Allez, un p'tit coup de "X" avant d'aller manger (c'est toujours mieux dans ce sens, sinon ça fait vomir).
Interrogé sur la journaliste de Disclose placée en gàv après avoir vu son domicile perquisitionné, le porte-parole n'a rien à dire, soi-disant parce que ce n'est pas le bon contexte, mais si on l'invite [ici : chez Médiapart], il voudra bien répondre. On parie qu'il n'aura jamais le temps de s'y rendre, ou alors qu'il servira une langue de bois tellement rapeuse qu'elle fera des copeaux ?
Et en plus, il ment au sujet de la perquisition à Médiapart.
C’est parfait, changez rien surtout.
Une perquisition a été menée, mardi 19 septembre, au domicile personnel d’Ariane Lavrilleux, journaliste de Disclose et co-autrice de la série d’enquêtes « Egypt Papers ». Accompagnés d’un juge d’instruction, des policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont placé la journaliste en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour compromission du secret de la défense nationale [...] L’objectif de ce nouvel épisode d’intimidation inadmissible à l’égard des journalistes de Disclose est clair : identifier nos sources ayant permis de révéler l’opération militaire Sirli, en Égypte. En novembre 2021, Disclose s’appuyait sur plusieurs centaines de documents « confidentiel-défense » pour documenter une campagne d’exécutions arbitraires orchestrée par la dictature égyptienne du maréchal Al-Sissi, avec la complicité de l’État français.
Liberté fondamentale contre fondamentalistes : les ultra catho menacent Bilal Hassani, il annule son concert.
C’est là qu’ils ont commencé à me fouiller, à prendre absolument tout ce que j’avais sur moi : mon téléphone, mes papiers d’identité. Ils ont analysé absolument tout, et au bout de quelques minutes, ils m’ont confisqué le tee-shirt. Ils m’ont dit : «Vous allez nous suivre dans un centre de sécurité.» Ils m’y ont amené en compagnie de la police catalane et de la Guardia civil. C’est là-bas qu’une personne – je ne sais pas qui c’est précisément – m’a demandé de déverrouiller le téléphone portable.
Ils ont analysé quelques photos en ma présence. Je ne sais pas s’ils sont allés plus loin quand je n’étais pas là. En tout, j’ai été retenu une heure et quart. Ils ont supprimé absolument toutes les données qui étaient relatives à mon action, toutes les photos que j’avais prises avant même d’arriver sur place : la préparation du slogan, etc. Même ce qu’on m’envoyait en live, parce que j’avais des camarades sur place ou des connaissances qui avaient pris quelques photos. C’est la chose qui m’a le plus marqué. On est quand même dans un état de droit, démocratique. Qu’on se fasse escorter pour avoir arboré un tee-shirt et qu’ensuite on porte atteinte à ma vie privée, ça me fait craindre par rapport à nos libertés d’expression et d’opinion.
Comme le dit fort justement @SandraPizzo (via @Bronco) :
À rapprocher – par exemple – de la pancarte « Je veux partir en retraite avant l'effondrement climatique » retirée d'un balcon à Pau par les CRS avant le passage de Macron ; ou de la vitrine obstruée d'une librairie féministe à Nice avant le passage de Darmanin
Un an après l’adoption de cette « loi séparatisme », le Préfet de la Vienne intime à la mairie et la métropole de Poitiers qu’une de ses dispositions soit utilisée contre un groupe local d’Alternatiba, mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale qui alerte depuis 2013 sur le dérèglement climatique, tout en promouvant des solutions et alternatives concrètes.
Ça alors ! Des lois votées pour la sécuritay, contre le tete, le terro, le terrorisme, sont utilisées pour complétement autre chose ?
Étonnant ? Non.
Ça fait longtemps qu'on le dit, et ce n'est pas le premier exemple de ce type (pas forcément avec cette loi, mais avec ce type de loi).
via Seb
« Le droit à la « sûreté » consacré par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et défini en son article 7, est à l’antipode du droit à la sécurité tel qu’entendu dans le slogan démagogique en vogue. Il est en effet conçu comme une garantie individuelle de tout citoyen contre l’arbitraire de l’État »
On est bien d'accord qu'on est donc exactement à l'opposé de la notion, aussi bien en violence physique (flics) qu'économique (l'état qui tape sur les pauvres).
+1
Sur nos cinq plaintes, deux n’ont jamais été examinées (Google, Amazon), deux autres semblent faire l’objet de manœuvres dilatoires absurdes (Apple, Facebook) et la cinquième n’a pas davantage abouti sur quoi que ce soit de tangible en trois années (Linkedin).
On l’a souligné plusieurs fois : si les GAFAM échappent aussi facilement au RGPD, ce n’est pas en raison de la complexité de nos affaires ou d’un manque de moyens matériels. Le budget annuel de la CNIL est de 18 millions d’euros et elle emploie 215 personnes. Au fil des ans et sur d’autres sujets, nous avons souvent échangé avec les personnes employées par la CNIL : leur maîtrise du droit des données personnelles est sincère. Elles partagent certainement nos frustrations dans une bonne mesure et n’auraient aucune difficulté à redresser la situation si on le leur demandait. Le RGPD leur donne toutes les cartes et, s’il en était besoin, nous leur avons explicitement pointé quelles cartes jouer.
Si les causes de cet échec ne sont pas matérielles, elles ne peuvent être que politiques. La défaillance du RGPD vis à vis des GAFAM est si totale et flagrante qu’il est difficile d’imaginer qu’elle ne soit pas volontaire ou, tout le moins, sciemment permise. Les motivations d’une telle complicité sont hélas déjà bien identifiées : les GAFAM sont les fidèles partenaires des états pour maintenir l’ordre sur Internet. Plus que jamais, l’État français, dans sa dérive autoritaire, a tout intérêt à les maintenir au-dessus des lois pour leur laisser gérer la censure et la surveillance de masse.
À leur échelle, en permettant aux GAFAM d’échapper au droit qui devait protéger nos libertés fondamentales, les 18 membres du collège de la CNIL participent de l’effondrement démocratique en cours. À notre sujet, voici la conclusion : nous avons fait tout ce qui était dans nos capacités pour que le RGPD nous protège collectivement contre les GAFAM, nous avons pleinement joué le jeu du droit et nous avons échoué. N’attendons plus un improbable sursaut démocratique de la CNIL : il faudra nous protéger sans elle.
via Seb
Un gérant de bar qui offre à ses clients le wifi gratuit "endosse les mêmes responsabilités qu'un FAI", par la grâce d'une merveilleuse loi "pour lutter contre le terrorisme" (Loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers.)
Certains malheureux contrevenants ont vu
débarquer la police dans leurs établissements, ont été arrêtés, menottés et placés en garde à vue.
Je l'ai déjà dit à propos de je ne sais plus quelle loi liberticide récente, mais vous le sentez, maintenant qu'il est là, dans votre quotidien, le danger ? Et ne venez pas répondre "mais je ne suis pas patron de bar" : eux ne sont pas terroristes non plus.
via Seb, je crois
il est demandé aux fonctionnaires de procéder à des arrestations préventives, ce qui est illégal.
Démocratie ? Liberté de manifester ? Liberté de circulation ? Liberté d'opinion ? Je-suis-Charlie ?
On en France môssieur. Pas de ça chez nous.
L'eau est de plus en plus chaude et les grenouilles ne sortiront plus de la casserole, c'est trop tard.
Pour la justice américaine, la surveillance téléphonique qui a concerné en secret des millions d’Américains sur des années n’a même pas été décisive dans la lutte contre le terrorisme.
[...]
Et comme estocade, la cour d’appel n’a pas simplement relevé le caractère illégal du programme mis en place par la NSA. Elle a aussi évoqué la possibilité qu’il était peut-être aussi inconstitutionnel au regard du quatrième amendement de la Constitution des États-Unis, qui empêche les perquisitions et saisies non motivées et requiert, pour toute perquisition, un mandat et une justification crédible.
- Il semble que le coronavirus soit le plus grand problème de l'ère moderne en ce qui concerne les libertés civiles et le droit à la vie privée. Mais personne n'en parle.
- À mesure que l'autoritarisme se répand, que les lois d'urgence prolifèrent, que nous sacrifions nos droits, nous sacrifions aussi notre capacité à empêcher le glissement vers un monde moins libéral et moins libre. Croyez-vous vraiment que lorsque la première vague, la deuxième vague, la seizième vague du coronavirus seront oubliées, il y aura marche arrière ? Que ces ensembles de données ne seront pas conservés ? Ce qui est en train de se construire, c'est une architecture de l'oppression.
Il va être trop chouette, leur monde d'après.
Oh bien quelle surprise.
Laetitia Avia peut triompher. Alors qu’elle est gravement mise en cause dans une enquête de Mediapart lui reprochant justement des propos à connotation sexiste, homophobe et raciste, la députée de La République en marche est parvenue à faire voter définitivement sa proposition de loi contre la haine en ligne à l’Assemblée nationale, le 13 mai 2020
Déjà rien que là on sentait que c'était bien barré.
Et c'est encore la liberté d'expression qui va trinquer :
Évidemment, face à la perspective de devoir régler des notes particulièrement salées, les sites risquent d’avoir la main lourde face aux notifications reçues et sabrer tout ce qui flirte avec la ligne jaune.
Encore un machin administratif :
La loi donne aussi le coup d’envoi d’un parquet et une juridiction spécialisés pour lutter contre les contenus haineux en ligne.
Plus de moyens à la Justice pour accompagner tout ça ? Vous rigolez ?
