Du vent pour pas dire grand chose, comme d'hab.
Le vrai sujet derrière cette tragédie (on parle de la mort d'un gamin pendant son stage quand même) c'est celui des morts au travail. 2 par jour en France en moyenne. Et les plus touchés sont les jeunes et les intérimaires : absence de culture de la prévention, pas de consignes claires, peu ou pas de formation, priorité à la productivité. Et encadrement défaillant : un stagiaire n'est pas censé être mis en position de travail, mais d'observateur.
Aujourd’hui encore, les femmes restent les premières exposées à ces risques psychosociaux. Les moins qualifiées sont les plus exposées, mais à poste équivalent, les femmes en général sont aussi plus concernées. C’est le cas chez les cadres par exemple.
Les femmes sont souvent moins bien payées que les hommes, elles sont moins reconnues dans leur travail, elles ont moins d’autonomie ou encore de perspectives d’évolution. Toutes ces conditions sont des facteurs de risques psychosociaux. C’est donc un enjeu féministe de s’emparer de ces questions-là pour les syndicats.
[...]
Malgré toutes ces connaissances, le lien entre le travail et les souffrances est encore remis en cause par les directions d’entreprises. C’est intéressant parce qu’alors que dans d’autres domaines on arrive à cumuler les savoirs sans les remettre en cause, dans celui du travail, c’est comme s’il fallait sans cesse réprouver ce que l’on sait déjà. C’est le cas pour les souffrances au travail, mais aussi pour les cancers professionnels par exemple.
En matière de santé au travail, la stratégie patronale a toujours été de nier les souffrances, de les individualiser, de les ramener aux problématiques personnelles des salariés. C’est une manière de cacher la responsabilité de l’organisation du travail dans les souffrances. En plus de cette négation, les entreprises produisent de la controverse scientifique, alimentent et financent des recherches qui contredisent celles des militants et militantes.
[...]
Les promoteurs de la « gestion du stress » et du coaching en entreprise contribuent à dépolitiser les questions de souffrance au travail. Ils et elles défendent une approche centrée sur les individus, à travers des séances de formation, de relaxation, de sieste ou de méditation...
C'est marrant (non), c'est **exactement comme ce que j'écrivais vendredi dernier sur l'écologie : là aussi, on fait peser la responsabilité et l'effort sur les individus, alors qu'il s'agit d'une responsabilité systémique.
« Félicitez Charles-Euphorique pour ses deux ans en tant que Coordinateur logistique des flux documentaires et gestionnaire des ressources torréfiées ».
Je me suis tourné vers Jean-Rémy, un peu interloqué.
— C’est la notification. Là, elle parle du stagiaire « photocopies et machine à café ». On doit l’encourager. C’est important de maintenir l’engagement.
[...]
Jean-Rémy ne me parle plus. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, il était architecte en expérience utilisateur des lieux d’aisance chez 2theloo. Je crois qu’il m’en veut un peu.
Mais j'ai tellement ri.
Le monde [français] du jeu vidéo est en grève jeudi 13 février. Le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) appelle les salariés de tous les studios français à cesser le travail, avec des rassemblements dans plusieurs villes (Bordeaux, Paris, Lille, Nantes). Ces derniers mois, quelques studios ont déjà été touchés par des mouvements sociaux, mais cette fois la colère est unanime et gagne l'ensemble du secteur. Burn-out, sous-effectif, licenciements... Quelle que soit leur entreprise, les salariés dénoncent les mêmes difficultés.
[...]
Le STJV, qui comptait une cinquantaine de membres en février 2018, en revendique désormais plus d'un millier. "Le milieu du jeu vidéo était un désert syndical, il y a encore huit ou dix ans"
Oh ben c'est pas ben compliqué mon bon monsieur : La Poste, comme son nom ne l'indique pas, c'est une banque, et éventuellement une société de services, si possible en exploitant des "facteurs" sous-payés. Le courrier, c'est moins de 20% de l'activité du groupe. Et toutes ces belles choses, cette diversification menée de main de maître ça a généré... un endettement de plus de 10 milliards. Chapeau.
Et le pire, c'est que comme d'habitude, ce sont les employés qui trinquent.
En fouillant dans mon Shaarli, je me rends compte que j'avais à peu près écrit la même chose en 2019...
