Vous vous souvenez de l'histoire de cette infirmière licenciée et radiée de la Fonction Publique par AP-HP, pour avoir porté un calot en dehors du bloc opératoire ? (elle avait été d'abord soumise à la pression de sa direction pendant plusieurs mois, invoquant d'abord la laïcité, puis l'hygiène, WTF ?)
Le juge des référés vient de lui donner partiellement raison : la sanction (le licenciement) est disproportionnée par-rapport à la faute (porter un couvre-chef alors que c'est interdit par le règlement intérieur, on peut le contester mais c'est comme ça).
Eh bien aujourd'hui, je découvre via SebSauvage sur Mastodon l'histoire de cette adolescente exclue de son lycée depuis 2 mois (lisez l'article, c'est à devenir dingue) car elle avait mis un truc sur sa tête pour cacher son alopécie...
J'en ai marre, mais putain de marre. Non seulement on assiste impuissants à un dévoiement insensé de la loi de 1905 -pendant ce temps , on dit rien sur les crèches dans les mairies- mais on est devant une crispation assez inouïe et même délétère. Ca a commencé il y a 25 ans par "pas de voile islamique à l'école" : c'est contestable, les enfants pouvant être considérés comme des usagers du service public de l'éducation, mais ça peut se justifier au nom de la neutralité et de l'égalité de tous pendant les cours ; et ça se transforme aujourd'hui en "rien sur la tête à l'école (ou à l'hôpital)", de peur que ce soit un signe religieux par destination.
C'est de la folie furieuse.
Dans moins de 10 ans, on sera en guerre contre la Russie - je veux dire un conflit ouvert, pas des escarmouches numériques et de grossières campagnes d'intox comme aujourd'hui (encore que ça marche plutôt bien, ils auraient tort de se priver) ; j'affirme que toutes celles et ceux qui auront contribué à diviser l'unité nationale (désolé pour les grands mots, mais c'est l'idée) portent une large part de responsabilité dans ce qu'il va se passer. Parce que ça va pas bien se passer.
Si on est pas capables d'être tolérants au sein de notre propre pays, comment alors parler d'une seule voix et faire front à une menace ? Si nous ne sommes pas unis dans un pays, et la France n'est pas la seule à connaître ces dissensions, comment être unis au niveau européen ?
Je saute à la conclusion : on est foutus.
Oui, je sais, on est partis de deux bonnets pour en arriver là.
Mais je suis très pessimiste.
D’après des informations révélées par Mediapart, la direction de l’AP-HP a demandé en 2024 à l’ensemble du personnel soignant de signer «une charte de laïcité dans les services publics», après l’adoption fin 2023 d’un nouveau «guide de laïcité» dans lequel il est inscrit que «le port d’une charlotte de bloc opératoire, en dehors des situations dans lesquelles elle est requise pour les besoins du service, peut constituer l’expression d’une appartenance religieuse et, ainsi, un comportement professionnel fautif».
Non, mais, N'IMPORTE QUOI. C'est complètement con. Un calot chirurgical est un signe religieux, si et seulement si tu es d'apparence vachement musulmane, sinon c'est bon, ça passe ? Avec le nombre de tour qu'Aristide Briand a du faire dans sa tombe depuis 20 ans, je crois qu'on a un deuxième tunnel sous la Manche.
Une partie de la classe politique de l’époque, dont François Bayrou, président de l’UDF, avait alors dénoncé cette mesure.
Dédoublement de la personnalité. Une pathologie classique dans la classe politique.
Une affaire qui en rappelle une autre.
Avant toute chose : je ne cautionne absolument aucun acte de violence.
Seulement, il y a un truc qui me chiffonne dans cette histoire. Au collège de mon gamin, lors des réunions de rentrée, réunion du CA, etc. J'ai un peu joué au con, j'ai posé des questions "naïves" sur ces sujets, et l'on m'avait répondu que le législateur avait à cœur de protéger les mineurs, qu'ils étaient à l'école pour apprendre en dehors de toute influence politique ou religieuse etc. Je veux bien l'admettre.
Mais quid d'un élève majeur ? Qu'est ce qui doit s'appliquer ? Une interdiction générale et absolue de porter un quelconque signe religieux dans un établissement d’enseignement secondaire ? Ou bien la liberté de conscience et la liberté d'expression ?
La laïcité, je le répète avant que quelqu'un dans le fond ne dise une connerie, n'est obligatoire que pour les agents publics. PAS pour les usagers des services publics. C'est l’État qui est laïc, pas les citoyens. D'où ma question "naïve" évoquée au début. On m'avait répondu aussi que les élèves de BTS, étant majeurs, n'étaient pas soumis à cette règle (pourtant ils vont et viennent dans l'enceinte du même établissement et croisent les lycéens voire les collégiens pour les cas de cité scolaire).
Faudrait-il en inférer que les-élèves-majeurs-pas-en BTS ils ont une loi spéciale pour eux ? (tu te fous de ma gueule camarade ?)
Devrait-on aller jusqu'à penser qu'il y a un tout petit peu d'excès de zèle de la part de certains personnels (professeurs ou proviseurs) ?
Est-il permis d'imaginer que cet excès de zèle concerne une religion en particulier, et un genre précis (les femmes, jeunes, de religion musulmane) ?
Je laisse ces éléments à votre sagacité, chers lecteurices.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a estimé, mardi, que « personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non » après que la ministre française des sports a déclaré qu’« un régime de laïcité stricte » s’applique dans le champ du sport.
A chaque fois putain. A chaque que je crois qu'on pourra pas 'enfoncer davantage, je me trompe. On a une islamophobie érigée en principe de gouvernement, et le reste du monde commence à s'en rendre compte.
J'essaie d'éviter d'aller sur "X-anciennement-Twitter", comme disent les journaux, mais c'est plus fort que moi (comme maître Sega, poke la team vieux).
Du coup je suis tombé sur cette intervention d'Aristide Briand, rapporteur de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’État, cité par @Maitre_Eolas.
En substance, la question est celle du costume des ministres des cultes, mais la réponse s'applique aussi à leurs fidèles : interdire un costume particulier au motif qu'il rappelle trop le culte auquel il est associé, serait s'exposer à un risque d'intolérance et de ridicule.
Lisez, l'extrait n'est pas très long et il est savoureux (il semblerait que les députés maîtrisaient mieux la langue française en ce temps là).
La fin est dramatiquement drôle :
La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre accessible à tous les citoyens, prêtres ou non.
