Accablant et abject : "Je vais te mettre une balle dans la tête" ; "shoote-le" ; "retourne en Afrique"...
Condamné à deux ans de prison en février 2022, Nordine a vu sa peine se confirmer en appel ce mardi 29 novembre, pour refus d’obtempérer et « violences volontaires », lors d’un contrôle policier en août 2021 à Stains, en Seine-Saint-Denis, au cours duquel il avait été atteint de sept balles.
Je pose ça là.
Sauf que cette fois, un petit grain de sable vient gripper cette indécente machine. Une femme a filmé la scène et la diffuse presque immédiatement sur les réseaux sociaux. On y voit une toute autre version. Non, le policier n’était pas face à la voiture, mais à sa gauche. Non, la voiture n’a pas foncé sur les forces de l’ordre. Sur cette vidéo de quelques secondes, on ne voit pas une tentative d’homicide d’un fonctionnaire de police, on assiste à l’exécution d’un adolescent. Insoutenable, insupportable. L’article L233-1-1 du Code de la route punit un refus d’obtempérer avec mise en danger de la vie d’autrui de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Sous nos yeux, ce délit est puni de la peine de mort.
Depuis la création en 2017 par la loi sécurité publique d’un article élargissant les conditions d’usage de leur arme, les tirs des policiers contre des automobilistes ont fortement augmenté. Ils sont aussi plus mortels.
Tir du policier : une décision « préméditée » pour l’un des avocats de la famille de Naël. Me Abdelmadjid Benamara, un des avocats de la famille de Naël, estime sur le plateau de BFMTV que le tir du policier mardi à Nanterre était «prémédité». «Le policier est sur le côté gauche du véhicule, c’est à dire à côté des roues et non pas devant les roues. Il n’est pas en situation de danger, estime le conseil. Et il prend la décision, préméditée puisqu’il a annoncé bien avant qu’il allait tirer une balle dans la tête du petit Naël, de tirer dans le thorax de la victime. Les faits parlent d’eux mêmes. C’est limpide.»
Le «racisme» en cause dans la mort du jeune Naël, estime Marine Tondelier. «Que ça plaise ou non à certains, pour Naël et pour les autres, on va devoir adresser sérieusement le problème du racisme dans la police», plaide la secrétaire nationale d’EE-LV au micro de Sud Radio. «Tous les policiers ne sont pas racistes. Mais tout le monde ne se fait pas tuer pour un refus d’obtempérer», précise-t-elle. «On a le sentiment qu’on va vers une américanisation de la police», estime-t-elle, rappelant qu’un refus d’obtempérer «c’est trois ans de prison et 75.000 euros d’amende, pas une balle dans la tête».
"Tous les policiers ne sont pas racistes" => Certains policiers ne sont pas racistes.
En liquide ? Des gens en uniforme vont dire "tu paies cash maintenant, ou sinon c'est plus cher demain et tu risques plus gros" dans la rue, pour des infractions potentiellement inexistantes, à des gens sans avocat.
What could go wrong ?
A propos de l'idée de faire payer en liquide ou par CB les détenteurs de cannabis. Ou comment ouvrir grand la porte à la prévarication et aux violences.
A bientôt pour l'épisode 2 : "Qui aurait pu prédire ... ?"
Femme. Noire. Journaliste. Violentée.
Notez le passage de relai dans la violence entre les vigiles et les gendarmes. C'est normal : ils sont là pour défendre les mêmes intérêts.
Les refrains sur le risque futur d’une «menace d’extrême droite» sont dépassés. Nous y sommes. Avec le cas de Jordan, nous avons un policier littéralement nazi, dealer, organisateur d’attaques racistes, qui détourne des armes de guerre et qui est félicité par ses chefs. Il est même envoyé dans l’unité la plus offensive du maintien de l’ordre français. Et Jordan n’est évidemment pas un cas isolé. Quand des SS armés et payés par l’État, bourrés de coke et couverts par leur hiérarchie veulent nous tuer, on fait quoi ?