La Cour de cassation a clairement réaffirmé qu’un salarié qui n’a pu être joint en dehors de ses horaires de travail sur son téléphone personnel ne commet aucune faute et ne peut être sanctionné. Sans faire de distinction, d’ailleurs, entre un repos hebdomadaire et un repos quotidien.
En conclusion il s’agit de regarder l’incompétence différemment en pariant sur son potentiel créatif. Cette proposition s’inscrit dans de nouveaux regards portés sur la vulnérabilité au travail. Un traitement différent de l’incompétence peut ouvrir des voies nouvelles dans le recrutement des personnes, ainsi que l’accompagnement et l’engagement des collaborateurs.
"Bonjour, je connais rien au taf, engagez-moi, ça va être hyper disruptif"
Depuis le temps que c'est dans mes onglets ouverts, je me le recopie ici :
- Loi de Murphy : « Tout ce qui peut mal tourner va mal tourner » (“Anything that can go wrong, will go wrong”). Autres noms : loi de l’emmerdement maximum (LEM), loi de la tartine beurrée, effet démo (avec sa variante sous-culturelle : l’effet Bonaldi), loi de Bouchard, loi du fatal error, loi de Finagle…
- Loi de Parkinson : « Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement ». Autres noms : loi des gaz appliquée au travail, loi de la pyramide sans fin. A ne pas confondre avec l’autre loi de Parkinson du même auteur, autrement appelée « loi de la futilité » ou « loi du local à vélos » ( loi empirique selon laquelle les organisations donnent une importance disproportionnée à des questions futiles).
- Loi de Carlson : « Un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois ». Cela signifie que les interruptions sont mauvaises pour la productivité. Autre nom : Loi des séquences homogènes.
- Loi de Douglas : « Plus on a de place dans son bureau, plus on étale ses affaires ».
- Loi de Illich : « Au-delà d’un certain seuil, l’efficacité humaine décroît, voire devient négative ». Autre nom : loi des rendements décroissants.
- Principe de Pareto : 80% des effets sont le produit de 20% des causes. Dans une entreprise par exemple, cela veut dire que 80% des résultats découlent de seulement 20% du travail. Autres noms : loi de Pareto, règle des 80/20, loi des 80/20.
- Loi de Laborit : le comportement humain nous incite à faire en premier ce qui nous fait plaisir. Au travail nous avons tendance par instinct à « chercher la satisfaction immédiate » et à « fuir le stress ». Autre nom : Loi du moindre effort.
- Loi de Hofstadter : « Les choses prennent plus de temps que prévu, même en tenant compte de la Loi de Hofstadter. ». Autre nom : Loi de glissement de planning.
Faute de moyens, de nombreuses missions et pistes de recherche stagnent ou sont à l’arrêt depuis des années. « Il n’y a, par exemple, plus de formation sur les risques du bâtiment, alerte Jérôme Grosjean, secrétaire CFDT du CSE sur le deuxième site de Vendœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). C’est le problème de la production intellectuelle au long cours sur une filière professionnelle qui sert ensuite à faire de la prévention : on ne peut pas être dans une vision à court terme. Avec le dernier coup de rabot, on n’a pas pu embaucher les six postes fléchés sur l’étude des risques psycho-sociaux. Sans compter les potentiels dangers pour la santé qu’on n’arrivera pas à détecter. »
La survie même de l’INRS pourrait être en jeu. « Nous avons de quoi payer les salaires jusqu’en septembre et ensuite, ça va être compliqué », explique Sophie, une des employées. « Les experts sont moins nombreux pour répondre aux demandes, on a réduit la diffusion de notre mensuel aux entreprises… » égrène Alexandre Dubus, représentant de la CFE-CGC, pour illustrer le fonctionnement au ralenti.
La perspective d’une majorité Rassemblement national à l’Assemblée inquiète encore plus les grévistes. « Comme ils prônent une exonération des cotisations patronales alors que c’est ce qui nous finance, ça serait le dernier clou dans notre cercueil », souffle Jérôme Grosjean.
Je vais (encore) citer Seb Sauvage :
Ils n'aiment pas entendre que le travail est pénible ==> suppression de l'indice de pénibilité du travail.
Ils n'aiment pas entendre que le travail blesse et tue ==> hop on coupe les vivres de l'institut qui les mesure.
Et tout ça dans un contexte où l'on est champions d'Europe des morts au travail.