Je pose la question, en toute candeur : si demain, une jeune fille non-musulmane (qu'elle soit catholique, protestante, juive, bouddhiste, hindhouiste, pastafariste, athée ou agnostique ou que sais-je encore) faisait son entrée au collège ou au lycée dans une robe longue ressemblant à une abaya, il se passerait quoi ?
Mon mauvais esprit (oui, je suis à la fois candide et de mauvais esprit) me souffle : strictement rien, du fait qu'elle ne serait pas "visiblement musulmane" comme l'a dit je ne sais plus quel imbécile.
EDIT : j'avais l'air de rigoler, mais ça fait réellement partie du problème : https://www.huffingtonpost.fr/france/article/interdiction-de-l-abaya-le-conseil-francais-du-culte-musulman-denonce-le-flou-autour-de-la-definition-du-vetement_222683.html
L’absence « d’une définition claire de ce vêtement crée de fait une situation floue et une insécurité juridique », estime le CFCM*, notamment car dans certains contextes l’abaya pourrait être considérée comme « musulmane » - et donc interdite - et dans d’autres comme « non musulmane » - et donc autorisée.
De ce fait, le CFCM dit craindre un « contrôle au faciès arbitraire » ou que les critères d’évaluation de la tenue des jeunes filles reposent sur « l’origine supposée, le nom de famille ou la couleur de peau ». En conséquence, l’instance « se réserve le droit de saisir le Conseil d’État si l’application concrète de cette mesure d’interdiction aboutissait à des formes de discrimination ».
En même temps, je trouve le CFCM trop complaisant : en se réservant de saisir le Conseil d’État pour les cas qui relèveraient manifestement d'une discrimination fondée sur l'apparence (bref, du racisme), cela revient à dire qu'il accepte les autres cas, au motif que l'abaya n'est pas une prescription religieuse. Et pourtant -Cf. ci-dessus- le simple fait d'interdire l'abaya est une discrimination, puisque fondée sur le lien supposé entre ce vêtement et l'appartenance à une religion.
*CFCM = Conseil français du culte musulman
Cette suspicion obsessionnelle, ce contrôle généralisé des tenues et des corps des élèves sont insupportables et indignes. Et de surcroît, cette sortie témoigne d'une ignorance flagrante sur la laïcité.
Je vais me répéter, mais on n'a pas le cul sorti des ronces hein...
via @matiu_bidule sur (°m que je cite :
Ces gens qui ont trop de temps libre dans leurs mains et qui le consacre à fantasmer sur les vêtement des jeunes filles et leurs éventuelle signification, moi je commence à trouver ça assez malsain ...
Je crois qu'il y a vraiment un axe politique à creuser là, à expliquer que fondamentalement, les gens qui s'intéressent aux tenues des jeunes filles, quelles que soient les excuses bidon de laïcité au fromage qu'ils se donnent, ne sont rien d'autre que des gros pervers creepy.
Mais l’égalité promue par la campagne n’est pas l’égalité homme-femme, ni même l’égalité des chances, supposée remédier aux inégalités sociales. Symptomatique de la droitisation du paysage politique, ces objectifs sont ici remplacés par l’emblème du paternalisme français: la «laïcité», qui permet d’évacuer la promesse républicaine au profit d’une grille de lecture religieuse. A l’opposé de la laïcité inclusive de 1905, la laïcité suprémaciste des lois sur le voile ou de la loi «séparatisme» est un instrument de stigmatisation des minorités issues de l’immigration, qui prolonge les logiques coloniales de hiérarchisation des populations en fonction de leur origine. Vivement critiquée dès son lancement pour son caractère raciste, la campagne du ministère de l’Education nationale affiche en effet de manière transparente la trahison de l’idéal républicain, où l’islamophobie devient le principal ciment de l’unité nationale. Confirmation du malaise: les visuels ont été depuis retirés du site du ministère.
Comme tout énoncé raciste, les images de la campagne s’appuient sur une forte dimension implicite. Derrière l’apparence d’un melting-pot souriant, que l’on pourrait lire comme un éloge de la diversité d’inspiration antiraciste, le mot-clé «laïcité» donne le mode d’emploi de l’organisation des signes. « Le sous-texte, c’est que la laïcité est faite pour corriger les défauts des élèves de culture et de confession musulmanes» explique Jean-Louis Bianco, ancien président de l’Observatoire de la laïcité, supprimé par le gouvernement pour sa fidélité à l’esprit de 1905. Un siècle plus tard, la laïcité suprémaciste suggère en effet d’interpréter les affiches en cherchant les marques d’une opposition basée sur l’appartenance ethno-culturelle.
Vu sur Mastodon, mais je ne trouve pas de sources en ligne autre que Reddit (rien sur le site de l’Éducation nationale ?) ; si c'est avéré, c'est proprement scandaleux : ce n'est pas la laïcité ça, c'est l'égalité - et le léger parfum d'islamophobie n'est pas le fruit de votre imagination.
Une simple demande de réflexion sur les questions de la religion et de la laïcité par des ados, leur non-adhésion spontanée et complète au discours gouvernementale est pour elle visiblement insupportable et nécessite une action au plus haut niveau de l'état. On est en plein dans le délit de blasphème, là : la moindre remise en cause d'une vision complètement pétée de la "République", qui serait par essence parfaite et incriticable, est considérée comme une attaque insupportable.
Encore une pièce versée au dossier "détournement de la laïcité".
Voir aussi : https://ehko.info/france-la-reaction-republicaine-le-grand-bond-en-arriere-democratique/
Si ces trois adolescentes ont pu ébranler la République, soit elles sont très fortes, soit c'est parce que la République vacillait déjà sur ces questions. Cette affaire nous a obligés à nous poser les questions que nous ne voulions pas nous poser. La laïcité a été révoquée en doute parce que les agents chargés de la reproduction ne croient plus à la fonction d'intégration de l'école ou à l'ascension sociale par l'école gratuite et républicaine. Qui y croit sérieusement encore aujourd'hui ? Bruno Etienne, sociologue
Juste une petite liste parce que ça commence à me titiller un peu, les bondieuseries de Manu :
C'est marrant, on n'entend plus tellement les défenseurs acharnés de la laïcité sur ce coup, eux qui sont pourtant si sensibles habituellement.