Et Christiane Féral-Schuhl, avocate spécialiste du numérique et présidente du Conseil national des barreaux, d’enfoncer le clou : « ce texte délègue le pouvoir de censure à des organismes privés. […]. Si vous êtes l’auteur d’un contenu supprimé et que vous n’êtes pas d’accord avec la censure, vous allez devoir saisir le juge et rien n’est organisé. Ce sera le parcours du combattant », prévient-elle.
Que pense-t-il du discours très martial de l'exécutif depuis deux semaines ? "J’ai personnellement toujours eu beaucoup de mal avec les rhétoriques du rassemblement : la qualité de la démocratie consiste à civiliser les divisions, à les faire rentrer dans un cadre acceptable qui sert une aventure commune. Le rassemblement, dans l’Histoire, on en a eu des preuves particulièrement sinistres. Je voudrais qu’on en sorte plus civilisés, pas nécessairement tous d’accord ou rassemblés."
[...]
Les Français ne sont pas un troupeau de moutons ou une garderie d’enfants. Ils n’ont pas nécessairement besoin d’être d’abord protégés ou rassurés, ils ont besoin d’une autorité politique qui leur disent la vérité, et qui les traite comme des citoyens adultes.
[...]
Ce genre de choses est acceptable en période de pandémie, mais pour en sortir ça suppose une conscience civique et une force morale chez les dirigeants, dont je ne les crois pas nécessairement capables.
François Sureau, déjà multi-évoqué dans ce Shaarli.
La police peut siphonner ton portable en 10 minutes.
Aucun mot sur le cadre légal d'utilisation du bouzin, ce qui sous-entend bien qu'on s'asseoit sur la vie privée des citoyen·nes.
Un avis partagé, et de façon bien plus alarmiste encore, par l'association de défense des libertés en ligne la Quadrature du net. « Ce qu'on peut craindre, c'est qu'une personne soit placée en garde à vue pour quelque chose d'un peu loufoque pour accéder à ses messages et contacts pour que la police identifie d'autres personnes à arrêter. On prend un gars dans la rue qui a une tête de gauchiste, on se dit qu'il est peut-être dans des discussions privées sur son téléphone avec des gars un peu plus radicaux et on remonte le fil ». L'association soulève également que, en vertu de la directive européenne 2016-680, l'extraction de données personnelles dites sensibles (biométriques, politiques, religieuses, orientation sexuelle) est conditionnée à des cas de « nécessité absolue ».
Or, le contexte social actuel ne donne pas matière à se rassurer sur ce point. Le journaliste Olivier Tesquet ajoute : « Une fois qu'on a combiné cet aspect-là avec le fait, qu'aujourd'hui, en France, il peut y avoir une judiciarisation des mouvements comme les manifestations, et ce pour pas-grand-chose, ça fait un cocktail potentiellement explosif ».
Le Préfet de police de Pâris vient de publier un arrêté interdisant à une catégorie de population (les "gilets jaunes") de manifester samedi 23 novembre sur les Champs-Elysées et dans les rues perpendiculaires.
Le communiqué de presse se termine sur ce trait d'humour :
Hors de périmètres faisant l'objet d'une interdiction, le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, pourra s'exercer librement, dans le respect de l'ordre public. Tout attroupement donnant lieu à des débordements sera immédiatement dispersé.
C'est le moment de citer Coluche, je crois :
C'est un pays, la France, libéral, on peut être en colère, il faut demander gentiment, c'est tout.
Alors évidemment, les manifestations, c'est entre "La Nation" et "La République", hein !
Ils vont pas vous la donner entre "L'Étoile" et "La Muette", c'est là qu'y habitent, hein !Je m'énerve pas Madeleine, j'explique aux gens... merde !
Mais y parait qu'entre "La République" et "La Nation", ils ont le droit très très souvent.Et alors à Créteil, entre la gare et la poste, tous les jours si ils veulent...
Et pis je vois la mauvaise foi des gens, je vois bien, tout le monde critique le président de la République, tout le temps, tout le temps, tout le temps, et pourtant c'est pas tout le temps le même... c'est bien d'la mauvaise foi, ça !
Michel Colucci, dit Coluche ; "Moi, ça va", 1977
Menace réelle pour l’ordre public ou entrave disproportionnée à la liberté de manifester ? Le code pénal (art. 431-3 à 431-8) ainsi que le code de la sécurité intérieure (art. L. 211-9 et D. 211-10 s.) conditionnent le recours à la force aux principes d’absolue nécessité, de proportionnalité et de réversibilité ‒ le recours à la force doit stopper dès lors que les conditions qui l’ont justifiée ne sont plus réunies. Arié Alimi estime qu’il y a là volonté politique de concilier des méthodes de maintien de l’ordre « qui n’en sont plus » avec des méthodes judiciaires pour diminuer au maximum « la possibilité de manifester, intimider » et in fine, « dissuader ». Désormais, un individu en possession de lunettes de piscine, d’un foulard, peut être arrêté, se voir confisquer son matériel, voire être placé en garde à vue et même en comparution immédiate.
Ce sont des juristes qui écrivent là. Pas de dangereux anarcho-communistes-écolos.
Depuis six ans, le gouvernement a adopté plusieurs décrets pour autoriser l’identification automatique et massive des manifestants. Cette autorisation s’est passée de tout débat démocratique. Elle résulte de la combinaison insidieuse de trois dispositifs : le fichier TAJ (traitement des antécédents judiciaires), le fichier TES (titres électroniques sécurisés) et la loi renseignement.
L’hypocrisie du gouvernement est totale lorsqu’il prétend aujourd’hui ouvrir un débat démocratique sur la reconnaissance faciale : il en a visiblement tiré les conclusions depuis longtemps, qu’il nous impose déjà sans même nous en avoir clairement informés.
Réponse du gouvernement : "Oh, regardez ce qu'il se passe à Hong-Kong !Ohlala, les méchants chinois !"
La visite du président de la République Emmanuel Macron ce jeudi 14 novembre à Dormans et Epernay s'accompagne d'importantes restrictions de circulation dans la capitale du Champagne mais aussi d'un arrêté préfectoral pour interdire tout rassemblement. L'arrêté du préfet de la Marne interdit toute manifestation sur le périmètre de 12 communes, dont Dormans et Epernay, "considérant les appels à manifester sur les réseaux sociaux".
Oh, que voilà une décision administrative qui n'est ni nécessaire, ni proportionnelle. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne va se régaler.
via Riff
Le 13 novembre 2015, très vite après les attentats parisiens, le conseil des ministres se réunit et décrète l’état d’urgence. Il prend fin deux ans après, le 1er novembre 2017. Une partie des dispositions dérogatoires, qui relèvent de ce régime d’exception qu’est l’urgence, entrent alors dans le droit commun. Pour les défenseurs des libertés publiques, c’est une capitulation : l’impératif de sécurité l’a –une nouvelle fois- emporté sur la préservation de la liberté.
[...]
La sécurité se définit comme la situation dans laquelle on ne court aucun danger. Le changement climatique est donc bien une atteinte potentielle à celle-ci. La Charte de l’environnement, adossée à la Constitution, y fait d’ailleurs indirectement référence, lorsqu’elle affirme, dans son article 1er, que ‘’chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé’’.
J’imagine que personne ne conteste ce droit. Mais comment le faire respecter ? C’est là que l’idée de la liberté, ou plutôt de sa limitation, entre en jeu. A quoi devons-nous renoncer pour vivre en sécurité face au danger climatique ?
L'éternel (et vicieux) débat de l'équilibre entre liberté et sécurité, transposé au changement climatique. Malin, et prend le contre-pied du panégyrique casse-pied de l'invité du matin (Bernard Cazeneuve), tout occupé à étaler son émotion post-Bataclan (sans doute réelle), mais que l'on s'est bien gardé de trop bousculer sur la question de la remise en cause des libertés fondamentales à laquelle il a puissamment contribué.
Et là aussi, le même danger nous guette :
Dans le Transperceneige, une bande dessinée adaptée au cinéma, un train gigantesque roule à vive allure, sans s’arrêter. Ses occupants ont échappé à une catastrophe écologique. A l’arrière, la plèbe, traitée moins bien que du bétail. A l’avant, des wagons capitonnés, réservés aux plus riches. L’étanchéité entre les deux mondes est assurée par l’armée, et dans la violence.
Moins de sécurité et moins de liberté. Faute de lutter suffisamment contre le réchauffement, nous risquons de perdre sur les deux tableaux.
EDIT : du coup j'ai oublié ce que je voulais dire ^^
Interrogé sur ce qu'il pensait de cette chronique; B. Cazeneuve a répondu les banalités d'usage, avec les mots-clés imposés : écologie-république-transition.
Là où ça m'a agacé, c'est lorsqu'il a dit cette phrase, avec laquelle on ne saurait apparemment que être d'accord : "il faut [être] plus des citoyens que des consommateurs" ou quelque chose d'approchant. Alors oui, l'intérêt collectif, tout ça, tout ça, on est d'accord. Mais là où cette saillie de fin de repas de tonton Cazeneuve est franchement dégueulasse, c'est qu'il s'agit, encore une fois, d'un appel à la responsabilité individuelle (aka : "soyez responsables, comportez-vous en citoyens soucieux de l’environnement"), là où il faudrait, je le répète, de l'action collective, voire étatique et/ou à l'échelle des entreprises (pour faire très court : de la décroissance.). Faire pipi sous la douche, d'accord, mais commencez par retirer les camions des routes.
Et on comprend l'étendue du foutage de gueule de ce genre de réponse lorsque l'on réalise que tout, je dis bien tout, dans la vie politique, économique... est conditionné par la sacro-sainte "croissance" (croissance de quoi, on se le demande bien, la novlangue interdisant expressément de parler de "croissance du PIB", ce qui obligerait à parler également à parler de la balance des paiements, du taux d'emploi, et soyons fous, de l'indicateur de développement humain et de l'espérance de vie à la naissance. Les cons (les sans-dents, pardon) risqueraient de se poser des questions. Et qui dit "croissance" dit utilisation des réserves naturelles, destruction de l’environnement... et réchauffement climatique in fine.