Hum. Faudrait que je l'imprime et que je l'apprenne. Il m'arrive parfois de manquer quelque peu de diplomatie.
vie Liandri
À ce moment-là, elle n'avait aucune raison de s’inquiéter, puisqu’elle ignorait que plus tard dans la soirée, alors que les bureaux californiens de la firme avaient passé une journée complètement différente, elle allait recevoir un mail. Un mail particulièrement long, qui ne provenait pas de sa direction habituelle mais de plus haut, bien plus haut. Riot a annoncé devoir licencier 530 personnes, soit 11 % de ses effectifs. Le lendemain, Vitória a appris en arrivant au bureau qu’elle faisait partie des gens qui avaient perdu leur travail. En l’espace d’une soirée, elle était devenue une statistique.
Un message pour notre président "réformateur" :
Parfois, il arrive même que les lois en vigueur dans un pays arrangent un studio qui licencie dans l’une de ses filiales. Vitória, employée au Brésil, nous explique par exemple que sur les six mois de salaire plein qui lui ont été promis, son ex-studio a soustrait la somme qu’elle allait toucher grâce au FGTS, l’équivalent local de nos cotisations chômage. Naturellement, ça fait tout de suite moins de chiffres à écrire sur le chèque. James décrit aussi sa situation dans un autre studio anglais : « En Angleterre, on peut te licencier sans raison valable dans les deux ans qui suivent ton embauche. Comme ça, sans te dire pourquoi. J’ai travaillé en France et parfois, les lois locales me manquent un peu ! », admet-il en ne plaisantant qu’à moitié.
Accidents du travail : en 2023, 661 personnes sont mortes en France sur leur lieu de travail
C'est pas tout à fait 2 par jour. Encore un effort !
La France se met enfin en conformité avec le droit européen (une directive européenne de 2009, une paille), en permettant aux salariés en arrêt maladie de continuer à générer des jours de congés payés. Parce que jusqu'à maintenant, ce n'était pas le cas : le législateur considérait, dans sa grande sagesse (non) que tu avais déjà bien de la chance d'être malade, tu n'allais pas EN PLUS te foutre en congés dès que tu serais guéri. Bosse, feignasse.
(Bon, je simplifie : on ne parle ici que des arrêts maladie "ordinaires", les arrêts pour causes professionnelles produisent bien des CP)
Le diable, particulièrement en France, étant à chercher dans les 'tites lignes du bas, c'est que nos élus ont bien bossé, faisant en sorte que ces jours ainsi générés ne produisent que 2j/mois, soit 4 semaines/an. Alors que les gens pas malades et qui travaillent, eux, ont droit à 5 semaines de CP/an. Z'aviez qu'à pas être malade, c'est tout.
Volta devait donc rester un merveilleux ""jardin secret"". Et la photo de son écran de téléphone qui ""en a décidé autrement"", c'est cette photo (publiée par "Libération") que le Premier ministre a longuement montrée aux trois ministres extasiées qui l'entouraient au banc du gouvernement, alors que le socialiste Boris Vallaud, dans le débat sur une motion de censure, discourait sur le mal travail, les vies qui abîment les âmes et les corps. Scandaleuse indifférence, bad buzz, il fallait réagir par une offensive foudroyante de chienchien washing. C'est fait. Cherchez dans le texte les mots "coeur", "famille" et "bien-être animal" : ils y sont.
Au nom du ""qui aime les bêtes aime les gens"", le peuple profond des amis des bêtes est donc prié de comprendre que c'est cet engagement pour le bien-être animal, qui donnera au jeune Premier ministre l'énergie quotidienne de se battre pour envoyer sous les verrous les locataires pauvres, abolir le droit du sol à Mayotte, casser la loi SRU sur le logement social, supprimer l'allocation spécifique de solidarité, ou encore supprimer les subventions aux associations féministes non-alignées sur le soutien inconditionnel à Israël.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde sur son smartphone des photos de petit chien mignon quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, quand l’opposition parle de mal-être au travail, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone.