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis dans la Brav-M.
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis sur les réseaux sociaux.
Oh, quelle surprise, il y a des policiers nazis.
Oh quelle surprise.
Oh.
Le gendarme le plus gravement blessé au cours des manifestations contre la réforme des retraites l'a été par un collègue qui a, encore, lancé une grenade n'importe comment.
Lisez bien tout, comme d'habitude. Le ton est drôle, le fond est effrayant, les liens sont terrifiants.
Par erreur, vraiment ?
les Français soutiennent le mouvement social, mais ont peur de manifester
Commentaire lu sur les rézos : "Signe typique d'une démocratie libérale parfaitement normale et fonctionnelle."
Il y a une spécificité française du maintien de l’ordre, notamment quand on regarde le nombre de blessés et la gravité des blessures. Lors de ces dernières années, on a des dizaines de personnes mutilées pendant des manifestations, les unes avec des mains arrachées, d’autres éborgnées. On ne retrouve pas ça dans des pays européens comparables.
Et ça, ça vous rappelle quelque chose ?
Moi aussi.
C’est la nouvelle doctrine : répondre aux premiers jets de projectile par des munitions mortelles.
Car au-delà de la classification des armes dans une catégorie ou une autre, c’est bien la question de leur dangerosité qui se pose. Par exemple, la GM2L, même si elle n’est censée produire que des effets sonores et lacrymogènes, peut blesser gravement quand elle explose. «On a des photos de personnes qui étaient à Sainte-Soline qui ont des parties entières de grenade dans le corps. Par exemple, une jambe a été pénétrée en profondeur par un bouchon d’allumage d’une grenade [GM2L]. Celui-ci, en plastique, avec des parties métalliques, a été séparé du reste de la grenade à une vitesse suffisante pour s’incruster dans les chairs d’une personne»
Selon les organisateurs, l’homme blessé à la tête a été touché par une grenade, celui blessé à la gorge a reçu un tir de LBD. Ils évoquent 200 manifestants blessés au total, dont au moins 40 grièvement, avec une personne ayant « perdu un œil ».
Contre-argument massue des services de l'intérieur, complaisamment relayé par les médias hier : "oui mais il était fiché S pour son appartenance à l'ultra gauche".
J'en suis resté sans voix.
Récapitulons.
En France :
1/ la police réprime dans le sang des manifestations, certes interdites, mais pacifiques ;
2/ elle interdit l'accès des secours en raison d'un risque qu'elle a elle-même créé ;
3/ les gens sont fichés en raison de leur appartenance politique ;
4/ ça en devient presque une justification pour les estropier (et peut-être les tuer, espérons qu'on en arrivera pas là), voire les handicaper lourdement.
Nécessité ?
Les procureurs trouvent deux fois plus d’excuses aux violences quand elles sont commises par des policiers. Un quart des agents considérés comme coupables sont absous en toute discrétion. Les premières statistiques dévoilées par Politis objectivent la fabrique de l’impunité.
Dans le @canardenchaine de demain, on apprend que Gérald Darmanin a « décidé de commander pour 38 millions d’€ de grenades ». C’est 11 millions de plus que le dernier appel d’offre. L’exécutif craint une montée de la contestation notamment avec la réforme des retraites.
Excédés et fatigués, ils ont préféré quitter la police nationale et se reconvertir pour ne pas sombrer dans le désespoir. Aujourd'hui, ils dressent un portrait sans concession de leur ancien métier. Racisme, violences, carriérisme, pression du chiffre, heures sup, abus...
J'ai de plus en plus souvent en tête ce phrase tirée d'un sketch de Coluche : "aujourd'hui, quand des voyous agressent une vieille dame, ils sont obligés de lui dire n'ayez pas peur madame, on n'est pas des policiers".
La jeune femme devra en outre régler plus de 8.500 euros à la SNCF, constituée partie civile.
Vous vous rappelez de cette affaire ? Une femme enceinte -noire- plaquée au sol par un flic -blanc- dans une gare ? Moi oui.