Mais continuez à être de bons citoyens consommateurs qui font pipi sous la douche.
Groupes privés, partages industrialisés, « cibles » désignées à la « riposte » collective, comptes anonymes démultipliés, faux profils, violence des propos… Depuis l’été 2018 et l’affaire Benalla, certains « marcheurs » qui peuplent les réseaux sociaux ont changé d’attitude : loin de la « bienveillance » préconisée par le chef de l’Etat pendant la campagne présidentielle, une partie de la Macronie numérique s’est durcie et convertie à des méthodes jusqu’alors pratiquées par d’autres acteurs du champ politique, notamment aux extrêmes.
via http://shaarli.mydjey.eu/?968f3w
voir aussi http://shaarli.mydjey.eu/?7ZQRyQ
Dans quel état sont les libertés fondamentales en France ?
En très mauvais état. En apparence, nous sommes un Etat de droit, et l’on s’en flatte assez, nous avons un corpus juridique étoffé, des juges chargés de protéger nos libertés… En apparence, rien de tout ça n’est menacé.
Dans la réalité, c’est autre chose. Au nom de la sécurité, toutes nos libertés le sont. On n’arrête pas de nous dire que « la sécurité est la première de nos libertés », selon une formule désormais consacrée. C’est faux ! La sécurité est éventuellement l’une des conditions de notre liberté. Cet aphorisme est une dangereuse illusion qui pousse depuis plusieurs décennies les gouvernements à grignoter nos libertés toujours davantage.
C'est un haut fonctionnaire qui parle, pas un dangereux barbu gauchiste. M'enfin, si vous préférez penser que la place des libertés est dans un musée, c'est vous qui voyez.
Des étrangers aux gilets jaunes en passant par la lutte antiterroriste, le rapport annuel du Défenseur des droits pointe un «renforcement de la répression» en France tout en s’inquiétant d’un «repli» des services publics qui sape la cohésion sociale. «En France, parallèlement au recul des services publics, s’est implantée une politique de renforcement de la sécurité et de la répression face à la menace terroriste, aux troubles sociaux et à la crainte d’une crise migratoire alimentée par le repli sur soi», résume dans son rapport publié mardi cette autorité indépendante chargée notamment de défendre les citoyens face à l’administration.
[...]
Dans son rapport 2018, qui couvre la période d’éclosion du mouvement, l’institution s’interroge notamment sur «le nombre jamais vu d’interpellations et de gardes à vue intervenues "de manière préventive"» lors de certaines manifestations. Selon l’institution, les directives des autorités pour gérer la contestation sociale «semblent s’inscrire dans la continuité des mesures de l’état d’urgence», décrété après les attentats du 13 novembre 2015.
Est-il nécessaire que je commente ?
« Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, confier aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifester, y compris sans qu’elle ait connaissance de l’interdiction prononcée et donc sans recours effectif possible, faire d’un visage en partie couvert un délit, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion »
via Riff
"L'autorité administrative va priver un individu de sa liberté de circulation ou de manifester, au motif qu'il y a une présomption, des 'raisons sérieuses de penser (...) que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public'", commence l'élu "Libertés et territoires", avant de hausser le ton: "mais où sommes nous mes chers collègues? C'est la dérive complète! On se croit revenu sous le régime de Vichy ! Réveillez-vous ! C'est une pure folie de voter ce texte !"
Vous la sentez, la dictature en marche ?
via LLM
La dictature en marche, tranquille :
Devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, mardi, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a confirmé que le gouvernement veut adopter au pas de charge un dispositif d’interdiction administrative de manifestation. Mais malgré les forts risques d’atteinte aux libertés publiques, le ministre n’a pas été en mesure de préciser les détails de sa mise en œuvre.
Chose surprenante, certains député·e·s LREM ont l'air de dire un peu moins de conneries que les autres:
Une trentaine de députés LREM ont signé l’amendement de leur collègue Paula Forteza afin de supprimer cet article. Ils y voient «un risque sur le plan constitutionnel» et pointent le fait que le texte ne prévoit pas de procédure de recours. «Il faut encadrer le dispositif par des garanties : établir des critères qui peuvent être contestés par la personne et la possibilité d’un recours devant le juge administratif», plaide Coralie Dubost qui a déposé des amendements en ce sens.
Le 15 janvier, les avocats, rejoints par l’ensemble des professionnels du domaine, ont de nouveau manifesté contre le projet de loi réformant la justice adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Loin d’être un combat corporatiste, cette manifestation, comme tant d’autres, permet de faire entendre des voix qui n’ont pas été écoutées dans le cadre d‘une réforme qui vient une fois de plus ébranler notre pacte social.
Ce droit de manifester, garanti dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, subit pourtant depuis de nombreuses années des attaques régulières des pouvoirs publics. En rétablissant une loi anticasseurs datant de 1970, le gouvernement actuel contribue à une longue liste d’atteintes que l’on considère, à juste titre, comme l’une des garanties fondamentales des libertés publiques. Ainsi,
la loi du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupe permet aujourd’hui les interventions préventives et les placements en garde à vue des manifestants à l’occasion des différents actes qui rythment nos samedis depuis dix semaines ;
La loi renseignement du 24 juillet 2015 étend la collecte des données non seulement aux affaires de terrorisme et de criminalité organisée, mais également aux « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique », donc potentiellement à de simples manifestations ;
La loi relative à la sécurité publique du 28 février 2017 renforce les pouvoirs des forces de l’ordre notamment en aggravant les sanctions pour les faits de rébellion ou de refus d’obtempérer.
Ces réformes permettent de confondre militants, manifestants, casseurs, criminels, terroristes, et d’utiliser les moyens d’enquête et d’investigation les plus intrusifs : c’est par ces atteintes aux libertés individuelles que les pouvoirs publics répriment aujourd’hui le mouvement social.
L’état d’urgence dans la loi ordinaire
- Il en est de même des lois de juin 2016 et d’octobre 2017 qui intègrent les principales dispositions de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, qui donnent lieu à des assignations à résidence, des perquisitions sous l’autorité administrative et non plus judiciaire, ce y compris pour des militants sans aucun lien avec le terrorisme pour peu que le ministre de l’Intérieur estime qu’il « existe des raisons sérieuses de penser que le comportement d’un individu constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre public ».
Autrement dit : ces réformes sont autant de manières de rendre inopérants les garde-fous imposés à l’exercice d’un pouvoir qui depuis dix semaines semble plus enclin à répondre de manière guerrière plutôt que politique aux revendications du peuple. Peut-on en effet encore dire que les récents blessés à l’occasion de l’usage d’armes par les forces de l’ordre ont eu droit à une réponse proportionnée, principe de base de notre justice, à leur présence sur les lieux ?
Alors que les luttes sociales et politiques convergent, il est urgent que l’opinion publique mesure ce que cette énième réforme de la justice a d’attentatoire aux libertés publiques, et en quoi elle nous concerne tous, justiciables, avocats mais surtout citoyens, car nous sommes tous susceptibles un jour de répondre de nos actes devant des juges :
Les écoutes téléphoniques et les mesures de géolocalisation seront désormais possibles pour la plupart des délits ;
Ces mesures pourront désormais être prises sous la seule autorisation du procureur de la République en cas d’urgence ;
Les techniques spéciales d’enquêtes pour la plupart des délits seront généralisées et étendues, alors qu’elles étaient jusque-là réservées aux menaces terroristes ou à la criminalité organisée ;
Le gardé à vue ne sera présenté que de manière facultative au procureur de la République lors de la prolongation de la garde à vue ;
La notification des droits du gardé à vue se fera sous forme d’enregistrement sonore et non plus par écrit, rendant la vérification des formalités essentielles de privation de liberté difficiles ;
Une Cour criminelle départementale sera créée pour juger principalement des viols, ce qui tend à considérer le viol comme un crime de seconde zone, en contradiction avec la prétendue sensibilisation du gouvernement sur les atteintes faites aux femmes ;
- Il pourra être imposé aux victimes de déposer leur plainte de manière électronique, les privant ainsi de l’accueil humain, accroissant les possibilités de détresse et de solitude.
Ces principales mesures qui concernent le domaine pénal ne sont pas les seules à être critiquées par les professionnels de la justice et du droit, puisque le gouvernement s’est également attaché à modifier les conditions d’accès à la procédure civile, la rendant :
– plus coûteuse : recours obligatoire à des mesures préalables de médiations payantes pour les « petits litiges » ;
– plus lointaine : la fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance ;
– moins humaine : les décisions pour les injonctions de payer seront rendues par des algorithmes.
Le gouvernement actuel, qui prétend tenir sa légitimité d’une défense de la démocratie, participe à déconstruire l’un de ses piliers historiques. A l’heure où les citoyens veulent agir, redevenir maîtres de leur destin, lutter contre les injustices sociales et s’emparer d’une démocratie qui, par un paradoxe fou, ne leur appartient plus, ils doivent prendre la mesure de ces nouvelles régressions des droits et des libertés pour défendre l’un des biens les plus précieux de notre démocratie : la justice !
Faux : une manifestation doit nécessairement être autorisée par les autorités pour être légale
Le droit de manifester ne peut pas être soumis à autorisation préalable. Les États peuvent cependant mettre en place un système de déclaration préalable (notification), visant à faciliter l’exercice de ce droit en permettant aux autorités de prendre des mesures pour garantir l’ordre public (c’est le cas en France). En outre, Si une manifestation peut être interdite par les autorités sur des motifs précis, parler de « manifestation autorisée » est donc un abus de langage.
