Le livre du journaliste Thibault Prévost, Les prophètes de l’IA (Lux éditeur, 2024), a une grande vertu : nettoyer notre regard de ce qui l’embrume.
Il permet d’abord de comprendre que la technologie ne mobilise pas tant des imaginaires, comme on l’entend trop souvent, mais bien des idéologies.
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Le livre de Thibault Prévost a une autre vertu. Il nous montre que les grands ingénieurs, les grands investisseurs, les grands entrepreneurs et les grands penseurs de l’IA sont tous complètement… tarés ! [...] Tous les grands gourous de la tech que Prévost évoque dans son livre (et il n’y a pas que Musk) semblent d’abord et avant tout des individus totalement perchés et parfaitement lunaires. Ils sont tous profondément eugénistes, comme le répète le chercheur Olivier Alexandre. Ils sont obsédés par le QI et la race. Ils ont à peu près tous tenu à un moment ou à un autre des propos racistes. Ils sont tous profondément opposés à la démocratie. Ils partagent tous des discours autoritaires. Derrière leurs récits, aussi barrés les uns que les autres, tous n’œuvrent qu’à leur propre puissance. A peu près tous partagent l’idée que ceux qui ne croient pas en leurs délires sont des parasites. Leur délire élitiste, eugéniste et cupide a de quoi inquiéter. [...] ils semblent avant tout en voie de fascisation avancée.
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Le techno-solutionnisme progressiste qu’ils ont longtemps poussé a fait long feu : la Tech n’a produit aucun progrès social, bien au contraire. Ses solutions n’ont amélioré ni la démocratie, ni l’économie, ni l’égalité, ni l’espérance de vie… surtout quand on les compare aux technologies sociales du XXᵉ siècle comme l’hygiène publique, le développement des services publics ou la justice économique.
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Prévost rappelle que les machines nous trompent. Que l’automatisation est un leurre qui masque les ingénieurs et les travailleurs du clic qui font fonctionner les machines à distance. L’IA générative aussi. Nombre d’utilisateurs de ChatGPT l’abandonnent au bout d’une quarantaine de jours, comme un jouet qu’on finit par mettre de côté.
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L’IA n’est que la nouvelle ligne de front de la lutte des classes, où les systèmes d’analyse dégradent les conditions d’existence des plus mal notés, ce lumpenscoretariat. Sa grande force est d’avancer masqué, opaque, invisible à ceux qu’il précarise. Nous n’utilisons pas l’IA, mais nous y sommes déjà assujetties, explique très justement Prévost. Les systèmes de calculs se démultiplient partout. « Aucun d’entre eux n’est fiable, transparent ou interprétable. Nous vivons tous et toutes à la merci de l’erreur de calcul sans recours ».
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« Si la Silicon Valley essaie de nous vendre l’apocalypse, c’est parce que son projet technique, économique et politique en est une ». Ce que veulent les milliardaires de la tech, c’est la fin du monde social pour imposer le leur. Avec l’élection de Trump, c’est exactement là où nous sommes. La Silicon Valley a obtenu ce qu’elle voulait, dit Brian Merchant.
via Seb
La tech, c'est d'abord et avant tout de l'idéologie. En l’occurrence, celle de préserver le fric et les privilèges de quelques milliardaires tarés (littéralement).
Articles en relation cités :
Si je comprends bien le titre, on est en train de dire "ça marche pas, alors on va continuer d'essayer jusqu'à ce que ça marche" ?
Liberticide et effarant.
Non mais c'est quoi ce truc ?
A part Richard Dormer qui a une belle gueule de Vimaire, le reste a quand même l'air bien WTF.
Le président du Rassemblement national avait été qualifié "d'assistant parlementaire fantôme" par le journal. Le tribunal correctionnel de Paris a jugé que le titre "n'est pas diffamatoire", annonce vendredi l'avocat de "Libération".
Voilààààà. Maintenant, on a tous le doit de dire que le président du FN a été un assistant parlementaire fantôme :)
Chais pu trop comment je suis tombé chez lui mais, autant je soutiens la démarche (quitter les réseaux propriétaires basés aux USA), autant le vocabulaire employé m'a hérissé le poil : "regardez comment je suis trop un Résistant au Technofascisme, j'ai quitté Facebook pour aller sur Mastodon". Ça va les chevilles gars ?