Je vous laisse méditer sur la disparité des peines infligées aux deux protagonistes de cette affaire.
Mon shaare de l’époque : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?D4s6Ug
Et si vous croyiez qu'ils n'avaient pas vu qu'elle était enceinte (7 mois...), un autre partage pour vous montrer que ça n'arrête pas ces gens là : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?zSJAYg
Et ça veut organiser les JO dans moins de 2 ans.
Ça va être un carnage.
Roger Frey, ministre de l'Intérieur, le 9 février 1962 : "Des groupes organisés, de véritables émeutiers, armés de manches de pioche, de boulons, de morceaux de grilles, de pavés, d'outils divers ont attaqué le service d'ordre, en particulier boulevard Beaumarchais, rue de Charonne et rue de Turenne. Aucune manifestation qui trouble l'ordre public ne peut constituer un soutien. Bien au contraire. Elle représente alors un élément de la subversion même, en exacerbant les passions et en empêchant surtout les forces de l'ordre de remplir leur mission."
Michel Debré, premier ministre, le 12 février 1962 commente ainsi l'événement : "Il n'y a point d'État si la première mission dont il est chargé, c'est à dire l'ordre public, n'est pas respectée."
Michel Debré a même félicité le préfet de police, Maurice Papon, quelques jours plus tard pour sa fermeté. Les policiers auteurs des violences n'ont jamais été sanctionnés. Un début d'enquête a été amorcé : des auditions de la police judiciaire, des convocations chez un juge d'instruction. Mais devant les protestations des policiers impliqués, le juge a été déplacé et l'enquête s'est arrêtée.
C'est fascinant de voir comment les mensonges et les dénis de justice d'hier rejoignent ceux d'aujourd'hui...
La technique de la « nasse » que les forces de l’ordre mettent en œuvre lors de manifestations, est jugée illégale par le Conseil d’Etat, qui vient de l’annoncer ce jeudi.
L'article date du 10 juin ; je viens de le trouver via le compte Mastodon du Lapin Masqué. Vivement que cet arrêt descende jusque sur le terrain...
Question (faussement) naïve : c'est vraiment le handicap le problème, ou la brutalité policière ordinaire ?
(via https://ecirtam.net/opennews/?eJuYrw)
Si le rassemblement était interdit en raison d’un arrêté préfectoral, c’est la méthode d’intervention qui interpelle. D’autant qu’au moment de l’opération de destruction des gendarmes, la musique avait cessé, comme l’avait demandé le préfet Emmanuel Berthier. « Cela fait des années que je les défends. C’est la première fois que je vois ça », résume Me Marianne Rostan. L’avocate est catégorique : l’action des forces de l’ordre s’est déroulée en toute illégalité. « Seules les saisies sont autorisées. La destruction des biens ne peut avoir lieu que sur ordre du procureur, et uniquement s’ils sont considérés comme dangereux », résume Me Rostan.
EDIT du 01/07 : les gendarmes ont empêchés les pompiers de secourir les blessés, sur ordre de la Préfecture
https://www.mediapart.fr/journal/france/300621/redon-la-prefecture-empeche-les-pompiers-de-secourir-les-blesses
Une femme racisée, enceinte de 4 mois 1/2, perd son enfant après avoir été violentée par des policiers. Motif : non port du masque.
Personne convoquée au tribunal : la mère de l'enfant mort-né, pour outrage et rébellion.
via Seb
Assa Traoré Guardian of the year du Time!
Pour son combat contre le racisme et les violences policières.
Pour la vérité et la justice pour Adama et toutes les victimes
C'est marrant, j'ai pas trop entendu MM. Macron et Darmanin s'exprimer sur le sujet. Ils devraient pourtant être fiers d'avoir une compatriote distinguée de la sorte par un journal de cette envergure.
via Riff
"Une mère de famille peut faire 70 heures de garde à vue simplement parce qu’elle tient un parapluie."