Je que j'adore dans cette sortie de Macron, c'est que ça fasse chier son nouveau copain Valls ^^
Bon, sinon, comme j'ai pu le lire sur Mastodon, l'intérêt de la manoeuvre c'est surtout que pendant qu'on va s'écharper à grands coups de "Constitution !" "Laïcité !" "Racines chrétiennes de mon cul !", on parlera beaucoup moins de la SNCF, de NDDL, de la réforme de la fac...
Assez de mots et de faux semblants, attaquons ceux dévorés par leurs passions tristes sans concession tout en refusant de jouer leur jeu. Ils veulent faire taire ceux qui ne sont pas d’accord avec eux ? Parlons et laissons-leur la parole pour mieux prouver l’inanité de leurs propos. Ils veulent mettre en place un Etat encore plus autoritaire et sécuritaire que ce qu’il est aujourd’hui ? Montrons à quel point ce projet ne répond pas à la lutte contre le terrorisme mais bien plus à un flicage des luttes sociales. Ils veulent remettre en cause et détruire la laïcité tout en disant la défendre ? Démontrons que leur vision de la laïcité n’est pas une « laïcité offensive » ou « revancharde » comme on l’entend ci et là alors que la nôtre serait une « laïcité ouverte » ou « permissive ». Laissez imposer cette dichotomie, c’est déjà avoir perdu. Ce qu’ils défendent n’est pas, de près ou de loin, la laïcité. Cette chose est une autre chose, qu’ils ont totalement le droit de défendre mais qu’il convient d’appeler par son nom et non pas en dévoyant un beau principe de notre histoire politique. Assez de débats moraux qui dépossèdent la politique de sa substance. Ils veulent imposer une ligne de démarcation morale entre ceux qui pensent comme eux et les autres ? Insistons encore et encore sur la nécessité de demeurer dans le cadre de la politique, cadre qui est nécessairement conflictuel. Il n’y pas, comme il le voudrait, le Bien d’un côté et le Mal de l’autre, simplement des positions qui s’affrontent.
On applaudit bien fort Valérie Boyer pour cette avancée conceptuelle majeure : la laïcité chrétienne.
Sans le christianisme, il n'y aurait pas de laïcité et la laïcité n'existe que dans des pays aux racines chrétiennes.
La Turquie (celle d'avant Erdogan), le Japon, l'Albanie Israël et l'Inde (pas celle de Modi, fondamentaliste hindou...), grands pays aux racines chrétiennes bien connues, apprécieront. (il faudrait rajouter l'Irak de Saddam Hussein, mais on s'embarque sur un terrain glissant...).
Oh, et tout ça pour une histoire de yaourts brassés.
Chacun ses combats Valérie.
S’il n’y a détecté qu’une « mention contraire au droit positif » d’ordre mineur, l’Observatoire met en revanche en cause la tonalité générale de la charte qui, à plusieurs reprises, « occulte les libertés pour se concentrer uniquement sur les interdits », notamment en matière religieuse.
Il critique en outre une confusion entretenue par le texte entre le principe de laïcité et des règles relevant par exemple de la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes, au point de « faire craindre une mauvaise compréhension de la laïcité de la part de ceux qui en sont destinataires ». Autant accuser la charte de rendre plus confus une laïcité qu’elle prétend défendre.
Quelle surprise... :/
Que ce soit Fillon ou autre, cela montre bien quelle conception de la laïcité se font ces gens là.
Pas tout lu, mais la démonstration semble intellectuellement intéressante.
Et encore, je suis gentil quand je raconte ainsi les choses : lisez le début du livre de Claude Askilovitch, Nos mal-aimés : il raconte comment il a quitté magazine Le Point de Franz-Olivier Giesbert, après avoir refusé de raconter n’importe quoi quand qu’il fut chargé « de préparer une cover (ces longs articles qui illustrent la couverture et déterminent les ventes d’un journal) au thème imposé, ‘l’islam sans gêne’ (ou ‘le culot des islamistes’, c’était l’alternative) ». Il découvre alors, en enquêtant, une réalité « plus riche », mais elle ne correspond pas à la « ligne du journal » qui, finalement, fait sa cover sur « l’islam sans gêne » sans lui.[2] Voilà comment se construit, depuis longtemps (il faut le souligner), une actualité post-fact, où la majeure partie de la réalité sociale est niée. Mais cette construction produit, au bout du compte, un effet de croyance où des stéréotypes, sans cesse ressassés, deviennent des dogmes… et la laïcité devient une religion civile où l’adhésion à ces « dogmes » est « obligatoire » (cf. Jean-Jacques Rousseau). Les résultats de la « primaire citoyenne » ont montré qu’une telle transformation est loin de faire l’unanimité dans l’électorat de gauche.
via Riff
Cependant, je me demande si les électeurs "de gôche" ont vraiment tout ça en tête au moment de la primaire, ou bien s'ils voulaient juste faire dégager Valls.
De procès en “islamophobie” en remise en cause du droit à l’avortement, de revendications communautaires en Manif pour tous, de “mode du burkini” en “racines chrétiennes”, de “particularisme culturels” en “défense de l’identité”, jamais les affaires publiques n’ont été autant à la merci des ingérences religieuses, menaçant la liberté de conscience et l’égalité des droits. »
Notez comment ce torchon (oui, Charlie) met sur le même plan le racisme islamophobe et les cathos intégristes, semblant renvoyer dos à dos, au nom d'une pseudo critique de la religion, les agresseurs et les victimes.
EDIT : merci à Seb pour son shaare où il lie une sauvegarde de l'article, ce qui m'a plus ou moins forcé à le lire (https://archive.fo/NiOSB)
Une fois de plus c'est l'Islam, l'Islam et encore l'Islam. Mais sinon, on ne fait que défendre la loi de 1905, ce texte, « rigoureux et sévère », et l'on encourage à le lire.
Chiche ?
EDIT : pour mémoire : https://tools.aldarone.fr/share/?sFvwtQ
Le Conseil d’État rappelle la portée du principe de laïcité. Celui-ci crée des obligations pour les personnes publiques, en leur imposant notamment :
- d’assurer la liberté de conscience et de garantir le libre exercice des cultes ;
- de veiller à la neutralité des agents publics et des services publics à l’égard des cultes, en particulier en n’en reconnaissant, ni en n’en subventionnant aucun.
Le Conseil d’État juge que l’article 28 de la loi de 1905, qui met en œuvre le principe de neutralité, interdit l’installation, par des personnes publiques, de signes ou emblèmes qui manifestent la reconnaissance d’un culte ou marquent une préférence religieuse.
