Décidément, les Gilets Jaunes hanteront pour toujours les classes dominantes et leur police, en particulier la préfecture de police de Paris. Samedi 27 mars, trois personnes qui marchaient sur les Champs-Élysées ont été verbalisées par la police pour avoir porté des vêtements aux couleurs du fameux gilet jaune... [...] selon un arrêté en date du 23 mars 2021 interdisant tout rassemblement « se revendiquant du mouvement des « gilets jaunes ».
On en est là : réglementer sur la façon dont on doit s'habiller pour ne pas être considéré comme séditieux (et si vous pensez que c'est déjà le cas pour les femmes, notamment musulmanes, bravo, j'aime beaucoup votre façon de penser).
Qu’est-ce qui a blessé ce père de famille ? Il ne s’agit pas du tir d’un « Lanceur de Balles de Défense », mais bien d’une grenade lacrymogène de type MP7. Celles qui, normalement, explosent en l’air en projetant des palais incandescents qui libèrent du gaz.
Cette munition est plus lourde, plus dure, et plus grosse qu’une balle en caoutchouc de LBD. Ces grenades sont tirées par des fusils appelés « lanceurs Cougar », qui peuvent les propulser à 50, 100 ou 200 mètres. Il est absolument interdit d’utiliser ce lanceur en tir tendu : les grenades envoyées à l’horizontale peuvent tuer. Le fusil « Cougar » est d’ailleurs conçu spécialement pour empêcher les tirs tendus : la crosse de l’arme est inclinée pour forcer le tireur à envoyer les cartouches vers le ciel, en tir « en cloche ».
Exactement ce que disait Samuel Gontier dans le shaare précédent :
« Est-ce que dans la précipitation le tir n’a pas été assez en cloche et dans ce cas-là aurait pu s’orienter vers cette personne ? » Mensonge : la « précipitation » ne peut pas être à l’origine d’un tir tendu. Les lance-grenade Cougar possèdent un canon oblique, pointé vers le ciel, il faut donc faire un effort prémédité pour que le le projectile parte tout droit. Mais la reporter de France 2 ne relève pas.
Cet article est à rapprocher de celui à propos du journaliste indépendant blessé le même jour :
Julien, journaliste indépendant du "Le Média pour vous" a été bléssé par un tir de GLI F4 pendant l'acte 53 des Gilets jaunes. Il est pour l'heure à l’hôpital. D'après son collègue, "Ce serait à priori bien une grenade GLI F4 qui a été projeté en plein visage".
Tirez-en les conclusions que vous voulez.
On sent Samuel Gontier de plus en plus en colère. On le comprend. Il devient difficile de faire de l'humour au vu de ce qu'il se passe dans ce pays. Je me demande comment fait Guillaume Meurice.
Je cite @bfluzin parce que c'est exactement ça :
1/ On t'arrête très loin du lieu d'une manif, sans motif particulier.
2/ Tu fais une GAV pour rien.
3/ A l'audience on te relaxe, bien obligé...
4/ ...mais, comme t'es belge, aussitôt sorti on te met en taule tout de même pour te "reconduire à la frontière"
5/ Le préfet réclame que tu sois gardé enfermé 28 JOURS car c'est compliqué de renvoyer un belge chez lui.« Depuis qu’il est nommé, Didier Lallement mène une répression extrêmement dure contre les manifestants, utilisant tous les moyens pour réprimer le mouvement des “gilets jaunes” », résume Me Kempf, qui défend plusieurs manifestants. Selon l’avocat, « cet acharnement judiciaire » signe « une volonté de la Préfecture de police de Paris de dissuader les ressortissants européens de se mobiliser en France ». Et de dénoncer « un détournement du droit des étrangers à des fins de maintien de l’ordre ».
Le Préfet de police de Pâris vient de publier un arrêté interdisant à une catégorie de population (les "gilets jaunes") de manifester samedi 23 novembre sur les Champs-Elysées et dans les rues perpendiculaires.
Le communiqué de presse se termine sur ce trait d'humour :
Hors de périmètres faisant l'objet d'une interdiction, le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, pourra s'exercer librement, dans le respect de l'ordre public. Tout attroupement donnant lieu à des débordements sera immédiatement dispersé.
C'est le moment de citer Coluche, je crois :
C'est un pays, la France, libéral, on peut être en colère, il faut demander gentiment, c'est tout.
Alors évidemment, les manifestations, c'est entre "La Nation" et "La République", hein !
Ils vont pas vous la donner entre "L'Étoile" et "La Muette", c'est là qu'y habitent, hein !Je m'énerve pas Madeleine, j'explique aux gens... merde !
Mais y parait qu'entre "La République" et "La Nation", ils ont le droit très très souvent.Et alors à Créteil, entre la gare et la poste, tous les jours si ils veulent...
Et pis je vois la mauvaise foi des gens, je vois bien, tout le monde critique le président de la République, tout le temps, tout le temps, tout le temps, et pourtant c'est pas tout le temps le même... c'est bien d'la mauvaise foi, ça !
Michel Colucci, dit Coluche ; "Moi, ça va", 1977
Je pose ça là.
Il n’y a pas de réponse politique, seulement des réponses répressives. La tension monte, entre les manifestants et les policiers c’est devenu électrique, ce que j’ai vu s’apparente à une guérilla. Ce n’est pas la 1ère fois, mais nous avons clairement franchi un nouveau palier.
Nul ne sait où ces guérillas nous mèneront. Loin du manichéisme, je vois beaucoup d’instrumentalisation de la part de l’exécutif et je veux être parfaitement honnête, je rencontre de + en + de policiers qui en sont conscients et en ont vraiment marre, avec des salaires de misère.
Des policiers violents, il y en a aussi. Mais sur le terrain, pris dans cette folie, ce n’est pas si simple et j’ai vu aussi beaucoup de gamins (et de gamines) dans les rangs des CRS, qui avaient un regard apeuré et tentaient simplement de ne pas y passer. C’est la réalité.
Finalement, tout le monde -manifestants, policiers- est otage de cette stratégie de l’exécutif. Pour l’instant, « ça tient encore ». Mais jusqu’à quand ? S’il s’agit d’interpeller tous les manifestants, ça va faire du monde... Surtout que des mouvements massifs sont à venir.
Bref : tous ceux qui étaient sur le terrain hier -je crois pouvoir l’affirmer- ont eu ce sentiment : en l’absence de réponse politique raisonnable, l’exécutif ne tient que par les forces de l’ordre. Il y a de + en + de décalage entre le légal et le légitime.
Et ce décalage sert une stratégie, dangereuse : celle du « moi ou le chaos ». A ce rythme et sans inflexion notable, nous aurons assurément « moi et le chaos ». Voilà, selon moi, les données essentielles du problème : le socle électoral très faible des différents présidents.
Ne pouvant rassembler au-delà de 10 à 16% des inscrits (et cela suffit à « gagner » et éventuellement à se faire réélire), la réponse ne peut plus être que sécuritaire et répressive. Plus il y aura de violence, plus cette stratégie sera imposée comme « inéluctable ».
Le divorce est consommé entre une large partie de la population (70 à 80%) et les élus. C’est toute la question de la démocratie dite représentative, qui chaque jour se rétrécit comme peau de chagrin.
Si l’on ne va pas vers plus de participation (référendums notamment), le fossé va sans cesse se creuser. Ça ne pourra pas tenir indéfiniment. On est déjà très loin dans ce processus mortifère. C’est ça, « le piège ».
THREAD PRÉSENTE 4 HEURES AU TRIBUNAL DE PARIS CE JOUR.
AUCUNE PERSONNE VUE EN COMPARUTION IMMÉDIATE N’AVAIT ÉTÉ PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE DÉGRADATION.
DÉSORMAIS, COMME ILS N’ONT PLUS RIEN À TE REPROCHER, ILS INVENTENT « LA REBELLION ».
GILETSJAUNES #ACTE53 #PlaceItalieCas d’une étudiante en ergothérapie qui habite sur « une place de la commune de Paris» (ça ne s’invente pas) :
«interpellée à 14h05 place d’Italie» . Elle «aurait résisté avec violence en se jetant au sol». En fait, elle est tombée suite à la charge policière.Cette jeune femme tombée au sol est poursuivie pour « rebellion ». Le procureur demande 10 mois de prison ferme. Vous entendez bien. Cette femme n’a rien fait sinon être présente à l’heure prévue de départ de la manifestation et 10 mois de prison sont demandé
Les policiers reprochaient à cette femme d’avoir « procédé à la captation d’image en vue de diffusion sur les réseaux sociaux pour appeler à la rebellion». Entre Le 16 et ce jour, ils ont fouillé son téléphone « sans rien trouver » et ont effacé le contenu du téléphone.
[...]
Un autre jugement en attente d’un jugement au fond « sous contrôle judiciaire, interdiction de se rendre à Paris, UNE ANALYSE PSYCHIATRIQUE » et une obligation de pointage tous les samedis au Mans »
Donc dorénavant, tu serais zinzin de te rendre en manifestation déclarée. Le tribunal cherche clairement à humilier les manifestants.Un homme jugé pour avoir «participé MÊME DE MANIÈRE TEMPORAIRE 🤨 à un regroupement en vue de commettre des violences…». Il était Bd de l’hôpital. il a reçu une grenade ..de « gaz selon lui ».. «il l’a repoussé avec le pied», il est poursuivi pour « violence »
Les policiers mentionnent « une #rebellion », or son avocat ressort une vidéo ( de son cousin) où il se laisse interpeller sans problème.Le procureur « Je ne suis pas contre les manifestations » Eclat de rire dans la salle.