Les autorités françaises doivent veiller à ne pas « violer les droits de l’homme de tout un groupe » dont certains ont commis des actes répréhensibles, a prévenu mercredi 9 décembre la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet. Interrogée spécifiquement sur la France, et en particulier sur la loi « sécurité globale » et les violences policières, pendant une conférence de presse, Mme Bachelet a dressé une liste de sujets d’inquiétude et de recommandations aux autorités françaises :
« Nous exhortons les autorités françaises à éviter de prendre des mesures qui résultent dans la stigmatisation de groupes entiers et nous les exhortons à prendre activement des mesures pour que des groupes ne soient pas stigmatisés ou ne voient pas leurs droits de l’homme violés parce que certains individus ont fait des choses qu’il ne fallait pas faire. »
La haut-commissaire a rappelé qu’en termes de violences policières, elle avait déjà fait part de ses inquiétudes durant les manifestations du mouvement de protestation des « gilets jaunes », commencé fin 2018 en France, et elle « encourage les autorités à mener des enquêtes rapides, complètes, indépendantes, impartiales et transparentes pour toute violation des droits de l’homme ».
La France est (encore) montrée du doigt par l'ONU.
Je pose ça là.
Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Ils l’ont ensuite accusé à tort d'avoir voulu prendre leurs armes et de rébellion.
Mais les policiers ignoraient une chose : tout a été filmé.
Michel est noir. Mais bien sûr, cela n'a aucun rapport... Ah ben si : la vidéo nous apprend que les policiers ont tenu "de nombreux propos racistes". Quel étonnement.
Pendant que des professeurs enseignent à leurs élèves que des caricatures islamophobes sont le comble de la liberté d’expression, l’adoption de la loi «Sécurité globale» et son article 24, qui restreint le droit de filmer la police, porte un coup sévère aux libertés publiques. La France rejoint ainsi l’Espagne, premier pays démocratique à avoir interdit en 2015 de filmer ou de photographier les opérations de police.
[...]
La répression féroce qui a accueilli le mouvement des Gilets jaunes a encouragé le recours à l’enregistrement vidéo, utilisé comme instrument de sousveillance. La diffusion de ces images comme preuve de la criminalisation des manifestations a suscité d’intenses conversations sur les réseaux sociaux et fait émerger le thème des violences policières dans le débat public, malgré les réticences des grands médias.
Dans leur ouvrage récent, Politiques du désordre, les chercheurs Olivier Fillieule et Fabien Jobart expliquent cette montée des violences par le choix des dirigeants, sous l’influence du précédent thatchérien, d’ignorer ou de réprimer les mouvements sociaux. En refusant, dès le début des années 2000, de répondre à «la rue», pour ne prendre en compte que la seule expression électorale, les gouvernements d’inspiration néolibérale affaiblissent l’outil de l’expression politique spontanée: la manifestation, dont les effectifs diminuent en même temps que ses acteurs se radicalisent. La riposte répressive qui répond à la casse incarne le refus de tenir compte de l’expression des aspirations sociales.
[...]
L’autoritarisme est à l’autorité ce que la brutalité est à la force: une mise en scène de son excès dicté par la faiblesse. L’Etat néolibéral est une administration paradoxale, qui met toutes ses forces à se priver de moyens. L’affaiblissement des instruments de l’action publique impose d’abandonner les processus de concertation et de dialogue au profit d’une démocratie de théâtre, qui exhibe ses pectoraux à défaut de pouvoir remédier aux difficultés sociales.
[...]
Imposée au ministère de l’Intérieur par les syndicats majoritaires de la police (Unité SGP et Alliance), qui réclament depuis des années l’interdiction de filmer les agents, cette dernière mesure a avant tout valeur de signal politique pour des troupes épuisées. Comme l’a montré le rapport du haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, il n’est en effet pas possible de réprimer l’enregistrement dans l’espace public sans contredire les lois sur la liberté de la presse et plusieurs accords internationaux signés par la France.