A l'Assemblée, alors que les accidents du travail tuent en moyenne deux personnes par jour, le Premier Ministre Gabriel Attal, préfère regarder des photos de petit chien mignon sur son smartphone plutôt qu'écouter l'orateur de l'opposition, qui parlait justement ce jour là, ça tombe bien, de mal-être au travail. Alors on pourra objecter du fait que les gens qui sont morts, ils ne sont plus vraiment dans le mal-être, et peut-être bien qu'accablé par l'ampleur du problème, monsieur le Premier Ministre regarde des photos de petits chiens mignons sur son smartphone pour se détendre, pendant que l'opposition parle de mal-être au travail, de souffrance au travail, voire, peut-être, de tous ces gens qui meurent au travail, parce que je n'adore pas le terme de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible, peut-être que les gens qui meurent au travail le font ils avec le sourire, parce qu'ils sont morts en faisant un travail vachement chouette, pas pénible, c'est juste dommage qu'ils soient morts, de toute façon c'est sûrement leur faute, alors tout ça n'est pas si grave, Gabriel Attal, quand l’opposition parle de mal-être au travail, il peut bien regarder des photos de petit chien mignon sur son smartphone, il peut bien ne pas écouter l'orateur et plaisanter avec ses collègues, peut-être rient-ils de l'histoire de l'ouvrier qui a marché sur une plaque métallique sous tension, elle est inénarrable celle là, et celle des cordistes qui sont morts dans le silo à grain, tu la connais, attend, non pas ça, c'est une photo de petit chien mignon, attend, je vais te chercher le truc, j'ai du voir ça sur un site pour les pauvres, je ne trouve plus c'est dommage, tu préfères le petit chien mignon, je comprend, j'avais le même quand j'étais à Stanislas, ah, attend, il a fini de parler l'autre con.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de mal-être au travail sur son smartphone quand l’opposition parle de petit chien mignon, non mais quel scandale, Brigitte Bardot est invité ce soir par Hanouna pour en parler.
Quoi ? Diminuer le nombre de coups de fouets quotidiens pour que les esclaves soient plus productifs ? Mais c'est une aberration, ça ne marchera jamais, notre pays court à la catastrophe !
Purée... encore une histoire de burn-out.
Prenez soin de vous les gens, levez le pied avant de vous cramer.
via Seb
Les télétravailleurs émettent moins de CO2 que ceux qui se rendent au boulot... à condition d'avoir un logement et un équipement pas trop pourri... et de ne pas multiplier les déplacements en dehors du travail.
Une vidéo un peu datée (4 mois) des 2 personnes (Hugo et Maxime) qui sont derrière la chaîne Game Next Door.
TW : ça parle rupture, pré-burn out, épuisement.
Je trouve ça très sain cette franchise qui consiste à dire "voilà, j'ai pas pu assumer pour telle raison", d'autant plus dans un contexte de plus en plus malsain, où on explique aux gens qu'ils doivent monter leur boite, se défoncer, ne pas prendre de vacances... être des disruptifs de la start-up naïchieune.
Eh ben non, c'est pas ça la vraie vie. Dans la vraie vie, tu as des soucis, tu peux être fatigué, malade, stressé, et si gérer trois projets (ici : la chaîne Game Next Door, le podcast Fin du Game, et l'émission Jour de play d'Arte) t'amène au bord du gouffre alors que 2 ça passait bien, ben tu restes sur 2.
Il a ainsi pu observer que les personnes de bonne humeur étaient moins capables de penser avec scepticisme et étaient nettement plus crédules. Pour le psychologue, la bonne humeur encourage la « pensée automatique », alors que les humeurs négatives rendent plus critique, moins conciliant et limitent les erreurs de jugement.
La mauvaise humeur favorise l'esprit créatif, l'esprit critique et la mémoire. Soyez des employés modèles : faites la gueule ! :D
Sur le cul.
Mais le problème de la France, c'est la fraude au RSA, hein.
Élisabeth Borne a confirmé samedi, lors de son déplacement à La Réunion, que le projet de loi France Travail prévoira des "sanctions" pour les bénéficiaires du RSA qui ne se conformeraient pas au parcours "d'accompagnement" au retour vers l'emploi.
Quelle infamie. Déjà que toutes les personnes qui pourraient en bénéficier n'en font pas la demande, on va en plus sanctionner celles qui ne se plieront aux exigences du RSA "conditionnel".
Et citer la "problématique de la garde d'enfant" comme un "frein périphérique", c'est vraiment de la novlangue technocratique comme je la hais. Surtout quand on sait que le manque de places de crèches et de personnel encadrant sont chroniques.