En raison de la pluralité de significations des crèches de Noël, qui présentent un caractère religieux mais sont aussi des éléments des décorations profanes installées pour les fêtes de fin d’année, le Conseil d’État juge que leur installation temporaire à l’initiative d’une personne publique, dans un emplacement public, est légale si elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse.
Pour déterminer si l’installation d’une crèche de Noël présente un caractère culturel, artistique ou festif, ou si elle exprime au contraire la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse, le Conseil d’État juge qu’il convient de tenir compte du contexte dans lequel a lieu l’installation, des conditions particulières de cette installation, de l’existence ou de l’absence d’usages locaux et du lieu de cette installation.
Compte tenu de l’importance du lieu de l’installation, le Conseil d’État précise qu’il y a lieu de distinguer les bâtiments des autres emplacements publics :
- dans les bâtiments publics, sièges d’une collectivité publique ou d’un service public, une crèche de Noël ne peut pas être installée, sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif ;
- dans les autres emplacements publics, compte tenu du caractère festif des installations liées aux fêtes de fin d’année, l’installation d’une crèche de Noël est légale, sauf si elle constitue un acte de prosélytisme ou de revendication d’une opinion religieuse.
Oui, il faut tout lire, parce que la fachosphère va se saisir de l'arrêt pour lui faire dire exactement le contraire de ce qu'il dit vraiment.
TL;DR : un pavé pour expliquer aux entreprises qu'elles doivent respecter les opinions religieuses de leurs employé-e-s, même celles qui les "dérangent".
On en est là.
Qu’est-ce que la laïcité ? On croyait que c’était ce qui garantissait à une femme portant le voile, comme à n’importe qui, le droit de se rendre dans n’importe quel lieu public. Ce n’est pourtant pas ce qu’a entendu la journaliste Suheda Asik, qui travaille pour l’hebdomadaire franco-turc Zaman France, quand elle est venue assister, lundi 26 octobre, à la remise du prix de la laïcité organisée dans un salon de l’Hôtel de ville de Paris. Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, assistaient à cette cérémonie organisée par le Comité Laïcité République (CLR) qui a récompensé Samuel Mayol et Fazil Say, pianiste-compositeur turc – d’où la présence de Zaman France.
Dans un article publié mardi sur le site de son journal, Suheda Asik raconte comment trois personnes, avant le début de la cérémonie, lui ont demandé, avec insistance, de retirer son voile, justement au nom de la laïcité vantée ce soir-là. Elle écrit ainsi :
«Arrivée à la salle municipale, un agent d’accueil se dirige vers moi. […] Continuant à marcher à mes côtés, il se rapproche et me demande en "souriant" : "Vous êtes vraiment obligée de garder ça sur votre tête ?" Abasourdie, je pense un instant avoir mal entendu. Je lui demande donc de se répéter. "Non mais vous savez, vous êtes à l’Hôtel de ville ici, il faut respecter. Nous vous avons laissé entrer, vous pourriez l’enlever par égard pour nous, dit-il en désignant mon voile, c’est la moindre des choses".»
Puis :
«Un mal ne venant jamais seul, quelques minutes plus tard, je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone à la sécurité, ce qui m’oblige à redescendre. A mon retour dans la salle, je me dirige vers ma place quand une femme faisant partie de l’organisation m’arrête. "Bonjour !" me dit-elle en me fusillant du regard, puis sans transition : "Enlevez votre voile !"»
Cette femme ira ensuite chercher un membre du Comité Laïcité République, qui demandera à la journaliste : «Et vous traitez de la laïcité, vous ?» «A croire que mon voile m’empêche de réfléchir ou de faire mon métier», ironise Suheda Asik.
Et que dit le Comité Laïcité République, machin dont je découvre l'existence à l'instant ?
Que les vilains médias ont «transformé un simple et regrettable incident en polémique».
D'autant plus que l'impartialité du Machin n'est pas sujette à caution. Non, pas du tout :
Au-delà de ce(s) communiqué(s), un petit tour sur le site du CLR donne une idée de sa définition de la laïcité. Ainsi, le voile islamique fait l’objet d’une rubrique à part entière, avec une sélection d’articles de presse très fournie et très peu variée. Y figurent des textes signés Alain Finkielkraut, tout comme les émissions de ce dernier sur France Culture, mais aussi 17 reprises du site de la revue d’Elisabeth Lévy, Causeur. En revanche, la liste ne comprend aucun article du site animé par le collectif Les mots sont importants, qui pointe régulièrement l’utilisation politique du voile comme instrument d’oppression raciste et sexiste.
Pour Aurélie Bretonneau, le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », sauf quand une « intention religieuse » préside à une telle manifestation.
Je vous laisse, il faut que j'aille piquer une crise de nerfs.
P.S. :
Article 28 (loi du 9 décembre 1905)
Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.
ou qu’une aide-soignante exige, une fois engagée, de porter le voile ou la charlotte, une manière de contourner le règlement
Ah bon. Parce que dans un hôpital, le règlement interdit de couvrir ses cheveux ?
Ça me rappelle une des choses qui m'ont fait hurler lors du reportage de merde de M6 hier soir, comme quoi les soignants barbus ce n'était pas possible, parce que ce n'est pas hygiénique. Oh ouais. Et vos soignant·e·s-pas-barbus mais avec des bagouzes, des alliances, des boucles d'oreilles, des chaînes et des ongles ni très courts ni très propres, on en parle ? Et le personnel de ménage pas musulman mais bien dégueulasse qui passe la serpillière sans tenir compte du zonage stérile/pas stérile, on en parle ? Les maladies nosocomiales, vous croyez vraiment que c'est dans la barbe des musulmans qu'on les attrape ? (parce que vous avez bien noté que quand on en appelle au respect de la laïcitay, c'est sur l'Islam qu'on tape ? ).
Purée, il y a de quoi hurler.
En soi, que des individus aux idées rétrogrades, prétextant défendre une morale religieuse, pourfendent Déesse Major me choque peu. C’est l’empressement du gouvernement, garant de la laïcité, à exécuter le désir de ceux qui ne sont bénéficiaires d’aucun mandat public, qui fait peur.
N.B. : contrairement à ce que cet extrait pourrait laisser penser, il est question ici du Sénégal.
La femme de Cannes n'est pas un cas isolé.