[...]
on peut déjà observer les effets sur les libertés d’une loi qui a d’abord pour fonction de réaffirmer le soutien sans faille aux forces de l’ordre. Les interpellations sans motif de journalistes, les violences ou les intimidations qui ont accompagné les manifestations contre le dispositif «Sécurité globale» confirment malheureusement que dans un Etat soumis à la volonté de sa police, la loi n’est déjà plus un préalable nécessaire à la restriction des libertés.
Pas mieux.
Police : « David Dufresne avez-vous confiance en la police nationale ? »
"Ça dépend"
«Il y avait des violences policières depuis très longtemps en banlieue, mais, avec le mouvement social contre la loi travail et Nuit debout, ça a commencé à s’étendre sur les manifestants et les militants. La bascule a eu lieu à ce moment. Cette nouvelle loi de “sécurité globale” est là pour empêcher une conscience générale des violences policières. »
D’après le ministre de l’Intérieur, ces enregistrements seraient particulièrement agressifs, avec des smartphones ou des caméras parfois à quelques centimètres à peine du visage des forces de l’ordre. Selon lui, ces témoins seraient mieux avisés de « donner un coup de main » aux policiers, comme « c’était encore le cas il y a 15 ou 20 ou 30 ans », assure-t-il.
"Naaaan, mais il a raison. Manuuu! Sers nous la p'tite soeur, tu vas pas rentrer sur une seule jambe !
C'es 'achement 'gressif un starphone à quèque centimètres du visage ! T'rend pas compte mon pote ! Moi j'vais t'dire, Manu, tu m'le donne, le flachebaule, ben je lui file un coup de main au flic ! Ouais, comme tumvois là, je -buuuurp- pardon, lui tire dans les couilles moi au mec, ouais, parfaitement, dans les couilles à sa mère ! Manuuuu ! Mon verre et vide !"
Extrait ayant fuité du dernier conseil des Ministres consacré à la sécurité.
Au cours de son interpellation, Thierry L., 22 ans, a subi un passage à tabac des plus violents dans une camionnette, à l’abri des regards : coups de pied à la tête, tirs de taser au ventre et entre les cuisses, blouson souillé de matière fécale. Les auteurs de ces violences commises en août 2019 appartiennent à la désormais « fameuse » compagnie de sécurisation et d’intervention de la Seine-Saint-Denis (CSI 93), visée par plusieurs enquêtes judiciaires et dont le préfet Didier Lallement a été contraint d’annoncer la dissolution cet été – sans que celle-ci soit effective, comme Mediapart l’a révélé.
[...]
L’un des agents, mais un seul, comparaît jeudi à Bobigny.
En juillet dernier, Kéziah Nussier, 21 ans, était violemment passé à tabac par les forces de l’ordre lors d’une manifestation antichlordécone en Martinique. C’est pourtant lui qui est poursuivi pour de supposées violences envers les agents. Reporterre dévoile qu’il s’agit de faux témoignages.
Sinon, juste pour rappel, quelqu'un a dit que :
« Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs. »
allez savoir si il ne faut pas cherche un rapport ?
Une autre disposition complète la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ».
Le texte est suffisamment large pour frapper ceux qui diffusent des images de policiers, accusés de violence injustifiée sur des manifestants, tout en appelant sur les réseaux sociaux à des mesures de représailles.
Et pendant ce temps, en Chine, l'autre pays des droits de l'homme :
En Chine, une nouvelle réglementation donne aux citoyens lambda le droit de prendre en photo et de filmer des policiers en exercice. Une annonce des autorités qui fait suite à la mort mystérieuse d'un jeune père de famille en détention.