Le procureur pour accabler le manifestant mentionne sans cesse dans son réquisitoire les violences de la placedItalie, or il est interpellé ailleurs. il prend à de multiples reprises la télé comme référence.Bref, sur une dizaine de cas, je n’ai vu aucun casseur se faire juger comme le mentionne @franceinfo mais des citoyens souhaitant manifester mais empêchés. On observe un nouveau mode de condamnation « rebellion » et ce même si vous tombez parterre suite à interpellation.
via Tommy
Peut-être aussi parce que j'ai en mémoire ce terrifiant """"nous ne sommes pas du même camp"" du préfet-seigneur de guerre Lallement, celui qui commande en dernier ressort aux lanceurs de grenades. Peut-être parce qu'en entendant cette femme en appeler à la justice, sans majuscule, je ne peux qu'être de son côté, de son camp, pour parler comme Lallement. Tous les estropiés sont des estropiés de trop. Mais Manuel Timili est l'image incontestable de la terreur d'Etat qui s'abat sur des Français ordinaires.
Suite de https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?ZDgGcw
Menace réelle pour l’ordre public ou entrave disproportionnée à la liberté de manifester ? Le code pénal (art. 431-3 à 431-8) ainsi que le code de la sécurité intérieure (art. L. 211-9 et D. 211-10 s.) conditionnent le recours à la force aux principes d’absolue nécessité, de proportionnalité et de réversibilité ‒ le recours à la force doit stopper dès lors que les conditions qui l’ont justifiée ne sont plus réunies. Arié Alimi estime qu’il y a là volonté politique de concilier des méthodes de maintien de l’ordre « qui n’en sont plus » avec des méthodes judiciaires pour diminuer au maximum « la possibilité de manifester, intimider » et in fine, « dissuader ». Désormais, un individu en possession de lunettes de piscine, d’un foulard, peut être arrêté, se voir confisquer son matériel, voire être placé en garde à vue et même en comparution immédiate.
Ce sont des juristes qui écrivent là. Pas de dangereux anarcho-communistes-écolos.
11 morts, dont une majorité due... à la bagnole, ce qui corrobore largement ce que je disais hier sur le niveau de la violence routière dans ce pays.
Il n'en demeure pas moins que le décès de la dame de 80 ans à Marseille pendant "l'acte 3" est imputable au moins en partie, à la police, étant donné qu'elle est décédée sur la table d'opération après avoir reçue une grenade au visage.
Et on reparle de Geneviève Legay, qui a eu le bon goût de ne pas mourir des suites de ses blessures ?
Alger, Beyrouth, Bagdad, Hongkong, Khartoum, Santiago : une flambée de protestations embrase le monde depuis plusieurs mois.
Ouf, heureusement qu'en France tout va bien.
Je suis perfide, l'animation rudement bien faite qui suit l'article n'oublie pas la France :
Les « gilets jaunes », la révolte des rond-points
Depuis le 17 novembre 2018
11 morts · 4 439 blessés
Champagne.
Je vous laisse établir le comparatif entre les différents pays, les prétendument démocratiques, les dictatures avérées et les autres, et le nombre de morts et de blessés.
Et combien de policiers condamnés ?
Cf. cet article cité par David Dufresne : https://www.franceinter.fr/justice/deux-policiers-bientot-juges-pour-des-violences-contre-des-gilets-jaunes-une-justice-a-deux-vitesses
Quand on regarde les faits qui leur sont reprochés (un pavé renvoyé en direction des manifestants et une gifle), au regard des mutilations causées par d'autres de leurs collègues, on peut faire le pari du non-lieu. Même si leur attitude est bien évidemment indigne de leurs fonctions.
Alexander consulte la littérature scientifique. Le composant lacrymogène utilisé en France est le 2-Chlorobenzylidène malonitrile. Comme il est considéré comme arme chimique, son emploi est interdit dans le cadre de conflits armés. Pas pour le maintien de l’ordre. Pour le biologiste, le verdict est clair, cette molécule, une fois présente dans le sang, libère du cyanure. Plusieurs études, depuis 1950, l’affirment. Aucune ne dit le contraire. Mais ce poison est également présent dans les cigarettes et dans une multitude d’aliments. Sa dangerosité est donc une question de dosage. Comment le mesurer ?
[...]
Les résultats des premiers prélèvements confirment bien la présence importante de cyanure, mais n’en donnent pas le dosage précis. Le 8 juin, à Montpellier, l’équipe perfectionne son protocole. Alexander, les trois médecins et quelques complices se font eux-mêmes cobayes de leur expérience. Ils testent leur sang avant la manifestation puis après. Les résultats sont édifiants. La communauté scientifique considère l’empoisonnement au cyanure à partir de 0,5 mg par litre de sang et sa dose mortelle à 1 mg. Parmi les personnes testées, deux affichent des taux voisins de 0,7 mg par litre.
Tu filmes les manifestants et/ou les streets médics en train de se faire charger ou tabasser ? GàV
Tu fais des analyses pour quantifier le niveau de dangerosité des gaz lacrymogène ? GàV
Tu possèdes des études des années 50 démontrant ladite dangerosité ? Perquisition, destruction
Tu souhaites informer la population (manifestants ET policier) du risque auquel les uns et les autres sont exposés ? GàV, enquête préliminaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" (sic).
Des commentaires ?
D'ailleurs j'ai cherché un terme scientifique pour décrire cette attitude, c'est : connards. De bons gros connards.
[...]
Le propre de la bourgeoisie, c'est de faire corps quand son pouvoir est contesté.
via OpenNews
Il n’y a donc pas eu à proprement parler "d’affrontements violents", mais une répression massive et violente au gaz et à la matraque d’une manifestation qui n’avait produit aucune violence contre les personnes
[...]
On peut s’interroger, de manière générale, sur le fait qu’Alternatiba et Greenpeace reprennent sans aucune distance critique le vocabulaire de la préfecture de police, comme le fait BFMTV : les black blocs "perturbent" la marche, les black blocs "infiltrent" la marche
[...]
Historiquement, les black blocs sont nés pour permettre aux manifestant-e-s de se mélanger, sans distinction d’identité, de classe, de race, de couleur, d’habits, de visages. C’est une pratique d’auto-défense, de solidarité et de mélange. Évidemment, une partie de celles et ceux qui pratiquent le "black bloc" ont une attitude offensive, mais cela s’arrête à la destruction de biens (il n’y a pas de "violence" à proprement parler, c’est-à-dire, pas d’attaque contre les personnes). Les black blocs se définissent historiquement comme "non violents", et en plus de 40 ans d’existence de cette pratique, on n’a jamais entendu parler d’un black bloc qui aurait commis un meurtre. S’il leur arrive de s’en prendre à la police, c’est en situation de légitime défense, pour la tenir à distance, et protéger les manifestations.
C’est pour cela qu’à Hong Kong ou parmi les gilets jaunes, les pratiques de "black bloc" sont largement acceptées, applaudies et défendues [7]. La plupart des "black blocs" arrêtés par la police pendant le mouvement des gilets jaunes ne sont d’ailleurs pas des "éléments étrangers" aux gilets jaunes, mais des gilets jaunes qui ont appris à se protéger collectivement au fil des manifestations
[...]
Si une marche est démocratique, tout le monde peut s’y rendre, et toutes les pratiques y sont respectées. On ne se demande pas si les gens ont "consenti" à ce qu’il y ait des gilets jaunes, des personnes de couleur, ou des personnes en situation de handicap à la manifestation ; donc il n’y a pas a priori de raison que les gens doivent "consentir" à la présence de gens qui protègent tout ou partie de leur visage des caméras de surveillance.
Le videaste a quant-à-lui été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir simplement filmé et diffusé une video de ces affrontements. Cette décision a été prise en vertu de l’article 222-33-3 du code Pénal, qui définit comme un acte de complicité le fait d’enregistrer des images relatives à la commission d’infractions d’atteintes à l’intégrité d’une personne. Les deux exceptions à cet article sont le cas où l’enregistrement est effectué dans un cadre journalistique, ou dans le but de recueillir des preuves pour la justice, ce qui n’a pas été retenu les juges, malgré le fait que le jeune homme ait clamé sa volonté d’effectuer un travail journalistique.
Toutes les lois votées ces 15 dernières années au motif fallacieux d'assurer votre sécurité vont se retourner contre les citoyen·nes. TOUTES.
Aux côtés des déploiements policiers toujours plus grandiloquents, des blessures et des arrestations, l’arsenal répressif vise aussi le portefeuille. Samedi 7 septembre à Rouen, pour la rentrée des Gilets jaunes, au moins 111 personnes ont été verbalisées (135€ à 750€) pour « participation à une manifestation non autorisée ». Des personnes qui, pour la plupart d’entre elles, manifestent déjà contre leurs conditions financières difficiles, voire invivables.
À chaque avancée répressive, il nous faut penser l’autodéfense : masques et lunettes contre les gaz, protections contre les blessures, caisses de soutien pour les frais juridiques, etc. Ici, on relaie un modèle de lettre qui permet de contester les contraventions pour manifestations non autorisées. Nous n’en garantissons pas sa réussite systématique, mais elle aurait déjà fonctionné pour nombre de cas
Je cite @davduf (David Dufresne):
«Inacceptables mais pas irréparables», vraiment?