Et, une fois de plus :
"toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité"
qu'est ce que la laïcité vient foutre là dedans, bordel ? La laïcité ça veut dire que l’État se fout de savoir la religion que tu as, pas que tu n'as pas le droit d'avoir du tissu sur les cheveux parce que tu es non-catholique !
Rappel : le concours "Je me torche avec la loi de 1905" est toujours ouvert.
La #laïcité est notre ciment. Non au financement public des cultes. Fier d'aider les villages à restaurer leur #église, patrimoine national.
via @Maitre-Eolas
Là, vu les développements pris par cette histoire, je suis carrément hors jeu. Mais je voulais garder une trace de ces propos monstrueux. Le graissage est de moi.
« Une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu’il est nécessaire de prévenir. »
« L’accès aux plages et à la baignade est interdit à compter de la signature du présent arrêté jusqu’au 31 août 2016 à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. »
« Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes est également interdit. […] Toute infraction fera l’objet d’un procès-verbal et sera punie de l’amende de première catégorie, soit 38 euros. »
Il évoque néanmoins le fait de vouloir prohiber « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».
Oui, oui : "référence à une allégeance à des mouvements terroristes", formulation alambiquée pour dire que, d'après lui, les femmes portant cette tenue font allégeance à Daech.
Annick GIRARDIN, ministre de la Fonction publique a installé ce jour, la commission « Laïcité et Fonction publique ». Présidée par M. Émile ZUCCARELLI, ancien ministre de la Fonction publique, de la réforme de l’État et de la décentralisation, la commission a pour objectif d’apporter des réponses cohérentes et concrètes aux agents de la fonction publique et à leurs employeurs, aux questions qu’ils se posent quant à l’application du principe de laïcité et ses remises en cause.
Je ne l'ai pas déjà dit ça, que quand on a rien à de mieux à dire on parle de la laïcité et de sa défense ? Et bien voilà un bel exemple.
Juste pour les ministres qui n'ont pas bien écouté à l'école, quelques rappels : Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite loi Le Pors
- Article 6 : La liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires.
Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race.- Article 25 : Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité.
Dans l'exercice de ses fonctions, il est tenu à l'obligation de neutralité.
Le fonctionnaire exerce ses fonctions dans le respect du principe de laïcité. A ce titre, il s'abstient notamment de manifester, dans l'exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses.
Le fonctionnaire traite de façon égale toutes les personnes et respecte leur liberté de conscience et leur dignité.
Est-il vraiment nécessaire de rajouter encore quelque chose ?
Il y aurait un avant-début de vague idée comme quoi on pourrait commencer à apprendre les langues étrangères dès le CP. Très bien. Qu'est ce qu'en retient ce torchon ? "l'arabe enseigné dès le CP".
Ben oui, l'arabe est une langue étrangère, donc on va focaliser sur celle-ci, genre la ministre veut que NOS enfants apprennent l'arabe. Je ne vous fais pas un dessin sur tout le non-dit raciste de ce titre.
Mais attendez, elle est pas finite mon histoire. Le plus ahurissant, c'est l'interview du député-maire de Beaune Alain Suguenot qui affirme, sans rire : « Cela va à l’encontre de la laïcité et des valeurs de la République ». C'est développé dans la version papier, où il poursuit en expliquant que l'arabe est la langue d'une religion, que ce n'est pas pareil que les autres langues.
Oh bin oui dis donc. On ne peut pas apprendre l'arabe autrement que dans le Coran, c'est absolument impossible.
En toute logique, je soumet donc les propositions suivantes :
Pinaise, on a vraiment un problème dans ce pays :/
Je... On va dire que la laïcité ne s'applique pas aux chevaux. Hop.
via https://twitter.com/juliensalingue/status/740119478156046336
École et islamophobie.
"Il s’agit là, de ce que l’on peut nommer un racisme institutionnel, qui n’est pas à repérer dans l’attitude ou les pensées de quelques individus, mais dans la logique même d’un système qui conduit à désavantager systématiquement certaines catégories socioculturelles et se définit comme l’échec collectif d’une organisation à fournir un service approprié et professionnel à des personnes à cause de leur couleur, culture ou origine ethnique."
"La tolérance, qui peut supposer l’intolérance, n’est pas, en effet, une notion suffisante pour l’émancipation des citoyens. C’est plutôt la séparation des Eglises et de l’Etat, combattue par Napoléon puis enfin inscrite dans la loi après l’affaire Dreyfus, qui va permettre d’affirmer la stricte neutralité de la puissance publique en matière religieuse."
Encore un texte sur la laïcité ; la vraie, pas celle des partis politiques.
Pour mémoire. Le texte d'un mensonge.
Suite aux allégations non fondées de deux journalistes, David Perrotin et Pascale Tournier, je tiens à faire la mise au point suivante.
Les députés du groupe socialiste à l'Assemblée nationale ont été heureux d'accueillir aux 6 emes Rencontres de la laïcité Latifa Ibn Ziaten, la mère d'un soldat français tué par Mohamed Merah et qui depuis la mort de son fils défend les valeurs de la république à travers la France. Notre invitée portait un foulard comme les lois de la république l'autorisent dans l'espace public. Deux participants qui n'étaient ni députés ni , manifestement socialistes, sur 200 ont voulu contester le port de ce foulard, manquant singulièrement de respect à l'égard d'une femme qui nous a expliqué le porter en deuil de son fils. J'ai donc invité ces deux personnes à quitter à la salle. Jamais un socialiste, digne de ce nom n'aurait sifflé et encore moins hué cette femme éminemment respectable, comme certains le font croire sur Twitter.
"S’agissait-il de personnalités politiques connues du Parti socialiste ? « Oui », répond Latifa Ibn Ziaten qui refuse de donner les noms des deux personnes en question."
Un lien à mettre en perspective : le message publié par Glavany dans la foulée : "Suite aux allégations non fondées de deux journalistes [...] Deux participants qui n'étaient ni députés ni , manifestement socialistes, sur 200 ont voulu contester le port de ce foulard..." https://www.facebook.com/jean.glavany.9/posts/916098041813265
Voilà.
Dégoût.
A ajouter à cette longue liste : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?lhsDJQ
C'est ça, l'avantage de la laïcité à la française : l’État ne reconnait aucune religion, il les accepte toutes, et ne fait pas de discrimination entre les fidèles.
Du moins, c'est ce que dit la loi de 1905.
France, 2015. La mère d'un soldat français tué par Merah huée à l'Assemblée nationale parce qu'elle porte un foulard, au nom de la "laïcité". Elle a dû se justifier. SE JUSTIFIER.