via Seb
" La violence est le mode de d’organisation du dialogue social en France. En France, on casse d’abord, on discute ensuite. Le maintien de l’ordre est le maintien de l’ordre de l’Etat, c’est une prérogative particulière de l’Etat. (…) La doctrine du maintien de l’ordre a été condamnée par le Conseil Constitutionnel qui interdit les interpellations préventives. Mais c’est une culture de l’Etat qui doit être changé et qui malheureusement a le plus grand mal à progresser." Alain Bauer
On parle de démocratie. On parle d'où va la démocratie. À l'étranger, la police ne réagit pas de la même manière. La police française depuis une quinzaine d’années, se croyant supérieure aux autres, s’est repliée sur elle-même, ses techniques et ses doctrines. N’oublions pas que dans une démocratie, le niveau de violence est établi par l’État et les forces de police. David Dufresne
En France, au cours des quarante-trois dernières années, 676 personnes sont décédées à la suite d’une intervention des forces de l’ordre, dont 77 du fait d’agents en dehors de leur service.
Les deux portent plainte: le policier pour outrage et menaces, l’adolescent pour violences. Un PV “mensonger” est alors rédigé pour “charger le gamin et absoudre” le policier, affirme Valentin Gendrot qui incriminera lui aussi l’adolescent lors d’une enquête interne.
Autrement dit : Allô Place Beauvau signale les violences policières, Allô IGPN scrute comment elles sont traitées par la police elle-même, et Radio Police, comment chacun en parle.
Un petit geste pour calmer la colère du bas peuple ?
Pour Steve Maia Caniço, aucune preuve d’une « charge policière ». Pour Théo Luhaka, « les images ne permettent pas de trancher ». Pour les lycéens de Mantes-la-Jolie, les maintenir à genoux, mains sur la tête était « justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves ». Pour Zineb Redouane, morte après avoir essuyé un tir de gaz lacrymogène, aucun « lien de cause à effet entre la blessure et le décès » n’a été établi.
Dans ces quatre affaires emblématiques, comme pour de nombreuses autres, les enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont permis d’aboutir à un non-lieu ou un classement sans suite, au mépris des preuves et des témoignages.
La vidéo commence par un échange tendu entre une jeune femme et des agents de la sûreté de la SNCF en gare d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sommée de quitter la gare, elle est soudainement attrapée et tirée au sol avec une clé de bras. Alors que les agents tentent de la menotter, son compagnon intervient, affirmant que la jeune femme est enceinte, avant d’être interpellé à son tour. C’est alors un témoin de la scène qui prend le relais. Les agents ne semblent pas tenir compte de cette alerte et vont la maintenir ventre à terre en lui assénant même un coup de pied au visage.
Oui mais en même temps, elle les a provoqué : elle était noire.
Affaire Farida : un peu de contextualisation, par Mathide Larrère.
Et quand on contextualise, c'est important de bien dézoomer, pour bien remonter aux causes.
Dans une «discussion» avec l’universitaire Maboula Soumahoro sur BFM TV, le chroniqueur Eric Brunet affirmait récemment que l’idée même de racisme institutionnel serait un emprunt indu à la culture américaine. La police française ne peut être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste.
[...]
Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un «ennemi intérieur» potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines.
[...]
Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux.
Attention, cette vidéo est très dure.
Je ne vais pas citer toutes les personnes qui l'ont relayées, juste 2 tweets :
Cette femme, c'est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55.
https://twitter.com/Mellazimen/status/1272929930611953666Macron le 25 mars: « La Nation tout entière est derrière les soignants, reconnaissante. Elle rend hommage chaque jour. Avec un courage exceptionnel, ils font face. Nous serons au rendez-vous de ce que nous leur devons, au-delà de cette reconnaissance et du respect. »
Le 16 juin:
[photo]
https://twitter.com/Francois_Ruffin/status/1273172494657171461
Analyse intéressante (on est pas dans le discours méchants flics VS I love la police, mais dans le constat, et les questions qui fâchent).
N.B. : je laisse à l'auteur la responsabilité des termes employés, ce n'est que la contestation de la fameuse "doctrine du maintien de l'ordre" qui m'intéresse ici, d'autant plus qu'elle semble émaner de quelqu'un qui prend des gants, des pincettes et moults précautions pour ne pas donner l'impression de défendre les "casseurs".