"En France, trois personnes meurent au travail chaque jour ouvré. Loin d'être une fatalité, cette réalité résulte surtout de choix politiques et économiques. Et la réforme des retraites ne va rien arranger."
3 personnes par jour.
Meurent.
Au travail.
Le Twitter du monsieur (il me semble que j'en avais déjà parlé ?) : https://twitter.com/DuAccident
Pour vivre le travail autrement. Sans capital, sans subordination, et si possible, pour faire quelque chose d'utile.
Ah merde, des révolutionnaires, c'est bien ma veine, on va être fichés par Darmanin.
En France, en 2019, 37 % des salariés ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite.
D'après une étude récente de la direction statistique du ministère du Travail. Si, si.
Après une déclaration d’Emmanuel Macron en 2016, Matthieu Lépine, un prof d’histoire-géographie de Seine-Saint-Denis décide de recenser tous les accidentés du travail sur un fil Twitter dédié : "Accident du travail : silence, des ouvriers meurent". Peu à peu, il rencontre les proches des victimes.
"La magie". Je suis d'accord avec l'ouvrier qui s'exprime : qu'elle aille travailler dans sa "magie" ne serait-ce qu'une heure, et on en reparle. Je me demande même si elle a jamais vraiment "travaillé" cette personne. Je veux dire, discuter dans des chaises rembourrées, avec croissants et café, de comment la pensée zen peut améliorer l'empathie au travail (je n'invente pas, j'ai vraiment vu passer ça), ce n'est pas du travail ça, c'est du pignolage.
Toujours via le cri du lapin (décidément j'ai bien fait de me mettre à la lire) : les "bosswares" sont des logiciels espions que des entreprises installent sur les PC de leurs employés... ben pour les fliquer y'a pas d'autres mots. Au menu des plus perfectionnés : monitoring de l'activité (ton boss sait que tu vas sur Youporn), Screenshots, Keylogger intégré, activation à distance du micro et de la webcam, et fonctionnement totalement invisible ! Elle est pas belle la vie ?
"Si j'avais su que j'étais en chômage partiel, je n'aurais jamais travaillé sept heures par jour." A l'autre bout du fil, Chloé*, salariée d'une agence immobilière dans la métropole lyonnaise, ne décolère pas : après avoir télétravaillé pendant deux mois en raison de l'épidémie de Covid-19, elle a découvert, en récupérant ses fiches de paie à la fin du confinement, que ses collègues et elle avaient en réalité été placés au chômage partiel. Pourtant, "compte tenu de la baisse d'activité de l'agence", Chloé s'était enquise auprès de sa hiérarchie d'une telle éventualité, comme en témoigne un e-mail daté de fin mars, consulté par franceinfo. "Mais on ne m'a jamais répondu", regrette la jeune femme. "Quand on les a confrontés, les responsables de l'agence ont assuré qu'ils avaient juste oublié de nous prévenir." Ecœurés par cette "fraude", Chloé et ses collègues ont contacté l'inspection du travail.
La société n'est pas capable de te fournir les moyens de travailler comme tes collègues valides ? Travaille chez toi !
Un inspecteur du travail s'est préoccupé de la santé du personnel d'une entreprise, sans équipement de protection face au risque Covid-19. Il a donc été mis à pied.
Le président délégué du Medef s’alarme déjà d’un « changement d’attitude brutal » des salariés
"Merde, les gueux se révoltent"
Pourtant il suffit de réfléchir quelques minutes pour comprendre que cette logique ne tient pas une démonstration à grande échelle. En effet, si ceux qui gagnaient le plus sont ceux qui travaillent le plus, il y a fort à parier que les ouvriers chinois ou les Taxis coréens tiendraient la palme des hauts revenus… Et force est de constater que ce n’est pas le cas.
[...]
Encore une fois : travailler plus, n’est pas toujours la bonne solution, mais il m’aura fallu (très) longtemps pour complètement l’assimiler.
via Seb
Les faits s'étaient produits en novembre 2017 : le salarié entré à La Redoute, préparateur de commande et représentant CGT, se trouvait sur un poste de "picking" où les salariés sont alignés sur une chaîne de production, lorsqu'une "micro-panne" l'avait conduit à prendre une pause, mangeant une clémentine. Lorsque l'activité avait repris, il avait alors emmené les épluchures près de son poste de travail pour les jeter à la poubelle.