Vous pouvez voter ce que bon vous semblera dimanche : le FN a déjà gagné.
"la grand-messe de la laïcité"
Pleurer ? Rire? Soupirer ?
Ce pays est foutu. On a atteint un point de non-retour en matière de connerie.
Cette circulaire est manifestement illégale, et je me demande par quelles voies elle pourrait être dégommée (c'est une note de service, pas une décision administrative ; elle ne s'impose qu'aux personnels de l’État concernés - ici, celui de l’Éducation nationale). [EDIT : ce n'est même pas une circulaire, c'est juste un formulaire pour signaler des événements graves]
Mais le mal est là, et il est profond. Ainsi, les directeurs d'établissements devraient signaler les parents portant des "tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" comme portant atteinte au "principe de laïcité".
Quel est le sombre connard qui a écrit une ineptie pareille ? L'interdiction des tenues et signes "ostensibles", dans l'enceinte de l'établissement, c'était discutable (surtout pour la mise en œuvre très ciblée sur une population en fait) mais maintenant, on va dénoncer les gens dans la rue ? Les parents sur le trottoir devant l'école ? MAIS C'EST QUOI CE BORDEL, PUTAIN ? Mais il faut l'écrire comment, que la laïcité, c'est la tolérance religieuse et pas la surveillance religieuse ? Que le "principe de laïcité" n'existe pas, si ce n'est pour les agents publics ? Et que la seule véritable atteinte reconnue par la jurisprudence, c'est le prosélytisme ? (en clair : OSEF que tu sois musulman, chrétien ou pastafariste ; tu viens habillé comme tu veux tant que ce n'est pas attentatoire à la pudeur, et tu fais pas chier le monde en essayant de recruter pour ta religion. C'est pourtant pas bien compliqué)
J'étais déjà passablement en colère. Puis j'ai lu la suite de l'article.
On invite également les enseignants à dénoncer leurs collègues qui se rendraient coupables de "grève, blocages, manifestations, rassemblements, perturbations", en lien ou non avec "une revendication nationale". Alors là, c'est même plus de l'illégalité. On tombe dans la dictature.
Le formulaire est ici : http://www.youscribe.com/catalogue/tous/cachet-de-l-etablissement-2680054
Vous noterez que les "disparitions inquiétantes" ne sont plus des fugues, mais des suspicions d'élèves partis faire le Djihad.
Grosse, grosse fatigue.
L'AMF (Association des maires de France) a publié un vademecum sur la laïcité. Je ne sais pas ce que ça vaut, je ne l'ai pas lu ; mais je pense qu'on va en entendre parler.
Laïcité d'après MMLP : "outil utile contre la propagation (…) des revendications de certains musulmans" Ça a le mérite d'être clair.
Et ce n'est qu'un point (de détail ?) de l'interview.
Jeu : cherchez l'incohérence dans ce titre.
"En cause : la signature désormais obligatoire de la Charte de la laïcité par les familles, [...] « Si quelqu’un refuse de signer, on fait quoi ? On engage des poursuites ? », demandent des enseignants sur la Toile."
J'ai presque failli être d'accord => http://cache.media.education.gouv.fr/file/Horaires-reglement/43/5/charte_de_la_laicite_393435.pdf Mais encore faudrait-il qu'il en aille vraiment ainsi dans les faits, et on sait trop bien qu'il faut trop souvent remplacer "la laïcité" par "le rejet de l'Islam". Lisez les 15 articles en opérant ce remplacement, vous verrez, c'est éclairant.
Mais j'ai un problème avec les points 9, 13 et 14 en particulier. Point 9 : "La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, [...] égalité entre les filles et les garçons [...] respect et compréhension de l'autre" Et la loi sur les "signes ostentatoires/ostensibles (je ne sais jamais, bref la loi anti-foulard, anti-jupe-trop-longue-pour-les-filles-arabes, anti-burka...), on en parle ? Mais le point 14 est pour le coup en contradiction totale. Je te respecte, pas de discrimination, mais SEULEMENT si tu t’habilles comme je te demande.
Et en relisant, d'autres points me paraissent obscurs. Le point 4 m'est incompréhensible. Si vous parvenez à me dire ce que signifie ce charabia, vous aurez ma reconnaissance éternelle.
En plus, on en fait pas un peu trop là ? Depuis quand la laïcité est la solution à tous les problèmes ?
Comme dit plus haut, quid des parents qui refuseraient de signer ?
Quid des établissements privés ? On leur reconnait le droit d'être prosélytes, c'est ça ?
On attend pas un peu trop de la laïcité ? La laïcité "garantit la liberté de conscience", la laïcité "permet l'exercice de la citoyenneté", la laïcité "offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité", mieux encore : la laïcité "assure aux élèves l'accès à une culture commune et partagée" (comprendre : blanche, catholique) etc.
Et pourquoi pas aussi : la laïcité assure le retour de l'être aimé, ralentit la chute des cheveux, change votre pot en 5 minutes, vous fait économiser 5€ par jour, vous évite de choisir entre éclat et blancheur, coupe le poil et gomme la cellulite, vous rembourse le 3ème acheté, apporte la paix dans votre maison, fera de vous un homme riche, préserve la couche d'ozone, est garantie sans sucres ajoutés, est partenaire de l'opération mangez-bougez...
Rien à ajouter, si ce n'est que j'ai appris l'existence des Ostentions.
A propos du Concordat : http://www.huffingtonpost.fr/2015/08/08/ordre-jedi-metz-defile-concordat_n_7959350.html
Je propose donc, par respect pour votre putain de merde de principe de laïcité, de supprimer le repas de Noël dans les restaurants scolaires.
EDIT : un article mieux écrit (il n'y a pas de mal) sur France Culture : http://www.franceculture.fr/2015-08-11-la-cantine-scolaire-est-elle-un-espace-de-neutralite
Il se trouve encore des gens qui prennent le temps de lire les lois et d'en tirer des conclusions logiques. Si peu, hélas.
via des shaarlistes
Sans qu'il soit besoin d'en lire davantage, je me contenterais de dire que nous n'avons pas du tout la même conception de la laïcité.