Rappelons:
- deux morts,
- 24 éborgnés,
- 5 mains arrachées,
- des estropiés, des lycéens blessés déscolarisés, des mutilés désocialisés, etc.
Si vous aviez loupé cette info : si vous êtes blessés par la police (ou à cause de la police, ce qui revient au même), n'allez pas vous faire soigner à l'hôpital public.
Les Gilets jaunes, casseurs et journalistes blessés dans les manifestations sont-ils fichés lorsqu’ils sont soignés à l’hôpital ? L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Agence régionale de Santé assurent que les notes conservées au moment des prises en charge ne peuvent être considérées comme du fichage tandis que le Canard enchaîné, qui avait révélé l’existence d’un tel inventaire, affirme ce mercredi être en possession de preuves accablantes.
[...]
Le Canard enchaîné a en effet pu se procurer des extraits du fameux fichier. En plus de données permettant d’identifier les personnes blessées dans les rassemblements, il contient parfois des détails de contexte : « arrivé avec pompiers, traumatisme main gauche » ; « tir flashball, plaie arcade » ; « intoxication lacrymogène, chaussettes vertes à petits pois, manque orteil pied droit »… Le fichier est en outre actualisé en temps réel et consultable par un grand nombre de services, bien au-delà du ministère de la Santé. Les agents du ministère de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères peuvent en effet y accéder. « Une passoire », commente le Canard, qui met en exergue le fait que les policiers ont donc toutes les informations nécessaires pour interpeller les patients, parfois suspectés de dégradations ou violences, à peine rentrés chez eux. Les policiers blessés, eux, bénéficieraient de l’anonymat.
On en est là.
CW : suicide, mort
Ce cuisinier au chômage devra également accomplir 180 heures de travail d’intérêt général, avec obligation de trouver un travail et de verser 500 euros à chacun des deux policiers qui ont porté plainte au titre du préjudice moral.
8 mois de prison avec sursis, plus des TIG et 1000€ de dommages et intérêts, c'est une peine très lourde au vu du profil du type, et qui ressemble plus à une opération médiatique qu'à de la justice. Je note au passage que condamner un chômeur à "obligation de trouver un travail", ça en dit long sur notre société. Même s'il lui suffira de traverser la rue pour en trouver du travail, tout le monde sait ça.
Crier à des policiers de se suicider, comme à n'importe qui d'autre, je souligne à dessein, c'est immonde, c'est dégueulasse. Mais on voit bien qu'il n'y a pas de motif légal à ces poursuites : il a été condamné pour outrage. Pas pour incitation à la haine, au meurtre, ou au suicide. Non : outrage. Ce qui veut tout dire. Quand tu ne sais pas pour quel motif poursuivre quelqu'un, mais que tu veux lui faire payer quelque chose, outrage. Le juge te suivra de toute façon.
C'est non seulement une façon supplémentaire de faire des représailles envers les manifestants (le moindre slogan un peu osé, hop, outrage ; un doigt d'honneur, 48 heures au gnouf), mais en plus, ça donne l'impression que ce type paie pour l'incurie de l’État. 28 policiers se sont suicidés depuis le début de l'année. 7 chaque mois. Presque 2 par semaine. C'est énorme. Vous imaginez une entreprise avec un tel rythme de suicides ? (coucou France Telecom) On pointerait du doigt, à juste titre, les méthodes des dirigeants, l'organisation du travail, le management toxique, que sais-je, sans doute l'inadéquation des moyens mis en œuvre avec les missions demandées, voire le conflit moral vécu par les suicidaires lors de leur passage à l'acte, entre leurs valeurs personnelles et les actes qu'on leur impose de commettre.
Vous voyez, on pourrait se poser plein de questions.
L’État n'a pas l'air de s'en poser beaucoup, préférant condamner un cuisinier au chômage, rendu, aux yeux des médias, quasiment responsables de la mort des agents publics. Beau tour de passe-passe.
C'est sûr, c'était une priorité nationale d'effacer cette fresque.
Les policiers considéraient donc que les trois personnes manifestaient : «Le caractère revendicatif ou symbolique qui entre dans les éléments constitutifs de la participation à une manifestation interdite peut ainsi être matérialisé par la constatation de l’usage de mots, de gestes, de support matériel ou de tout signe distinctif ostentatoire : slogan, pancarte, banderole, vêtement, drapeau, brassard, signal lumineux ou sonore», explique la préfecture à CheckNews.
De leur côté, les intéressés assurent qu’après avoir manifesté dans une zone «autorisée», ils étaient en chemin pour prendre le métro.
"Qu'est-ce que vous allez me faire ? Me coffrer pour portage de pull prohibé ?"

Désolé, mais c'est eux qui ont commencé :'D
Ça m'a particulièrement mis en rage dimanche matin, en écoutant la radio le matin au réveil. En substance, le bilan de la journée de mobilisation des gilets jaunes de la veille c'était : "Journée calme, une blessée grave suite à une charge policière".
Sérieux les mecs, y'a rien qui vous choque là ?
Et vous savez le plus drôle ? Mais si, vous le savez : si elle a été blessée, c'est de sa faute :
"Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable", a déclaré le président de la République. "Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse", a-t-il ajouté.
(Source : https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/24/macron-sur-la-septuagenaire-blessee-a-nice-il-faut-avoir-un-comportement-responsable_a_23699487/)
Il y aurait eu 400 blessés à Paris durant l'acte XVIII.
“Je m’y suis intéressé, tout début décembre, quand j’ai vu que circulaient sur les réseaux sociaux des images épouvantables de mutilés. Parce que c’est bien de mutilés que l’on parle : je recense 23 personnes qui ont perdu un œil, cinq qui ont perdu une main. Parce que la police française utilise des armes qui sont catégorisées en armes de guerre par le code de la sécurité intérieure : le Lanceur de balles de défense (LBD), la Grenade lacrymogène instantanée (GLI F4). À ce moment-là, ces images, ces mutilations n’étaient pas répercutées dans les médias de masse. J’ai donc recensé ces blessures parce que j’étais sidéré par la violence policière polymorphe, en effet, mais aussi par la complicité coupable des médias.”
[...]
nous sommes passés à une phase d’industrialisation de la violence. Et je pèse mes mots ! Quand on en est à 500 blessures, plus de 200 personnes frappées à la tête dont 110 par des tirs de LBD, 110 cas complètement interdits parce qu’on ne doit absolument pas viser la tête, 23 personnes qui ont perdu un œil, cinq une main...
[...]
Après, si le journalisme c’est être neutre et accepter le statu quo, on comprend pourquoi il est passé à côté des ‘gilets jaunes’.
Je tiens à dire à tous ceux choqués par des vitrines cassées que ce n’est pas ça la violence, la violence n’est pas matérielle. La violence est vécue par beaucoup de gens chaque jour, je pense notamment à nos SDF qui meurent dans la rue dans l’indifférence médiatique la plus totale, la violence c’est également tous ces gens qui n’arrive plus à se nourrir à la fin du mois, la violence c’est nos vieux qui crèvent de froid car pas les moyens de se chauffer alors qu’ils ont travaillé toute leur vie, la violence c’est encore une fois les plus démunis qui en sont victimes cela tout au long de l’année, la violence a lieu chez chacun d’entre nous, la violence ce n’est pas des vitrines cassées. Je le répète la violence le gouvernement nous la fait subir depuis plus de 40 ans.
Il ne faut donc pas s’étonner du coup que les gens à bout n’aient plus peur, n’aient plus peur de casser pour se faire entendre, n’aient plus peur de se faire attraper, n’aient plus peur de perdre quoi que ce soit car ils m’ont déjà plus rien. Voilà ce qu’est la violence. Maintenant certains me jugeront, certains diront que je suis irresponsable alors soit , je serai irresponsable mais je ne laisserai pas un monde pourri à mes enfants, je ne leur laisserai pas des dettes, je ne leur laisserai pas de la merde et surtout je leur laisserai un avenir, un monde plus juste, je refuse qu’ils vivent ce que nous vivons nous depuis tant d’années.
[...]
Je suis parisienne , j’aime ma ville, voir les Champs dans cet état me bousille, mais c’est le résultat de 4 mois de mépris, 4 mois à prendre les français pour des cons, 4 mois à laisser croire que nous n’existions plus. Ce gâchis est de la faute du gouvernement. Dans mon souvenir Mai 68 ne s’est pas fait avec des fleurs. Et l’histoire se répète.
Dans les couloirs du pouvoir, on veut croire que le pire est passé. « Ça ne merdera pas de nouveau samedi, tout le monde s’est défoulé. C’était le chant du cygne des Gilets jaunes », pronostique une source dans l’exécutif. Au sein du gouvernement, on relève que l’enjeu pour Castaner va désormais être d’assumer que les forces de l’ordre fassent des blessés, voire pire, lors de nouvelles mobilisations non déclarées : « Il va falloir assumer, même si un black bloc qui met le feu au Fouquet’s s’en prend une et finit tétraplégique. »
C'est absolument cynique, honteux, et carrément terrifiant.
Que je comprenne bien : tu es Régis Portalez ?
Bravo pour ta démarche en tout cas.
