Élisabeth Borne a confirmé samedi, lors de son déplacement à La Réunion, que le projet de loi France Travail prévoira des "sanctions" pour les bénéficiaires du RSA qui ne se conformeraient pas au parcours "d'accompagnement" au retour vers l'emploi.
Quelle infamie. Déjà que toutes les personnes qui pourraient en bénéficier n'en font pas la demande, on va en plus sanctionner celles qui ne se plieront aux exigences du RSA "conditionnel".
Et citer la "problématique de la garde d'enfant" comme un "frein périphérique", c'est vraiment de la novlangue technocratique comme je la hais. Surtout quand on sait que le manque de places de crèches et de personnel encadrant sont chroniques.
"En France, trois personnes meurent au travail chaque jour ouvré. Loin d'être une fatalité, cette réalité résulte surtout de choix politiques et économiques. Et la réforme des retraites ne va rien arranger."
3 personnes par jour.
Meurent.
Au travail.
Le Twitter du monsieur (il me semble que j'en avais déjà parlé ?) : https://twitter.com/DuAccident
Pour vivre le travail autrement. Sans capital, sans subordination, et si possible, pour faire quelque chose d'utile.
Ah merde, des révolutionnaires, c'est bien ma veine, on va être fichés par Darmanin.
En France, en 2019, 37 % des salariés ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite.
D'après une étude récente de la direction statistique du ministère du Travail. Si, si.
Après une déclaration d’Emmanuel Macron en 2016, Matthieu Lépine, un prof d’histoire-géographie de Seine-Saint-Denis décide de recenser tous les accidentés du travail sur un fil Twitter dédié : "Accident du travail : silence, des ouvriers meurent". Peu à peu, il rencontre les proches des victimes.
"La magie". Je suis d'accord avec l'ouvrier qui s'exprime : qu'elle aille travailler dans sa "magie" ne serait-ce qu'une heure, et on en reparle. Je me demande même si elle a jamais vraiment "travaillé" cette personne. Je veux dire, discuter dans des chaises rembourrées, avec croissants et café, de comment la pensée zen peut améliorer l'empathie au travail (je n'invente pas, j'ai vraiment vu passer ça), ce n'est pas du travail ça, c'est du pignolage.
Toujours via le cri du lapin (décidément j'ai bien fait de me mettre à la lire) : les "bosswares" sont des logiciels espions que des entreprises installent sur les PC de leurs employés... ben pour les fliquer y'a pas d'autres mots. Au menu des plus perfectionnés : monitoring de l'activité (ton boss sait que tu vas sur Youporn), Screenshots, Keylogger intégré, activation à distance du micro et de la webcam, et fonctionnement totalement invisible ! Elle est pas belle la vie ?
"Si j'avais su que j'étais en chômage partiel, je n'aurais jamais travaillé sept heures par jour." A l'autre bout du fil, Chloé*, salariée d'une agence immobilière dans la métropole lyonnaise, ne décolère pas : après avoir télétravaillé pendant deux mois en raison de l'épidémie de Covid-19, elle a découvert, en récupérant ses fiches de paie à la fin du confinement, que ses collègues et elle avaient en réalité été placés au chômage partiel. Pourtant, "compte tenu de la baisse d'activité de l'agence", Chloé s'était enquise auprès de sa hiérarchie d'une telle éventualité, comme en témoigne un e-mail daté de fin mars, consulté par franceinfo. "Mais on ne m'a jamais répondu", regrette la jeune femme. "Quand on les a confrontés, les responsables de l'agence ont assuré qu'ils avaient juste oublié de nous prévenir." Ecœurés par cette "fraude", Chloé et ses collègues ont contacté l'inspection du travail.
La société n'est pas capable de te fournir les moyens de travailler comme tes collègues valides ? Travaille chez toi !
Un inspecteur du travail s'est préoccupé de la santé du personnel d'une entreprise, sans équipement de protection face au risque Covid-19. Il a donc été mis à pied.
Le président délégué du Medef s’alarme déjà d’un « changement d’attitude brutal » des salariés
"Merde, les gueux se révoltent"
Pourtant il suffit de réfléchir quelques minutes pour comprendre que cette logique ne tient pas une démonstration à grande échelle. En effet, si ceux qui gagnaient le plus sont ceux qui travaillent le plus, il y a fort à parier que les ouvriers chinois ou les Taxis coréens tiendraient la palme des hauts revenus… Et force est de constater que ce n’est pas le cas.
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Encore une fois : travailler plus, n’est pas toujours la bonne solution, mais il m’aura fallu (très) longtemps pour complètement l’assimiler.
via Seb
Les faits s'étaient produits en novembre 2017 : le salarié entré à La Redoute, préparateur de commande et représentant CGT, se trouvait sur un poste de "picking" où les salariés sont alignés sur une chaîne de production, lorsqu'une "micro-panne" l'avait conduit à prendre une pause, mangeant une clémentine. Lorsque l'activité avait repris, il avait alors emmené les épluchures près de son poste de travail pour les jeter à la poubelle.
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"On me reproche d'avoir, deux mois auparavant, pris une sucrerie que j'ai mangée à 10H (...) Mais, dans notre équipe, tout le monde se planque pour manger, même aux toilettes ! On prend des collations, sinon on ne tiendrait pas", a assuré Smaïl
Vous disiez quoi déjà, sur le grand méchant américain Amazon ?