Faux : une manifestation non déclarée est illégale
Le droit international prévoit la possibilité de rassemblements spontanés en réaction à l’actualité par exemple, ne pouvant donc faire l’objet de déclaration préalable. De manière générale, l'absence de notification aux autorités de la tenue d'une manifestation ne rend pas celle-ci illégale et, par conséquent, ne doit pas être utilisée comme motif de dispersion de la manifestation. Les organisateurs qui ne notifient pas la tenue d'une manifestation ne doivent pas être soumis à des sanctions pénales ou administratives se soldant par des amendes ou des peines d'emprisonnement.
En France pourtant, les organisateurs peuvent être poursuivis sur cette base.
L’état d’urgence va encore plus loin, puisque le non-respect d’une mesure d'urgence, notamment l'interdiction d'un rassemblement public, constitue un délit. A ce titre, des manifestants participant à un rassemblement interdit peuvent faire l’objet de poursuites.
Cela nous concerne tous et toutes, peu importe notre genre ou nos orientations sexuelles. Parce que derrière, ce qui est en jeu, c’est le pouvoir. Une agression homophobe comme les plus récentes pose la question de l’espace public, quand un individu se sent légitime à cogner un inconnu ou une inconnue dont le comportement et l'apparence lui déplaisent. La liberté de déplacement, la liberté d’être celle ou celui que l'on veut dans l’espace public n'est pas négociable.
Nous devrions être absolument mobilisés sur ce sujet. On s’habille comme on veut, on aime qui on veut, et personne n’a à se cacher. S’il existe des indices qu’une société va mal, son degré d’homophobie est un très bon. Comment la France peut-elle laisser se produire des agressions pareilles sur son territoire? Pourquoi ne nous sentons-nous pas tous et toutes concernées ?
[...]
Malheureusement, en général, on n’entend rien. Comme si ce n’était pas grave, ou comme si cela ne concernait pas vraiment la société française, puisque ce sont des problèmes de pédés et de gouines et que la France, elle, est hétérosexuelle. Et puis, comme on répond aux féministes que les femmes françaises n’ont pas à se plaindre parce que c’était pire avant et que c’est pire ailleurs, on dit aux homos qu’ils ne sont plus hors la loi (wahou… trop de chance), et que c’est mieux ici qu’en Russie.
Punchline de l'année : "À croire que vous avez des couilles en pissenlit –un souffle de liberté, et elles s’envolent." <3
@Maitre_Eolas sur Twitter, via Riff sur Mastodon :
Ce qui compte, c'est ce que dit la loi. Et oui, la loi sanctionne quiconque entre dans un lycée sans être élève ou prof. On vous a vendu un texte pour défendre vos enfants, on l'utilise pour poursuivre pénalement vos enfants, pour les ficher, pour les priver de liberté 48h.
Et ça vaut pour TOUS LES TEXTES. Y compris ceux que depuis 2012 on vous vend au nom de la lutte contre le terrorisme. Regardez le texte sur l'accès aux téléphone chiffrés. Voté par une loi antiterroriste, jamais utilisée dans un dossier terroriste, on le sort pour du droit commun
Maintenant, réfléchissez à cela : on a sorti le droit de l'état d'urgence pour le placer dans le droit commun. Ces mesures sont applicables même en dehors des cas de terrorisme. Vous vous sentez toujours à l'abri sous prétexte que vous n'avez rien à vous reprocher? Vous avez tort
Désormais, vous ne pouvez vous sentir à l'abri que si le gouvernement n'a rien à vous reprocher. Vous comprenez pourquoi les avocats gueulaient, à l'époque. Mais on nous a traité de droitdelhommistes angéliques et c'est passé.
Bon appétit, chers compatriotes. Dégustez bien la soupe amère que vous avez laissé concocter. Et le jour où ce sera votre tour, gardez le silence. Vous l'avez fort bien fait jusqu'ici.
Si vous n'avez pas une boule dans la gorge, c'est que vous avez lu trop vite (ou que vous êtes cons, et là, franchement, je vous envie. Bienheureux les pauvres d'esprit comme disait l'Autre).
Ce que dit Eolas dans ces quelques lignes, c'est EXACTEMENT ce que j'ai entendu pas plus tard qu'hier dans le podcast d'août 2017 de La grande table (France culture) où l'invité était Me Sureau,
avocat au conseil d’Etat et à la cour de cassation, représentant de la LDH [...] Auteur de « Pour la liberté » aux éditions Tallandier.
Le livre reprend ses plaidoiries en QPC devant le Conseil Constitutionnel :
Face à la menace djihadiste, la tentation est grande pour le pouvoir de piétiner les libertés fondamentales. Comme avocat représentant la Ligue des droits de l’homme, François Sureau a plaidé à trois reprises devant le Conseil constitutionnel la non-conformité à notre Constitution de dispositions législatives relatives à l’état d’urgence : la première pénalisait la consultation de sites terroristes, la seconde créait un « délit d’entreprise individuelle terroriste », la troisième entravait la liberté d’aller et venir.
À trois reprises, il a gagné.
(Extrait du site des éditions Tallandier)
Il a gagné ? On a perdu quand même. Parce que ce qu'il craignait dans ses plaidoiries et qu'il avait admirablement résumé à l'antenne est en train de se réaliser : toutes ces lois exorbitantes du droit commun, que l'on vote depuis l e début des années 2000, avec un affolement, un emballement hallucinant en France depuis 2015, elles ne disent pas expréssement qu'elles visent les "terroristes islamistes" (comme d'autres lois du début du siècle dernier visaient expréssement les anarchistes radicaux) ; non, ces lois s'appliquent à tout le monde.
Ecoutez cette émission, ça m'évitera de redire en moins bien ce qu'il expose de manière absolument parfaite en quelques dizaines de minutes. Même les contradictions des journalistes sont intéressantes, en ce qu'elles lui permettent de préciser son propos avec des cas concrets.
Ecoutez. Ecoutez bien.
Et tirez-en les conclusions qui s'imposent.
Invité François Sureau, avocat au Conseil d'État et à la cour de cassation, représentant de la Ligue des droits de l'Homme, également écrivain, essayiste, vous publiez aujourd'hui "Pour la liberté", chez Tallandier, avec un avant-propos où vous ne négociez pas, ni avec le sens des mots, ni avec celui du droit : « notre système de droit n'a pas été fait seulement pour les temps calmes, mais pour tous les temps ». Voilà pour l'idée directrice de cette réflexion des grands principes aux cas pratiques, et il vous a fallu convaincre votre auditoire de l'importance de répondre au terrorisme sans perdre la raison, sous-titre de votre essai, qui rassemble trois plaidoiries, que vous avez prononcées devant le Conseil Constitutionnel, en défense des libertés publiques. Trois montées à la barre entre janvier et mai de cette année pour dénoncer la non-conformité à la constitution de disposition législatives contenues dans l'état d'urgence, et par certains aspects, écrivez-vous, nous serions selon vous, dans un univers pré-totalitaire.
C'est moi qui graisse.
C'est pas comme si on le disait sur tous les tons -en se faisant traiter d'islamo-gauchistes hystériques- depuis quelques temps, hein.
En ayant accès à cette méga-base de données, l’appareil sécuritaire (police, gendarmerie, douanes et services de renseignement) disposera d’un outil de domination et de contrôle sans précédent. Nous sommes loin du prétexte de la contrefaçon des pièces d’identité et des passeports, qui justifie la naissance de ce « monstre », car l’objectif affiché : « prévenir les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation», est tellement général qu’il ouvre la porte à tous les abus. Selon le Code de la sécurité intérieure, en effet, ces « intérêts fondamentaux » vont de la lutte contre « les atteintes à la forme républicaine des institutions » à « la criminalité et la délinquance organisées », en passant par les « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ».
[...]
Avec vos amis socialistes, vous nous aurez donc tout fait pendant ce quinquennat : après la déchéance de nationalité, l’état d’urgence permanent, la scandaleuse réforme du code de procédure pénale, qui relègue le juge, garant de nos libertés, à un rang de subalterne de la police et du préfet, la répression des militants syndicaux et écologistes, les menaces d’interdiction des manifestations syndicales ; après le bradage des promesses sur la fin des contrôles d’identité abusifs, l’impunité des policiers et des gendarmes dans la mort de Rémi Fraisse ou d’Adama Traoré et d’autres jeunes de quartiers; après la chasse aux Roms, aux sans papiers, la frénésie sécuritaire de votre gouvernement n’a plus de limites .
[...]
nous sommes en train de basculer dans une sociétéde la suspicion généralisée et de la prédiction numérique
[...]
En faisant le choix idéologique de numériser tous les citoyens, vous confirmez l’option délétère de l’état d’exception permanent, qui réduit l’identité sociale et culturelle des personnes à une sorte de « double numérique » figé et désormais assigné à la suspicion bureaucratique.
via Seb
Copies de cet article:
http://web.archive.org/web/20161107122543/https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere/blog/071116/lettre-ouverte-aux-ministres-de-la-justice-et-de-linterieur
http://archive.is/xE6BN
Les deux hommes ont été identifiés comme étant "fichés S" lors des formalités de police aux frontières à l'aéroport Roland-Garros situé à Sainte-Marie (nord de l'île). Leur niveau de signalement dans le fichier S (pour "sûreté de l'État") n'impliquant pas une interdiction de voyager ou de sortir du territoire, les deux hommes ont pu entrer en salle d'embarquement. C'est à ce moment-là que l'information sur leur fichage a été portée à la connaissance du commandant de bord. Autorisé à prendre toutes les mesures qu'il juge utiles pour que son vol se déroule dans de bonnes conditions, le commandant a décidé de leur interdire l'accès à l'avion.