[...]
"On me reproche d'avoir, deux mois auparavant, pris une sucrerie que j'ai mangée à 10H (...) Mais, dans notre équipe, tout le monde se planque pour manger, même aux toilettes ! On prend des collations, sinon on ne tiendrait pas", a assuré Smaïl
Vous disiez quoi déjà, sur le grand méchant américain Amazon ?
Vous regardez The good doctor ? Oui ? Non ? Vous savez, cette série où un jeune interne en chirurgie autiste (alors je ne dis pas "soufrant de troubles envahissant du développement", car il se qualifie lui-même d'autiste ; d'autre part, il a environ 25 ans, on peut supposer qu'il a grandi à une époque où on disait "autiste" tout court, juste avant de rajouter "c'est la faute de ta maman", mais je m'égare), Shaun Murphy (incarné par le fantastique Freddie Highmore), s'efforce de faire sa place dans le monde médical et dans le monde tout court, et c'est très difficile quand on a pas accès à l'empathie et au langage para-verbal.
Mais ce n'est pas de lui que je voulais parler ; dans cette série, il y a aussi le personnage de Claire (non moins fantastique Antonia Thomas), a qui est dévolu le rôle un peu tarte à la crème de la bonne âme de service. Vous savez, ces wonder women de séries télé, qui sont belles, intelligentes, empathiques, malgré un milieu social défavorisé et une enfance de merde ? Ben voilà, c'est elle. Claire, c'est l'interne en chirurgie qui veut non seulement devenir un bon médecin, mais aussi une bonne personne -il y aurait matière à disserter sur le titre de la série, en s'appuyant sur les marottes de Matin Winckler- et qui est l'empathie incarnée. C'est toujours elle qu'on envoie annoncer les mauvaises nouvelles aux familles, les décisions difficiles à prendre... parce qu'elle sait y faire. Et elle veut toujours, malgré l'opposition de sa hiérarchie, ne pas s'arrêter au fait de traiter le patient, mais aussi s'intéresser à sa vie, ses soucis, bref, traiter son corps et son âme. Et bien sûr ça marche, sinon ça n'aurait aucun intérêt.
Peut-être le saviez-tu déjà, mais dans la vie, ce n'est pas comme dans les séries télé. Les gens ne sont pas toujours reconnaissant que l'on fasse preuve d'empathie à leur égard, que l'on s'intéresse à leur problèmes ou que l'on aille au-delà du cadre strict de sa mission pour tenter d'améliorer leur vie.
J'ai une collègue, appelons la Claire également, qui est en charge du traitement des réclamations dans le cadre de la gestion d'un dispositif touchant un public en situation de grande précarité ; ça, c'est pour le cadre.
Hier, elle a eu affaire, au téléphone, à une personne qui a fait un malaise. Elle a appelé les pompiers, qui sont venus secourir ladite personne. Pour la bonne compréhension de l'histoire, il faut encore préciser qu'il s'agit d'un "dossier" au long cours, compliqué, et que suite à cet incident, les points de blocage ont finalement été résolus avec les différentes parties prenantes, je ne sais pas s'il faut y voir un lien de causalité.
Notre Claire a très mal dormi suite a cet incident, inquiète des suites de la prise en charge de la personne qui avait fait un malaise.
Elle appelle ce matin ladite personne, dans le but de s'enquérir de sa santé, et de lui annoncer que le problème à l'origine des réclamations avait été réglé.
Elle s'est fait engueuler comme du poisson pourri. Insulter sans même pouvoir répondre. Elle n'a même pas pu dire que le problème était résolu.
Le directeur et son chef de service sont avec elle, dans la cafétéria, en train de ramasser ce qui reste d'elle, à la petite cuiller et la serpillière.
C'est moche, c'est violent, mais la vie, c'est pas comme les séries télé.
Dans n'importe quel sens que l'on prenne cet article, ça sent pas bon :
- Google espionne ses employé·e·s
- en admettant que ce ne soit pas le cas, l'ambiance a l'air bien pourrie, et la communication interne est défaillante
- Google protège ses hauts dirigeants accusés de harcèlement sexuel
- Google vend à la Chine un moteur de recherche censuré
- Google vend à l'armée américaine de l'IA pour ses frappes de drone
Et ce n'est qu'un article de 5 paragraphes !
via Mastodon
CW : travail, harcèlement, burn-out, suicide, mort
Bon. Alors déjà, vous allez vous dire que votre boulot ne vous définit pas. Il vous sert à avoir un salaire, c'est tout. Ces gens, c'est des étrons qui tournent autour de vous. Je vais vous arrêter trois semaines, et vous allez tirer la chasse.
