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L’abyssin

vendredi 1er août 2025, par Sammy

Troisième titre de la série de l’été : L’abyssin

Il y a des types -moi, par exemple- qui ont un seul travail, et ça leur suffit amplement. Et puis il y a les autres, qui sont capables de mener plusieurs activités de front, et plusieurs vies à la suite. Tenez, Jean-Christophe Rufin : médecin, diplomate, président d’ONG, ambassadeur, écrivain, puis membre de l’Académie tant qu’à faire, et plus jeune membre, histoire de bien montrer que non content d’être bon en tout, il est rapide.

Mais nous ne nous intéresserons aujourd’hui qu’à l’écrivain, et à son premier roman publié : L’abyssin, qui lui valu d’ailleurs le Goncourt du premier roman (quand je vous dit que ce type n’est pas comme vous et moi...).

Jean-Baptiste Poncet est médecin, au Caire, quelque part vers la fin du règne de Louis XIV ; par un concours de circonstances que je vous laisse découvrir, il va se retrouver catapulté ambassadeur auprès du plus mystérieux des rois de l’Orient : le Négus d’Éthiopie, un pays alors totalement inconnu.

Le roman est l’histoire de cet aller et retour, de la cour du Roi des rois à celle du Roi Soleil, d’un homme qui fera tout pour protéger ce pays des rapacités européennes, tout en essayant de trouver le bonheur... De fait, on trouve dans ce roman de l’aventure, de l’exotisme (le Caire, l’Ethiopie, le XVIIème siècle...), une histoire d’amour, une parabole sur le fanatisme... et peut-être, allez savoir, une sorte de double fictionnel de l’auteur, qui n’a pas choisi au hasard de romancer la vie de Monsieur Poncet qui a, eh oui, réellement existé.

J’ai adoré ce livre : c’est très bien écrit et ça se lit comme un roman d’aventures. Rufin maîtrise son boulot. C’est un de ces romans (presque) parfaits dans lesquels on ralentit après avoir franchi la première moitié, pour ne pas arriver trop vite à la fin...

C’était mon deuxième roman de Rufin, j’avais commencé par Le tour du monde du roi Zibeline (comment un hongrois est devenu roi de Madagascar) et j’ai poursuivi depuis avec Sauver Ispahan (la suite de L’abyssin), Le grand Cœur (l’ascension et le chute de Jacques Cœur) et Rouge Brésil (une éphémère tentative de colonisation française du Brésil au XVIème siècle. Il partage avec Pierre Lemaître ce goût pour la mise en avant d’une époque passée, sans pour autant tomber dans le roman costumé, mêlant habilement ses propres personnages et intrigues aux événements réels et personnes historiques. Chez lui aussi, on trouve des postfaces fort utiles pour démêler le vrai de l’inventé.


Un autre titre vendredi prochain !