Je ne suis pas un intellectuel comme Mister Crouzet. Mais avec ma petite tête et mes petites idées, j'ai quitté Facebook en 2017 et Twitter en 2023. Et je suis sur Mastodon depuis 2017.
Pour tester si un site utilise CloudFlare.
Pourquoi ? Je laisse la parole à Seb :
CLOUDFLARE VOIT TOUS VOS MOTS DE PASSE EN CLAIR (SUR TOUS LES SITES QUI UTILISENT CLOUDFLARE). Et c'est une boîte américaine.
via Seb
https://sebsauvage.net/links/?7eHQNQ et https://sebsauvage.net/links/?Nwradg
Aujourd’hui encore, les femmes restent les premières exposées à ces risques psychosociaux. Les moins qualifiées sont les plus exposées, mais à poste équivalent, les femmes en général sont aussi plus concernées. C’est le cas chez les cadres par exemple.
Les femmes sont souvent moins bien payées que les hommes, elles sont moins reconnues dans leur travail, elles ont moins d’autonomie ou encore de perspectives d’évolution. Toutes ces conditions sont des facteurs de risques psychosociaux. C’est donc un enjeu féministe de s’emparer de ces questions-là pour les syndicats.
[...]
Malgré toutes ces connaissances, le lien entre le travail et les souffrances est encore remis en cause par les directions d’entreprises. C’est intéressant parce qu’alors que dans d’autres domaines on arrive à cumuler les savoirs sans les remettre en cause, dans celui du travail, c’est comme s’il fallait sans cesse réprouver ce que l’on sait déjà. C’est le cas pour les souffrances au travail, mais aussi pour les cancers professionnels par exemple.
En matière de santé au travail, la stratégie patronale a toujours été de nier les souffrances, de les individualiser, de les ramener aux problématiques personnelles des salariés. C’est une manière de cacher la responsabilité de l’organisation du travail dans les souffrances. En plus de cette négation, les entreprises produisent de la controverse scientifique, alimentent et financent des recherches qui contredisent celles des militants et militantes.
[...]
Les promoteurs de la « gestion du stress » et du coaching en entreprise contribuent à dépolitiser les questions de souffrance au travail. Ils et elles défendent une approche centrée sur les individus, à travers des séances de formation, de relaxation, de sieste ou de méditation...
C'est marrant (non), c'est **exactement comme ce que j'écrivais vendredi dernier sur l'écologie : là aussi, on fait peser la responsabilité et l'effort sur les individus, alors qu'il s'agit d'une responsabilité systémique.
Guerre dans la bande de Gaza : Israël continuera de combattre "tant que tous les otages ne seront pas rentrés"
morts ou vifs, c'est pas un problème. Et le ratio est de 500 gazaouis tués pour un israëlien.
Les résultats sont inquiétants : plus de 60 % des réponses des IA contiennent de fausses informations. Dans certains cas, les IA génèrent des spéculations ou des réponses incorrectes lorsqu’elles n’ont pas l’information demandée. D’autres fois, les modèles inventent des liens ou des sources, voire des plagiats de l’article original au lieu de la vraie source.
L'IA raconte n'importe quoi.
Oh-ben-dis-donc-quelle-surprise.
Via Seb
Il y a 5 ans, nous entrions dans ce que nous ignorions être le 1er confinement. (article du 17 mars 2020)
On doit aussi rappeler qu’entre 2015 et 2020 (donc sous Macron et bien après l’annexion de la Crimée), la France a fourni aux Russes plus de 152 millions d’euros de matériel pour des chars, des avions de chasse et des hélicoptères de combat, comme l’avait révélé Disclose. L’appétit de profit a visiblement dispensé nos dirigeants d’anticiper l’avenir.
Ceux qui plaident le sursaut et les sacrifices qui vont avec sont aussi responsables de la situation dans laquelle ils se retrouvent, ce qu’ils ne mentionnent jamais.
Ben, comme d'habitude hein ?
Il n’en fallait pas plus pour que Macron embraye : il faut aujourd’hui une « économie de guerre ». Comprendre : l’austérité sur tout le reste. Pendant que les industries de l’armement se frottent les mains et que Dassault prépare ses carnets de commandes, on nous intime de serrer la ceinture « pour la patrie ». Alors à quoi va-t-on devoir renoncer cette fois ? L’actualité nous donne un indice : pendant que tout le monde regarde Macron jouer aux faucons, une énième réforme des retraites se prépare en coulisses.