Mon cas rentre dans la dernière catégorie. De tous les militants poursuivis, je suis probablement celui qui en a fait le moins, et celui dont les actes ont été les moins visibles. Mais la poursuite en justice, même si elle n'aboutira certainement jamais, est une menace. Une menace qui pèse sur moi et ma famille et aussi sur ceux qui voudraient suivre mon exemple.
A mon appel de république : "engagez-vous pour la justice", le pouvoir répond : "voyez ce qu'il en coûte".
Je vous conjure ne pas avoir peur et renouvelle mon appel: vous qui, comme moi, avez bénéficié des largesses de la république, c’est à dire du peuple, engagez vous pour la justice!
Moi, je l'avoue sans honte, j'ai peur. Ne serait-ce que de prendre un mauvais coup (la gâchette des LBD est tellement sensible) en étant au mauvais endroit au mauvais moment.
Il dit n’avoir pas participé à la manifestation, même s’il se considère comme un gilet jaune et indique qu’il était à Quimper pour faire un changement de bus avec des amis. Il assure ne pas avoir été violent et qu’il observait uniquement les manifestants : «Je restais sans bouger et je cherchais un ami à moi lorsqu’un CRS a dit : "Bah tiens, toi tu vas venir avec nous." Ils étaient cinq, tous la matraque à la main. Je lui ai répondu que non, je n’ai rien fait. J’ai reculé, je me suis retourné et j’ai vu cinq autres CRS. J’étais alors encerclé et par peur de me faire frapper, j’ai sauté sans réfléchir. Déjà dans l’eau, à un moment j’ai paniqué. J’ai cru que j’allais me noyer. Une fois sorti de l’eau. Ils m’ont plaqué au sol et m’ont emmené avec eux. Ils m’ont mis par terre et beaucoup de CRS m’insultaient. Ils disaient "ça aurait été drôle que tu te noies" ou "bah alors t’as froid ?" en rigolant. Ensuite les pompiers sont arrivés. Ils m’ont emmené à l’hôpital. Une fois arrivé là-bas, j’ai remis mes affaires mouillées et j’ai pris la fuite avant que les gendarmes ne reviennent.» Le jeune homme ajoute que son expérience et la violence des policiers, l’ont convaincu de participer à la prochaine manifestation à Quimper.
Joint par CheckNews, Jérôme, référent communication des gilets jaunes de Quimper estime que la cascade risquée du jeune homme était justifiée par la violence des gendarmes ce jour-là : «Quand on voit le matraquage de gilets jaunes, comme dans la vidéo sur le pont, on comprend que le jeune ait préféré sauter dans l’eau que d’être matraqué par une charge de gendarmes.»
Brimades, provocations, tirs de gaz lacrymogène à tout-va — et surtout emploi massif et indiscriminé du lanceur de balles de défense (LBD), une arme dite « non létale » mais souvent employée sans aucun discernement et contre des manifestants pacifiques, des street médics ou de simples passants —, ont provoqué nombre d’incidents choquants, aux conséquences parfois tragiques, relayés sur les réseaux sociaux par les centaines d’observatrices et observateurs (manifestant·es, journalistes, passant·es…) qui filment l’action en continu sur leurs mobiles.
Intéressant contre-point à mon shaare précédent : les pitoyables tentatives de minimisation des soutiens du gouvernement. Après la panoplie habituelle sur l'air du "il l'a bien cherché", ils osent maintenant le "ce n'est pas la main, c'est seulement 4 doigts"
A suivre : t'es pas aveugle, il te reste un œil, la mâchoire pour manger c'est surfait, ce n'est pas un mort, c'est un regrettable accident, etc.
Le prévenu, 37 ans, a pu être innocenté grâce au visionnage d’une vidéo réclamé par son avocate dans le cadre d’un supplément d’information.
Pendant les trois à quatre minutes qui précèdent son interpellation, il ne jette aucun projectile, alors que les forces de l’ordre affirmaient avoir lancé l’assaut juste après avoir reçu un palet métallique…
Le palet en question avait par ailleurs été glissé à l’intérieur de son sac à dos, où se trouvaient des protège-tibias, des gants et du sérum physiologique.
Je vais reprendre le leitmotiv d'une BD culte : Who watch for watchmen ? Qui nous protège de nos gardiens ?
Le plus fort, c'est que le type sera tout de même vraisemblablement condamné pour "rébellion". Et qu'à aucun moment, on ne parle d'éventuelles poursuites contre les fonctionnaires de police pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage. Elle est pas belle la vie ?
Manu convoque les journalistes pour leur dire de mieux "hiérarchiser" les information qu'ils diffusent. Comprendre : diffuser sa vérité à lui.
Big Manu Is Watching You ?
Emmanuel Macron se dit « inquiet du statut de l'information et de la vérité » dans notre démocratie. Selon lui, il est urgent de rétablir des « tiers de confiance » et « accepter la hiérarchie des paroles ». Un maire, un député, un ministre ne peut pas être mis sur le même pied qu'un citoyen lambda vêtu d'un gilet jaune et qu'à la fin « tout se vaille ».
[...]
Le bien public, c'est l'information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s'assurer qu'elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l'information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt.
Est-ce utile de rappeler à qui appartiennent ces groupes ?
Selon lui, il est évident que les Gilets jaunes radicalisés ont été « conseillés » par l'étranger. « Les structures autoritaires nous regardent en se marrant, ajoute-t-il. Il ne faut pas se tromper. On est d'une naïveté extraordinaire. [...] Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d'extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un Gitan. Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan. Nous n'avons pas construit, comme beaucoup de nations autoritaires, les anticorps au système. Donc, nous, on est des pitres !
Ce mépris... Et cette menace à peine voilée : on n'accrédite pas RT France, considéré à juste titre comme un organe de propagande, mais on regrette de ne pas être aussi efficaces que les "nations autoritaires"...
Le gouvernement français est à nouveau pointé pour la répression du mouvement des gilets jaunes et, cette fois, l'avertissement vient du Conseil de l'Europe, chargé de promouvoir les droits de l'homme dans ses 47 Etats membres. Ce mardi, et avant la publication d'un rapport complet, sa commissaire aux droits de l'homme, Dunja Mijatović, dit ainsi «s'inquiéter en particulier du grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement, dans les manifestations ou en marge de celles-ci, notamment par des projectiles d'armes dites de défense intermédiaire telles que le lanceur de balles de défense». Et ce, même si elle «constate certes que les forces de l'ordre, parmi lesquelles de nombreux blessés sont aussi à déplorer, opèrent dans des conditions difficiles, notamment liées à l'hostilité de certains manifestants, mais aussi à une surcharge de travail et, pour certaines unités engagées, à une formation insuffisante aux techniques de maintien de l'ordre et à l'usage de certaines armes.»
Elle pointe également les dangers de la loi «anticasseurs» en discussion à l'Assemblée nationale, se disant «particulièrement préoccupée par la disposition visant à interdire préventivement, par une décision administrative et sans contrôle préalable d'un juge, de prendre part à une manifestation», ainsi que par celle «érigeant en délit la dissimulation volontaire partielle ou totale du visage au sein ou aux abords d'une manifestation».
"L'autorité administrative va priver un individu de sa liberté de circulation ou de manifester, au motif qu'il y a une présomption, des 'raisons sérieuses de penser (...) que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public'", commence l'élu "Libertés et territoires", avant de hausser le ton: "mais où sommes nous mes chers collègues? C'est la dérive complète! On se croit revenu sous le régime de Vichy ! Réveillez-vous ! C'est une pure folie de voter ce texte !"
Vous la sentez, la dictature en marche ?
via LLM
Je viens de tomber là dessus, j'aimerais bien savoir qui est derrière... C'est trop bien fait, trop engagé pour avoir été fait sur un coin de table en quelques jours.
Lien vers le journal en PDF : https://jaune.noblogs.org/files/2019/01/Jaune-A4.pdf
Et soudain, on a vu des CRS armés de fusils d’assaut. Le 12 janvier, de courtes vidéos postées par les gilets jaunes sur Twitter montrent des policiers empoignant le fusil HKG 36 sur les avenues qui convergent vers l’Arc de triomphe. L’arme de guerre de fabrication allemande, en dotation de plusieurs unités de la police nationale depuis les attentats de 2015, n’a pas lieu d’être employée dans les opérations de maintien de l’ordre. Et pourtant.
Escalade.
BFMTV a connu mardi dernier sa première, sa toute première assemblée générale en un peu plus de treize ans d’existence. Non seulement elle a connu sa première AG, mais voilà que, dans la foulée, un texte de revendications a été adressé à la direction et adopté à une large majorité : 99 %, avec 173 votants sur 220 inscrits. Wow. Si la fièvre jaune se met à gagner les médias…
[...]
À l’instar du mouvement des gilets jaunes, c’est une cocotte-minute qui bouillait depuis longtemps au sein de la chaîne du groupe Altice et qui, à la faveur de l’explosion sociale dont elle se repaît à longueur d’antenne, lâche d’un seul coup la vapeur. Comme chez les gilets jaunes, le mouvement s’est engrainé en quelques heures sur un groupe privé WhatsApp et du jour au lendemain, pouf : l’AG.
via http://shaarli.mydjey.eu/?O3I-Og
Intéressant hein ? C'est ce genre de choses qui rendent encore plus intolérables les agressions physiques dont ont été victimes des journalistes de terrain de la part de Gilets jaunes (non, je ne parle pas de Jean-Michel Apathie) ; ces gens, non seulement sont aussi ciblés par les tirs des flics, mais en plus sont eux aussi coincés dans un système qu'ils désapprouvent.