[...]
En 2017, en France, 632 918 salarié·es se sont blessé·es au travail, et 530 sont mort·es.
En comparaison, la même année, on compte 7 décès dans la police (dont 4 en mission, les autres en service) et 8 dans le gendarmerie.
Pour être tout à fait correct, il faudrait préciser que les flics se suicident aussi, d'autant plus que l’État leur fournit le matériel pour le faire, c'est bien commode. Mais ce qui est vraiment problématique, c'est que les policiers/gendarmes morts en mission ou suicidés, on en fait des caisses, avec cérémonie aux Invalides, décoration posthumes et bisou hypocrite à la veuve. LE VRAI PROBLÈME, C'EST QUE LES OUVRIERS QUI MEURENT SUR LEUR LIEU DE TRAVAIL OU A CAUSE DE LUI, L’ÉTAT S'EN FOUT.
À 58 ans, la directrice de l’école maternelle Méhul, à Pantin (Seine-Saint-Denis), a mis fin à ses jours samedi 21 septembre. Son corps a été retrouvé le lundi matin avant l’arrivée des enfants, dans la grande nef de cette école. Avant sa mort, Christine Renon avait envoyé à son inspecteur d’académie et à tous les directeurs et toutes les directrices d’établissements scolaires de sa ville une lettre. "Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée", écrit-elle. C'est une professionnelle à bout qui se livre, interroge le système dans sa globalité et l'absence de réponse de sa hiérarchie.
Juste pour enfoncer le clou :
https://www.humanite.fr/social-eco/suicide-la-poste-precarite-accusee-516405
https://shaarli.aldarone.fr/?HWuY7Q
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?STdLsw
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?8_BJag
Ils sont bien gentils Envoyés Spatial, mais ils étaient où depuis 2014 ?
Géniale, comme toujours.
Je rentre de 3 semaines de congés.
Ces 3 semaines de congés font suite à une période de 11 jours de congés paternité + 2 semaines de travail.
Je suis quasiment tout seul au boulot, tout le monde est en vacances.
=> j'ai plein de choses à faire, dont des tâches rétro-planifiées pour le 06/09 ; le 30/08 ; le 21/08...
Pourquoi je dis ça ? Parce qu'hier soir je me suis couché en me disant qu'il faudrait que je sois au boulot tôt ce matin pour faire tout ce que j'avais à faire.
Et ce matin, contrairement aux matins précédents, je ne me suis pas réveillé avant le réveil, c'est le réveil qui m'a réveillé.
Paresse, fatigue ou fatalisme, je ne me suis pas dépêché plus que ça.
En arrivant, j'ai passé quasiment une heure à discuter avec des collègues. Des enfants, de la fin du monde imminente, de l'absurdité qu'il y a à concevoir les premiers vu l'état du second, et des progrès de l'industrie vidéo-ludique depuis 30 ans. Puis j'ai été me faire un café.
Dans la matinée, j'ai fait une pause Shaarli pour parler de Prey.
Il est 13h15, je vais aller manger.
Constat : j'ai très exactement fait la moitié des tâches que j'avais prévu de faire aujourd'hui, il est assez raisonnable de penser que l'autre moitié se fera dans l'après-midi.
Quelle moralité tirer de cette expérience ? Je ne sais pas, c'est à vous de voir. Pour ma part, j'aurais tendance à dire que si la pression est nécessaire pour me motiver, elle ne doit pas être confondue avec le stress, et que je travaille mieux (et plus vite) si je suis détendu.
Lundi 27 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait l’entrée du burn-out, un concept qu’on traduit souvent en français par « épuisement professionnel » ou « surmenage », dans la Classification internationale des maladie avant, finalement, de se rétracter le lendemain. C’est une douche froide pour les partisans de sa reconnaissance qui militent depuis plusieurs années pour l’obtenir.
Pas eu le courage de lire cette nouvelle catastrophe qui s'annonce.