Sans doute ces deux types auront-ils appris à cette occasion qu'ils étaient fichés. Prendre l'avion serait donc un bon moyen de savoir si l'on est fiché ou pas.
Une récente étude universitaire montre que la conscience de la surveillance gouvernementale pousse les gens à auto-censurer la publication en ligne de leurs opinions dissidentes.
Cela ne m'étonne pas. Je l'ai déjà écrit : plus que le fait d'être surveillé, c'est la possibilité d'être surveillé qui est terrible, et qui fait peser l'incertitude sur chacune de nos actions : est-ce que telle ou telle action, opinion, ne sera pas répréhensible un jour ? Est-ce qu'on ne va pas s'en servir contre moi ? Bon, dans le doute je ne vais rien dire alors...
Loi terrorisme + Loi sur le renseignement + Déclaration de l'état d'urgence + Constitutionnalisation de l'état d'urgence + Réforme pénale = Boulevard de la fin des libertés.
Par la Quadrature du net.
Quand vous prendrez l'avion, l’État en gardera la trace 5 ans.
Voilà, c'est (presque) fait.
Dictature : accélérez, tout droit.
Je récapitule la liste au Père Noël des flics :
MOIII-JEEE-SAIIIS : une poupée blonde qui fait papa...
"L’Etat a le devoir de prendre les mesures nécessaires pour la protection de tous les citoyens. A noter que les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence ne mentionnent à aucun moment la prévention de la menace terroriste, mais se réfèrent d’abord à la sécurité, l’ordre public et aux intérêts fondamentaux de la nation.
Le spectre des personnes potentiellement visées par l’état d’urgence est donc beaucoup plus large que la réponse aux attaques du 13 novembre à Paris. Il s’agit exclusivement de mesures de police administrative. L'ensemble de ces mesures sont prises par les autorités administratives en dehors de toute enquête judiciaire.
Parce qu’elles portent par nature atteinte aux libertés individuelles fondamentales les mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence doivent être nécessaires et proportionnées à l’importance des troubles ou de la menace à l‘ordre public et ne doivent discriminer personne."
Notes en vrac.
21 députés ont déposés un amendement visant à rétablir le contrôle de la presse - pour tout dire la censure. Cf. https://twitter.com/guybirenbaum/status/667222918213050368
Amendement finalement retiré suite à un SMS de l’Élysée... Gageons que ces 21 députés ne seront pas convoqués, eux. (Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?NGXCxQ)
Le journaliste Mathieu Magnaudeix, de Mediapart, raconte ce moment sur son blog : https://blogs.mediapart.fr/mathieu-magnaudeix/blog/201115/les-censeurs
"« J'ai un amendement qui n'est pas très politiquement correct », me dit Sandrine Mazetier au début de la séance. « Ah oui?» « Oui, je souhaite rétablir le contrôle de la presse ». Je lui fait répéter, pour être sûr d'avoir bien entendu."
@si en a parlé aussi : http://www.arretsurimages.net/articles/2015-11-21/Controle-de-la-presse-et-etat-d-urgence-le-fantome-de-la-guerre-d-Algerie-id8239 mais j'ai loupé l'article intégral (on peut le retrouver (en entier ?) ici : http://www.scoop.it/t/econopoli/p/4055677457/2015/11/23/controle-de-la-presse-et-etat-d-urgence-le-fantome-de-la-guerre-d-algerie) ; il rappelle à juste titre que cette mesure a bel et bien été appliquée durant la guerre d'Algérie.
Il conviendrait aussi de mettre en perspective 2 faits, qui vont sans nul doute être amenés à se répéter :
Je vois des shaares ce matin -Kevin, Alda, d'autres- révoltés, étonnés... devant ce vote. Révolté, oui, il faut l'être. Étonné ? Je ne le suis pas. Gauche, Droite -même ceux qui péroraient sur toutes les ondes qu'ils allaient votre contre... ils ont tous voté pour. Après tout ce qu'ils ont fait depuis 2014 (Loi de programmation militaire, Loi renseignement), êtes-vous vraiment surpris ? Bon.
Personnellement, je suis presque étonné qu'il se trouve encore 6 députés courageux pour voter contre.
Voici leurs noms :
Pouria Amirshahi => http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/19/pourquoi-je-voterai-contre-la-prolongation-a-3-mois-d-un-etat-d-urgence-par-pouria-amirshahi_4813055_3232.html
Barbara Romagnan => http://www.metronews.fr/info/attentats-de-paris-vote-contre-l-etat-d-urgence-une-decision-tres-difficile-a-prendre/moks!t8r9a6Wjct6Yc/
Gérard Sebaoun => http://gerardsebaoun.fr/2015/11/pourquoi-jai-vote-contre-le-projet-de-loi-sur-la-prorogation-de-letat-durgence/
Isabelle Attard => http://isabelleattard.fr/blog/2015/11/nul-par-la-guerre-ne-devient-grand/
Sergio Coronado => http://sergiocoronado.fr/2015/11/nul-besoin-detat-durgence-pour-lutter-contre-les-terroristes/
Noël Mamère => http://noelmamere.eelv.fr/prolongation-de-letat-durgence-noel-mamere-votera-contre/
Mais concrètement, que fait cette loi ? Me Eolas met le doigt là où ça fait mal : une même loi proroge l'état d'urgence ET le modifie https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/667367426099699712. Du coup, on vote pour la prorogation ET la modification. On ne peut voter pour la prorogation et contre les modifications associées. Malin, non ?
elle prolonge l'état d'urgence pour 3 mois. C'est contestable, mais ça va encore ; c'est dans la légalité et la lettre de la loi de 1955. On pourrait d'ailleurs l'abroger avant le terme si on considère qu'il n'est plus utile.
Prorogation des dispositifs existant : perquisitions jour et nuit sans contrôle judiciaire, assignation à résidence
MAIS cette assignation à résidence est adaptée et renforcée". J'en ai parlé ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?LfKuZA. Concrètement, toute personne dont le comportement est susceptible de créer des "troubles à l'ordre public" pourra être visée par cette mesure. C'est tellement vague que ça pourra concerner n'importe qui.
Cépatou : présence obligatoire 10h / jour, bracelet électronique, 3 contrôles par jour. Et pas d'internet. Et retrait des papiers d'identité (même si je ne vois pas trop à quoi ça sert)
placement sous surveillance électronique par décision administrative : maintenant, on pourra "perquisitionner" votre ordinateur... de toute façon vous n'en saurez rien. Elle est pas belle la vie ? Cependant, "l’exécutif a mis tellement de conditions à sa mise en œuvre qu’il ne devrait qu’être peu pratiqué". Parce que les services de renseignements respectent toujours scrupuleusement les impératifs constitutionnels, c'est bien connu.
les associations ou groupements de fait pourront être dissous encore plus facilement (1 condition au lieu de 2), dès lors qu’un trouble grave à l’ordre public peut être imputé à ce groupe de personnes, quand bien même ce trouble serait sans aucun rapport avec les motifs qui ont justifié l’état d’urgence (les attentats terroristes). Grandiose.
après la fin de l'état d'urgence, les "dissous" seront surveillés grâce aux moyens prévus par la récente Loi Renseignement. Vous voyez que tout est dans tout.
nouvelle version du blocage administratif des sites incitant ou provocant au terrorisme. Même si c'est du pipeau : tout est déjà dans la loi de 2014. Même Urvoas admet que ça ne sert à rien. Après (Cf. l'article d'Andrea Fradin), la formulation est tellement vague (« prendre toute mesure » pour couper « tout service de communication au public en ligne »). qu'elle laisse la possibilité "en cas d'urgence", de TOUT couper : couper l'accès à tout Twitter par exemple. Et on fait ça comment ? Oh, on reparle du DPI-qui-n'existe-pas-en-France.
Sinon, pour le fun, histoire que vous compreniez quels sont les personnes qui dirigent ce pays :
Sources :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/prorogation_loi_55-385.asp
http://www.nextinpact.com/news/97394-securite-liberte-fraternite-deputes-adoptent-loi-sur-l-etat-d-urgence.htm
http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/19/pourquoi-les-deputes-ont-vote-blocage-sites-existe-deja-262191
Hors-sujet mais dans le même thème : depuis le 18 novembre, les policiers nationaux ont l'autorisation (dérogatoire et temporaire... bien sûr) de conserver leur arme en dehors du service. Cazeneuve envisage de mettre en œuvre "en dur" cette mesure "le temps que durera l'état d'urgence" [Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/19/m-cazeneuve-autorise-les-policiers-a-porter-une-arme-en-dehors-de-leur-service_4812973_3224.html)
Oh, et pour ceux qui en doutaient encore : les mesures d'exception sont TOUJOURS définitives. Regardez les Etats-Unis avec le patriot act et toutes les mesures liberticides depuis 2001. Sont-ils revenus dessus ? Non. Regardez cette infographie sur le plan Vigipirate depuis 1991 https://twitter.com/custinda/status/667329764340989952. Quelques "suspensions" mise à part, il n'a fait que se renforcer -et se maintenir- dans le rouge.
Oh² : ne croyez pas que le Sénat modifiera quoi que ce soit à tout cela. Les mêmes causes entrainant les mêmes effets, tout retard dans l'adoption du texte rendrait caduque la prorogation. C'est d'ailleurs en jouant sur ce sentiment d'urgence que le gouvernement arrive à obtenir ce qu'il veut.
EDIT : l'analyse de la Quadrature du net : https://wiki.laquadrature.net/PJL_%C3%89tat_d%27urgence/Analyse
Assignation à résidence : "en substituant aux termes « [de toute personne] dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », qui apparaissent trop restrictifs, les termes « [de toute personne] à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics », ce qui permet d’inclure des personnes qui ont appelé l’attention des services de police ou de renseignement par leur comportement, ou leurs fréquentations, propos, projets... "
C'est assez clair ou il faut que j’explique ?