La laïcité, ça voulait dire (parce que cette fois, ça y est, Laïcité est morte, l'enterrement civil aura lieu dans la plus stricte intimité, politiques interdits) : t'as le droit d'avoir la religion que tu veux, de la vivre comme tu veux, l’État s'en tamponne tant que tu ne n'essaie pas de forcer les autres à avoir la même religion que toi. (En gros hein. Si vous voulez en savoir plus, il y a Wikipédia, des livres de droit, des livres d'Histoire...)
Et c'est devenu : t'as le droit d'avoir la religion que tu veux. Mais si tu choisis catho, ben ça sera quand même plus simple pour tout le monde. Enfin, surtout pour toi. Tu peux choisir protestant, c'est presque pareil. Ou juif, on viendra pas trop te faire chier, on a beaucoup à se faire pardonner. Tu peux être sikh si tu veux, on aime bien le folklore. Mais fais gaffe, tu risques de passer pour un islamis... euh, un musulman. Oui, parce que tu peux être islamis... euh, pardon, musulman si tu veux. Mais faut juste pas que ça se voit. Évite la barbe si tu es un homme, et puis tous les trucs-pas-très-catholiques du genre vos pyjamas à rayures, et les femmes qui s'habillent avec des rideaux. Non, on est pas racistes, on défend juste nos valeurs. Et nos valeurs c'est le catholi... euh, la laïcité, pardon, j'arrête pas de fourcher. Et puis si ta femmes et ta fille pouvaient éviter les foulards. Les noirs, les bleus, les blancs, les à fleurs, les Hermès, tous les foulards quoi. Avec vous, on pourra jamais savoir si c'est un signe d'islamis... de musulmano... bref de religion quoi, ou si c'est juste que tu voulais mettre un foulard parce que t'avais envie. Pas. De. Foulard. Ah, et évite les jupes longues aussi. C'est une tenue religieuse. En gros, si tu pouvais faire en sorte qu'on pense que t'es pas musulman, ce serait top. Ah merde, c'est vrai que tu as quand même vachement l'air physiquement islami... musulman, MUSULMAN merde ! Tu voudrais pas avoir l'air plus... euh moins... euh... normal ?
Mais sinon on te respecte hein. C'est le pays-des-droits-de-l'homme ici. Le pays de l'égalitélibertéfraternitéjesuisCharlie hein.
Je récapitule :
Si tu portes :
J'EN AI MARRE DE CETTE PUTAIN DE SOCIETE D'HYPOCRITES !
Mais quand allez-vous franchement assumer la merde que vous avez dans le cigare ? QUAND aurez-vous le courage de l'écrire ? Une jupe longue portée par une jeune fille musulmane ça nous choque, parce que ça nous évoque trop le fait qu'elle est musulmane et/ou arabe ?
Faut faire quoi ? Imposer la juppe-ras-la-foune à toutes les gamines de 15 ans ? Ouvrir des écoles naturistes ? Réimposer le port de l'uniforme à l'école, avec des jupes dont la longueur sera imposée par décret ?
VOUS N'AVEZ RIEN DE MIEUX A FOUTRE BORDEL ?
Rhaaaa, j'enrage.
Et notez bien que je ne prends même plus le temps de dire qu'associer ce type de comportement à une prétendue défense de la laïcité est une imbécilité, tout le monde s'en fout de toute façon.
Inutile que j'ajoute ma prose, tout et dit dans l'article.
Vous l'aurez compris, je n'ai pas beaucoup de temps pour poster ces temps ci, ce qui ne m'empêche pas de me tenir au courant tant bien que mal.
J'ai entendu ça à la radio l'autre jour, en allant prendre le train : le nouveau premier ministre grec a prêté serment sur la Constitution. Et c'est une première, tous ses prédécesseurs ayant prêté serment sur la Bible... Eh oui, en Grèce, l’Église et l’État ne sont pas séparés.
Pour rappel : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?fp1MqQ
«Il y a une révolution à faire dans la laïcité. Il faut mettre en œuvre véritablement la loi de 1905, y compris la laïcité coercitive»
Monsieur Marsaud,
voici le texte actuellement en vigueur de la "loi de 1905" (je suppose que vous voulez désigner par ces termes la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905) http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070169&dateTexte=20080306
Je vous prie de bien vouloir m'indiquer dans quel article de ce texte se trouvent les dispositions relatives à la "laïcité coercitive" que vous appelez de vos vœux, ma lecture, sans doute trop rapide, ne m'ayant pas permis de les trouver.
Vous noterez au passage, que votre proposition, en totale contradiction avec l'esprit de cette loi, ne saurait donc s'en réclamer.
Veuillez agréer, etc.
Merci. Je quote :
"Comme quoi même les magistrats sont sensibles aux discours hypocrites qui voudraient que les références chrétiennes ne soient que "culturelles" et non religieuses et à l'ambiance "idéologique" du moment... En même temps, qu'attendre d'autre de la part d'un justice qui a déjà estimé légitime d'interdire à une femme voilée de bosser dans une entreprise privée au nom de la "laïcité" (cf Baby Loup) ?"
Tout à fait d'accord. On ne peut pas faire deux poids deux mesures. C'est pour cela que Brice Couturier, expliquant que la crèche et les santons sont une "tradition populaire" m'a fait fulminer ce matin dans ma voiture : http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-brice-couturier-creches-en-mairie-2014-12-08
EDIT : j'ai eu la curiosité de chercher à en savoir plus sur cette "Claire Bouglé-Leroux, professeur de droit à l’Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines" suer laquelle Brice Couturier fonde la moitié de sa chronique et la totalité de son argumentation. Voici son article à elle, qui m'a fait douter du bien fondé de ses diplômes en droit : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/12/05/31003-20141205ARTFIG00183-creches-de-noel-quand-les-juges-et-les-politiques-nous-arrachent-de-nos-traditions.php Non madame, le droit n'a rien à voir avec la "tradition séculaire". Et si vous n'êtes pas capable de faire la part des choses entre votre foi chrétienne et votre métier de juriste ben... changez de métier.