Il avait partagé un message Facebook appelant à rejoindre le blocage d'une raffinerie... et s'est retrouvé condamné à six mois de prison ferme pour organisation d'une manifestation non déclarée.
Tout est parti d’un coup, sans trop réfléchir, une réaction à l’inaction (globale) des médias (globaux). Tout est parti sur Twitter, là d’où tout part.
Répertorier les vidéos (et quelques témoignages) de manifestants blessés, certains mutilés à vie, des traces de manquements graves (parfois possibles, souvent avérés) à la doctrine légale du maintien de l’ordre dit à la française : l’« absolue nécessité » et la « proportionnalité de l’usage de la force »
Ce mélange des genres (Gilets jaunes, rejet des médias, Soral, Chavez, complotisme...) commence à me déranger de plus en plus.
Ça pue.
"Il était porteur de la haine que des gens éprouvent pour les journalistes, m'accusant de défendre les milliardaires qui verrouillent l’information. Ces discours d'abrutis menacent la démocratie."
Comment te dire Jean-Michel, comment te dire...
« Qui voudra demain être fouillé et palpé pour accéder aux cortèges ? »,« qui prendra le risque d’une garde à vue pour s’être protégé de gaz lacrymogènes avec une écharpe ou des lunettes de piscine » ou de « rembourser collectivement des dégâts causés par d’autres ? » s’interroge le Syndicat de la magistrature, évoquant « de nouveaux reculs massifs pour les droits fondamentaux » : « En fait de “loi anti-casseurs”, il s’agit plutôt d’un projet” anti-manifestants »… Le premier ministre a quelques réflexes, ces propositions ayant été portées par la droite sénatoriale en octobre… « Les Républicains » réclamaient d’interdire de manifestation « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », mais pas ce fichier.
En attendant ce sombre futur à la Minority Report (1), le présent des manifestants n’est pas tout rose. Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, on compte 5 339 gardes à vue sur le territoire national, et 815 comparutions immédiates, pour 152 mandats de dépôt au final, selon un décompte effectué par le Monde. Mais si, en province, les interpellations semblent ciblées (88,3 % donnent lieu à des poursuites judiciaires), à Paris, sans doute parce que les yeux de la nation s’y braquent à chaque mobilisation, la police ratisse plus large : sur les 1 628 gardes à vue, 798 ont été classées sans suite, soit 49 % ! Ce qui accrédite l’idée que l’exécutif veut « faire des exemples ».
[...]
Pas sûr que le chiffre d’une soixantaine d’enquêtes pour violences menées par l’Inspection générale de la Police nationale depuis novembre 2018 ne grimpe pas…
La version Leetchi sur l'histoire de la cagnotte des policier : la mise en place d'un cloudfare et un étalement sur la nuit du traitement des dons pour encaisser la charge due à un afflux inhabituel sur le site ces derniers jours.
Entre une explication purement technique et un soupçon de manipulation basée sur les allégations d'un gars connu pour son complotisme, qu'est ce qui vous semble passer le mieux au rasoir d'Occam ?
C'est dommage, j'aimais bien cette histoire de robots qui donnent du fric moi...
C’est peut-être pour cela que les petits aboyeurs de la Macronie auraient dû s’abstenir de hurler à la mort contre le boxeur. Après que celui-ci eut diffusé une vidéo d’excuses, ses amis ont ouvert auprès de la société Leetchi une cagnotte destinée à rassembler des fonds pour assurer la défense de Dettinger et aider sa famille dans cette période difficile. Pratique courante, normale, parfaitement légale et qui comporte de nombreux précédents. Il ne s’agissait absolument pas de prendre en charge les éventuelles condamnations pécuniaires mais de pourvoir à sa défense. Le succès foudroyant de cette cagnotte a mis les petits marquis en fureur. Chacun au sein de la petite caste y est allé de son couplet, masquant par des cours de morale hypocrite sa rage devant cette solidarité exprimée par ce peuple qu’ils détestent. La polémique enflant, et après une intervention de Marlène Schiappa on apprit par la société Leetchi que la cagnotte était « close », les sommes bloquées, et que les dépenses effectuées pour la défense de Christophe Dettinger seraient réalisées directement par la société. Et réglées aux avocats sur présentation de factures et de devis ! Ainsi, cette société très liée à Xavier Niel et filiale du Crédit Mutuel Arkea a donc cédé aux pressions gouvernementales et à l’ordre donné par Marlène Schiappa. Situation absolument stupéfiante ou le droit est simplement foulé aux pieds. En effet les règles générales de la société Leetchi acceptées par l’organisateur de la cagnotte prévoient explicitement que les sommes lui seront remises à charge pour lui de les répartir en fonction de l’objet et du mandat qu’il a reçu des donateurs. La responsabilité dans l’utilisation des fonds relève des rapports entre l’organisateur et les donateurs. La responsabilité de Leetchi ne peut être engagée en cas de problème survenant dans cette utilisation.
Au-delà des conclusions que chacun en tirera sur l’impossibilité désormais de s’adresser à cette société pour la constitution de cagnottes, il y a quand même un très sérieux problème juridique.
Résumons-nous : la cagnotte a été lancée pour venir en aide à Christophe Dettinger dans la procédure intentée contre lui (frais de défense) et à sa famille mise en difficulté par l’incarcération. C’est bien sur cette base que les sommes ont été versées par les donateurs et sont désormais entre les mains de Leetchi. Et c’est la raison pour laquelle elles doivent être remises à l’organisateur qui les utilisera sous sa responsabilité. En violant ses propres règles, et en disposant à sa guise à l’encontre de la volonté des donateurs, ce qui constitue un détournement, Leetchi semble bien avoir commis le délit d’ABUS DE CONFIANCE prévu et réprimé par l’article 314-1 du code pénal. L’organisateur et les donateurs devraient immédiatement saisir le procureur de la république pour déposer plainte entre ses mains.
Au-delà de l’impact commercial que l’on espère désastreux pour Leetchi on peut s’interroger sur ce zèle à exécuter des ordres aussi manifestement illégaux émis par Marlène Schiappa lors d’une émission de télévision
Ahurissant.
Ils sont cadre, ouvrier ou auto-entrepreneur et ont fait leur première manif avec les gilets jaunes. A cause de la grenade GLI-F4, cela aurait pu être leur dernière. Ils racontent leurs blessures et leur détermination.
Je pose ça là.
Vous souvenez-vous de la carte des lieux de pouvoir parisiens dont je me faisais l'écho le 6 décembre dernier ?
Eh ben elle n'a pas plu aux éditocrates de la glorieuse presse française.
Mais pas du tout.
C'est peut-être parce qu'ils habitent au même endroit ? Allez savoir.
Jamais les grands pontes du journalisme dominant ne se seront autant intéressés à une publication du Monde diplomatique. Et c’est dans un concert fracassant d’indignations (et d’insultes) que certains ont accueilli la republication de la carte parisienne des lieux de pouvoirs.
Florilège : "irresponsable", "blogs de caniveau", "torchon dogmatique", "bande d'abrutis", "imbéciles", "immonde monde diplomatique"... "un véritable guide pour les incendiaires"
Au prétexte que des manifestations émaillées de violence se tiendraient dans Paris, republier une simple carte des lieux de pouvoir parisien (montrant essentiellement leur proximité géographique) serait ainsi devenu « irresponsable ». Mais la publication n’est devenue « irresponsable » que lorsque son contenu a été perçu comme un outil entrant en résonance avec les volontés de certains manifestants (cibler les lieux de pouvoir et se rendre à l’Élysée). En d’autres termes : dans certains contextes de tension sociale, il conviendrait de ne pas publier les informations jugées « dangereuses » (par certains éditorialistes) pour les institutions. Corollaire : la « responsabilité journalistique » reviendrait à adopter systématiquement le point de vue du maintien de l’ordre : dénoncer les violences (des manifestants) ou s’alarmer devant les « attaques » des « symboles de la République » (comme l’Arc de Triomphe). Jusqu’à parfois se reconvertir en porte-parole du gouvernement ou de la préfecture. Bien sûr très orientés, ces raisonnements instrumentaux et autres refrains sur la « responsabilité » en disent long sur la connivence existant entre les agendas médiatique et politique.
[...]
Loin d’être anecdotiques, ces réactions, au choix indignées ou haineuses, en disent long sur la panique qui anime les hautes sphères médiatiques depuis la mobilisation des gilets jaunes. Et sur leur mépris de classe. Comment une carte des lieux de pouvoir parisiens (dont on peut toujours discuter la méthodologie) devient-elle un « appel à la haine » ou au « lynchage », voire une série d’indications à destination des « casseurs » ? Comme s’il fallait veiller à ne surtout pas renseigner ces « gueux », incapables de trouver par eux mêmes des informations par ailleurs publiques.