(via Alda)
EDIT après http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/18/modernisation-renforcement-gouvernement-devoile-reforme-letat-durgence-262168 :
seul point positif, le projet de loi prévoit... une voie de recours : recours de droit commun devant le juge administratif, qui de fait n'existait pas dans la loi de 1955 (Mon Général aimait beaucoup les tribunaux d'exception, et pas beaucoup les juges...)
"Son président [de la CNCTR] Francis Delon était à la tête du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. C’est dire sa proximité avec les services de renseignement. Qui mieux que lui pour surveiller les services ? Il est heureux que le gouvernement ait choisi un homme du sérail plutôt qu’une personnalité reconnue pour son engagement dans le domaine de la protection de la vie privée, du droit à la confidentialité des échanges, des Droits de l’Homme… Cela aurait pu entraver le bon déroulement des opérations à venir. "
CNCTR = Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement
Lire http://pixellibre.net/2015/03/quelques-observations-sur-la-cnctr/
Voilà.
"Mais un article controversé prévoit une amende très lourde pour les journalistes et leurs médias, y compris étrangers, qui rapporteront des informations contredisant les communiqués et bilans officiels en cas d'attentats ou d'attaques."
M. Valls, ça vous inspire ?
Document cité par les deux articles que je viens de shaarlier ; il s'agit des "Observations finales" du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, concernant le 5è rapport périodique remis par la France pour dresser le bilan de sa mise en œuvre du Pacte de 1966 sur les droits civils et politiques. Et ce n'est pas brillant. Après une introduction très diplomatique, où le comité salue les efforts mis en oeuvre par le pays pour gnagnagnagnagna, le reste pourrait se traduire par "je te foutre la grosse honte devant tout le monde"
Citations :
"Le Comité est préoccupé par les pouvoirs conférés aux services de renseignements en matière de surveillance digitale à l’intérieur et à l’extérieur de la France. Le Comité s’inquiète tout particulièrement de ce que la loi sur le renseignement adoptée le 24 juin 2015 (soumise au Conseil Constitutionnel) octroient des pouvoirs excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant "
On peut aussi lire ça : "Le Comité s’inquiète de ce que plusieurs dispositions de la loi No 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme sont difficilement conciliables avec les droits consacrés dans le Pacte. Il est particulièrement préoccupé par : a) les implications, en matière de procédure, de l’insertion de délits de provocation et d’apologie du terrorisme dans le code pénal, notamment la possibilité de juger des suspects en comparution immédiate ; et b) (l’introduction de mesures d’interdiction de sortie du territoire et du délit « d’entreprise terroriste individuelle » ainsi que l’utilisation de termes vagues et imprécis pour la criminalisation et la définition de faits constitutifs d’acte de terrorisme, de provocation ou d’apologie du terrorisme; c) le nombre et la nature des faits qui ont conduit à des poursuites, notamment à l’encontre de mineurs, pour apologie du terrorisme suite aux attentats commis à Paris en janvier 2015 et souvent jugées en comparution immédiate"
Oh, on trouve ça aussi : "Le Comité exprime sa préoccupation quant à l’encadrement du port de signes religieux qualifiés d’ « ostensibles » dans les établissements scolaires publics (loi No 2004/228) et l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public (loi No 2010-1192). Le Comité considère que ces lois portent atteinte à la liberté de manifester sa religion ou sa conviction et qu’elles affectent particulièrement les personnes appartenant à certaines religions et les filles. Le Comité s’inquiète par ailleurs de ce que les effets de ces lois sur le sentiment d’exclusion et de marginalisation de certains groupes pourraient aller à l’encontre des buts recherchés "
Et ça : "Le Comité relève avec préoccupation que l’écart salarial entre hommes et femmes reste fort et les discriminations dans le monde du travail nombreuses, y compris dans la fonction publique "
Une lecture instructive donc. J'aurais peut-être dû copier-coller tout le document en fait, tellement chaque paragraphe est une claque monumentale adressée à la France. Il est également question des discriminations à l'égard des Rroms et des gens du voyage, du "recours abusif à la force par les forces de l'ordre", de surpopulation carcérale, d'abus sexuels en Centrafrique par des soldats français, du traitement des demandes des demandeurs d'asile, des mauvais traitement dont sont victimes les handicapés et les autistes... N'en jetez plus !
Vraiment, perdez 10 minutes de votre temps et lisez ce document. Vous en serez peut-être un peu démoralisés, mais vous aurez vu la vérité en face.
Un commentaire sur la validation (ou plutôt la censure très partielle) de la loi renseignement par le Conseil Constitutionnel. On sent que ça a été écrit par un juriste, ça fait du bien.
Globalement, cette décision est un recul pour les libertés fondamentales, mais aussi, quoi qu'en dise l'auteur de l'article, pour la jurisprudence du CC, que l'on a connu plus libéral (il n'y a pas de mal faut dire).
Si vous n'avez rien compris au dernier paragraphe sur le "contrôle de conventionnalité", lisez donc ceci : http://www.le-politiste.com/2009/11/le-controle-de-conventionnalite.html
Autre article, cité par celui-ci : http://libertescheries.blogspot.fr/2015/07/loi-renseignement-filtrer-le-moustique.html (oui, c'est le même titre)
A lire plus tard : http://ircm.unistra.fr/manifestations/colloque-le-conseil-constitutionnel-gardien-des-libertes-publiques-6-mai-2011-ircm-institut-m-villey/
Tout l'attirail de lois autour du terrorisme est "un système qui permet d'instrumentaliser la justice" à des fins politiques.
Et ce n'est pas un hippie libertaire qui le dit, mais le juge Trévidic, qui s'y connait en terrorisme et anti-terrorisme.
Triste rappel de Numerama : "Hélas nos craintes ont été vérifiées très vite par la censure très discutable d'Islamic-News, décidée sur ordre exclusif du ministère de l'intérieur, sans qu'aucune preuve d'une "apologie du terrorisme" ou d'une "provocation à commettre des actes de terrorisme" ne soit jamais apportée (ordre qui fait l'objet d'un recours intenté par Numerama au nom de la défense des principes démocratiques). La censure est devenue en France une arme de contre-propagande dans une guerre qui peine à dire son nom."
Ce paragraphe est terrifiant : ""Il y a plein de choses que l'on prend en ligne de compte, et ce n'est pas la vérité qu'on cherche nécessairement dans l'anti-terrorisme. Dans certains dossiers c'est une évidence, mais même globalement, on cherche à mettre en place un système qui permet d'instrumentaliser la justice par moments, en qualifiant tel ou tel groupe de terroriste, ou après en disant le contraire. C'est tellement politique comme domaine qu'un juge n'y trouve pas tellement son intérêt"."
L'interview sur RTL : https://www.youtube.com/watch?v=jktUU5q1Q8E&feature=youtu.be
Le taux d'élucidation des homicides est autour de 90% ; celui des vols à la tire à moins de 15%. Exiger encore moins de vie privée et d'intimité pour les citoyens au prétexte d'aider à la résolution des crimes reviendra mécaniquement à n'augmenter le nombre de résolutions que des moins graves d'entre eux... Et plus on voudra approcher des illusoires 100% de résolution, plus il faudra renoncer à des libertés. Démonstration imparable.
Rêvons un peu avec Benjamin Bayart...
Motif n°5 : "Le présent texte vise à pénaliser le fait de porter atteinte à cette liberté fondamentale en dehors du contexte, normal, d'une décision judiciaire contradictoire. Il ne vise pas à étendre ou modifier la définition de la liberté d'expression en droit français, mais à rendre cette liberté effective et à la protéger."
Le même exercice par Laurent Chemla : http://seenthis.net/messages/330853
J'évoquais très brièvement ici http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article18 le harcèlement dont elle était victime.
« Monsieur l’agent, si je suis placé en garde à vue ou retenu pour une vérification d’identité ou toute autre raison, merci de me le dire et de m’expliquer pourquoi. Si je suis libre de partir, merci de me le dire. Je souhaite exercer tous mes droits, y compris celui de garder le silence et mon droit à m’entretenir avec un avocat avant de faire la moindre déclaration. Je ne compte pas renoncer au moindre de mes droits. Je ne consens à aucune fouille ou perquisition. Je ne consens pas à vider mes poches ou ouvrir mon sac. Cela ne signifie pas que j’y cache quelque chose d’illicite. Cela signifie que si vous me le demandez, j’ai le droit de le refuser, et que j’exerce ce droit. Je ne consens à aucune audition libre et souhaite repartir dès que possible. Je ne signerai aucun procès verbal puisque la loi ne m’oblige pas à le faire, pas plus qu’elle ne m’oblige à en donner les raisons. Je vous prie de ne pas me poser de questions car je ne ferai aucune déclaration avant d’avoir parlé à un avocat, ce qui ne signifie pas que je m’engage à en faire après. Merci de respecter ces droits.»
Vous pouvez aussi l'apprendre par cœur.
via Kevin http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?_iK3cg, via Me Eolas https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/615924554452574208
Nan mais c'est vrai quoi. Il a raison.
Tous les conseils que j'ai suivi sur internet ont foirés. C'est nul internet. Faut l'interdire. Ou en tout cas le réguler bien sévèrement.
Comment faire pousser du persil ? Mon persil a crevé. C'est la faute d'internet.
Conseils bio pour se débarrasser des escargots ? J'en ai toujours autant. C'est la faute d'internet.
J'ai cherché un appartement pour les vacances, le proprio a tenté de m'arnaquer. C'est normal, c'était une annonce sur un site internet !
Le dernier jeu que j'ai acheté ne fonctionne pas normalement. Cherchez pas, je l'ai acheté sur internet.