Vous croyez que j'exagère ? J'illustre donc mon propos. Mme Claire Bouglé-Leroux, professeur de droit à l’Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, apparait aussi comme l'une des signatrices de... ça : http://www.nonaumariagehomo.fr/spip.php?article93
Un point un peu long mais très complet sur ce qu'est vraiment la laïcité et sur les nombreux dévoiements dont elle est victime.
via http://www.seven-ash-street.fr/links/?jeD3Dw
Je vais peut-être jeter de l'huile sur le feu mais bon, c'est moi qui ai posté le lien à l'origine de tout ça... Je vais être honnête : je suis de l'avis de Kevin. Mais je comprends que tu aies pu te sentir blessé. Ce n'est pas facile de remettre en cause quelque chose qui nous parait "évident" et "normal", j'en sais quelque chose. Pour toi, il est "normal" de faire une crèche à Noël, c'est "évident", c'est la tradition. Je n'ai pas de problèmes avec ça. Mais le problème posé ici est d'un autre ordre : il concerne la sphère publique. Et si tu peux faire ce que tu veux chez toi, tu ne peux pas faire tout ce que tu veux dans l'espace public. Et ces contraintes sont encore accrues lorsque l'on est dans le cadre d'un service public.
Full disclosure : je suis catholique car né dans une famille catholique et baptisé dans cette religion. J'ai été au catéchisme, j'ai fait ma communion, ma confirmation et tout le tralala... Mais depuis quelques années je suis parfaitement athée. Je ne détaillerai pas ici le raisonnement qui m'a conduit à ce qui est devenu pour moi une évidence.
Tu dis que la religion incite à la tolérance, que la religion n'a aucun rapport avec l'Histoire, que c'est une sorte de philosophie... Ce sont des idées que je respecte mais auxquelles je ne souscrit pas. Je pourrais écrire encore et encore sur chacun de ces points pour illustrer mon point de vue, mais on s'éloignerait du débat ; et mon objectif n'est pas de faire triompher mon point de vue à n'importe quel prix (Cf. Le billet de blog de Cyril Borne que j'ai shaarlié ce matin), mais d'expliquer en quoi il était nécessaire de retirer cette crèche de cet endroit là. En dehors de toutes considérations personnelles, la loi stipule que les administrations comme les agents publics doivent observer une stricte neutralité sur la question religieuse, entre autres choses.
Si on prend un peu de recul, on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas d'un problème de religion, ni de laïcité - et de la façon dont on applique ce concept depuis quelques années dans ce pays. C'est un problème de droit. Le droit dit que les services publics doivent être neutres. Le service en question dispose une crèche dans ses locaux accessibles au public. Une crèche est un symbole chrétien. J'enfonce le clou : ce n'est pas en tant qu’œuvre d'art que ça a été exposé, c'est délibérément en tant que symbole religieux, à l'époque de l'année ou cette religion célèbre la naissance du Christ. Il s'agit donc d'une atteinte au principe de neutralité. C'est aussi simple que ça.
Je serais moins catégorique sur la présence d'un sapin de Noël par exemple. Le cas s'est déjà présenté il y a quelques années, quand une mère de famille avait demandé le retrait d'un arbre de Noël dans une classe ou dans une crèche, je ne sais plus, au motif qu'il s'agissait d'un symbole religieux, ce qui n'est pas vraiment évident. Je ne sais plus comment l'affaire s'était terminée.
Ce qui suis est juste pour creuser un peu le sujet, vous n'êtes pas obligés de lire ^^
Pour aller plus sur le fond, l'intervention de Riff (http://www.seven-ash-street.fr/links/?UTNxBQ) est tout à fait pertinente : il y a fort à parier que l'on aurait entendu les indignés professionnels à des kilomètres à la ronde au moindre symbole... musulman par exemple ? D'où le tweet ironique de Me Eolas. Pour en revenir au problème, que j'évoquais plus haut, de ce pays (ou plutôt de la classe politique de ce pays) avec la laïcité, c'est qu'ils ont complétement dévoyé le concept depuis une vingtaine d'année en le vidant de sa substance. Initialement, la République se déclarait laïque (je laisse de côté toute la guéguerre entre la IIIème République et l’Église, sinon on ne s'en sortira jamais) dans le sens où elle acceptait toutes les religions, à condition qu'aucune n'ait la prééminence sur les autres. C'est le sens de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, et l'une des bases de cette neutralité que j'évoque. La République française accepte toutes les religions, avec les restrictions d'usage (respect de l'ordre public, interdiction du prosélytisme dans certaines situations, encadrement de l'enseignement religieux...)
Mais depuis les années 90 (je fais référence à la circulaire Bayrou de 1994 sur le voile à l'école) et cette espèce de fixette collective sur l'Islam, on a de plus tendance a interpréter la laïcité comme une "absence de signe religieux" et plus particulièrement comme une "absence de signes religieux renvoyant à l'Islam". Ne me dites pas que j'invente, je pourrais ressortir 50 faits divers montés en épingle pas les médias pour étayer mes dires.
Via le twitter de Me Eolas
Eh oui, la laïcité ne s'applique pas qu'aux musulmans. Étonnant, non ?
Mais non voyons, en tant qu’État laïc, nous devons faire une place à chaque religion sans aucune préférence. (c'est la définition même de la laïcité). Consacrer une émission uniquement au catholicisme romain est une grave erreur. Je propose que le jour du seigneur commence en réalité le vendredi soir. Nous aurions ainsi successivement le Shabbat, le jour du prophète, le jour du seigneur ; et ce serait bien le diable (oups, pardon) si nous ne trouvions pas une ou deux petites places dans la semaine pour les protestants, les boudhistes, et les quelques milliers de shintoïstes qui, on parle pas assez, se sentent très seuls.
Une fonctionnaire de la ville de Conflans-Sainte-Honorine a été mutée dans un autre service où elle n'aura plus de responsabilité de management (mais non, non, non assure la mairie, ce n'est pas une sanction) après avoir été "dénoncée" pour le fait suivant : offrir, en fin d'année, à ses 70 subordonnés, "« un calendrier publicitaire comportant une citation biblique et les coordonnées de [son] église baptiste » accompagné, parfois, d'une boîte de pruneaux d'Agen, ville dont elle est originaire."
Motif : atteinte au principe de laïcité. Bien qu'étant de plus en fermement athée, je désapprouve totalement cette sanction déguisée. En l'espèce, l'atteinte au principe de neutralité reste à démontrer (elle n'a pas prêché la conversion, elle a juste offert un calendrier...) et si les faits étaient de nature à justifier une sanction, celle-ci est de toute façon disproportionnée. Un rappel à la loi, au pire un blâme si on voulait absolument faire un exemple, auraient suffi.
"Va falloir se mettre cette idée en tête : l'atteinte à la laïcité n'est pas le fait des musulmanes souhaitant pouvoir étudier, travailler et vivre en société en conformité avec leurs convictions personnelles. Non, cette attaque est le fait de tout ceux qui voudrait leur interdire."
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