Certainement pas Soral, mais si tu cites ce personnage, ce n’est pas anodin. Soral draine des jeunes qui cherchent à s’instruire politiquement, mais c’est un travail de propagande et d’endoctrinement, qui est le contraire d’une éducation politique émancipatrice : il fait un travail “d’éducation politique” d’extrême droite qui pourrait ressembler à de l’éducation populaire dans la mesure où il désigne des adversaires (ce qui est le propre du politique) et prétend dévoiler les mécanismes d’un système, tout comme nous le faisons lorsque nous tentons d’identifier des dominations (sexe, classe, race). À ceci près qu’il fait exactement le contraire et que son analyse n’est précisément pas matérialiste (le régime de propriété capitaliste) mais complotiste : « les banquiers juifs à New-York ». Au lieu de combattre les dominations, il les justifie et les renforce : c’est peu dire par exemple que Soral ne s’attaque pas au patriarcat, et qu’en tant que masculiniste et misogyne halluciné, il rajoute de l’oppression à la classe des femmes déjà massivement opprimée. De même qu’il ne s’attaque pas au racisme mais l’entretient : un comble ! En drainant des légions d’identitaires qui vomissent les populations racisées, donc pauvres, il renforce aussi des dominations de classes. Son mouvement est sexiste, classiste et raciste, et je ne parle pas de son antisémitisme : c’est à cause de gens comme lui que le combat politique de gauche qu’a toujours été l’antisionisme, aux côtés de la gauche israélienne elle-même, est rendu délicat et suspect d’antisémitisme. Donc, non, pas Soral, qui, comme tout bon militant d’extrême droite, pille et détourne les analyses de gauche pour les emmener à droite, d’où l’oxymore de son slogan : « La gauche du travail, la droite des valeurs ».
[...]
Quand on démarre une formation avec le groupe, on joue toujours au jeu de la petite et de la grande histoire. Tu prends une feuille de papier, tu mets ton année de naissance et tu déroules toutes les années jusqu’à aujourd’hui. Tu fais trois colonnes : l’une avec un événement de ton histoire personnelle et familiale, l’autre avec un événement de la grande histoire et la dernière est consacrée au sujet que tu es venu traiter.
De là, tu vois clairement ce qu’on a gagné successivement : 1974, droit à la pilule, puis cinquième semaine de congés payés, puis droit à l’avortement, etc. Puis, d’un coup, ça crève les yeux, tout ce que les gens expriment, c’est : « Là, on a perdu ceci, là, on a perdu ça… » Les gens souffrent tellement, on a tellement tout démoli, jusqu’aux métiers eux-mêmes : les infirmières avec leurs “démarches qualité” dans les hôpitaux, pour ne citer qu’un exemple, qu’on en arrive finalement aux Gilets jaunes, en fait.
A propos des Gilets Jaunes :
Ils ont du mal à formaliser un programme de revendication… Encore que. Les médias ne comprennent rien au mouvement : il y a tellement de revendications différentes qu’ils ne savent pas quoi en dire. Ce qui me frappe, par contre, c’est la cohérence extrêmement claire quant au refus des politiques néolibérales mises en place depuis les années 1980 et depuis la trahison du référendum de 2005.
C’est un mouvement génial. Le problème, selon moi, c’est que pour le moment, ça ne peut qu’aller vers de la répression, puisqu’il n’y a de fait pas d’organisation en termes de négociation. La seule chose qui oblige le patronat à reculer, ce n’est pas la violence, c’est l’arrêt de la production. La grève générale. En 1968, ils ont lâché grâce à la grève générale : on a obtenu 30 % d’augmentation du SMIC, 10 % d’augmentation de la totalité des salaires en France, augmentation des allocations familiales, le droit de se syndicaliser dans les entreprises… Tout ça parce que la production a été arrêtée. Dans ces cas-là, le patronat cesse de rigoler et lâche tout. Tout en imaginant qu’ils récupéreront tout ça derrière, mais sur le moment, ils ne veulent qu’une chose : lâcher, et que la production reparte.
Là, on manque de ça, de la grève. Ils ont désamorcé instantanément la grève des routiers en leur donnant tout de suite ce qu’ils exigeaient parce que les routiers ont le pouvoir de paralyser le pays et de bloquer la production. Le mouvement des Gilets jaunes est donc un mouvement où le pouvoir politique a toutes les cartes en main pour réprimer de façon extrêmement violente. Je ne suis pas très optimiste dans la mesure où je ne vois pas de sortie de crise autre qu’une généralisation de la violence…
[...]
« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »
Dom Helder Camara
[...]
Macron, derrière ses airs de gendre idéal, n’hésite pas à aller à l’affrontement. Mains arrachées par les grenades, tirs de LBD 40 en tirs tendus, pas loin de 1500 gardes-à-vue… Ça a été chassé par l’actualité, mais l’affaire Benalla a fait émerger la volonté du président de se munir d’une milice politique, et le nombre de condamnations consécutives aux manifestations des Gilets jaunes est colossal…
Macron est quelqu’un de très dangereux. Le fait qu’il ait défilé le jour de son élection dans un véhicule militaire en dit long. Il n’est pas descendu en DS, il est descendu en véhicule militaire avec des généraux à ses côtés… Le petit numéro qu’il a joué à Verdun, cette espèce de réhabilitation de Pétain, tout ça, c’est pour se mettre l’armée dans la poche. Je pense que ce mec est très dangereux et qu’il est d’autant plus dangereux qu’il est bête. Il sort de ces espèces de fabriques à crétins que sont les grandes écoles, ce qui explique entre autres pourquoi son analyse de la société est tellement idiote. La phrase que je préfère, venant de lui, c’est « On dépense un pognon de dingue et il y a toujours autant de pauvres » : ça mérite à minima le Nobel d’économie, une phrase pareille. Il a été ministre de l’économie, quand même… « On dépense un pognon de dingue et il y a toujours autant de pauvres ». Il faudrait que quelqu’un lui explique comment tout ça fonctionne, à un moment.
Tu parles de Macron, mais tu parlais aussi spécifiquement des grandes écoles. Or, on se rend compte qu’en ce moment, les auto-proclamées élites ne pigent rien à ce qui se passe.Ils ne comprennent pas que les gens disent clairement qu’ils en ont ras-le-bol. Je pense que le mépris de classe, voire même la haine de classe qu’ont représenté Macron et sa clique, la façon dont ils ont imposé la loi Travail de force, après tant et tant de mobilisations, ont fini par être perçu par tout le monde. Et là, l’augmentation du prix de l’essence a servi de catalyseur à toutes les colères et finalement, de détonateur. Ceux que j’ai vus sur les rond-points lorsque j’y suis allé expriment très bien une forme de ras-le-bol définitif. Ce qu’ils disent, c’est que le pouvoir politique, cette fois, a dépassé une sorte de point de non-retour. « Stop. Trop tard. Vous nous avez pris pour des cons, trop loin et trop longtemps ». En ce sens, l’allocution de Macron a été vraiment pathétique, pitoyable. Quel numéro de théâtre…
Bon, ok, j'arrête de recopier tout l'article, allez donc le lire !
Il n’en faudra pas plus pour que le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dénonce quelques heures plus tard sur le plateau de BFM TV ceux qui « cherchent à faire tomber la démocratie ». Il n’avait pas fallu beaucoup plus d’hommes à Lénine pour prendre d’assaut le Palais d’Hiver en 1917. Cent ans plus tard, l‘État est toujours un géant aux pieds d’argile. Un groupe isolé, non-armé et qui n’avait rien prémédité, peut pénétrer dans un ministère avec une facilité déconcertante, qui a rendu bouche bée les personnes présentes au point de ne pas savoir comment réagir. Prendre d’assaut le ministère ? L’occuper ? Fuir ? Rester ?
Intéressant. Et tellement vrai. Cela me fait penser à une citation de Pratchett qui m'échappe pour le moment.
EDIT : Ah ah ! J'ai retrouvé, merci Shaarli de mézigue : "Aucune force de police ne pourrait tenir contre une population furieuse et résolue. L'astuce consiste à s'arranger pour qu'elle ne le comprenne pas."
Les CRS, ralentis par les poubelles enflammées dans les rues adjacentes finissent par arriver, 10 minutes plus tard. La foule détale et retrouve un contingent de gilets jaunes un peu plus loin, devant les Invalides. Toujours se retrouver, toujours courir, toujours éviter les fumigènes. Et entre deux, plusieurs gilets jaunes aident les barman et restaurateurs à plier rapidement leur terrasse, à rentrer chaises et tables avant l’arrivée des CRS.
Ah ? Je croyais que c'étaient les terroristes-enfonceurs-de-portes-gilets-nazis-jaunes-renverseurs-de-la-République qui cassaient tout ? On m'aurait menti ?
Je ne peux que citer LLM :
"Au secours, les gueux sont entrés ! Fuyons !"
Ne nous laissons plus prendre pour des imbéciles, ne nous laissons par traiter de menteurs par des gens qui l'ont décidé. Ces pseudo journalistes qui bavent leurs conneries à la télé me font vomir. Quand tu as décidé d'être journaliste c'est ça que tu voulais faire? Parler du nouvel album de Jennifer, d'une année sans Johnny, des vacances de Macron à Saint Trop? Tu voulais nous faire croire, à nous, le peuple, que lorsque les premières neiges arrivent en France alors le reste du monde ne souffre plus, que lorsque les soldes d'été commencent il n'y a plus de famine, que la sortie du dernier film avec Kev Adams était plus importante que le réchauffement climatique?
TU VOULAIS NOUS FAIRE CROIRE A NOUS, QU'ON ÉTAIT VIOLENT?