La recette de gâteau trouvée sur Marmiton était dégueulasse. Régulez internet !
J'ai lu des conneries sur lemonde.fr : RÉGULEZ INTERNET !
Mon voisin est un con. Il passe sûrement son temps sur internet.
Regardez tous les terroristes : ils allaient tous sur internet !!! (et ils buvaient de l'eau, mais ne l'ébruitez pas, j'ai soif)
Alors, si vous êtes assez cons pour mélanger deux produits chimiques sans réfléchir avant, jouer avec des allumettes et une bouteille de white spirit, ramasser une bombe de feu d'artifice allumée, allumer le barbecue avec de l'essence, croire ce que dit le gros monsieur chauve en costume dans le poste, rouler à gauche sur l'autoroute, lire Wikistrike... rassurez-vous, ce n'est pas votre faute : c'est celle d'internet. Mais le gouvernement va arranger ça. Vous serez toujours aussi cons, mais on fera en sorte que vous ne risquiez plus rien. Ou pas.
Et après, on va réguler l'imprimerie : on imprime beaucoup trop de choses fausses. Et pleins de choses immorales. Et des choses contre la religion. Et des appels au meurtre. Et des romans islamophobes. Et des journaux avec des fautes. Et des bandes-dessinées cochonnes. Faut réguler tout ça.
La télévision : on raconte beaucoup trop de bêtise dans le poste. Régulez ! Ne gardez que Patrick Sébastien et Michel Drucker. Et julien Lepers pour les vieux.
Les réunions publiques : si ça se trouve, l'orateur va vous expliquer comment fabriquer une bombe. Régulez les réunions publiques. Censure préalable, sur le nom, le lieu, le parti, les sujets abordés. Régulez aussi les syndicats, les associations, les ONG, tous ces foyers d'agitateurs.
Il ne faut pas réguler internet seulement, monsieur Cazeneuve. Quel manque d'ambition.
Il faut réguler la vie. Il faut réguler les gens. Il faut les protéger d'eux-mêmes.
Vous pouvez le faire.
Nous le savons.
La gendarmerie nous brouille l'écoute. Je répète : la gendarmerie nous brouille l'écoute.
Article d'origine : http://www.numerama.com/magazine/33266-la-gendarmerie-veut-brouiller-les-reseaux-sociaux-dans-les-zad-et-les-manifs.html
via https://tviblindi.legtux.org/shaarli/?1Ad0zA
Je ne comprends pourquoi les commentateurs s'acharnent sur cet article à propos de points de détails, alors qu'ils semblent d'accord sur le fond...
via Riff
"Bien sûr la justice officielle sait toujours trouver des motifs pour transformer une résistance politique en un crime de droit commun, en inventant des chefs d’inculpation et en faisant témoigner ses propres policiers. La justice officielle, d’ailleurs, leur en sait gré puisqu’elle sait être reconnaissante avec eux, lorsqu’ils sont les auteurs de «bavures». "
Voilà, ça c'est fait.
Il faudra que quelqu'un fasse une meta-liste de :
« Pourtant, je n’ai pas violé la charte de la page Facebook du gouvernement mais seulement fait usage de ma liberté d’expression »
C'EST DÉJÀ TROP, MISÉRABLE ! AU GNOUF !
Ah. Donc en Espagne, on restreint le doit de manifester.
Il faut importer ce joli jeu en France, Astérix.
via https://oniricorpe.eu/links/?XJ79uw
Cherchez l'intrus dans cette liste : démocratie - liberté d'expression - Turquie.
Voilà, voilà. Message aux dirigeants du monde (oui, oui, je ne doute pas une seconde qu'ils me lisent) : vous savez, défiler entre Angela Merkel et Nicol... euh François Hollande en disant Je suis Charlie, ça ne cachera pas les atteintes que vous portez à la liberté de la presse et aux droits de l'homme.
Bisous.
Ah, et sinon, la France gagne une place. Après en avoir régulièrement perdues depuis plusieurs années. On se console comme on peut.
C'est drôle hein ? Ben un commentateur a eu le bon réflexe de poster ceci : http://www.linternaute.com/actualite/societe-france/porno-en-grande-bretagne-une-liste-de-pratiques-sexuelles-interdites-1214.shtml
/Douche froide/
"Dérive autoritaire : les premiers signes qui doivent alerter"
« Restriction de la liberté d’expression » ;
« Interdiction de manifestations pacifiques » ;
« Banalisation de messages racistes » ;
« Généralisation et extension de la surveillance des citoyens » ;
« Prévalence d’intérêts économiques sur l’intérêt général » ;
« Partenariats avec des régimes violant les droits de l’homme » ;
« Répression violente des manifestations » ;
« Instrumentalisation des menaces pour justifier des mesures sécuritaires » ;
« Contournement de la démocratie et du contrôle du pouvoir judiciaire. »
L'article de Rue89 : http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/01/derive-autoritaire-les-premiers-signes-doivent-alerter-257453
Tiens, encore un truc que j'ai entendu à la radio. Un défenseur du projet expliquait dans Du grain à moudre que ce n'était pas du tout une menace pour la liberté d'informer, celle des journalistes et celle des lanceurs d'alerte, puisque cette disposition serait encadrée par de nombreux garde-fous, qu'il a complaisamment cités.
Je ne me souviens pas de tout, mais il en ressortait qu'échappaient au secret des affaires la dénonciation de la corruption, et toutes les autres faits suffisamment graves pour être portés à l'attention du public. Outre le fait que de telles dispositions laissent un large pouvoir d’appréciation au juge (et ce n'est pas comme si Mediapart avait été condamné récemment, ce n'est pas le même sujet, mais on est quand même au cœur du problème), il faut quand même une sacrée dose de mauvaise foi pour dire ça.
Admettons que les juges français se montrent particulièrement libéraux en la matière, et optent pour une interprétation assez large de ces dispositions. Elles ne protégeront pas pour autant tous ceux qui porteraient à la connaissance du public des affaires non délictuelles mais néanmoins gênantes pour l'image de marque d'une entreprise : appel à des sous-traitant peu regardant vis à vis du droit du travail ou des droits de l'homme tout court (coucou Apple), collaboration avec des dictatures (coucou Amesys, coucou Total), dumping social et fiscal (coucou Amazon), greenwashing, pression sur les employés syndiqués, destruction de l’environnement, projets d'acquisition ou de délocalisation menant à des licenciements etc. J'en oublie sûrement car je n'ai pas beaucoup d'imagination.
Pas la peine d'entrer dans l'illégalité : on peut faire assez de saloperies en respectant la loi.
Et tout ça pour faire face à l'espionnage industriel ? Ah ah ah. Laissez moi rire. Vous croyez vraiment que le hacker qui pénètre illégalement dans le système d'une entreprise, ou l'employé recruté exprès pour espionner une firme (ça s'est vu) est intimidé par le fait que c'est interdit ? Alors en quoi cette nouvelle loi va t-elle davantage le dissuader ?
Oh, et si c'était pour empêcher tous ces empêcheurs de faire du profit en rond de mettre leur nez dans nos petites affaires ? Ah ben oui tiens, je me demande où je vais chercher tout ça moi. Je dois être parano, c'est ça.
Allez, un lien rigolo pour rire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Robert
France, pays des libert.... mouahahahahahaha.
Excusez moi, c'est nerveux.
Vous vous en foutiez en 2014 ? Vous allez le prendre dans la gueule en 2015.
"Les députés ont adopté mercredi soir l'article 4 du projet de loi de lutte contre le terrorisme présenté par Bernard Cazeneuve, qui fait sortir la provocation ou l'apologie des actes de terrorisme du droit de la presse, plus protecteur, pour les faire entrer dans le champ du code pénal, avec tous les moyens d'enquêtes et délais de prescription associés [...] l'utilisation d'Internet [est devenue] une circonstance aggravante dans la détermination des peines maximales encourues"
Bon, alors, pour ceux qui ont la tête dure : la binationalité, ça n'existe pas http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/07/02/Pour-en-finir-avec-la-binationalit%C3%A9
Pour le reste, que dire qui n'ait déjà été dit ? Les gouvernements continuent à faire ce qu'ils savent faire : censurer, contrôler, ficher.
Greenwald qualifie bien les vues de Dieudonné de « nocives », mais les compare aussitôt aux caricatures publiées par Charlie Hebdo. Il moque ensuite les médias occidentaux, qui, selon lui, n’oseront jamais prendre la défense de Dieudonné, même lorsque la liberté d’expression est « clairement » malmenée par son arrestation : « C’est parce que les rassemblements de la semaine dernière à la mémoire des dessinateurs de l’hebdo (bien au-delà du deuil de leur meurtre injuste et horrible) étaient au moins autant en approbation de leurs messages antimusulmans que de la liberté d’expression évoquée pour porter ces messages. »
Et toc.
"Mais Greenwald va encore plus loin en suggérant que le discours « les-pays-occidentaux-comme-la-France-ont-tellement-violenté-les-musulmans-dans-leurs-propres-pays-que-je-crois-maintenant-qu’on-peut-justifier-le-fait-de-violenter-la-France-pour-arrêter-cela » ne devrait pas être poursuivi pénalement. Il se prononce ensuite contre toute loi qui pourrait atteindre à la liberté d’expression sous prétexte de limiter les propos haineux."
Li-ber-té-d'expre-ssion ?
Ouiiii ! Quand-ça-nous-ar-range !
Allez ! Tous en chœur !
Et pourtant je déteste Dieudonné et la gerbe qui suinte de ses propos. Mais la liberté d'expression -et je ne viens pas d'avoir cette idée parce que Greenwald l'a dit, cherchez bien, je l'ai déjà dit ici-même- doit s'appliquer à tout le monde. Pas seulement aux idées avec lesquelles nous sommes d'accord.