En 2004, alors que la question climatique progresse dans la sphère politique et que le viseur se rapproche dangereusement des producteurs d’énergies fossiles, la British Petroleum missionne en effet l’entreprise de relations publiques Ogilvy & Mather pour améliorer son image. Ensemble, ils choisissent de tout miser sur la notion d’empreinte carbone individuelle, afin de faire porter la focale (et la responsabilité) sur les individus consommateurs (vive les « consommac’teurs ») et invisibiliser subséquemment la question brûlante du partage de l’effort climatique – entre les entreprises et les individus, entre les riches et les pauvres. Ainsi la compagnie pétrolière propose-t-elle au public de calculer son empreinte carbone pour tenter de l’améliorer. Comme l’écrira un chroniqueur du New York Times quinze ans plus tard : « S’inquiéter de votre empreinte carbone est exactement ce que les grandes sociétés pétrolières veulent que vous fassiez. »
Je ne vais pas tout recopier, mais vous voyez l'idée : c'est celle que je rabâche depuis des années. Pendant qu'on (le gouvernement, mais aussi les grandes entreprises, à l'origine de l'idée apparemment) vous répète de faire pipi sous la douche et de vider votre boîte mail (sous-entendant que vous êtes une ordure si vous ne le faites pas)
Comme le montre Jean-Baptiste Malet dans son enquête publiée par le Monde diplomatique sur le « système Pierre Rabhi », ce positionnement individualiste, typique de l’écologie bourgeoise, s’avère parfaitement soluble dans le régime d’intérêts de la classe dominante.
Non seulement, comme l'article l'explique, les "écogestes" c'est une "écologie du luxe" (quand t'as du mal à joindre les deux bouts, t'as autre à penser en général), mais en plus, ils ne servent à rien (ou alors à pas grand chose) quand ils n'aggravent pas le problème ; pour plusieurs raisons :
Un véritable supplice pour les dirigeants de M6
Euh... on vous a mis un couteau sous la gorge pour vous obligez à le recruter ? Vous saviez QUI était ce type, dans la main de QUI il mange, et de QUOI il est capable, non ?
Alors venez pas chouiner.
A priori (pas abonné, je n'ai pas lu l'article), lire 1/4 d'heure par jour serait bon pour la santé mentale.
Je me dis que je serais dans un drôle d'état si je ne lisais pas une heure par jour :S
via Brief.me :
Israël « a commis des actes génocidaires en détruisant systématiquement les installations de soins de santé sexuelle et reproductive » dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, selon les conclusions publiées aujourd’hui par une commission d’enquête indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Elle pointe « l’imposition de mesures visant à empêcher les naissances ». Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a dénoncé aujourd’hui de « fausses accusations ».
Si on applique la logique des éditorialistes de Bolloré, l'ONU est antisémite. C'est bon, j'ai tout compris ?
À l’école, je n’ai pas assez bien appris le sujet. » Voilà comment Thomas Sotto, présentateur de la matinale de RTL, a justifié sa surprise lorsque le journaliste Jean-Michel Aphatie a évoqué les « massacres » de la colonisation française en Algérie, suscitant une intense campagne de haine et des commentaires nostalgiques ou racistes dans les médias d’extrême droite.
Cette polémique est un révélateur. Beaucoup de Françaises et de Français ne connaissent pas forcément la litanie de razzias et de massacres qui ont accompagné la conquête de l’Algérie à partir de 1830. Et ce paradoxe : nombre de généraux et de militaires qui ont mené ces opérations ont aujourd’hui encore des avenues et des statues à leur nom dans certaines villes françaises.
via Brief.me :
Chaque année, les Sony World Photography Awards récompensent les meilleures photographies dans une dizaine de catégories. Dans un article publié hier, le magazine The Atlantic a sélectionné une vingtaine de clichés parmi les plus marquants de l’édition 2025. Du perroquet dressé devant le mont Cook en Nouvelle-Zélande à l’incroyable spectacle pyrotechnique à Tultepec au Mexique, vous pouvez retrouver l’ensemble des photos gagnantes et sélectionnées sur le site du concours.
Pour surmonter la crise, certains choisissent de passer au service de l'industrie de la défense et de l'armement, alors que les commandes devraient se multiplier.
Bref : vive la guerre :(