Tu voulais nous faire passer pour des monstres, des casseurs, des voleurs, des menteurs? Tu voulais nous faire croire qu'on était 12 000 ce samedi? C'est ça que tu voulais quand tu as fait ton école, tu voulais divulguer de la merde à la France, à la terre entière? Tu voulais nous faire croire qu'à cause de nous les magasins perdaient de l'argent? Tu voulais nous faire croire que Auchan était en souffrance par notre faute? Sais tu combien d'entre nous peuvent encore faire leurs courses à Auchan? Tu as voulu obéir, tu as voulu t'écraser, tu as voulu être sûr de bien toucher ton salaire à la fin du mois en nous faisant passer pour des terroristes, très bien, reste bien caché derrière ton bureau.
Le reportage du Bien Public ici : https://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2018/12/29/en-images-l-acte-vii-des-gilets-jaunes-a-rassemble-pres-de-1000-personnes-a-dijon
Un homme participant au mouvement des « gilets jaunes », âgé de 61 ans, est mort jeudi 20 décembre au matin près d’Agen (Lot-et-Garonne), renversé par un poids lourd lors d’un rassemblement non loin de l’accès à l’autoroute 62, a appris l’Agence France-Presse auprès de la police et de la préfecture. Il s’agit de la neuvième victime depuis le début du mouvement, à la mi-novembre.
Cela va peut-être vous surprendre, mais j'ai pour ma part à trouver ceci très révélateur : je n'avais même pas entendu parler des 8 morts précédents... Ah ça, on a entendu parler de la "violence" des GJ. Mais des morts, pas.
S’inquiéter de la présence de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes entraîne inévitablement un certain nombre de critiques : ce serait une façon de dénigrer un mouvement populaire, voire le reflet d’un mépris de classe qui voudrait que les gilets jaunes soient forcément des racistes prêts à suivre le premier facho venu. Il est donc nécessaire de rappeler que nous, antifascistes anticapitalistes, sommes capables de faire la part des choses, et de proposer, comme n’importe qui, des analyses de ce mouvement sous un angle particulier, celui de la lutte contre l’extrême droite, sans qu’elles soient simplistes, réductrices ou moralisatrices.
Si nous pensons qu’il est plus que nécessaire de rappeler le rôle nuisible de l’extrême droite dans un mouvement de ce type, c’est parce que justement nous pensons que tout n’est pas joué. Pour construire quelque chose au-delà de la colère, les gilets jaunes vont devoir se rassembler autour d’un certain nombre de valeurs : et c’est là que non seulement nous ne croyons plus au mariage de la carpe et du lapin, mais que la question de la pénétration des idées d’extrême droite est cruciale. Car il est malheureusement à craindre qu’une colère légitime qui ne s’affirmerait pas dans la défense d’une société égalitaire et ouverte, débouche finalement sur un durcissement du régime et de ses institutions, avec en prime un détournement du ressentiment populaire en direction des populations les plus fragiles, migrant.es en tête.
via Riff
Il y aurait, dès l'origine, deux "catégories" de gilets jaunes :
D’une part, on entend des gilets jaunes qui réclament plus de justice sociale, qui dénoncent l’exploitation, la misère, qui parlent de bien commun, de défense des services publics, d’environnement même, et qui le revendiquent pour toutes et tous, quelque soit leur origine. Ce sont pour l’essentiel des travailleurs pauvres, de petits employés, des ouvriers. Ces gilets jaunes sont souvent rejoints par des syndicalistes, des militant.es de la gauche anticapitaliste ; la brochure de Syllepses a publié leurs nombreux appels et textes de revendication. Ce sont celles et ceux qui, à Paris, se sont retrouvé.es nassé.es à Saint-Lazare hier…
Mais, d’autre part, il y a les gilets jaunes qui, avant toute chose, se plaignent de la « pression fiscale » exercée sur les artisans, les petits commerçants, les petits patrons, qui revendiquent de pouvoir “jouir du fruit de leur travail » en toute liberté, qui réclament la mise en place de référendums d’initiative citoyenne, tout en revendiquant leur « apolitisme »… Ce sont ces gilets jaunes qui dominent sur les réseaux sociaux, qui sont invités à la télé. Ce sont les gilets jaunes qui se sont, en masse, rassemblés à Opéra, pour écouter une allocution de leurs représentants, Priscilla Ludosky, qui est à l’origine de la première pétition contre la hausse du prix des carburants, et Maxime Nicolle, alias Fly Rider, un youtubeur populaire qui ne répugne pas au complotisme.
... qui se retrouvent dans la même détestation du pouvoir en place et sont soumis à la même répression policière.
L'extrême-droite tente d'être présdente mais est plutôt balkanisée en tant que mouvement :
Pour reprendre une analyse développée dans un texte publié sur Lundi matin (https://lundi.am/Maidan-1667) il y a quelques jours, et qui faisait le parallèle entre la situation actuelle en France et les rassemblements de Maïdan en Ukraine en 2014, nous sommes conscients que « la présence de l’extrême droite [dans la rue] ne signifie pas son hégémonie. » Autrement dit, pour que les choses soient tout à fait clair, nous ne pensons pas, et n’avons jamais pensé, que l’extrême droite était à la manœuvre dans ce mouvement, que les gilets jaunes étaient manipulés par des formations nationalistes. Mais ce n’est pas non plus par hasard si des groupes et des personnalités d’extrême droite s’y sont dès le départ associés, contrairement, par exemple, au mouvement contre la loi Travail en 2016-2017.
... mais elle serait surtout présente "dans les têtes" :
Malgré tout, les idées qui traversent ce mouvement n’invitent pas à beaucoup d’optimisme sur ce qui pourrait en sortir. L’extrême droite, elle aussi, sent bien que le mouvement des gilets jaunes, de par ses origines et sa nature, lui offre de nombreuses opportunités. Et c’est bien le problème…
[...]
C’est donc sans surprise qu’on voit ressurgir des personnalités comme Étienne Chouard, qui refuse de reconnaitre le danger que représente l’extrême droite parce que cela rentre en contradiction avec son projet de démocratie intégrale. De même, présenter le référendum d’initiative citoyenne (RIC) comme la solution miracle à tous les problèmes est en soi un problème.
[...]
Si les valeurs portées par le mouvement des gilets jaunes étaient clairement l’égalité et la solidarité, le rejet des migrants ne pourrait plus fonctionner. Or, cette semaine, la cyber-mobilisation d’une grande partie des gilets jaunes sur les réseaux sociaux autour « du pacte de Marrakech » a mis en lumière une vision complotiste de ce pacte « secret » et une perception de la présence des migrants comme un coût pour la société, un impôt supplémentaire.
Nous l’écrivions il y a quelques jours dans un texte qui a tourné: le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Aujourd’hui, cette affirmation se vérifie. Les médias nous font bouffer du RIC matin, midi et soir. Pour autant, et en réalité nous le savons tous, rentrer chez nous avec le RIC, c’est retourner au chagrin, sans rien de plus dans le frigo. Mais alors, que faire? Que proposer, vers où aller?
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Le RIC est alors apparu, comme un moyen de s’épargner la révolution, plébiscité par nombres de gilets jaunes. Et sur le papier, on comprend cet enthousiasme. Un moyen de reprendre le contrôle à la base, sans risquer les coups de matraques, la répression. Le problème, c’est que les mêmes conditions qui font que nous n’avons rien obtenu jusqu’à présent conduisent aussi à penser que le RIC ne changerait rien: la classe possédante est prête à tout pour conserver son pouvoir social.
J'ai cité Chouard dans mon discours sur le RIC hier. Parce que, objectivement, quel nom revient sur les ronds-points: le sien. Parce que, avec honnêteté, il faut dire que sur ce Ric, avec foi, il a battu la campagne et les estrades depuis une décennie.
Quand François Ruffin défend les rouges-bruns pour se mettre les (gilets) jaunes dans la poche, ça fait pas un joli mélange de couleurs.
Et le "référendum d'initiative citoyenne", c'est une grosse connerie
Pourtant, comme le rappelle le site 19h17.info, les référendums sont avant tout le terrain de jeu des politiciens, même quand ils sont « d’initiative citoyenne » :
"Qui a les moyens de faire des campagnes électorales ? Qui peut débourser des millions pour tout cela ? A une heure ou l’argent n’a jamais été aussi important dans le processus de réunions des suffrages, ou ce sont des milliardaires qui gagnent les élections, qui peut croire qu’une campagne électorale est le lieu ou les exploités, les galériens vont se faire entendre ?"
Opinion impopulaire : l'extrême-droite, ou bien noyaute les gilets jaunes, ou bien est la formation politique qui en tirera le plus de bénéfices.
Oui c'est triste.
EDIT : sur Ruffin, voir ce shaare de Riff : https://www.seven-ash-street.fr/links/?rl1_GA
TIL : "dogwhistling"
Mais cette dernière [Facebook]est avant tout une entreprise commerciale, dotée d’une base de données gigantesque. Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information à l’Université de Nantes, explique le rôle qu’a joué le réseau social dans ce mouvement, les données qu’il a pu collecter et le risque d’une potentielle utilisation de ces informations à des fins de manipulation d’un scrutin. L’universitaire estime que rien n’empêche un scandale à l’image de celui de Cambridge Analytica de se reproduire lors d’un futur scrutin.
Vous trouvez ça inquiétant ? Vous avez raison.
Il faut aussi tenir compte du fait que les gens ont souvent du mal à avouer leur proximité avec l'extrême droite ouvertement, donc qu'une part des interrogés se classant "apolitiques" ou "ni droite ni gauche" peuvent être d'extrême droite. (bon, déjà, se déclarer "ni droite ni gauche", c'est pas forcément un bon signe, hein).