"Si la dureté de la peine est sidérante, le chambre des comparutions immédiates de Nanterre a en réalité juste appliqué la loi antiterroriste votée en novembre."
Voilà. Dormez braves gens. Mais fermez vos gueules, surtout.
C'est marrant, j'ai moi aussi envie d'écrire quelque chose sur ces notions de liberté, égalité, fraternité, laïcité... Je suis Charlie, Je ne suis pas Charlie, la religion c'est caca... Il y a tellement de choses à dire.
Je l'avais déjà posté sur Twitter, je l'ai déjà éoqué ici à plusieurs rerprises ici, mais je n'avais pas la liste complète des prédateurs venus se refaire une beauté médiatique dimanche à Paris.
via Kevin
"Que disent les responsables sérieux des forces de sécurité ? — Rien de tel : ils constatent qu’ils n’ont pas les moyens humains de surveiller et cibler le nombre à la fois limité mais inquiétant de personnes dangereuses susceptibles d’actes terroristes. Vous avez bien lu : ils ne réclament pas une surveillance généralisée ni la censure du Net (dont l’espace de communication leur est probablement au contraire un précieux moyen d’identifier les menaces) mais davantage de personnels formés et opérationnels pour mener cette lutte souterraine extrêmement compliquée et pour laquelle leur action est légitime et indispensable."
Lecture complémentaire et indispensable : http://www.laquadrature.net/fr/charliehebdo-non-a-linstrumentalisation-securitaire
Parce que pendant qu'on parle de Charlie, la liberté d'expression est cruellement réprimée ailleurs. Ne l'oublions pas.
La logique shaddock dans toute sa splendeur. Les mesures actuelles sont inefficaces ? On va continuer dans le même sens, à force d'échouer ça finira sûrement par marcher.
Merci Neko pour cette traduction. Pour que tu n'aies pas travaillé pour rien, j'ai lu la tienne et pas celle de Framasoft :)
"Ils [les journalistes qui le contactent] ont lu tous les documents de Manning. Ils ont lu ce que Snowden avait fuité. Ils sont au courant de la surveillance de masse d'internet par la NSA. Au fond de leur esprit, ils font partis des gentils. Mais pour eux, PGP c'est juste un truc chiant à s'arracher les cheveux. Et puis Gmail est si facile à utiliser, ça fonctionne partout. Ils n'ont jamais eu des problèmes avant. Et ils ne veulent pas finir aussi paranoïaque que Glenn Greenwald"
Il est toujours intéressant de noter les sujets qui font consensus au sein du Parlement, et ceux sur lesquels les parlementaires "débattent" le plus ; il y rarement corrélation entre importance de la loi abordée et importance du travail parlementaire.
via des shaarlis
Excellent article.
Merci Mitsu (http://root.suumitsu.eu/links/?kRz4gg) pour cette citation : https://i.imgur.com/aAhZTwe.png
Sur Presumes-terroristes.fr, la Quadrature du net, la Ligue des Droits de l’Homme, Framasoft, le Parti Pirate, Reporters sans frontières et le Syndicat de la magistrature s’opposent d'une même voix au projet de loi contre le terrorisme. Parce que pour l’État, nous sommes tous des terroristes présumés. Parce qu'une fois de plus, on légitime le blocage administratif de sites web. Parce qu'une fois de plus, on surveille tout le monde, et on établit une suspicion d'office : la fréquentation de sites réputés "terroristes" et le fait d'effectuer certaines recherche sur internet pourra vous valoir des ennuis.
via http://my.shaarli.fr/Dexter/?HlGHdA
Remarque perso : cette loi est certes juste de la comm, mais si elle passe, elle renforcera et légitimera a posteriori l'arsenal répressif déjà en vigueur. On n'a pas eu besoin de cette loi pour embastiller Adlène Hicheur, ce physicien du CERN coupable d'avoir discuté trop complaisamment avec des "terroristes" sur internet. Vous aviez oublié ? Moi pas. https://fr.wikipedia.org/wiki/Adl%C3%A8ne_Hicheur
Un peu #old, mais ça traîne dans mes favoris depuis des mois...
"Une société qui accepte la surveillance de masse (que ce soit en utilisant des caméras de surveillance, pour des écrans publicitaires qui suivent le mouvement des yeux et sont équipés de systèmes de reconnaissance faciale, les réseaux sociaux envahissant et autres systèmes de reconnaissance faciale censés être cools), n'est pas démocratique.
Réveille-toi !
Il est temps de cesser de croire que de manifester en bon ordre et de manière bien contrôlée, que de signer des pétitions et de crier fonctionne. Ça ne marche pas, et la classe politique actuelle se fout de nous et de ce système."
Et je peux même dire que c'est via http://genma.free.fr/shaarli/index.php?iO8URQ
L'Espagne est en pointe dans le domaine, mais je crains que certaines de ces dispositions ne soient déjà prise dans d'autres pays, ou en voie de l'être... L'interdiction de porter un masque, ça ne vous rappelle rien ?
via http://lehollandaisvolant.net/?id=20140419173452 On tue nos libertés sous couvert de sécurité. Et il est déjà trop tard. Ce qui est perdu ne revient pas.
+1
Je crains même que ce ne soit pire que ça : nous sommes tous présumés coupables. Tout court.
Alors voilà. C'est fait. Je suis un peu sonné, je ne m'attendais pas à ça, cette promulgation à la sauvette, l'absence de saisine du Conseil Constit par une majorité aux ordres, par une opposition partageant les mêmes buts, par des alliés objectifs trop craintifs de perdre leurs strapontins (voir le résumé des épisodes précédents par CAFAI ici : http://shaarli.cafai.fr/?sWZbrA ; il résume cet article : La loi de programmation militaire, un échec pour la démocratie http://blog.barbayellow.com/2013/12/19/la-loi-de-programmation-militaire-un-echec-democratique/)
La Quadrature du net ne s'y est pas trompée : "L'adoption de son article 20 et l'absence de saisine du Conseil constitutionnel manifestent une profonde crise d'un pouvoir politique n'hésitant plus à porter massivement atteinte aux droits fondamentaux."
EDIT : un article de Zataz sur le même sujet : http://www.zataz.com/news/23198/LPM_-loi-programmation-militaire_-surveillance.html
via Chassegniuf http://www.chassegnouf.net/links/?KfOcBw
Alors après le fichage des colis (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?TxcPIA), la censure du net. Cool.
EDIT : Oh, j'avais oublié ça : la toute nouvelle, toute belle "loi martiale numérique" http://sebsauvage.net/links/?x6NGyA
Je suis d'accord sur le fond, mais en l’occurrence, il ne s'agit pas de ça : Facebook retire la possibilité d'être introuvable dans la recherche interne pour les personnes qui ne voulaient pas être retrouvées par les autres membres du réseau (vous avez dit paradoxe ?) Numera est bien plus précis que Nikopik : http://www.numerama.com/magazine/27213-tous-les-profils-facebook-seront-visibles-dans-la-recherche-interne.html
Pour l'analogie avec l'histoire de la grenouille et de l'eau chaude, je suis malheureusement d'accord ; pas que pour Facebook, pour tout ce que SebSauvage évoque : vie privée, liberté... Après tout, personne ne vous pousse à vous inscrire sur Facebook...
Sur la forme, la décision est parfaitement raisonnable et justifiée. Dans l'affaire en cause, il semblerait que le non retrait des propos litigieux ait aggravé le préjudice porté à la victime.
Mais sur le fond ? L'impact de cette décision, si elle devait faire jurisprudence, risque de porter un coup assez sérieux à la liberté d'expression sur internet : à partir du moment où un éditeur (un blogueur ou n'importe quel site) sera accusé de diffamation par n'importe quelle, par exemple, entreprise soucieuse de son image de marque ou, autre exemple, avocat au service du copyright madness, l'hébergeur se devra de retirer, sans même l'assentiment de l'éditeur, le contenu en cause, de peur d'être condamné ?
Notez que c'est très subtil : il faut que le contenu soit manifestement illicite, c à d qu'il doit exister une forte présomption quand à sa nature illégale. C'est peut-être très clair pour un juriste (et encore, étant donné l'éventail d'interprétations que ça ouvre, vous aurez intérêt à avoir un bon avocat spécialisé) mais je ne pense pas que tous les éditeurs/hébergeurs de contenus soit à même de faire ce distinguo. Donc :
Pessimiste mais réaliste :/ Mettez une couche de pédonazis terroristes par-dessus, et ça passe tout debout.
+1
Que dire de plus ? Tout est dit. Il y a 40 ans, une "banale" affaire d'écoute conduisait Nixon à la démission. Aujourd'hui, c'est la population entière qui est mise sous surveillance, et cela semble ne plus émouvoir grand monde.
via https://tiger-222.fr/shaarli/?YO6d0A
Cette ligne m'a fait frémir : "Votre choix pourra être utilisé contre vous dans un tribunal"
Ne nous trompons pas : il est aujourd’hui question du Royaume-Uni mais demain, nous serons tous concernés.
Lien direct vers l'article : http://pixellibre.net/2013/08/le-royaume-uni-glisse-vers-quelque-chose-de-bien-pire-que-la-censure/
MàJ du 2 juillet 2013 : j'ai posté ce lien sur delicious en janvier, avant que n'éclate l'affaire Prism/Snowden... Ceux qui jouent aujourd’hui les vierges effarouchées se foutent bien de notre gueule...
"Acta dans l'Union européenne et Sopa aux États-Unis. Ces deux textes, en cours d'adoption, autorisent l'administration et les entreprises à intervenir sur Internet sans s'embarrasser de libertés publiques, sous prétexte de lutte contre le piratage des œuvres en ligne."