Cette après-midi aux Invalides, nous avons eu l’illustration parfaite de l’impasse tactique dans laquelle se trouve le maintien de l’ordre en France en 2020
2/ les images et témoignages montrent une manifestation de contestation importante en nombre avec des personnes qui ne sont pas - au départ - venues pour « casser du flic », détruire ou piller.
3/ à l’arrivée aux Invalides, il semblerait que des éléments violents aient profité de la masse pour provoquer les FDO déployées en nombre, et en tenue de combat.
4/ les FDO ont alors lancé des gaz lacrymogènes en nombre.
[Allez voir la vidéo : ils gazent une foule nombreuse, dense, et pacifique ; mouvement de panique... et au passage ils se prennent leurs propre lacrymo dans la gueule]
L’incompréhension est totale dans la foule car la plupart des manifestants n’a pas compris ces lacrymos dont les effets d’escalade de la tension sont manifestes (détonations, fumées agressives).
5/ une nouvelle fois, la situation a rapidement dégénéré, les éléments violents bénéficiant du soutien de la foule contre des FDO qui se déploient autour en bloquant des accès.
L’escalade est enclenchée, et les FDO perdent le contrôle de la situation.
6/ la violence se développe et la foule réagit à l’escalade par effet d’entraînement.
Les éléments violents antipoliciers obtiennent donc le soutien de la masse contre les FDO soumises à une pluie de projectiles.
Le piège tactique se referme sur les FDO.
7/ Le soutien d’une masse critique est indispensable aux éléments violents, au départ minoritaires, pour faire basculer le rapport de force.
Les FDO ne peuvent pas gagner face à une foule compacte & déterminée.
L’objectif est de tout faire pour éviter ça.
8/ c’est ainsi que des manifestants basculent dans des actes violents.
L’effet d’entraînement d’une foule soumise à une perte de contrôle et au chaos est bien connu et documenté.
Pourquoi continue-t-on de l’ignorer ?
9/ la doctrine actuelle du MO pousse les FDO à aller au contact pour interpeller dans l’action des personnes repérées.
La prise de risque (regardez la pluie de projectiles) est extrême pour un objectif (interpeller UNE personne) limité.
10/ le résultat ?
Un échec du maintien de l’ordre.
Outre les dégâts matériels, les blessés (FDO & manifestants) des clivages aggravés, une escalade des affrontements dans la rue et une société blessée et désunie.
Bravo pour ce résultat.
11/ et surtout un rapport Police/Population encore dégradée, chacun restant enfermé dans sa logique étroite.
La crispation autour de cette image symbole d’une crise des institutions en est un exemple.
12/ Pourquoi ?
Pourquoi continuer à militariser le maintien de l’ordre ?
Continuer à appliquer une doctrine qui pousse à l’escalade et comble les désirs des provocateurs de tous bords ?
Une doctrine qui ne marche pas.
>13/ Chaque manifestation, depuis plusieurs années, c’est pareil.
Quel intérêt d’engager des FDO « contre » une foule qui ne comprend pas et réagit en se « défendant » ?
Incompréhension et escalade sont les 2 phases qui se répètent.
14/ par exemple, la manifestation arrivée aux Invalides bloquées par les FDO qui ne sait où aller.
Et qui s’amasse sans but avant que les lacrymos lancés en « réaction » à des violences périphériques ne lui en donne un en « réaction ».
Incompréhension & escalade.
Plusieurs milliers de personnes sur l'esplanade des Invalides mais le pont pour aller vers les Champs est bloqué par les FDO. Où aller ?
15/ combien de manifestations faudra-t-il encore avant que le ministère de l’intérieur ne change une doctrine du maintien de l’ordre qui rate à chaque fois.
Et transforme une manifestation consensuelle en énième séquence de violences urbaines ?
16/ Tant que ces questions n’auront pas d’autres réponses que « faudrait vous-y voir » ou « on peut pas faire autrement car sinon c’est la chienlit qui aura gagné », ne vous étonnez pas que chaque manifestation importante se finisse comme ça.