Et perso le fait de se baser uniquement sur les déclarations des intéressé quand à leur appartenance politique me semble un poil risqué, parce que ça oublie un point : les idées de l'extrême droite se diffusent largement depuis quelques années, y compris à gauche, et sans forcément que les personnes concernées ne remettent en question leurs identités politiques.
Oups. C'est absolument vrai.
Ensuite, parce qu'encore une fois, il y a une vision incomplète de l'extrême droite, réduite ici au racisme et à l'opposition aux migrations. Sauf que ces points ce retrouvent ailleurs dans le spectre politique (dans toute la société, en fait), et que les doctrines et idéologies des divers courant d'extrême-droite sont variées, et portent sur tout un tas d'autre sujets sociaux, institutionnels, politiques, économiques, etc. Sur tout ce qui fait le fonctionnement de la société en fait. Les limiter au racisme, c'est risquer de passer à coté de pas mal de trucs, il me semble.Bref, une étude à prendre avec un peu de recul, et en faisant gaffe à ne pas lui faire dire ce qu’on à envie d’y lire.
Et c'est pourtant ce que j'ai fait, dans un excès d'enthousiasme ni juvénile, ni délirant, mais peut-être un peu trop optimiste :(
Mes 2 cts, et j'ai été beaucoup trop long...
Non, non, au contraire ! On a besoin de rappels comme ça ! Merci !
Juste un rappel hein...
L’homme peut s’estimer heureux, il aurait reçu la balle en caoutchouc quelques centimètres plus haut, le résultat aurait pu être beaucoup plus funeste. Ces images montrent la réalité de la violence d’Etat. La répression ce n’est pas que contre les casseurs comme l’explique la police à longueur d’antenne sur les chaînes d’info mais ce sont l’ensemble des manifestants qui reçoivent balles de flashball, gaz, grenades et coups de matraque. La répression ne fait pas de distinction.
Dans la foulée, le fait que les journalistes soient ciblés par un tir de grenade de désencerclement n’est pas anodin. Les forces de répression nourrissent une haine contre ces journalistes de terrain qui prennent en vidéo ou en photo la véritable image de la répression policière. Plus tôt dans la journée, deux photoreporters du Parisien ont été blessés par des tirs de flash-ball à bout portant. L’un d’eux a reçu une balle en caoutchouc dans la nuque et a été évacué par les pompiers.
EDIT du 14/12 : https://twitter.com/EnvoyeSpecial/status/1073322969911439366
"C’est une faute à partir du moment où il n’y a pas de menace avérée sur les forces de l’ordre, on n’a pas la nécessité d’employer le lanceur de balle de défense" selon le colonel Stéphane Bras (Centre d’entraînement des forces de Gendarmerie).
Et encore, je ne passe pas mon temps à toutes les relever. Mais celles-ci méritent la grosse honte.
Raphaël Enthoven :
J'appelle connard celui qui s'agenouille sans qu'on l'y contraigne. Et qui prend ça pour de la subversion, alors qu'il offre l'image d'une servitude volontaire.
https://twitter.com/Enthoven_R/status/1072513100820217857Honteuse comparaison des lycéens élevés en République, qui s'agenouillent aux cris de "tout le monde déteste la police", et des militants noirs, élevés sous la ségrégation, qui mettent symboliquement un genou à terre pour l'égalité des droits. N'est pas victime qui veut.
https://twitter.com/Enthoven_R/status/1072744744621498368
Philippe Bilger :
Le terrorisme est revenu à Strasbourg. Les Gj seraient irresponsables en ne s’apaisant pas et en maintenant leur projet de 5 ème manifestation pour samedi prochain. La France ne pourrait pas assumer efficacement 1 double front dont l’un est gravissime et l’autre a été entendu.
https://twitter.com/BilgerPhilippe/status/1072610428474277890
Maxime Nicolle :
N.B. : Maxime Nicolle est un "leader" autoproclamé des gilets jaunes, qui a connu son heure de gloire la semaine dernière en faisant enfler une rumeur selon laquelle il était en contact avec un mystérieux "Monsieur X", détenteur de secrets capables de "faire plier le gouvernement" et susceptibles de "déclencher la 3ème guerre mondiale" => un lien vers l'hallucinante "conférence de presse"
Dites-vous bien que le mec qui veut faire un attentat vraiment, il attend pas qu'il y ait 3 personnes dans la rue le soir à 20h00"...
https://twitter.com/conspiration/status/1072618237505007618
Des flics en train de tirer des balles de caoutchouc
"- Ouais ! Dans ta gueule !"
"- Bouyaka ! Bouyaka !"
"- Fils de pute !"
"- A voté !"
https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1072616260523970560
Les gilets jaunes se déclarent apolitiques, mais sont à 40% d'extrême-gauche et à 4% d'extrême-droite. Je trouve ça plutôt rassurant.
(article incomplet pour les non-abonnés, mais chiffres largement relayés sur Twitter)
De chacun de ces articles, je tire une idée (pas forcément la plus centrale de l’article). Les voici, dans le même ordre :
- Plusieurs facteurs dans le débat sur les gilets jaunes font qu’il y a polarisation comme jamais auparavant. Les politiques font des petites phrases, les sites parodiques balancent des énormités, les gens sur Facebook relayent tout ce qui va dans leur sens (biais de confirmation) sans trop soucier de vérité, la presse ne parle que des manifs qui dégénèrent et enfin Facebook affiche les articles le plus susceptibles de créer de l’engagement (comprendre : faire réagir le lecteur en bien ou en mal) ;
- Les gilets jaunes, rejetant les médias traditionnels, ont tendance à s’informer sur Facebook, quitte à s’abreuver de fausses nouvelles. C’est un peu comme le téléphone arabe de notre enfance, sauf qu’en plus chacun est en colère (ça amplifie les déformations) et que le média (Facebook) favorise les messages les plus outranciers, peu importe qu’ils soient faux.
3.Facebook sait précisément, nommément, qui a lu, liké, partagé, commenté (en bien ou en mal) des messages et vidéos sur les gilets jaunes. Facebook propose des catégories publicitaires automatiques extrêmement fines. C’est ainsi que la firme de Mark Zuckerberg et de Sheryl Sandberg a vendu (sans le réaliser) de la publicité ciblant des gens “détestant les juifs”. Facebook reconnait avoir été utilisé par les russes pendant l’élection présidentielles américaine de 2016. Et ça a recommencé en 2018.On peut très bien imaginer lors de prochaines élections en France, une campagne d’intoxication médiatique visant les supporters des gilets jaunes et financée par un pays étranger voulant déstabiliser la France (rappelons le soutien de Poutine à l’extrême-droite en France et aux USA). Facebook dispose de tous les ingrédients nécessaires :
- Audience : Facebook est déjà utilisé par cette population ;
- Intimité : Facebook sait tout des opinions de chacun des utilisateurs ;
- Polarisation : Facebook est incité à mettre en avant les contenus les plus outranciers, qu’ils soient vrais ou faux ;
- Ciblage : Facebook permet de cibler les gens très finement en fonction de leurs opinions ;
- Finances : Facebook a une forte incitation financière à le faire : son business model qui le pousse dans ce sens-là.
Tout est en place pour rendre “intéressantes” les prochaines élections en France. Voilà qui n’est guère rassurant pour l’avenir.
Rétablissement de l'ISF, retrait de la fiscalité écologique, hausse massive du SMIC, réinstallation des services publics de proximité, suppression des taxes qui oppressent les petites entreprises… La liste des revendications est longue, elle cumule hausse des dépenses et baisse des recettes, extension de l'intervention de l'Etat et refus du poids grandissant des réglementations. Les "gilets jaunes" dans leur inorganisation réinventent le programme des populistes italiens fiscophobes et dépensolâtres !
Voilà. Pour France Info, si tu veux augmenter le SMIC et rétablir l'ISF, t'es un facho.
Vu sur Twitter : le Monde diplo a réalisé cette carte des lieux de pouvoir à Paris. Observez-la attentivement.
En pointillés rouge, ce sont les parcours des manifs "traditionnelles".
En orangé, ce sont les trajets et les zones touchées par les violences liées aux "gilets jaunes".
C'est marrant, le gouvernement cède du terrain beaucoup plus facilement, quand on vient marcher sur les plates-bandes de ses copains...
Je ne sais pas ce que ça va donner cette histoire. Je ne sais pas ce qu'il faut penser des "gilets jaunes". J'ai juste envie de poser 2-3 trucs là, avant de retourner trimer besogneusement.
Choses vues ou entendues : (je rajouterai peut-être des liens ultérieurement)
L'honneur est sauf : les flics belges ne sont pas beaucoup plus futés que leurs collègues français.
une marche pour dire "arrêtons de foncer obstinément dans le mur, changeons dramatiquement de modèle de société" a rassemblé environ 42 500 personnes là où une journée d'action pour dire "mouin mouin mon pouvoir d'achat, moi pas content car je vais payer plus cher mon énergie fossile qu'on me vend déjà moins chère que ce qu'elle coûte car son exploitation est subventionnée, mouiiiiiin, rien à foutre du climat et des autres, moi vouloir argent donc moins de taxe et d'impôts et de cotisations sociales" a rassemblé 290 000 personnes, soit un facteur d'environ 7