Présentée en septembre dernier, la première version de l’ISO 45003 a renforcé la farouche opposition de la France : elle n’apporte aucune plus-value en termes de contenu et d’approches techniques spécifiques liées aux RPS, mais, curieusement, elle « oublie » la participation et la consultation des travailleurs ; elle « dépouille » la norme 45001, soulignent les délégués français dans leurs commentaires. Des observations et une opposition partagées par de nombreux pays, comme l’Allemagne, la Suède, l’Argentine, l’Italie ou encore la Chine, et des organisations telles que la Confédération européenne des syndicats (Etuc).
L'équipe a commencé à faire de plus grosses pauses le midi. A aller jouer à Fifa entre midi et deux. A retourner jour à la console à 18h00 pile.
On a même commencé à jouer au ping pong dans la salle de réunion le midi (vive le filet Artengo). On a même parfois fait du Minecraft, du Don't Starve Together ou du Smash Bros sur la TV de la salle de réunion ! Du coup, l'équipe ne travaillait plus 8h par jour, mais 6h30 (9h30/12h, 14h/18h).Là vous vous dites : mais merde, tu permettais ça ? Et personne n'est venu gueuler ?
Bien évidemment que si...
[...]
Jusqu'au jour où ma manager a demandé à me voir. Elle m'a expliqué qu'on renvoyait une mauvaise image, que l'équipe clairement bossait moins qu'avant et qu'ils pouvaient faire bien plus, s'investir plus... etc. Et là, j'ai sorti les chiffres. En travaillant 1h30 de moins par jour, la vélocité de l'équipe n'avait pas bougé. Elle oscillait toujours entre 37 et 42 points par sprint. L'équipe était tout aussi productive en travaillant 6h30 par jour, qu'en travaillant 8h par jour !
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Alors oui, on se dit toujours : si l'équipe arrive à faire tout ça en 6h30, ils peuvent faire plus en 8h.
Ben la preuve que non. L'équipe travaillait en 8h avant, et elle ne produisait pas plus.
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Et bien vous savez quoi ? La vélocité n'a, à nouveau, pas bougé.. Toujours 37/42 points.
En repassant à 8h par jour, l'équipe produisait autant qu'avant, en travaillant 6h30 par jour !
Magnifique démonstration. Merci Tommy.
A lire.
via Liandri
Dans le métro, ses quais, ses couloirs, l’air est chargé en particules fines. En cause : la pollution du trafic routier qui s’engouffre dans les tunnels, les systèmes de freinage des trains, ou encore les outils utilisés pour les travaux de maintenance, qui fonctionnent au diesel. Conséquence : cinq millions d’usagers respirent quotidiennement des niveaux élevés de particules fines, et une surmortalité chez certains travailleurs, plus exposés que les passagers. Les poseurs de voie, souvent des sous-traitants, sont les plus touchés. La RATP, parfaitement au courant de la situation, ne semble pas pressée d’agir, malgré les mises en garde de différentes autorités sanitaires et des syndicats.
via OpenNews
La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.
via Seenthis
À 10 h 24, quelques instants avant sa tentative de suicide, Sophie (1) a envoyé à la direction nationale de Pages Jaunes un courriel dont l’Humanité a eu connaissance : « Je suis fatiguée et ce sera mon dernier mail, mon dernier mail car je ne vois plus d’espoir, vous m’avez brisée et j’espère que vous l’aurez sur votre conscience. » La télévendeuse, selon les habitudes en vigueur à Pages Jaunes, appelle les dirigeants de l’entreprise par leur prénom : « Bravo Charlotte, Éric, Richard (…), j’espère que vous arriverez à l’expliquer à ma fille. » Elle désigne ainsi la directrice de la télévente, Éric Boustouller, le directeur général, et Richard Cuif, le directeur des ressources humaines.
Ce dramatique événement intervient dans un contexte social précis : Pages Jaunes a annoncé en début d’année un plan de suppression d’un millier d’emplois (sur 4 500) et la fermeture de 14 agences sur 18, dont celle de Toulouse-Balma. Cependant, la direction entretient le flou le plus complet : à quelle date auront lieu les départs massifs et les fermetures d’agences ? Au fil des mois, les salariés vivent très mal cette incertitude. Et, en attendant d’être licenciés, ils sont sommés de travailler toujours plus.
La tragédie de France Télécom n'a même pas servi de leçon à ces vautours.