Vous regardez The good doctor ? Oui ? Non ? Vous savez, cette série où un jeune interne en chirurgie autiste (alors je ne dis pas "soufrant de troubles envahissant du développement", car il se qualifie lui-même d'autiste ; d'autre part, il a environ 25 ans, on peut supposer qu'il a grandi à une époque où on disait "autiste" tout court, juste avant de rajouter "c'est la faute de ta maman", mais je m'égare), Shaun Murphy (incarné par le fantastique Freddie Highmore), s'efforce de faire sa place dans le monde médical et dans le monde tout court, et c'est très difficile quand on a pas accès à l'empathie et au langage para-verbal.
Mais ce n'est pas de lui que je voulais parler ; dans cette série, il y a aussi le personnage de Claire (non moins fantastique Antonia Thomas), a qui est dévolu le rôle un peu tarte à la crème de la bonne âme de service. Vous savez, ces wonder women de séries télé, qui sont belles, intelligentes, empathiques, malgré un milieu social défavorisé et une enfance de merde ? Ben voilà, c'est elle. Claire, c'est l'interne en chirurgie qui veut non seulement devenir un bon médecin, mais aussi une bonne personne -il y aurait matière à disserter sur le titre de la série, en s'appuyant sur les marottes de Matin Winckler- et qui est l'empathie incarnée. C'est toujours elle qu'on envoie annoncer les mauvaises nouvelles aux familles, les décisions difficiles à prendre... parce qu'elle sait y faire. Et elle veut toujours, malgré l'opposition de sa hiérarchie, ne pas s'arrêter au fait de traiter le patient, mais aussi s'intéresser à sa vie, ses soucis, bref, traiter son corps et son âme. Et bien sûr ça marche, sinon ça n'aurait aucun intérêt.
Peut-être le saviez-tu déjà, mais dans la vie, ce n'est pas comme dans les séries télé. Les gens ne sont pas toujours reconnaissant que l'on fasse preuve d'empathie à leur égard, que l'on s'intéresse à leur problèmes ou que l'on aille au-delà du cadre strict de sa mission pour tenter d'améliorer leur vie.
J'ai une collègue, appelons la Claire également, qui est en charge du traitement des réclamations dans le cadre de la gestion d'un dispositif touchant un public en situation de grande précarité ; ça, c'est pour le cadre.
Hier, elle a eu affaire, au téléphone, à une personne qui a fait un malaise. Elle a appelé les pompiers, qui sont venus secourir ladite personne. Pour la bonne compréhension de l'histoire, il faut encore préciser qu'il s'agit d'un "dossier" au long cours, compliqué, et que suite à cet incident, les points de blocage ont finalement été résolus avec les différentes parties prenantes, je ne sais pas s'il faut y voir un lien de causalité.
Notre Claire a très mal dormi suite a cet incident, inquiète des suites de la prise en charge de la personne qui avait fait un malaise.
Elle appelle ce matin ladite personne, dans le but de s'enquérir de sa santé, et de lui annoncer que le problème à l'origine des réclamations avait été réglé.
Elle s'est fait engueuler comme du poisson pourri. Insulter sans même pouvoir répondre. Elle n'a même pas pu dire que le problème était résolu.
Le directeur et son chef de service sont avec elle, dans la cafétéria, en train de ramasser ce qui reste d'elle, à la petite cuiller et la serpillière.
C'est moche, c'est violent, mais la vie, c'est pas comme les séries télé.
Dans n'importe quel sens que l'on prenne cet article, ça sent pas bon :
Et ce n'est qu'un article de 5 paragraphes !
via Mastodon
CW : travail, harcèlement, burn-out, suicide, mort
Bon. Alors déjà, vous allez vous dire que votre boulot ne vous définit pas. Il vous sert à avoir un salaire, c'est tout. Ces gens, c'est des étrons qui tournent autour de vous. Je vais vous arrêter trois semaines, et vous allez tirer la chasse.
[...]
En 2017, en France, 632 918 salarié·es se sont blessé·es au travail, et 530 sont mort·es.
En comparaison, la même année, on compte 7 décès dans la police (dont 4 en mission, les autres en service) et 8 dans le gendarmerie.
Pour être tout à fait correct, il faudrait préciser que les flics se suicident aussi, d'autant plus que l’État leur fournit le matériel pour le faire, c'est bien commode. Mais ce qui est vraiment problématique, c'est que les policiers/gendarmes morts en mission ou suicidés, on en fait des caisses, avec cérémonie aux Invalides, décoration posthumes et bisou hypocrite à la veuve. LE VRAI PROBLÈME, C'EST QUE LES OUVRIERS QUI MEURENT SUR LEUR LIEU DE TRAVAIL OU A CAUSE DE LUI, L’ÉTAT S'EN FOUT.
À 58 ans, la directrice de l’école maternelle Méhul, à Pantin (Seine-Saint-Denis), a mis fin à ses jours samedi 21 septembre. Son corps a été retrouvé le lundi matin avant l’arrivée des enfants, dans la grande nef de cette école. Avant sa mort, Christine Renon avait envoyé à son inspecteur d’académie et à tous les directeurs et toutes les directrices d’établissements scolaires de sa ville une lettre. "Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée", écrit-elle. C'est une professionnelle à bout qui se livre, interroge le système dans sa globalité et l'absence de réponse de sa hiérarchie.
Juste pour enfoncer le clou :
https://www.humanite.fr/social-eco/suicide-la-poste-precarite-accusee-516405
https://shaarli.aldarone.fr/?HWuY7Q
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?STdLsw
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?8_BJag
Ils sont bien gentils Envoyés Spatial, mais ils étaient où depuis 2014 ?
Géniale, comme toujours.